María del Carmen Cuesta Rodríguez
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María del Carmen Cuesta Rodríguez, surnommée la Peque (Madrid, - Valence, ), est une activiste républicaine qui fut victime de répression par le franquisme. Militante des Jeunesses Socialistes Unifiées (JSU), elle était comprise dans le dossier des Treize Roses. Écartée de l'instruction à cause de son jeune âge, elle fut condamnée à 12 ans de prison et au bannissement[1].
María del Carmen Cuesta Rodríguez est née à Madrid au sein d'une famille aisée et progressiste; son père était Alfonso Cuesta Santamaría et sa mère, originaire de Sama, paroisse de Langreo, Luz Rodríguez Canga. Elle avait une soeur aînée qui s'appelait Ángela et un frère. Alors qu'elle était encore enfant, lors d'un voyage aux Asturies avec sa mère, elle a été témoin de la violente répression des grèves des mineurs, ce qui a contribué à sa prise de conscience politique.
En 1936, encouragée par son père, elle a entamé des études de dessin à l'ancien Institut Reus de la Puerta del Sol, avec le peintre et affichiste José Bardasano Baos. C'est là qu'elle a connu celle qui allait devenir sa meilleure amie, Virtudes González García, et son compagnon Valentín Ollero Paredes. En , en pleine guerre civile, suivant l'exemple de son amie, elle s'est affiliée aux Jeunesses Socialistes Unifiées, alors qu'elle n'avait pas quinze ans. Elle a reçu une formation au Comité Provincial de Madrid (Secteur Ouest) et a été désignée responsable de la section «Cometas», qui venait en aide aux enfants de familles ouvrières, sous les ordres de Eugénio Mesón Gómez.
Le , la Seconde République Espagnole avait perdu la guerre et les troupes franquistes ont occupé Madrid. Les phalangistes sont allés chez Carmen Cuesta Rodríguez avec l'ordre d'arrêter son père, militant du Parti Communiste d'Espagne, mais ne l'ayant pas trouvé l'ont arrêtée elle, jusqu'à ce que son père se livre. Il a été fusillé en .
La capture du militant José Pena Brea le et ses aveux sous la torture ont entraîné l'arrestation de presque tous les militants des JSU, parmi lesquels Carmen Cuesta Rodríguez, sa mère, sa soeur Angelita (innocentée une semaine plus tard) et Virtudes González García. Envoyées à la Direction Générale de la Police Urbaine de la rue Jorge Juan de Madrid, elles ont été brutalisées et soumises à des interrogatoires très durs, avant d'être incarcérées dans la prison pour femmes de Ventas. Là, elle a fait connaissance, dans la galerie des mineures, avec Victoria Muñoz, qui dormait à ses côtés, Adelaida Abarca Izquierdo, Ana López Gallego et Martina Barroso[2].
Le , quatre hommes ont commis un attentat contre le commandant de la Garde civile Eugenio Isaac Gabaldón Irurzun, qui voyageait avec sa fille et son chauffeur, et ils furent tués tous les trois. Ceci a déchaîné une grande opération de représailles contre les militants des JSU. En conseil de guerre urgent et sommaire, cinquante-six personnes ont été condamnées à mort, y compris certaines qui, étant déjà incarcérées, n'avaient pu avoir aucune relation ni participation à l'attentat[3]. Ces boucs émissaires ont été ensuite appelés Les Treize Roses et les Quarante-trois oeillets.
Le matin du , Carmen Cuesta, qui grâce à son âge avait été écartée du dossier, a été témoin de la «saca» (littéralement "sortie" de prison pour être exécuté) de Victoria Muñoz, Ana López, Martina Barroso, son amie Virtudes et d'autres camarades, qui ont été fusillées, avec quarante-trois hommes, devant les murs du Cimetière de La Almudena[4].
