Massacre des Hurons
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Le massacre des Hurons est une série de violences génocidaires perpétrées par les Iroquois contre leurs ennemis christianisés les Hurons à la fin des années 1640. Cet épisode fameux des guerres franco-iroquoises entraîne la destruction de la Huronie et la dispersion des survivants. Il est exacerbé par les tensions commerciales autour du lucratif marché des fourrures dans le nord-est de l'Amérique du Nord, par les antagonismes religieux et par les armes à feu fournies aux Iroquois par les colons hollandais.
La guerre entre les autochtones amérindiens pour la conquête d’un plus vaste territoire est récurrente. Lors de son quatrième voyage en 1613, Samuel de Champlain note dans son carnet de voyage qu’il existe une alliance entre les Hurons, les Algonquins et les Montagnais contre les Iroquois. L’enjeu en était principalement la fourrure de castor, primordiale pour les Iroquoiens dans leur commerce avec les Européens. Aux environs de l’année 1630, le castor, surexploité, disparaît de la Huronie, puis de l’Iroquoisie quelques années plus tard. Hurons et Iroquois cherchent alors à trouver d’autres territoires pour chasser cet animal très convoité. C’est en 1640 qu’éclate une série de conflits sanglants entre les différents peuples iroquoïens dispersés sur le territoire. La production des peaux quadruple en une décennie, et les épidémies qui réduisent l’effectif des tribus de moitié n’empêchent pas ces premières nations de commettre des gestes irréparables[1].
Au cœur de la guerre des fourrures
Les années 1640 et 1650 ont été une période tragique pour les Hurons. En effet, ce qu’on appelle la « guerre des fourrures » bat alors son plein. Mieux armés que leurs voisins, les Iroquois disposaient d’armes à feu qu’ils échangeaient contre des fourrures à leurs alliés hollandais protestants afin de s’emparer du territoire des Hurons, convertis au catholicisme par les missionnaires français. En 1648, après des années de harcèlement, plus de 1000 Iroquois bien armés prennent d’assaut le village huron de Teanaustayaé (Twaanostyee) sur la rive sud du lac Michigan. Ils massacrent les hommes et prennent en otage 700 prisonniers, majoritairement des femmes et des enfants dont la plupart sont réduits en esclavage. En 1649, les Iroquois prennent un autre village important des Hurons, Taenhatentaron (Taanhattantaron) sur la rive nord du détroit de Mackinac. Ils massacrent les vieux, les malades et les enfants : « des enfants grillaient à côté de leurs mères, un mari voyait sa femme rôtir auprès de soi, la cruauté même eut eu de la compassion dans un spectacle qui n’avait rien d’humain, sinon l’innocence de ceux qui étaient au supplice, dont la plupart étaient chrétiens »[2].
Les Iroquois se dirigent ensuite vers Sainte-Marie, la plus importante mission catholique en Huronie, refuge des Hurons ayant fui les massacres de Teanaustayaé et de Taenhatentaron. Débordés par les raids répétés des Iroquois, les jésuites sont contraints d’abandonner leur centre missionnaire.