Ministères dans 1984

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Le Ministère de la Vérité, le Ministère de la Paix, le Ministère de l'Amour, ainsi que le Ministère de l'Abondance sont les quatre ministères du gouvernement d'Océania dans le roman dystopique 1984 de George Orwell paru en 1949.

« Le Ministère de la Paix s'intéresse à la guerre, le Ministère de la Vérité aux mensonges, le Ministère de l'Amour à la torture et le Ministère de l'Abondance à la faim. Ces contradictions ne sont pas accidentelles, et ne résultent pas de l'hypocrisie ordinaire : ce sont des exercices délibérés de la doublepensée. »

L'emploi de termes contradictoires de cette façon a pu avoir été inspiré des gouvernements britanniques et américains ; lors de la seconde guerre mondiale, le Ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation britannique supervisait le rationnement (le nom « Ministère du Contrôle Alimentaire » a été utilisé lors de la première guerre mondiale) et le Ministère de l'Information limitait et contrôlait l'information, plutôt que la fournir ; tandis qu'aux États-Unis, le Département de la Guerre fut aboli et remplacé par l'« Établissement militaire national » en 1947, et devint ensuite le Département de la Défense en 1949, à peu près au moment où 1984 parut[1],[2],[3].

Description

Norma Crane (deuxième en partant de la gauche) et Eddie Albert (troisième en partant de la gauche) dans le rôle de Julia et Winston Smith, employés du Ministère de la Vérité, tirés de l'adaptation télévisée américaine de 1953.

Le Ministère de la Vérité (en novlangue : Miniver ou Minivrai selon les traductions) est le ministère de la propagande. Comme pour les autres ministères du roman, le terme Ministère de la Vérité est un terme délibérément erroné puisqu'en réalité, il sert l'inverse : il est responsable de toute falsification nécessaire des événements historiques. Cependant, comme les autres ministères, le terme est également pertinent puisqu'il décide ce qu'est la "vérité" à Océania.

En plus d'administrer la « vérité », le ministère diffuse une nouvelle langue au sein du peuple appelée le novlangue, dans lequel, par exemple, la « vérité » est entendue comme signifiant des expressions comme 2 + 2 = 5 lorsque la situation le justifie. Conformément au concept de doublepensée, le ministère porte donc bien son nom, puisqu'il crée/fabrique la « vérité » au sens novlangue du terme. Le livre décrit la falsification de documents historiques pour présenter une version approuvée par le gouvernement des événements.

Le Senate House de Londres, où la femme d'Orwell travaillait au Ministère de l'Information, était son modèle pour le Ministère de la Vérité.

Winston Smith, le personnage principal du roman, travaille au Ministère de la Vérité. Il s'agit d'une énorme structure pyramidale en béton blanc scintillant s'élevant à 300 m (980 pieds) dans les airs, contenant plus de 3000 pièces au-dessus du sol. Sur le mur extérieur figurent les trois slogans du Parti : "La guerre, c'est la paix", "La liberté, c'est l'esclavage", "L'ignorance, c'est la force". Une grande partie est également souterraine, contenant probablement d'immenses incinérateurs où les documents sont détruits après qu'ils aient été enterrés dans des trous de mémoire. Pour sa description, Orwell s'est inspiré du Senate House de l'Université de Londres[4],[5],[6].

Rôle dans l'information

Représentation artistique du bâtiment du Ministère de la Vérité

Le Ministère de la Vérité est impliqué dans les médias d'information, le divertissement, les beaux-arts et les livres éducatifs. Son objectif est de réécrire l'histoire modifier les faits pour les faire correspondre à la doctrine du Parti à des fins de propagande. Par exemple, si Big Brother fait une prédiction qui s'avère fausse, les employés du Ministère de la Vérité corrigent les faits afin de la rendre vraie. Voici le « comment » existe le Ministère de la Vérité. Au sein du roman, Orwell explique que la raison profonde de son existence, le « pourquoi », est de maintenir l'illusion que le Parti est absolument infaillible et qu'il faut lui faire confiance sans réserve. Il semble incapable de changer d'avis. (si, par exemple, ils effectuent l'un de leurs changements constants concernant les ennemis durant la guerre) ou réalisent une erreur (le limogeage d'un fonctionnaire ou une prévision d'approvisionnement totalement erronée), car cela impliquerait une certaine faiblesse, et afin de maintenir le pouvoir, le Parti doit paraître éternellement juste et fort.

Départements

Voici les sections ou départements du ministère mentionnés dans le texte :

  • Service des archives
  • Département de fiction
  • Département des téléprogrammes
  • Section Pornographie - Réservé à la consommation des prolétaires

Ministère de la Paix

Le Ministère de la Paix (en novlangue : Minipax ou Minipaix selon les traductions) fait office de ministère de la guerre du gouvernement d'Océania, et est responsable des forces armées, essentiellement la marine de guerre ainsi que l'armée de terre. Le Ministère de la Paix est peut-être l'organe le plus vital d'Océania, étant donné que la nation est censée être engagée dans une guerre génocidaire en cours contre Eurasia ou Estasia et qu'elle a besoin d'une force suffisante non pas pour gagner la guerre définitivement, mais pour maintenir un état d'équilibre permanent.

