Marie Robert Halt
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Paris
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 58 ans) Paris |
| Nom de naissance |
Marie Eulalie Eléonore Malézieux |
| Pseudonyme |
Marie Robert-Halt |
| Nationalité |
française |
| Activité |
romancière, littérature jeunesse, manuel scolaire |
Marie Eulalie Eléonore Malézieux, Vieu par mariage, de son nom de plume Marie Robert Halt est née le à Saint-Quentin (Aisne) et morte le à Paris. Elle était une femme de lettre, écrivant principalement pour la jeunesse et dont plusieurs ouvrages ont été récompensés par l’Académie Française. Elle a notamment écrit la série des Suzettes, manuel scolaire le plus vendu de la IIIième République[1]. Elle était aussi engagée au sein de la Ligue de l’Enseignement et luttait pour le développement des mutualités[2]. Elle a activement participé au développement de la colonie de Condé-sur-Vesgre et était une fouriériste reconnue[3].
Marie Eulalie Eléonore Malézieux est née en 1849 à Saint-Quentin dans une famille d’artistes[1]. Son père est le peintre Jean-Baptiste Malézieux, et sa mère Virginie Eulalie Laugée. Elle meurt en 1854 alors que Marie n’a que cinq ans. Faute d’argent par son père, c’est son oncle, le peintre Désiré François Laugée qui la recueille à 8 ans à Paris[4].
En 1881, elle se marie avec Charles Louis Vieu, dit Robert Halt. Les témoins de son mari sont Alexandre Dumas et Philibert Léon Couturier quand les siens sont Evariste-Vital Luminais et son oncle Désiré François Laugée [5]. C’est après cette date qu’elle commence à écrire, en prenant le nom de plume de son mari.
Son premier roman, Histoire d’un petit homme, est couronné par le prix Montyon de l’Académie Française en 1883[6], et elle poursuit sa carrière littéraire et son engagement féministe et sociale tout au long de sa vie.
Elle meurt le à Paris. Édouard Petit écrira sa nécrologie : « Elle s'en va. dans l'affection de lecteurs, d’instituteurs, d’écolières et d'écoliers, cette bonne ouvrière des lettres, qui fut une éducatrice et qui valut par le cœur comme par l'intelligence […]. C’est une femme de bien qui disparait, d’esprit sincèrement laïque et républicain. Nombreux sont les éducateurs qui regretteront cette éducatrice, dont la correspondance fut un réconfort pour combien d’intelligences et de cœurs »[7]. La féministe Eliska Vincent lui rendit hommage lors du Congrès nationale des droits civils et du suffrage des femmes de 1908[8].
Carrière littéraire
Elle commence sa carrière littéraire à 32 ans avec la parution en 1883 du roman Histoire d’un petit Homme, récompensé par l’Académie française. Un an plus tard, elle sort le livre La petite Lazare qui reçoit de bonnes critiques et est considéré comme un Gavroche féminin par La Jeune France[9].
Elle écrira avec son mari Robert Halt Ladies et Gentlemen, deux récits qui se déroulent dans le monde anglo-saxon, où ils ont très probablement voyagé[9].
En 1888 sort le premier tome de sa série des Suzette, livres pédagogiques à destination des filles, qui connaitra plus de 52 éditions et 1 535 000 copies, ce qui en fait probablement le livre pour enfant le plus vendu de la IIIieme République[9],[1]. Il est écrit dans le Journal d’éducation populaire « Le récit passe ainsi en revue, sans cesser un instant d’être attachant, l’éducation morale et civique, les connaissances élémentaires scolaires et scientifiques, l’instruction professionnelle et ménagère »[10]. Il sera suivi ensuite de l’Enfance de Suzette, et le ménage de Mme Sylvain.
En 1892 sort Le Jeune Théodore, lui aussi récompensé par un prix de l’Académie[11].
Son dernier roman, le Droit Chemin, est un livre pédagogique qui traite de l’alcoolisme et sort en 1902[9]
Elle est nommée officier de l'Académie en 1905[12],[13].
Les livres de Marie Robert Halt figuraient parmi les manuels scolaires recommandés pour la jeunesse. Républicaine convaincue et laïque, elle croyait fermement au progrès par l'instruction et la science. Ses romans mettent en scène de jeunes personnages, souvent pauvres, confrontés à la dureté de la vie mais qui s'en sortent grâce à leur droiture et à l'éducation. Cet optimisme moderniste transparaît dans ses œuvres à portée sociale et morale. Son approche laïque, évitant toute référence religieuse, lui valut quelques critiques de son vivant. Si elle valorisait l'instruction des jeunes filles, elle ne remettait pas en question les rôles domestiques traditionnels attribués aux femmes, ni d'autres conventions de son époque comme la colonisation[9].