Metacomet Ridge
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| Metacomet Ridge | |
Carte de Metacomet Ridge et de ses différents chaînons. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Altitude | 387 m, Mont Toby |
| Massif | Appalaches |
| Longueur | 170 km |
| Largeur | 6,5 km |
| Administration | |
| Pays | |
| États | Connecticut Massachusetts |
| Comtés | Hartford, New Haven, Middlesex Hampshire, Franklin, Hampden |
| Géologie | |
| Âge | Trias, Jurassique |
| Roches | Roches magmatiques et sédimentaires |
| modifier |
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Metacomet Ridge est une longue arête rocheuse des Appalaches traversant sur 170 kilomètres de long l'État américain du Connecticut du sud au nord, jusqu'à celui du Massachusetts où elle culmine à 387 mètres d'altitude au mont Toby. Elle est composée de plusieurs chaînons et sommets isolés, seulement entrecoupés par le cours de quelques fleuves et rivières. Ils sont constitués soit de roches magmatiques soit de sédimentaires dont l'origine remonte à 200 millions d'années environ, par l'alternance d'émissions de laves volcaniques dues à l'ouverture d'un rift dans la région et de phases d'érosion. Ces caractéristiques offrent un écosystème riche avec une faune et une flore variées.
La montagne est occupée depuis au moins 10 000 ans et a alimenté les croyances amérindiennes puis, par déformation, le folklore des colons européens. Ces derniers commencent à s'installer au milieu du XVIIe siècle et exploitent rapidement les ressources de Metacomet Ridge, dont le bois et la roche. L'urbanisation et l'industrialisation à grande échelle mènent à des mouvements réactionnaires et voient l'apparition de courants de pensée et d'associations de protection environnementale. Ainsi, de nombreux sentiers de randonnée, des refuges et auberges, des parcs et réserves ainsi que des équipements sportifs ont été mis en place grâce aux différentes mobilisations.

Il n'existe pas de consensus concernant le nom de cette arête montagneuse. Metacomet Ridge est décrite dans certaines sources comme un trapp s'étendant de la chaîne Holyoke à Belchertown, dans le Massachusetts, jusqu'aux Hanging Hills à Meriden, dans le Connecticut[1]. Dans un rapport du National Park Service datant de 2004, cette définition est étendue afin d'inclure l'intégralité de la ligne de crêtes de Greenfield dans le Massachusetts au Long Island Sound[2]. Le Sierra Club évoque Traprock Ridge pour désigner la chaîne montagneuse qui traverse le Connecticut[3]. Géologiquement et physiquement, la ligne de crête constituant le trapp s'étend de manière quasi ininterrompue de Belchertown à Branford, sur la côte du Long Island Sound, soit une longueur de 115 kilomètres seulement entrecoupée par les gorges des cours d'eau Farmington dans le nord du Connecticut, Westfield et Connecticut dans le Massachusetts[2],[4]. Jusqu'en , l’United States Board on Geographic Names ne reconnaissait pas l'existence de Metacomet Ridge, Traprock Ridge ou quelque autre nom[5], bien que plusieurs chaînons secondaires étaient identifiés. Les géologues désignaient fréquemment la chaîne montagneuse dans son ensemble par les termes génériques « traprock ridge » ou « traprock mountains » mais utilisaient parfois aussi des qualificatifs scientifiques propres à ses caractéristiques géologiques[6]. Pour compliquer le tout, le trapp ne révèle, sur ses trois quarts les plus méridionaux, que les couches superficielles des strates rocheuses. Ainsi, des roches sédimentaires souterraines sont à associer à la structure géologique de cette formation. Elles constituent les couches dominantes au centre-nord du Massachusetts et prolongent l'arête montagneuse à partir de la chaîne Holyoke sur environ 55 kilomètres supplémentaires à travers le comté de Franklin jusqu'à la frontière avec le Vermont[6],[7]. Cette dernière définition est généralement admise.
L'origine du nom Metacomet est plus évidente : il provient du sachem de la tribu amérindienne des Wampanoag ayant vécu en Nouvelle-Angleterre au XVIIe siècle. Metacomet, aussi connu sous les noms Metacom et King Philip, mena ses hommes au combat lors de la guerre du Roi Philip contre les colons anglais. Plusieurs sites associés à Metacomet Ridge sont nommés en l'honneur du sachem, en particulier le Metacomet Trail, le Metacomet-Monadnock Trail, King Philip’s Cave, King Philip Mountain et Sachem Head. Selon la légende, Metacomet orchestra l'incendie de Simsbury et observa la scène de Talcott Mountain, près de la grotte qui porte aujourd'hui son nom[8],[9],[10]. Les noms Metacomet et King Philip ont été repris par au moins seize sites géographiques et plus de soixante-quinze écoles ou organisations civiques à travers la Nouvelle-Angleterre[11].
Géographie
Situation
Metacomet Ridge est une longue arête rocheuse des Appalaches septentrionales, orientée parallèlement et à l'est des monts Berkshire. Elle s'étend du nord au sud sur 170 kilomètres de long en traversant les États américains du Massachusetts et du Connecticut, depuis Greenfield jusqu'à Branford et New Haven sur la côte du Long Island Sound.
Metacomet Ridge est entourée par des paysages boisés, agricoles et périphériques et se situe à moins de dix kilomètres de plusieurs grands centres urbains : New Haven, Meriden, New Britain, Hartford et Springfield. Des villes plus modestes sont adjacentes à l'arête rocheuse, telles que Greenfield, Northampton, Amherst, Holyoke, West Hartford, Farmington, Wallingford ou encore Hamden[4].
Topographie
Géomorphologie
En commençant au Long Island Sound, Metacomet Ridge s'élève en deux crêtes parallèles avec simplement quelques hauteurs secondaires entre les deux, comme les buttes isolées d'East Rock et Peter's Rock. La crête occidentale débute à New Haven, dans le Connecticut ; son premier véritable relief est West Rock Ridge suivi du Sleeping Giant, du mont Sanford, de Peck Mountain et de Prospect Ridge, pour une distance totale de 26 kilomètres, avant de redescendre en une série de petites élévations aux portes de Southington, à 4,5 kilomètres à l'ouest des Hanging Hills[4],[12].

