Martine Barrat
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Martine Barrat (née en 1933 à Oran, alors en Algérie française) est une photographe, actrice, danseuse, écrivaine, réalisatrice, documentariste et vidéaste française.
Martine Barrat est née à Oran en Algérie en 1933 et grandit en France[1].
À l'origine danseuse et comédienne, Martine Barrat est découverte par Ellen Stewart, , légende du théâtre expérimental américain, lors d'un festival international de danse à Édimbourg, en Écosse. LaMaMa (surnom de Stewart) lui envoie alors un billet d'avion pour se produire dans son théâtre, La MaMa Experimental Theatre Club, dans le Lower East Side de Manhattan[2].
Martine Barrat arrive aux États-Unis en . Ellen Stewart trouve un local et elles créent alors un atelier qui mêle théâtre, vidéo et musique jazz, à destination des jeunes du Lower East Side et du quartier de Harlem[3]. Elle collabore également avec le Human Arts Ensemble[4].
Vers 1971, Martine Barrat commence à partager le quotidien, pendant huit années, de deux gangs — les Roman Kings et les Roman Queens, dont les membres sont issus des communautés afro-américaines et portoricaines — du South Bronx, un quartier difficile où elle réussit à se faire accepter, ainsi que du président des Ghetto Brothers et à travailler avec la vidéo avec eux. Elle se consacre pendant des années à ce travail et à partager l'équipement vidéo, créant — entre 1971 et 1976 — une série de documentaires. Cet énorme projet documentaire, qui la mobilisera pendant plusieurs années, aboutira au film You Do The Crime, You Do The Time [Tu as fait le crime, tu as fait ton temps], qui obtient, en 1978, le prix du meilleur documentaire à Milan et fait ses débuts à Columbia et à l'ambassade de France dans un spectacle organisé par Félix Guattari et Gilles Deleuze, à travers leur organisation Cerfi. En Italie, Channel 2 diffuse le film plusieurs fois aux heures de grande écoute. En Amérique, plus tôt cette même année, des extraits sont diffusés sur NBC[5]. Le Whitney Museum de New York montre également le film ainsi que les premières photographies qu'elle a prises dans le South Bronx.
Au cours des années suivantes, Martine Barrat se consacre totalement à la photographie, s'intéressant aux membres des gangs du South Bronx et se plongeant aussi dans le monde de la boxe à New York, pour photographier les jeunes garçons qui s'entraînent à Harlem, Bed-Stuy, Brooklyn, jusqu'au Bronx[6].
En 1993, ses photographies sur le monde de la boxe à New York sont rassemblées dans le livre Do or Die, publié par Viking Press et préfacé par Gordon Parks et Martin Scorsese[7].
En 2007, le travail de Martine Barrat est présenté dans la grande rétrospective Harlem in My Heart à La Maison européenne de la photographie à Paris. L'exposition présente 190 photographies et son travail vidéo récent[8].
Les photos de Harlem in My Heart sont titrées par David Murray, compositeur et musicien de jazz, pour le spectacle. Son implication dans la scène jazz de New York donne lieu à des collaborations textuelles avec des musiciens de jazz, comme Ornette Coleman, qui donne de nombreux titres à ses photographies et écrit des textes d'accompagnement, et qui organise une exposition comprenant son travail[9]. Mohamed Ali apprécie tellement ce travail qu'il dédicace chacune des photos.
En 1973, Martine Barrat réalise avec Galt MacDermot — à la demande d'Yves Saint Laurent — le court métrage documentaire, Woman Is Sweeter sur le travail du couturier[10].
La photographie de Barrat s'étend du quartier de la Goutte-d'Or à Paris[11], aux îles des Caraïbes, en passant par l'Afrique, le Japon[12] et le Brésil. Néanmoins, l'essentiel de son travail évoque Harlem, le point d'ancrage de sa vie depuis son arrivée aux États-Unis[6].
Au fil des ans, le travail de Martine Barrat est publié dans de nombreuses publications, telles que The New York Times Magazine, Life, Vanity Fair, The Village Voice, Vogue France, Paris Match, Le Monde, Die Zeit, La Republica ou encore Libération.
Expositions
Expositions personnelles
- 1978 : Whitney Museum of American Art, New York
- 2007 : Harlem in My Heart, Maison européenne de la photographie, Paris
- 2018 : South Bronx, exposition offrant un témoignage rare sur une communauté de laissés pour compte, les gangs et les débuts du hip-hop dans les années 1970, dans ce quartier de New York, Centre culturel La Place, Forum des Halles, 10 passage de la Canopée, Paris, du XX au [13]
Expositions collectives
- 2023 : I remember you well in the Chelsea Hotel…, exposition cherchant à recréer l'âme du légendaire Chelsea Hotel, connu connu avoir hébergé, parfois gratuitement, de nombreux artistes, certains pendant plusieurs années, avec notamment des œuvres de Arman, Donald Baechler, Martine Barrat, Henri Cartier-Bresson, John Cage, Jasper Johns, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, Martial Raysse, Niki de Saint Phalle, Frank Stella, Andy Warhol, Fleiss-Vallois Gallery, New York, du 1er au
- 2024 : L'Âme de la ville, avec des images du South Bronx, de Harlem et de la boxe, Galerie Rouge, du au
Publications
- 1993 : Martine Barrat, Do or die, Viking Press (ISBN 978-0-670-84325-1, lire en ligne)