Prison de Les Oblates de Tarragone

Ancienne prison pour femmes à Tarragone From Wikipedia, the free encyclopedia

La prison de Les Oblates (en catalan : Presó de les Oblates, en espagnol : Prisión de Las Oblatas) est une prison pour femmes républicaines, haut lieu de mémoire de la guerre d'Espagne, qui a fonctionné dans le centre de la ville de Tarragone de 1939 à 1943, sous la dictature de Franco.

RégionCatalogne
LocalitéTarragone
QuartierAsil de l'Esperit Sant
Faits en bref Localisation, Pays ...
Prison de Les Oblates de Tarragone
Image de l'établissement
Localisation
Pays Espagne
Région Catalogne
Localité Tarragone
Quartier Asil de l'Esperit Sant
Architecture et patrimoine
Destination initiale Couvent
Installations
Type Prison
Fonctionnement
Date d'ouverture 1939
Date de fermeture 1943
Fermer

Histoire

Les prisons ont été un élément clef de la répression franquiste, avec les camps de concentration et les "bataillons de travailleurs", équipes de travaux forcés auxquels étaient condamnés les prisonniers. En 1940, selon le Ministère de la Justice, le nombre de prisonniers était de 280.000, dont 17.800 femmes[1].

Le couvent de Les Oblates était un couvent qui fut transformé en prison. Il était situé dans l'ancien asile de l'Esprit Saint (en catalan : Asil de l'Esperit Sant), rue Portal del Carro sur les hauteurs de Tarragone. Les premières prisonnières ont été enfermées dans la prison de Pilats, avant d'être déplacées au couvent de Les Oblates[2]. Le , 150 prisonnières ont été incarcérées dans le couvent-prison[3]. Le , 293 femmes originaires de Madrid y ont été amenées[4].

En 1941, 54,6 % des détenues étaient accusées de délits liés à la sécurité de l'État: aide à la rébellion, adhésion à la rébellion, espionnage, association clandestine ou propagande. D'autres, 20,3 %, avaient été condamnées pour des délits "contre la morale": adultère, avortement, infanticide ou blasphème; tandis que 10,3 % étaient accusées de délits économiques, tels que la contrebande ou la fraude. Par ailleurs, 28 % des détenues n'avaient pas de cause connue, ce qui reflète l'insécurité juridique de l'époque. De nombreuses femmes ont aussi été incarcérées pour des activités de survie dans le contexte du régime autarcique imposé par le franquisme à cette période: le marché noir ou le frelatage de nourriture. Les dossiers des femmes incarcérées entre 1939 et 1945 révèlent une évolution dans les types de délits pour lesquels elles étaient condamnées, ainsi les délits économiques et moraux ont fini par dépasser ceux à caractère politique avec le temps[1].

En l'ordre a été donné de supprimer la prison et de transférer aux établissements pénitentiaires de Central de Puig "les femmes de vie dissolue et condamnées pour corruption de mineurs", à Valence les prisonnières politiques et de droit commun, et à la prison provinciale de Lleida les femmes condamnées pour fraude aux impôts et les détenues préventives.

Quinze femmes sont mortes dans le couvent-prison entre 1939 et 1942 à cause des conditions épouvantables auxquelles elles étaient soumises. Elisa Cardona, la seule femme fusillée sur le territoire de Tarragone, a passé là les derniers mois de sa vie[5].

D'autres prisons pour femmes ont été celle de Las Oblatas à Santander, Les Corts à Barcelone, la prison de Gérone, la prison de Can Sales à Palma de Majorque, la prison d'Amorebieta et la Prison centrale de Saturrarán. Ces prisons hébergeaient les femmes déjà jugées en conseil de guerre[6].

La vie en prison

Le couvent était divisé en deux ailes. L'aile droite était réservée aux détenues de la province et l'aile gauche à celles venant d'autres parties du pays. Le la prison a reçu un premier contingent de trente-cinq détenues – avec trois petits garçons et deux petites filles – condamnées pour la plupart à Madrid, arrivant de la prison de Ventas, qui furent connues comme les madrilènes, bien qu'elles fussent originaires de toute l'Espagne. Cette prison a servi d'étape vers les prisons centrales de Palma et Gérone. Elle figure dans les témoignages de Carmen Cuesta et Adelaida Abarca. D'autres détenues connues y sont passées: Purificación de la Aldea, Àngeles García Madrid, Josefina Amalia Villa et Soledad Real entre autres.

En les autorités ont dû autoriser l'entrée de repas de l'extérieur car pour des raisons comptables les détenues n'avaient qu'une demi-ration et ceci augmentait leur précarité.

Mémoire historique

  • Memòria de les oblidades est une pièce de théâtre qui se remémore quatre détenues de Las Oblatas dans les années 1941 et 1942. La première a eu lieu en 2018[8]. L'oeuvre est écrite et adaptée pour la scène par Tecla Martorell[9].
  • La Mairie de Tarragone, à travers le ministère de Mémoire Démocratique, a placé en 2024 une plaque informative témoignant de la prison-couvent[10].
  • Un livre rappelle la prison, sous le titre Les Oblates, 1939-1941. Presó de dones de Tarragona de Josep Subirats, ainsi qu'un documentaire sous le même titre de Pilar Poy[11].

Voir aussi

Références

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