Marie Sanlaville
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photographiée par Disdéri
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Vibert-Sanlaville (d) |
| Nom de naissance |
Brigitte Marie Sanlaville |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Conjoint | |
| Enfant |
Marguerite Sanlaville (d) |
| A travaillé pour |
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Marie Sanlaville, née le à Paris 12e et morte le à Paris 11e est une première danseuse de l'Opéra de Paris, notamment connue pour son association avec Edgar Degas qui l'a souvent peinte et lui a dédicacé un sonnet.
Famille et entourage
Brigitte Marie Sanlaville naît le dans l'ancien 12e arrondissement de Paris[1], un mois après la mort de son frère Louis Henry à l'âge de deux ans à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul[2]. Tous deux sont les enfants naturels de Marie Louise Sanlaville, domiciliée rue Notre-Dame-de-Lorette.
Durant sa vie, Marie Sanlaville est très étroitement liée aux artistes de l'époque. Elle est notamment la maîtresse du peintre américain Julius LeBlanc Stewart et plus tard du comte Ludovic-Napoléon Lepic, artiste à la frontière de l'impressionnisme et ami d'Edgar Degas, dont elle prend soin au cours de sa dernière maladie.
En 1869, elle donne naissance à Bordeaux à une fille naturelle qu'elle reconnaît : Marguerite Marie Sanlaville[3], plus tard artiste dramatique et professeure de diction. En 1874, rue Maurepas à Versailles, Marie Sanlaville accouche d'un second enfant, Léonce Georges Édouard, qu'elle reconnaît en 1876[4]. L'enfant meurt en 1879 à Asnières, au domicile familial[5].
Le , Marie Sanlaville épouse le peintre et dramaturge Jean-Georges Vibert[6],[7], avec lequel elle vit jusqu'à la mort de ce dernier, en 1912.
Carrière
Au cours de sa carrière, qui se déroule entre les années 1864 et 1889, Marie Sanlaville est promue première danseuse à l'Opéra de Paris. Elle a pour spécialité les rôles masculins en travesti, ce qui est commun à l'époque, spécialité dans laquelle elle succède à Eugénie Fiocre. Elle danse fréquemment avec Rosita Mauri.
Elle est décrite par un contemporain comme l'une des artistes les plus charmantes et spirituelles[8] et un autre note qu'elle pourrait danser un rôle après une seule répétition. Parmi ses rôles principaux figurent le gobelin Zail dans La Source (Léo Delibes, 1866), Éros dans Sylvia (Delibes, 1876), Pepio dans Les Deux Pigeons (André Messager, 1886), Arlequin Senior dans Les Jumeaux de Bergame (Théodore Lajarte, 1886).
Modèle d'Edgar Degas
Edagr Degas réalise sept croquis de la répétition des Jumeaux de Bergame en 1885. De cette même session il tire la sculpture Étude pour une danseuse en Arlequin, précédemment connue comme Danseuse frottant son genou et conservée au musée d'Orsay. Le personnage sur le pastel porte le costume d'Arlequin et un bâton dans sa main droite. Degas représente le moment où la danseuse dans le rôle d'Arlequin Senior, debout avec ses pieds placés en quatrième position, est sur le point de mimer sa surprise à la découverte de la personne dissimulée dans un sac qu'elle vient d'attaquer et qui n'est autre que son frère, Arlequin Junior.
- Edgar Degas, Arlequin et Colombine, pastel (Galerie autrichienne du Belvédère, vers 1884)
- Edgar Degas, La Danse d'Arlequin, pastel (musée national des beaux-arts d'Argentine, vers 1890)
Au cours de ces mêmes répétitions, Degas écrit l'un des sonnets qu'il consacre à Marie Sanlaville[9] :
Tout ce que le beau mot de pantomime dit,
Et tout ce que la langue agile, mensongère,
Du ballet dit à ceux qui percent le mystère
Des mouvements d'un corps éloquent et sans bruit,
Qui s'entêtent à voir dans la femme qui fuit,
Incessante, fardée, arlequine, sévère,
Glisser la trace de leur âme passagère,
Plus vive qu'une page admirable qu'on lit,
Tout, et le dessin plein de la grâce savante,
Une danseuse l'a, lasse comme Atalante :
Tradition sereine, impénétrable aux fous.
Sous le bois méconnu, votre art infini veille :
Par le doute et l'oubli d'un pas, je songe à vous,
Et vous venez tirer d'un vieux faune l'oreille.
Dans ce poème complexe, Degas fait référence à quelques-uns des anciens rôles de Marie Sanlaville, comme ceux d’Éros et d'Arlequin. Mais il participe aussi de la théorie de Stéphane Mallarmé sur le rôle du danseur, notamment dans l'essai Ballets (1888) qui paraît à l'époque où Degas écrit[10]. La dernière ligne se réfère au rôle du faune dans L'Après-midi d'un faune de Mallarmé.
Fin de vie
Marie Sanlaville survit longtemps à ses amis et admirateurs. Veuve en 1902, elle est enterrée, à sa mort en 1930[11], avec son mari au cimetière du Père-Lachaise (4e division)[12]. En 1912, sa fille Marguerite Sanlaville est enterrée dans la même tombe[13].