Maurice Ponga

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Maurice Ponga, né le à Kouaoua (Nouvelle-Calédonie), est un homme politique français. Il est élu député européen le 7 juin 2009 et réélu le , dans la section Pacifique de la circonscription Outre-Mer.

Élection7 juin 2009
Réélection25 mai 2014
CirconscriptionOutre-Mer
Législature7e et 8e
Faits en bref Fonctions, Député européen ...
Maurice Ponga
Illustration.
Maurice Ponga en 2009.
Fonctions
Député européen

(9 ans, 11 mois et 17 jours)
Élection 7 juin 2009
Réélection 25 mai 2014
Circonscription Outre-Mer
Législature 7e et 8e
Groupe politique PPE
Biographie
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Kouaoua, Nouvelle-Calédonie (France)
Nationalité Française
Parti politique Le Rassemblement
UMP (2002-2015)
LR (depuis 2015)
Profession Instituteur
Fermer

Biographie

Origines et enfance

Kanak né dans un petit village minier de la côte est de la Grande Terre, Maurice Ponga est le fils d'Ourari Ponga, membre fondateur de l'Association des indigènes calédoniens et loyaltiens français (AICLF) puis de l'Union calédonienne (UC) avant d'en faire dissidence en 1960, qui a également contribué à créer la Fédération de l'enseignement libre protestant (FELP), organisation gérant les établissements d'enseignement confessionnel protestant en Nouvelle-Calédonie. Maurice Ponga est le frère cadet de Théophile Ponga, lui-aussi instituteur à la FELP avant de s'engager en politique comme conseiller régional de l'Est puis conseiller provincial du Nord, ainsi que membre du Congrès de 1988 à 1989 et de 1991 à sa mort en 1992. Il est également le beau-frère de Léontine Ponga (née Wema), élue à la province Nord et au Congrès de 2009 à 2014, et l'oncle d'Alcide Ponga, maire de Kouaoua de 2014 à 2025, puis président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à partir de 2025[1].

Les Ponga sont issus de la lignée Mwêria de la chefferie Méa, d'origine incertaine et dont le représentant aurait la fonction de « maître des ignames » (kavu mëu) d'après Jean Guiart mais que Patrick Pillon insère parmi une autre lignée traditionnelle, les Bwarerea[2].

Enseignement dans le privé

Maurice Ponga devient instituteur au sein de la FELP. Il enseigne à Houaïlou de 1966 à 1976, avant de prendre le poste de responsable pédagogique de la FELP de 1977 à 1995[3].

Carrière politique

Il se lance pour la première fois en politique lors des élections provinciales du . Anti-indépendantiste, il est alors troisième sur la liste Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) conduite par Maurice Nénou qui obtient deux sièges à l'assemblée de la Province Nord et au Congrès du Territoire. En situation inéligible, Maurice Ponga fait néanmoins son entrée dans l'assemblée de Province et au Congrès à la suite du décès de Maurice Nénou, le . Il est le suppléant du député de la 2e circonscription, Pierre Frogier, de 1997 à 2007. Le , il est élu à la présidence de la Commission de la Santé et de la Protection sociale du Congrès, à la suite de la démission de Gaël Yanno.

Membre du gouvernement local (1999-2009)

Deuxième sur la liste RPCR en Province Nord, qui obtient quatre sièges à l'assemblée de Province et trois au Congrès lors des élections provinciales du , il est désigné pour entrer dans le premier gouvernement de Nouvelle-Calédonie mené par Jean Lèques, à partir du .

Membre de tous les gouvernements de la Nouvelle-Calédonie entre 1999 et 2009 (à l'exception du premier gouvernement Thémereau qui démissionne dès sa mise en place, en 2004), il est chargé des secteurs de l'Agriculture et de l'Élevage dans le gouvernement Lèques (1999-2001), puis de l'Agriculture et de la Pêche au sein du premier gouvernement Frogier (2001-2002). Il est toujours chargé de l'Agriculture et de la Mer dans le deuxième gouvernement Frogier (2002-2004), et doit à ce titre organiser les réponses du gouvernement aux conséquences du cyclone Erica de . Il est également à l'origine de la création de l'Agence pour la prévention et l'indemnisation des calamités agricoles ou naturelles en Nouvelle-Calédonie (APICAN) le .

Il est à nouveau candidat sur la liste Rassemblement-UMP (nouveau nom du RPCR) en Province Nord aux élections provinciales du , cette fois-ci en troisième position. Cette liste obtient 11,41 % des suffrages, 3 sièges sur 22 à l'Assemblée du Nord et 2 élus sur les 15 envoyés au Congrès. Il abandonne toutefois son siège d'élu lorsqu'il est reconduit dans le gouvernement local le .

