Signes identitaires de la Nouvelle-Calédonie

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Les signes identitaires de la Nouvelle-Calédonie sont un ensemble de symboles représentant cette collectivité locale française au statut spécifique. Ils sont prévus par l'accord de Nouméa signé entre l'État, les non-indépendantistes du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) et les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) le . Ils comprennent : le nom du pays (qui reste à déterminer, celui-ci restant en attendant par défaut « Nouvelle-Calédonie »), son drapeau (dont le choix reste également à finaliser), sa devise, son hymne et des propositions de graphisme pour les billets de banque.

Ils doivent permettre à la Nouvelle-Calédonie de « marquer sa personnalité aux côtés de l'emblème national et des signes de la République »[1].

Trois signes ont pour l'instant été officiellement établis : l'hymne « Soyons unis, devenons frères », la devise « Terre de parole, Terre de partage » et la graphie des billets. Le drapeau et le nom sont deux sujets très controversés.

La question des signes identitaires est abordée à l'article 1.5 de l'accord de Nouméa, intitulé « Les Symboles ». L'alinéa déclare notamment :

« Des signes identitaires du pays, nom, drapeau, hymne, devise, graphismes des billets de banque devront être recherchés en commun pour exprimer l'identité kanak et le futur partagé entre tous.[2] »

Les modalités de leur sélection et de leur rôle sont précisées par la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie du . Ainsi les alinéas 1 et 2 de l'article 5 précisent :

« La Nouvelle-Calédonie détermine librement les signes identitaires permettant de marquer sa personnalité aux côtés de l'emblème national et des signes de la République.
Elle peut décider de modifier son nom. »

Au Titre III, Chapitre 2, l'article 99 de la même loi organique inclut les « signes identitaires et nom mentionnés à l'article 5 » dans les champs devant être définis par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie par le biais d'une « loi de pays », à la majorité qualifiée des 3/5 des membres de cette assemblée (alinéa 3 de l'article 5). Tout projet de loi de pays est soumis à l'avis du Conseil d'État avant d'être adopté par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et finalement déposé sur le bureau du Congrès (article 100), de même pour une proposition de loi avant sa première lecture par l'assemblée locale. Et tout texte est, avant son vote, confié au Sénat coutumier. Celui-ci « délibère sur ce projet ou cette proposition de loi du pays dans les deux mois de sa saisine. S'il ne s'est pas prononcé dans ce délai, il est réputé avoir adopté le texte. Le texte adopté par le sénat coutumier est ensuite soumis à la délibération du congrès. » (Article 142)[1].

Comité de pilotage

Le est mis en place par le gouvernement local de Marie-Noëlle Thémereau un Comité de pilotage sur les signes identitaires du pays (CPSIP). Son rôle consiste à définir les modalités et de servir de jury des concours lancés auprès des artistes locaux pour trois des cinq signes identitaires (l'hymne, la devise et le graphisme des billets de banque) et de débattre sur les deux autres signes (drapeau et nom du territoire), plus sensibles à établir.

Il est dirigé par Déwé Gorodey, écrivaine kanak et vice-présidente indépendantiste (FLNKS-UNI-Palika) du gouvernement chargée de la Culture, de la Condition féminine et de la Citoyenneté. Outre cette dernière, il comprend 28 membres représentant les différentes tendances politiques ou religieuses, les syndicats, la société civile et le monde associatif et répartis en cinq collèges[3].

Collège politique

Il réunit quatre représentants à raison d'un pour chaque groupe politique du Congrès :

Collège coutumier

Deux membres sont désignés en son sein par le Sénat coutumier :

  • Jean-Guy M'Boueri : sénateur pour l'aire coutumière Xaracuu (pour le mandat 2005-2010) et à l'époque chargé de la présidence tournante du Sénat coutumier (jusqu'en août 2007).
  • Julien Boanemoin : sénateur pour l'aire coutumière Ajië-Aro (pour le mandat 2005-2010) et futur président du Sénat coutumier (de 2009 à 2010).

Collège des communautés

Il comprend dix représentants d'associations ou amicales culturelles des huit communautés non mélanésiennes du Territoire :

