Martin Morin
imprimeur français
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Biographie
Martin Morin est cité par Noël Taillepied dans Recueil Des Antiquitez et Singularitez de la Ville de Rouen publié en 1587 et en 1610. Taillepied écrit que Martin Morin de Rouen y a amené les premiers caractères pour l'imprimerie et y a imprimé plusieurs livres[2]. Cette affirmation est critiquée par Étienne-Vincent Guilbert dans Mémoires biographiques et littéraires sur les hommes qui se sont fait remarquer dans le département de la Seine-Inférieure qui remarque qu'aucun livre de cet imprimeur n'était connu en 1812[3]. Il est cité en 1842 par André Pottier dans son article Lettres patentes en faveur de Richard Lallemant relatives à l'établissement de l'imprimerie à Rouen.
Martin Morin est vraisemblablement originaire d'Orbec car il recueille en 1483 les immeubles sis à Orbec dépendant la succession de son père et qu'il conserve jusqu'à sa mort en indivision avec son frère Jehan Morin[4]. Il apparaît dans divers actes d'achat de maisons.
Il fut initié très jeune à l'art de l'imprimerie (avant 1483), sans doute dans la région rhénane où il aurait été envoyé par la famille rouennaise Lallemant[5] en apprentissage, accompagné de Pierre Maufer. Il s'installe à Paris et entre à l'atelier de Guillaume Le Talleur (?-1494 ?) en tant que compagnon jusqu'en 1487. Le Talleur est le premier imprimeur de Rouen : revenu dans cette ville, Martin lui succède en 1490-1491. Il s'installe dans le quartier Saint-Lô[6], face au Prieuré, à l'enseigne de Saint Eustache. Sa marque indique le nom de Magister Martinus Morin. Dans Recueil des antiquitez et singularitez de la ville de Rouen, chapitre XLIX, Noël Taillepied le cite en en faisant, à tort, le premier imprimeur de Rouen[7].
Il imprima essentiellement des ouvrages liturgiques[8] destinés au marché anglais dont le fameux Breviarium saresberiense (ou Breviarium sarum), un bréviaire datant de 1492 destiné à la cathédrale de Salisbury et qui constitue le premier ouvrage religieux produit pour l'Angleterre selon les techniques de l'imprimerie.
On compte aussi des manuels universitaires publiés en association avec des libraires de Caen ou d'Angers.
Le répertoire des incunables[9] de la British Library référence à ce jour 34 ouvrages.
Il s'est marié deux fois. De sa première femme dont on ignore le nom, il a eu deux fils, Jean et Romain. Il est veuf en 1514 et se remarie avec Marguerite Bruyère dont il eut un fils, Jean dit petit Jean, et une fille nommée Jeanne. Les deux premiers fils ont été formés par leur père à l'art de l'imprimerie.
Il meurt entre le , date d'un accord avec son frère, et le , date de l'acte réglant sa succession[10]. Il laisse une dette importante à sa mort, le mobilier devait servir à les payer, mais sa valeur s'étant révélée insuffisante, c'est le fils aîné, Jean, qui s'est engagé à les payer et a recueilli la totalité de l'héritage. Jean Morin a succédé à son père comme imprimeur rue Saint-Lô. Il semble être mort dès 1523. Romain est imprimeur à Lyon à partir de 1515 et y meurt vers la fin 1560[11]. Jean II aurait été libraire à Paris (1537-1538) mais Édouard Gosselin le dit mort jeune, vers 1523. Jeanne Morin s'est mariée à un certain Denicourt. Elle a été la seule héritière de son frère Romain.
Catalogue sélectif
- Speculum Minorum, Rouen, 1509
- Gilbert Nicolas, Novus Tractatus de Decem Plagis Paupertatis Fratrum Minorum vel ab Aliquibus Nuncupatur Bonus Pastor suivi de Tractatus Novus inquo vere et clare ..., Rouen, 1514/1516 [B.N. réserve, H-2224]