Marie-Sidonia de Lenoncourt
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Autres noms |
Marquise de Courcelles |
| Activité | |
| Famille | |
| Père |
Joachim de Lenoncourt |
| Mère |
Isabelle Claire-Eugénie de Cronenberg |
| Fratrie |
Louis-Anne de Lenoncourt(† 1665) |
| Conjoint | Charles de Champlais, marquis de Courcelles (1666-1678) |
Marie-Sidonia de Lenoncourt, Dame de Marolles (né en 1650 au château de Marolles et morte en ), aussi connue sous le nom de marquise de Courcelles, était une aristocrate et mémorialiste française de la maison de Lenoncourt.
Enfance et jeunesse
Marie-Sidonia de Lenoncourt était la fille de Joachim de Lenoncourt, marquis de Marolles, bailli de Bar-sur-Seine, lieutenant général et gouverneur de Thionville, et d'Isabelle Claire-Eugénie de Cronenberg[1], fille d'Adam Philippe XI de Cronberg. Alors que Marie-Sidonia n'avait que quatre ans, son père fut tué à Mussy-sur-Seine. Louis François de Brancas, duc de Villars, son oncle par alliance, devint alors sont tuteur, tandis que sa mère était exclue de l'éducation de ses enfants en raison de son mode de vie[2]. Marie Sidonia fut confiée à sa tante Marie de Lenoncourt, abbesse de l'abbaye de Saint-Loup près d'Orléans, chez qui elle passa les dix années suivantes.
À la mort de son frère, Louis-Anne de Lenoncourt, en 1665, Marie-Sidonia hérita du patrimoine familial, ce qui éveilla rapidement de nombreux intérêts. Le ministre Jean-Baptiste Colbert proposa qu’elle soit conduite à Paris, suggestion à laquelle Louis XIV donna aussitôt son accord. Le projet de Colbert était alors de la marier à son frère, Édouard-François Colbert.
Elle fut confiée à Marie de Bourbon-Condé, dit la princesse de Carignan (1606-1692), comtesse de Soissons, veuve, qui résidait à l'Hôtel de Soissons, palais de son fils Eugène Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons, où elle rencontra les princesses qui avaient fait de l'Hôtel un centre d'affaires et d'intrigues.
Le mariage avec le duc de Courcelles
Pour contrecarrer le projet matrimonial de Colbert, la princesse de Carignan et la princesse de Bade résolurent d’unir Marie-Sidonie au neveu de Nicolas de Neufville de Villeroy, dans le but de s’attirer les faveurs de ce dernier[3].
Marie de Neufville de Villeroy eut un fils de son second mariage, Charles Ferdinand de Champlais, le marquis de Courcelles, sans le sou (son père s'était ruiné en construisant son château à Courcelles). Les princesses décidèrent de l'utiliser pour concurrencer Colbert. Le mariage fut arrangé, le roi accéda à la demande de Villeroy et Marie Sidonia fut convaincue par la promesse qu'elle ne serait jamais forcée de quitter Paris[3]. Le mariage eut lieu le , dans la chapelle de l'hôtel de Soissons, dans un cadre très restreint et sans que la famille de la mariée, y compris le tuteur de Villars, ne soit informée.
Dans ce contexte, le ministre Louvois tomba amoureux de la marquise de Courcelles, et les princesses saisirent immédiatement l'opportunité de l'intégrer à leur cercle par l'intermédiaire de Marie-Sidonia, augmentant ainsi considérablement leur influence à la cour. Cependant, cette dernière, était à son tour tombée amoureuse de François de Neufville, marquis de Villeroy (1644-1730), cousin de son mari, lui-même amant de Catherine Charlotte de Gramont (1639-1678), princesse de Monaco.
