Mercedes Gómez Otero
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Couturière, militante, syndicaliste |
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Mercedes « Merche » Gómez Otero, née à Madrid le , est une syndicaliste espagnole, communiste antifranquiste qui fut victime de représailles sous la dictature de Franco. Elle a passé 21 ans en prison[1].
Grève de la faim à la prison de Ségovie
Son père, Mamerto Gómez, conducteur de tramways, socialiste et adhérent à l'Union générale des Travailleurs (UGT), est mort en 1921. Mercedes a arrêté l'école à douze ans pour commencer à travailler comme apprentie couturière. Elle a adhéré aux Jeunesses Socialistes Unifiées (JSU), tout en intégrant les Milices antifascistes ouvrières et paysanes (MAOC), organisation qui a précédé le Cinquième régiment[2].
Au début de la guerre civile, Mercedes travaillait dans un atelier de couture et comme concierge dans un immeuble de la rue México de Madrid. Devenue membre du Parti Communiste d'Espagne (PCE), elle a commencé à collaborer comme couturière dans un atelier de couture où étaient confectionnés des uniformes. Ensuite elle a travaillé à l'Hôpital Général de Madrid, comme assistante d'infirmerie[3].
Fin 1938, elle a été envoyée avec d'autres jeunes communistes à une École de Cadres à Barcelone. En revenant à Madrid, elle est entrée dans la Commission Féminine, au sein du Comité provincial du PCE de Madrid. Au terme de la guerre civile elle a fui à Alicante, espérant pouvoir embarquer, comme des milliers d'autres, en vain. Elle a été emmenée à un cinéma de la ville et a pu rentrer à Madrid où elle a commencé son travail clandestin. Elle a été arrêtée et, au bout de quelques jours, transférée à la prison pour femmes de Ventas, où elle a rencontré les communistes Isabel Alvarado, Paz Azzati et Matilde Landa, entre autres[2].
Elle a été jugée en et condamnée à vingt ans de réclusion. Elle a ensuite reçu une grâce pour son dossier de guerre, mais n'a pas pu sortir de prison car son affaire de l'après-guerre était toujours en cours. Elle a été déplacée à la prison de Ségovie et, grâce à Consuelo Peón, une détenue qui travaillait dans l'administration de la prison, qui a intégré son dossier avec d'autres, elle a été mise en liberté[4].
Mercedes est restée dans la clandestinité où elle a travaillé comme contact et pour le transport de propagande. Elle a collaboré à la formation d'un groupe d'information pour la guérilla urbaine à Madrid. Elle a aussi aidé à contacter María Teresa Toral, qui a fourni une assistance sanitaire au groupe. Elle a été impliquée dans l'attentat de la sous-délégation de la Falange dans le quartier de Cuatro Caminos. Arrêtée de nouveau à Séville, elle a été transférée à la prison de Ventas après être passée par la Direction générale de sécurité. Elle est condamnée à la peine de mort, peine commuée par la suite à trente ans de prison. Lorsqu'elle était à Ventas, pour protester pour l'enfermement dans une cellule d'isolement de Petra Cuevas, elle a entamé, avec Antonia García et Soledad Real López, une grève de la faim suite à laquelle elles ont été envoyées à la prison de Málaga. En 1948 elle a été déplacée, avec Juana Doña, à la prison de Ségovie.
En 1946 une campagne internationale a été lancée pour obtenir de commuer en peines de prison les peines de mort prononcées à l'encontre de Mercedes Gómez Otero, Isabel Sanz Toledano et María Teresa Toral[5],[6],[7].
En , l'avocate chilienne M. Klinfel visite la prison, accompagnée de fonctionnaires de la dictature franquiste, pour connaître l'état du système pénitentiaire. Elle interroge plusieurs détenues, parmi lesquelles María Salvo, qui relatent diverses irrégularités. Mercedes Gómez Otero, après lui avoir parlé des conditions pitoyables de la prison, termine les entretiens en disant simplement qu'elles sont détenues parce qu'elles s'opposaient au régime de Franco. Ce même soir, le Conseil de discipline décide que la punition serai individuelle et que Mercedes Gómez Otero sera alors recluse en cellule d'isolement pour une durée illimitée, ce qui contrevient au règlement et provoque une grève de la faim des prisonnières politiques et de plusieurs détenues de droit commun. Face à cela, le Conseil de discipline décide de punir toute la population carcérale, une punition collective d'isolement total, autant orale qu'écrite. Il s'y est ajouté la fermeture de l'Économat, la suppression des promenades et de l'entrée de toute espèce de commandes jusqu'à nouvel ordre, ainsi que l'interdiction des travaux manuels. Elles ont aussi été sanctionnées, pour faute très grave, à soixante jours de réclusion en cellule et proposition au Patronat de perte du temps de "rédemption" (les détenues pouvaient faire des travaux dans la prison, qui réduisaient leur temps de peine à accomplir)[4]. Une pression est exercée sur les détenues pour qu'elles se rétractent, mais toutes refusent, malgré les conséquences de leur refus[8].
Mercedes Gómez Otero est transférée à la prison d'Alcalá de Henares lorsque celle de Ségovie est démantelée. C'est là qu'en 1959 elle abandonne le PCE. Elle sort de prison en 1961. Une fois libérée, elle épouse Tomás Veneroso, détenu parce que membre du Secours rouge.
En 2004, elle accepte de réaliser un entretien pour évoquer Celestino Uriarte et son travail dans la clandestinité.
Mémoire historique
Le témoignage de Mercedes Gómez Otero fait partie du documentaire Kamarada sur la vie de Celestino Uriarte réalisé par Julia Juániz, basé sur le livre de Juan Ramón Garai Clandestinité et Résistance Communiste[9].
Références
- ↑ (es) Juan Ramón Garai Bengoa, Celestino Uriarte: clandestinidad y resistencia comunista, Txalaparta, (ISBN 978-84-8136-524-5, lire en ligne)
- 1 2 « MERCEDES GOMEZ OTERO, “MERCHE”: UNA LUCHADORA COMUNISTA, COMBATIVA Y COMPROMETIDA CONTRA EL FRANQUISMO. », II Congreso sobre la Historia del PCE, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Félix dice, « Las milicianas que no fotografió Capa », lamarea.com, (consulté le )
- 1 2 Santiago VEGA SOMBRÍA , Juan Carlos GARCÍA FUNES, « LUCHA TRAS LAS REJAS FRANQUISTAS.LA PRISIÓN CENTRAL DE MUJERES DE SEGOVIA », Studia. historica (consulté le ).
- ↑ « [Carta] 1946 mar. 3, Paris, [Francia] [a] Gabriela Mistral, Londres, [Inglaterra] [manuscrito] Marie-Claude Vaillant-Couturier, Teresa Andres. », BND: Archivo del Escritor (consulté le )
- ↑ Irene Abad, « LAS DIMENSIONES DE LA «REPRESIÓN SEXUADA» DURANTE LA DICTADURA FRANQUISTA », University of Utah, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) « María Teresa Toral Peñaranda: pesos atómicos y compromiso político - Principia », principia.io (consulté le )
- ↑ (es) « resistenteseu – Página 2 – Mujeres Resistentes », (consulté le )
- ↑ « Kamarada de Julia Juániz », www.lagavillaverde.org (consulté le )