Il prend ensuite en main la Jeunesse et les Sports dans le deuxième gouvernement Thémereau de 2004 à 2007, puis dans le deuxième gouvernement Martin de 2007 à 2009. À ce poste, il joue un rôle actif dans la réussite le de la candidature de Nouméa pour l'organisation des XIVe Jeux du Pacifique de 2011[4],[5]. Il fait également partie du Comité de pilotage sur les signes identitaires du pays (CPSIP) mis en place le sous la conduite de la vice-présidente indépendantiste du gouvernement, Déwé Gorodey. Ce Comité se réunit jusqu'en et choisit les trois premiers signes identitaires de l'archipel : l'hymne Soyons unis, devenons frères, la devise « Terre de parole, Terre de partage » et la nouvelle graphie des billets de banque[6].

Il n'est pas candidat aux provinciales du , mais coordonne le l'une des « conventions » organisées par le Rassemblement-UMP en vue d'élaborer son programme électoral, sur le « Monde mélanésien » à Houaïlou[7]. Mais il préfère surtout se concentrer sur une autre campagne, celle des européennes.

Député européen (2009-2019)

Il est choisi pour conduire la liste présentée par l'Union pour un mouvement populaire (UMP) dans la section Pacifique de la circonscription Outre-Mer aux élections européennes du [8]. Pour se consacrer pleinement à cette campagne, il n'est donc candidat ni à l'Assemblée de la Province Nord (ni, a fortiori, au Congrès), ni au Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à la suite des élections provinciales du 10 mai de la même année. Sa candidature est soutenue localement en Nouvelle-Calédonie par les cinq principales formations anti-indépendantistes (outre son propre parti, le Rassemblement-UMP, il reçoit le soutien de Calédonie ensemble, de l'Avenir ensemble, du LMD[9] et du RPC[10]).

Le 7 juin, la liste UMP arrive en tête dans l'ensemble de l'Outre-mer (avec 29,7 % des voix[11]) et obtient un siège sur les trois de la circonscription. La formation de la majorité présidentielle ayant obtenu son plus fort score en pourcentage des suffrages exprimés dans la section Pacifique (44,4 %), Maurice Ponga est élu député européen[12]. Rien qu'en Nouvelle-Calédonie, sa liste réunit 59,3 % des suffrages (mais avec une abstention de 78,2 % des inscrits)[13]. Il est le second Néo-calédonien, et le deuxième Kanak, à siéger au sein du Parlement de Strasbourg, le premier étant Dick Ukeiwé (lui aussi membre du RPCR) de 1989 à 1994.

Premier mandat (2009-2014)

Il siège au sein du groupe du Parti populaire européen et est membre de la commission du développement, de la délégation à la commission parlementaire Cariforum-UE et de la délégation pour les relations avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que suppléant au sein de la commission du développement régional et de la délégation à l'Assemblée parlementaire paritaire. Il est également coprésident, avec le socialiste grec Spyros Danellis, du sous-groupe « Îles et Outre-mer européens » de l'intergroupe « Changement climatique, biodiversité et développement durable ».

Il milite tout particulièrement pour une réforme du statut des Pays et territoires d'outre-mer (PTOM), dont il est le seul représentant au sein du Parlement européen, et de leurs relations avec l'UE. Il plaide notamment pour la définition d'un nouvel instrument financier qui leur serait dédié, estimant que leurs réalités socio-économiques ne relèvent plus de l'aide au développement et donc plus du Fonds européen de développement (FED). En , il est le rapporteur du groupe PPE concernant le vote par le Parlement européen pour la nouvelle Décision d’association d’outre-mer (qui régit les rapports entre l'Union européenne et les PTOM, la décision d'association alors en vigueur arrivant à échéance le ) puis d’une résolution politique sur le 11e FED (le 10e fonds, celui de l'accord de Cotonou révisé, arrivant à son terme lui aussi à la fin de l'année 2013) qui aboutit à une augmentation des crédits (de l'ordre de 30 %, avec 30 millions d'euros pour la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie chacune et 20 millions pour Wallis-et-Futuna)[14].. Il défend alors la demande de création d’un instrument financier ad hoc, la création d’un référant PTOM dans chaque direction générale de la Commission européenne pour les aider à s'intégrer aux programmes horizontaux de l’Union ou encore la nécessité d’augmenter les fonds pour les PTOM et de garder le niveau d’aide pour Wallis-et-Futuna. Ses rapports et ses amendements sont adoptés par le Parlement européen[15]. Il milite également pour rendre ces collectivités éligibles à d'autres programmes européens, comme Horizon 2020 pour la recherche et le développement, l'instrument financier pour l'environnement (LIFE) ou encore Erasmus[14],[16].