La crête orientale démarre au niveau du promontoire rocheux de Beacon Hill qui domine de ses 40 mètres d'altitude[13] la ville de Branford et l'estuaire de l'East Haven River. Elle continue vers le nord en formant une arête de près de cent kilomètres de long, en passant dans les Hanging Hills par West Peak (312 m), le plus haut point de Metacomet Ridge dans le Connecticut, puis en se prolongeant jusqu'au mont Tom à Holyoke dans le Massachusetts. Elle s'oriente ensuite brutalement vers l'est en franchissant le fleuve Connecticut pour former la chaîne Holyoke sur seize kilomètres avant de se terminer à Belchertown. Plusieurs collines parallèles éparses la prolongent, en particulier celles au-dessus de Granby (Barn Door Hills) et de Rocky Hill[4],[12].
Au nord du mont Tom et de la chaîne Holyoke, la crête apparente de Metacomet Ridge rencontre une discontinuité de ses strates. Les couches sédimentaires souterraines sont toujours présentes mais n'offrent plus le même profil. Dans l'intervalle de quatorze kilomètres séparant les chaînes Holyoke et Pocumtuck, Metacomet Ridge se résume à une série de reliefs sans importance s'élevant de quelques dizaines de mètres au-dessus des plaines sédimentaires. Le seul sommet significatif près de cette zone, le mont Warner, culminant à 156 mètres d'altitude à Hadley, est une formation de roche métamorphique sans rapport géologique qui s'étire vers l'ouest au milieu des strates sédimentaires[14].
Metacomet Ridge reprend ensuite de la hauteur avec la chaîne Pocumtuck, culminant dans sa partie méridionale aux 241 mètres d'altitude de la Sugarloaf Mountain, et parallèlement avec le mont Toby, plus haut sommet de Metacomet Ridge avec 387 mètres d'altitude[13]. L'un comme l'autre sont composés de roches sédimentaires résistantes à l'érosion. Vers le nord, la chaîne Pocumtuck se prolonge en alternant les couches sédimentaires et magmatiques jusqu'à Greenfield. Enfin, le relief de Metacomet Ridge diminue en une série de collines et petits promontoires boisés non nommés jusqu'à trois kilomètres du tripoint formé par la frontière avec le Vermont et le New Hampshire[2],[6],[14].
Metacomet Ridge est la plus étroite au niveau de Provin Mountain et East Mountain dans le Massachusetts où sa largeur se rétrécit à environ un kilomètre, alors qu'elle est la plus large à Totoket Mountain avec 6,5 kilomètres. Pourtant, en tenant compte des chaînons parallèles et des couches stratigraphiques associées, la largeur de Metacomet Ridge dépasse fréquemment 15 kilomètres sur le plan géologique[4].
Subdivisions et sommets principaux