En son dossier a été incorporé à l'affaire 55.047 et, avec Argimiro Hompapdena, Ana Hidalgo et María del Carmen Vives, elle a été condamnée à douze ans et un jour de prison, entamant alors un long périple dans les prisons espagnoles: Prison de Les Oblates de Tarragone, la Prison de Les Corts de Barcelone, Gérone, Santander et Ocaña[5],[6],[7],[8]. En sa peine de prison a été commuée en bannissement.
Lorsqu'elle a retrouvé la liberté, elle a essayé de refaire sa vie à Valence, avec sa soeur et sa mère, qui avait elle aussi été incarcérée. Carmen Cuesta s'est mariée et a eu quatre filles. Elle n'a jamais renoncé à ses idéaux et a continué à militer au Parti Communiste d'Espagne (PCE) dans la clandestinité.
Mémoire historique
- En 1985 elle a été interviewée par Tomasa Cuevas pour le livre Prison de femmes (1939 à 1985).
- En 2004 elle a collaboré avec le journaliste et écrivain Carlos Fonseca à la publication de Treize Roses Rouges , et avec Verónica Vigil et José María Almela pour le documentaire Que mon nom ne s'efface pas de l'histoire.
- En 2007 Emilio Martínez-Lázaro a obtenu quatre Prix Goya et quatorze nominations pour le film Las 13 Rosas, dont une nomination pour la jeune actrice Nadia de Santiago, qui interprétait le personnage de María del Carmen Cuesta[10].
- En a été présentée l'exposition itinérante et le livre Détenues de Franco qui visualisait l'expérience pénitentiaire féminine dans les prisons franquistes, ainsi que plusieurs expositions photographiques en souvenir de la Prison de Ventas, disparue à la fin des années soixante[11].
- En 2010 elle a été l'un des témoins essentiels de l'historien Fernando Hernández Holgado dans sa thèse doctorale La prison militante. Les prisons franquistes pour femmes de Barcelone et Madrid (1939-1945)[12].
Références
- ↑ (es) Nuevatribuna, « Carmen Cuesta, la “peque” » (consulté le )
- ↑ (es) « María del Carmen Cuesta Rodríguez (1922-2010) » [archive du 19 de octubre de 2021], Cárcel de Ventas (consulté le )
- ↑ (es) Carlos Fonseca, Trece Rosas Rojas- Capítol 14 El asesinato de Gabaldón, Madrid, Ediciones Temas de Hoy, S.A., (ISBN 978-84-8460-528-7), p. 321
- ↑ (es) Carlos Fonseca, Trece Rosas Rojas - Capítol 16 La Saca, Madrid, Ediciones Temas de Hoy,S.A, (ISBN 978-84-8460-528-7), p. 321
- ↑ (es) Carlos Fonseca, Trece Rosas Rojas - (Guía de Personajes: Cuesta Rodríguez, María del Carmen - pàgines 264-265), Madrid, Ediciones Temas de Hoy, S.A., (ISBN 978-84-8460-528-7), p. 321
- ↑ Josep Subirats Piñana, Les Oblates (1939-1941) Presó de dones de Tarragona - Carmen Cuesta Rodriguez, pàgines 175-176, Valls (Tarragona), Cossetània Edicions, (ISBN 84-9791-218-7), p. 239
- ↑ « Bibliografia | Presó de les Corts » (consulté le )
- ↑ Vinyes, « Nada os pertenece...Las presas de Barcelona (1939-1945) », Dialnet- Història Social, , p. 49-66
- ↑ (es) País, « Mari Carmen Cuesta, la Rosa Catorce », El País, Madrid, (ISSN 1134-6582, lire en ligne)
- ↑ (es) 20Minutos, « Nadia de Santiago: "Lo mejor fue conocer a mi personaje en la vida real" », 20minutos.es - Últimas Noticias, (lire en ligne)
- ↑ (es) « Presas de Franco - Vicerrectorado de Cultura - Universitat de València » (consulté le )
- ↑ (es) « La prisión militante: las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945) » (consulté le )