Il soutient la candidature de François Fillon pour la présidence de l'UMP lors du congrès d'automne 2012. Dans le même temps, dans le cadre des divisions internes de plus en plus fortes au sein du Rassemblement-UMP qui aboutit en 2013 à la dissidence de plusieurs figures du parti emmenées par l'ancien député Gaël Yanno, Maurice Ponga reste fidèle à la direction du parti et à son président Pierre Frogier. Lorsque l'organisation du mouvement est remaniée le , il devient le président du Comité d'éthique, nouvelle instance dirigeante composée, outre lui-même, de quinze membres et chargée de garantir « les valeurs du Rassemblement ».

Pour les élections européennes du , il est cette fois investi comme tête de liste par l'UMP pour l'ensemble de la circonscription Outre-Mer et plus spécifiquement à nouveau pour la section Pacifique. Un choix qui est contesté en Polynésie française par le Tāhōʻēraʻa Huiraʻatira de Gaston Flosse qui espérait une alternance en faveur d'un Polynésien et qui appelle alors à l'abstention, mais qui est soutenu par A Ti'a Porinetia de Teva Rohfritsch. Durant la campagne, il met en avant son bilan concernant l'évolution des instruments financiers dédiés aux PTOM ainsi que son projet de remplacer le FED par un nouvel « outil qui pourrait être intégré directement au budget de l’Union européenne et discuté au Parlement » pour plus de transparence[14]. La liste « Pour la France des Outremer, agir en Europe avec l'UMP » arrive en tête dans toute la circonscription, mais avec trois points de moins qu'en 2009, réunissant 26,7 % des suffrages exprimés. Et, comme encore une fois elle réalise son meilleur score dans la section Pacifique (avec 35,3 % des voix), Maurice Ponga est réélu. En Nouvelle-Calédonie, il garde largement l'avantage mais retombe à 41,91 % des suffrages exprimés pour une participation légèrement plus forte (27 %, soit 5 points de plus qu'en 2014), essentiellement parce que deux autres personnalités calédoniennes étaient avancées en tête de liste dans la section : la veuve du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, Marie-Claude Tjibaou, pour les socialistes ; l'élu Calédonie ensemble du Congrès Léonard Sam pour les centristes[17].

Deuxième mandat (2014-2019)

Durant la 8e législature du Parlement européen, il obtient davantage de responsabilités en tant que vice-président de la commission du développement et de la délégation à la commission parlementaire Cariforum-UE[18].

Il reste investi sur le sujet des mécanismes financiers en faveur des PTOM. Il est choisi pour être le rapporteur sur la proposition du Conseil de l'Union européenne « relative à l’association des pays et territoires d’outre-mer à l’Union européenne, y compris les relations entre l’Union européenne, d’une part, et le Groenland et le Royaume de Danemark, d’autre part », dite aussi « Décision d'association outre-mer » (DAO) qui doit s'appliquer à partir du . Celui-ci prévoit la création d'un instrument spécifique pour les PTOM intégré directement au budget de l'Union européenne, et propose des amendements pour augmenter le budget à 669 millions d'euros plutôt que les 500 millions proposés par la Commission, pour renforcer « le dialogue politique entre l'UE et les PTOM afin d'impliquer ces territoires dans la définition et la mise en œuvre des stratégies de l'UE dans le Pacifique et la Caraïbe », pour faciliter « l'accès aux programmes européens » par la création d'un portail d'accueil pour informer les collectivités sur les dispositifs auxquels ils seraient éligibles et pour prévoir « traitement particulier pour Wallis-et-Futuna ». Ce rapport, présenté le , est largement adopté par les adoptés le par 566 voix pour, 40 contre et 41 abstentions[19]. Celui lui-vaut d'être nommé en parmi les récipiendaires du prix des « meilleurs députés européens » décerné par le Parliament Magazine (en), dans la catégorie « développement »[20].

Il soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire ouverte présidentielle de la droite et du centre de 2016[21]. Après l'investiture de François Fillon pour l'élection présidentielle de 2017 et les difficultés qu'il rencontre dans sa campagne à la suite d'accusations d'emploi fictif visant son épouse, Maurice Ponga fait partie des parlementaires qui maintiennent jusqu'au bout leur soutien au candidat[22].

Il parraine Laurent Wauquiez pour le congrès des Républicains de 2017, où celui-ci est élu président du parti[23].

Notes et références

Voir aussi

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