Voici la liste des principaux chaînons et leurs sommets du nord au sud avec la symbolisation de la séparation, dans le Connecticut, en deux lignes de crêtes :
| État | Chaînon | Sommet | Altitude (m) | |
|---|---|---|---|---|
| Massachusetts | Chaîne Pocumtuck | Canada Hill | 103 | |
| Poet's Seat | 150 | |||
| Sachem Head | 138 | |||
| Trap Rock Ledge | 138 | |||
| Pocumtuck Rock | 258 | |||
| Sugarloaf Mountain | 241 | |||
| Mont Toby | 387 | |||
| Chaîne Holyoke | Long Mountain | 280 | ||
| Mont Norwottock | 337 | |||
| Bare Mountain | 309 | |||
| Mont Hitchcock | 305 | |||
| Seven Sisters | 288 | |||
| Mont Holyoke | 285 | |||
| Mount Tom Range | Mont Nonotuck | 252 | ||
| Dry Knoll | 255 | |||
| Goat Peak | 251 | |||
| Whiting Peak | 309 | |||
| Deadtop | 340 | |||
| Mont Tom | 366 | |||
| East Mountain | 237 | |||
| Provin Mountain | 183 | |||
| Connecticut | Manitook Mountain | 194 | ||
| West Suffield Mountain | 220 | |||
| Barn Door Hills | 177 | |||
| Peak Mountain | 223 | |||
| Hatchet Hill | 160 | |||
| Talcott Mountain | 290 | |||
| Farmington Mountain | 160 | |||
| Rattlesnake Mountain | 230 | |||
| Pinnacle Rock | 180 | |||
| Bradley Mountain | 210 | |||
| Ragged Mountain | 230 | |||
| Short Mountain | 160 | |||
| Hanging Hills | West Peak | 312 | ||
| East Peak | 297 | |||
| South Mountain | 234 | |||
| Cathole Mountain | 157 | |||
| Lamentation Mountain | 220 | |||
| Chauncey Peak | 210 | |||
| Higby Mountain | 272 | |||
| Peck Mountain | 113 | |||
| Besek Mountain | 260 | |||
| Mont Sanford | 270 | |||
| Trimountain | 230 | |||
| Fowler Mountain | 230 | |||
| Pistapaug Mountain | 210 | |||
| Sleeping Giant | 225 | |||
| Totoket Mountain | Bluff Head | 220 | ||
| Totoket Mountain | 176 | |||
| Sugarloaf Hills | 156 | |||
| Sea Hill | 120 | |||
| West Rock Ridge | High Rock / York Mountain | 213 | ||
| West Rock | 122 | |||
| Peter's Rock | 114 | |||
| East Rock | Whitney Peak | 91 | ||
| East Rock | 112 | |||
| Indian Head | 94 | |||
| Snake Rock | 62 | |||
| Saltonstall Mountain | 98 | |||
| Beacon Hill | 40 | |||
Hydrographie

Metacomet Ridge constitue un important aquifère[2]. Il fournit plusieurs municipalités et villes en eau potable. Des réservoirs sont situés sur Talcott Mountain, Totoket Mountain, Saltonstall Mountain, Bradley Mountain, Ragged Mountain et les Hanging Hills au Connecticut ; les réservoirs qui alimentent la métropole de Springfield au Massachusetts se trouvent sur Provin Mountain et East Mountain[8],[10].
Les principaux bassins hydrographiques autour de Metacomet Ridge alimentent le fleuve Connecticut et ses affluents : Falls River, Deerfield River, Westfield River, Farmington River, Coginchaug River mais également, au sud de l'État du Connecticut, le fleuve Quinnipiac[4].
Géologie

Metacomet Ridge est le résultat de l'ouverture d'un rift continental qui s'est déroulée il y a 200 millions d'années, au cours du Trias et du Jurassique. Les crêtes basaltiques sont le résultat d'une série de coulées de lave massives, d'une centaine de mètres d'épaisseur, qui se sont échappées par des failles créées lors de la séparation de la Laurasia et du Gondwana, puis de l'Amérique du Nord et de l'Eurasie. La région désormais occupée par Metacomet Ridge est essentiellement une vallée tectonique préhistorique qui constituait une branche du rift principal, à l'est, composant aujourd'hui l'océan Atlantique[7].