Villeroy prêta attention aux deux femmes, et le changement de situation se révéla et se compliqua lorsque Louvois et la princesse de Monaco, jaloux, se sentant trahis, en informèrent le marquis de Courcelles[4].Leur liaison prit fin temporairement lorsque Villeroy et Courcelles participèrent à la guerre de Dévolution et que Marie-Sidonia se retira de la cour. Au retour de Villeroy, la relation entre Villeroy et Marie-Sidonia se raviva. Louvois intervint de nouveau, usant de son influence pour mettre fin à la carrière de Villeroy, qui ne fut autorisé à revenir à la cour qu'en 1680. Il fit alors conduire la marquise de Courcelles dans un couvent, où elle rencontra Hortense Mancini, qui s'y trouvait parce qu'elle avait refusé d'accompagner son mari , Armand-Charles de La Porte, duc de Mazarin, en Alsace. Quelques mois plus tard, Hortense fut autorisée à retourner au Palais Mazarin de son oncle (aujourd'hui Palais-Royal ), accompagnée du marquis de Courcelles.
À son retour de guerre, le marquis de Courcelles enleva sa femme du Palais Mazarin, l'emprisonna. Elle resta ensuite malade trois mois et passa un autre mois au couvent de sa tante à Orléans. Elle retourna ensuite à Paris et se réconcilia avec son mari, cherchant à reprendre la vie de salon qui lui avait manqué pendant sa maladie et à Orléans, jusqu'à ce qu'elle et Hortense Mancini tombent amoureuses du même homme, déclenchant une nouvelle vague de jalousie et de trahisons. Malgré l'interdiction royale, le duc de Mazarin engagea un duel qui se solda par un match nul pour les adversaires, mais qui aboutit à l'assignation à résidence des femmes pour Hortense Mancini au château de Mayenne et Marie-Sidonia au château de Courcelles (en ). En , la duchesse de Mazarin parvint à s'échapper et rejoignit sa sœur, Maria Mancini, à Rome. Après que le duel fut connu, l'inévitable instruction judiciaire condamna le marquis de Courcelles à deux ans de réclusion à la Conciergerie, jusqu'en .
Le procès
Début 1669, il devint évident que Marie Sidonia était enceinte. Le marquis de Courcelles, qui n'était apparemment pas le père, fit placer son épouse sous surveillance et déposa plainte pour adultère au Parlement de Paris le [4]. Le procès devait se tenir au Château-du-Loir, mais malgré sa grossesse, Marie-Sidonia fut conduite au tribunal. Cinq jours plus tard, le , elle donna naissance à une fille, baptisée et donnée en mariage, qui mourut cinq semaines plus tard. Le , Marie Sidonia fut condamnée à deux ans de réclusion dans un couvent pour adultère, après quoi le marquis déciderait de la reprendre ou non. En cas de refus, elle resterait définitivement au couvent. Sa dot et les biens qu'elle avait apportés en mariage furent confisqués et remis à son mari, qui devait toutefois contribuer à sa subsistance en lui versant une pension annuelle de 3 600 livres[3].
Marie Sidonia fit appel au Parlement, qui décida par avance que Marie Sidonia serait conduite à la Conciergerie le et transférée au Petit Châtelet le (son mari y était déjà emprisonné). Le transfert n'eut jamais lieu ; la marquise réussit à s'évader dans la nuit du 16 au grâce au chevalier de Rohan (1635-1674), qui avait déjà libéré la duchesse de Mazarin. Le marquis de Courcelles ne bénéficia de cette évasion que dans la mesure où la rente due fut réduite à 2 000 livres le . L'exécution du jugement de première instance fut toutefois suspendue par l'appel. Marie-Sidonia sera alors obligé de vivre en exil qui va l'emmener en Savoie puis à Genève[4].
La fuite
En 1675, elle arriva à Genève, où elle demanda à voir l'écrivain et historien Gregorio Leti, qui lui avait été recommandé. Leti non seulement l'aida, mais devint aussi son professeur d'italien et publia ses biographies et ses lettres. Par la suite, elle se rendit à Annecy en Savoie, puis à Avignon, où elle apprit que la duchesse de Mazarin avait reçu une pension du roi d'Angleterre. Elle partit ensuite secrètement pour Londres, en passant par la Bretagne, en [4]. Mais la duchesse de Mazarin refusant de la recevoir, elle fut contrainte de quitter Londres, faute de moyens, et retourna à Avignon début septembre. C'est là qu'elle apprit que le marquis de Courcelles était mort d'une pleurésie le .