  • communauté caldoche : Jean-Louis Veyret, président de la Fondation des Pionniers qui est la principale association voulant rapprocher les « vieilles familles calédoniennes » descendant des « pionniers », donc les Caldoches, et défendre leurs intérêts.
  • communauté wallisienne et futunienne :
    • Aukusitino « Tino » Manuohalalo : président du petit parti communautaire baptisé « Mouvement des citoyens calédoniens ». Il s'agit d'une ancienne figure du RDO, parti regroupant les Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie favorables à l'indépendance et composante du FLNKS. Il fut membre du gouvernement de 2001 à 2002 chargé de la protection sociale et de la santé, puis a quitté le RDO et le FLNKS en 2002. Il s'est depuis rapproché des anti-indépendantistes par sa défense de la communauté wallisienne et futunienne du lotissement de l'Ave Maria qui s'est opposée violemment aux Kanaks de la tribu voisine de Saint-Louis entre 2001 et 2004.
    • Katoa Tateo.
    • Mikaële « Michel » Hema : président de l'Union océanienne (UO), mouvement politique historique des Wallisiens et Futuniens. Celui-ci a connu un certain succès électoral à la fin des années 1980 jusqu'à ce que ses éléments indépendantistes le quittent pour créer le RDO. L'UO se refuse à prendre parti sur la question de l'indépendance et veut faire le lien entre la communauté wallisienne et futunienne d'une part et les Kanaks d'autre part.
  • communauté polynésienne : Christian Bougues, responsable du Comité provincial sud de pétanque et jeu provençal et président du club Tuhaapae, proche du RPCR puis Rassemblement-UMP[4].
  • communauté vietnamienne : Jean-Martial Khac, président de l'« Ái Hữi Việt Nam », ou Amicale vietnamienne de Nouvelle-Calédonie[5].
  • communauté indonésienne : Thierry Timan, trésorier de l'Association indonésienne de Nouvelle-Calédonie et responsable du service financier de l'ADCK[6].
  • communauté afro-antillaise : Aristide Gueppoid, Guadeloupéen d'origine et président du Comité afro-créoles[7]. Il est proche de l'Avenir ensemble puis de Calédonie ensemble après 2008[8],[9].
  • communauté vanuataise : Henri Tokio, président du comité « Raconte-moi Santo » et membre de l'association Sanma, du nom d'une province du Vanuatu, regroupant des personnes originaires des îles d'Espiritu Santo et de Malo[10].
  • communauté chinoise : Sandra Lee, présidente de la Communauté chinoise de Nouvelle-Calédonie[11].

Collège des forces vives

Ce collège est constitué de sept délégués représentant les principales Églises établies en Nouvelle-Calédonie, des associations et des syndicats :

  • Trois représentants religieux :
  • Deux représentants associatifs :
    • Comité 150 ans après (association formée en 2003 à l'occasion du 150e anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France en 1853, et qui s'est fixé pour but de réfléchir sur la manière de transformer le jour férié annuel du 24 septembre, qui commémore cet événement, d'une fête célébrée essentiellement par les anti-indépendantistes en une célébration plus générale et plus consensuelle) : Adèle Buama, membre de l'association, ancienne conseillère pédagogique et spécialiste de la coutume, du rôle des femmes en son sein et de son adaptation à la modernité[14].
    • Ligue des droits de l'homme de Nouvelle-Calédonie (LDH-NC) : Élie Poigoune, président fondateur de la LDH-NC, enseignant indépendantiste. Il fut le fondateur en 1971 du « Groupe 1878 », l'un des tout premiers mouvements de lutte pour l'indépendance avec les « Foulards rouges » de Nidoïsh Naisseline. Il a par la suite adopté une position nettement plus modérée, et reste membre du FLNKS et de l'UC.
  • Deux représentants syndicaux :
    • USTKE (syndicat clairement indépendantiste) : Alain Boewa, 1er vice-président du syndicat.
    • USOENC (premier syndicat en nombre d'adhérents, moins marqué politiquement que l'USTKE et lié à la CFDT par un contrat de coopération, surtout présent dans le secteur privé et tout particulièrement de la mine) : Didier Guénant-Jeanson, secrétaire général du syndicat.

Collège des experts

Enfin, le comité comprend cinq chercheurs, artistes ou intellectuels servant de conseillers techniques :

  • deux historiens :
    • Louis-José Barbançon : spécialiste de l'histoire de la colonisation pénale, ses ouvrages les plus connus sont L'Archipel des forçats: Histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie, 1863-1931 et l'essai Le Pays du non-dit: Regards sur la Nouvelle-Calédonie en 1992[15]. Il est engagé en politique en tant qu'« accordiste » aux côtés de Jean-Raymond Postic, tendance minoritaire de la classe politique néo-calédonienne voulant mettre de côté la question du pour ou contre l'indépendance pour se focaliser sur l'application pleine et entière de l'accord de Nouméa[16].
    • Christiane Terrier : spécialiste pour sa part de l'histoire de la colonisation libre, et tout particulièrement de celle organisée par le gouverneur Paul Feillet à la fin du XIXe siècle. Professeur à l'IUFM de Nouméa, elle est l'auteur ainsi que la coordinatrice du manuel d'histoire local du primaire adapté aux spécificités du programme en Nouvelle-Calédonie[17]. Elle est également légèrement engagée en politique dans les rangs anti-indépendantistes et tout particulièrement du Rassemblement-UMP et est ainsi adjointe au maire de Nouméa chargée de la culture, du patrimoine historique et culturel et des archives depuis 2008[18].
  • un artiste : René Boutin, artiste plasticien contemporain.
  • un musicien : Édouard Wamai, mieux connu sous son nom d'artiste « Édou », chanteur et musicien de kaneka, originaire de Lifou[19].
  • un chargé de la communication : Jean-Raymond Postic, homme politique. Il est le principal représentant du mouvement « accordiste » depuis les années 1990. Président de l'association « Génération destin commun » et du mouvement politique Calédonie mon pays, il est conseiller municipal de Nouméa de 1995 à 2008 et plusieurs fois candidats aux élections législatives ou provinciales, sans jamais être élu[20].

Chronologie de l'adoption des signes identitaires

Notes et références

Voir aussi

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