Le basalte est une roche volcanique effusive de couleur sombre qui vire au brun-rouille lorsque le fer qu'elle contient s'oxyde au contact de l'air. Les intrusions de basalte sont généralement de forme octogonale ou pentagonale et produisent des formations appelées « orgues basaltiques ». De vastes talus composés d'éboulis basaltiques issus de l'érosion sont visibles au pied de nombreuses falaises le long de Metacomet Ridge[7].
Les émissions de lave se sont déroulées durant 20 millions d'années. L'érosion qui se produit entre les éruptions successives dépose des couches de sédiments entre les coulées basaltiques, certaines sur plusieurs kilomètres d'épaisseur. Leur lithification forme finalement des roches sédimentaires. Par la suite, cette alternance de couches en « mille-feuille » se fissure et se soulève. Les érosions ultérieures ont davantage entamé les roches sédimentaires, exposant les arêtes des roches basaltiques et donnant naissance aux longues crêtes et falaises caractéristiques de Metacomet Ridge[7]. Des témoins de cette structure en mille-feuille sont visibles au mont Norwottock, dans la chaîne Holyoke. Son sommet est constitué de basaltes ; il domine les Horse Caves (littéralement « grottes du cheval »), un profond gouffre où les couches sédimentaires plus tendres ont été plus rapidement érodées. Sugarloaf Mountain et la chaîne Pocumtuck dans son ensemble, ainsi que le mont Toby présentent un empilement plus large : les strates inférieures composées d'arkose sont visibles au Sugarloaf, les strates intermédiaires composées de basalte dans le reste de la chaîne Pocumtuck et les strates supérieures composées de conglomérat sont connues sous le terme « Mount Toby Conglomerate ». L'apparition de failles et le déclenchement de séismes au cours de l'ouverture du rift continental ont basculé ces couches selon un axe oblique. L'érosion, notamment glaciaire, a révélé distinctement ces différentes roches. Ainsi, bien que le mont Toby et le Sugarloaf ne soient pas composés de roches volcaniques, ils font malgré tout partie de Metacomet Ridge en vertu de leur orogenèse commune[6].
Parmi tous les sommets qui constituent Metacomet Ridge, West Rock se distingue par le fait qu'il n'a pas été formé par les coulées volcaniques qui ont créé l'essentiel de la longue arête rocheuse. En effet, c'est le vestige d'un énorme dyke par où les coulées de lave basaltique sont remontées à la surface[7].
Alors que les falaises d'origine basaltique demeurent les vestiges les plus évidents des processus géologiques qui ont mené à la formation de Metacomet Ridge, les roches sédimentaires présentes dans les piémonts abritent pour leur part les meilleurs témoins sous forme fossile de la vie préhistorique qui s'est développée au Trias et au Jurassique. De nombreuses traces de dinosaures sont présentes en particulier. Sur un site à Rocky Hill, plus de 2 000 empreintes bien conservées datant de la fin du Jurassique ont été mises au jour[15]. Des découvertes importantes ont également eu lieu dans d'autres sites à Holyoke et Greenfield[7],[16].
Climat
Metacomet Ridge offre une combinaison de microclimats inhabituels pour la région. La faible altitude ne suffit pas à expliquer les différences avec les plaines environnantes. Les principaux facteurs pouvant jouer sont l'exposition au soleil, suivant que les versants sont sur l'adret ou l'ubac, ainsi que le vent, parfois accéléré par effet Venturi en raison du relief allongé et arrondi.
Faune et flore

Les crêtes, sèches et chaudes, abritent des savanes de chênes dominées par l'espèce Quercus montana ou Chêne châtaignier et une grande variété d'herbes et de fougères. Le Genévrier de Virginie (Juniperus virginiana), une espèce adaptée aux terrains secs, s'accroche aux rebords des falaises. La flore des versants est plus proche de celle des plateaux appalachiens adjacents et accueille des espèces animales communes des biotopes northern hardwood forest (littéralement « forêt septentrionale de bois dur ») et oak-hickory forest (littéralement « forêt de chêne et de caryer »). La Pruche du Canada (Tsuga canadensis) encercle les étroites ravines, empêchant la lumière du soleil d'atteindre le sol et créant des conditions de développement plus froides et humides, y favorisant l'apparition d'espèces végétales associées aux climats froids. Les pentes des talus sont riches en nutriments et recouvertes par de nombreuses espèces adaptées aux sols calcaires, inhabituelles dans la région. Les kilomètres de falaises abruptes rendent les conditions de vie idéales pour les rapaces et Metacomet Ridge est un corridor migratoire saisonnier pour ces oiseaux.

En raison de cette topographie variée, l'arête montagneuse offre tantôt la distribution la plus méridionale, tantôt la plus septentrionale pour de nombreuses espèces nord-américaines. Certaines sont considérées comme rares aux États-Unis voire à l'échelle mondiale. Il s'agit par exemple du Faucon pèlerin (Falco peregrinus), du Mocassin du nord (Agkistrodon contortrix mokasen), du Cypripède royal (Cypripedium reginae), de la Corydale jaune (Pseudofumaria lutea), du Cypripède tête-de-bélier (Cypripedium arietinum), de la fausse Licorne (Chamaelirium luteum), de Pycnanthemum clinopodioides ou d'espèces de cactus du genre Opuntia[2],[17].