Comme expliqué dans le livre (fictif) d'Emmanuel Goldstein Théorie et pratique du collectivisme oligarchique, le Ministère de la Paix tourne autour du principe de guerre perpétuelle. Une guerre perpétuelle épuise toutes les ressources excédentaires, maintenant la plupart des citoyens dans une vie de privations constantes et les empêchant ainsi d'acquérir suffisamment de connaissances pour comprendre la vraie nature de leur société. Une guerre perpétuelle contribue également à « préserver l'atmosphère mentale particulière dont a besoin une société hiérarchique ». Puisque cela signifie que l'équilibre du pays repose sur la guerre, le ministère de la Paix est chargé de mener cette guerre (principalement centrée sur l'Afrique et l'Inde), mais en veillant à ne jamais faire pencher la balance, au cas où la guerre devrait devenir unilatérale. Les télécrans océaniques diffusent généralement des reportages sur la façon dont Océania remporte continuellement toutes les batailles qu'elle livre, bien que ces reportages n'aient que peu ou pas de crédibilité.

Comme tous les autres ministères de 1984, le ministère de la Paix porte un nom diamétralement opposé à sa fonction, depuis que le Ministère de la Paix est chargé de maintenir un état de guerre. Le sens de la paix a été assimilé à celui de la guerre dans le slogan du Parti, "La guerre, c'est la paix". Comme les noms des autres ministères, cela a aussi une application littérale : la guerre perpétuelle est ce qui maintient la « paix » (le statu quo) à Océania et l'équilibre des pouvoirs dans le monde, et puisque les autres grandes puissances utilisent également la guerre perpétuelle comme moyen de maintenir le statu quo, les deux concepts sont fonctionnellement identiques.

Ministère de l'Amour

Le Ministère de l'Amour (en novlangue : Miniamour) fait office de ministère de l'Intérieur à Océania. Il impose la loyauté envers Big Brother à travers la peur, renforcé par un appareil massif de sécurité et de répression, ainsi qu'un lavage de cerveau systématique. Le bâtiment du Ministère de l'Amour n'a aucune fenêtre et est entouré de barbelés, de portes en acier, de nids de mitrailleuses dissimulés et de gardes armés de matraques articulées. Surnommé « l'endroit où il n'y a pas d'obscurité », ses lumières intérieures ne sont jamais éteintes. Il s'agit sans doute du ministère le plus puissant, contrôlant la volonté de la population. La Police de la Pensée est le prolongement extérieur de Miniamour.

Le Ministère de l'Amour, comme les autres ministères, porte mal son nom, puisqu'il est responsable de la pratique et de l'infliction de la misère, la crainte, la souffrance et la torture. Dans un sens, cependant, le terme est approprié, puisque son but est d'inculquer l'amour de Big Brother — la seule forme d'amour permise à Océania — dans l'esprit des criminels de la pensée dans le cadre du processus de leur retour à la pensée orthodoxe, avant de les exécuter. Ceci est typique du langage de la novlangue, dans lequel les mots et les noms contiennent fréquemment à la fois une idée et son contraire ; le membre orthodoxe du parti est néanmoins capable de résoudre ces contradictions grâce à l'usage discipliné de la doublepensée.

Chambre 101

La Chambre 101, introduite dans le point culminant du roman, est la salle de torture du sous-sol du Ministère de l'Amour, dans lequel le Parti tente d'assujettir les prisonniers à leur propre pire cauchemar, peur ou phobie, avec l'objectif de briser leur dernière résistance.

« Une fois, tu m'as demandé ce qu'était la Chambre 101. Je t'ai répondu que tu connaissais déjà la réponse. Tout le monde la connaît. La chose se trouvant dans la Chambre 101 est la pire chose du monde. »

L'État est censé être omniscient dans la société de 1984, au point que même les cauchemars des citoyens sont connus du Parti. Le cauchemar, et donc la punition menacée, du protagoniste Winston Smith est d'être attaqué par les rats. Cela se manifeste dans la pièce 101 en confrontant Smith à une cage métallique qui contient deux énormes rats. La face avant de la cage est conçue pour s'adapter au visage d'une personne. Une trappe est ensuite ouverte, permettant aux rats de dévorer le visage de la victime. Cette cage s'adaptait au visage de Smith, mais il s'enfuit en suppliant les autorités d'assujettir sa copine, Julia, de subir cette torture à sa place. La torture dont il est menacé, et ce que Winston est prêt à sacrifier pour y échapper, rompt sa dernière promesse à lui-même et à Julia : ne jamais la trahir. Même s'il avait avoué leurs actes, il l'aimait encore. Le livre suggère que Julia est elle aussi confrontée à sa pire crainte, sans que la nature de cette crainte ne soit révélée, et ce, lors de sa rencontre avec Winston dans un parc près du café Chestnut Tree dans le chapitre final de l'ouvrage, il remarque une cicatrice sur son front. La tentative de menacer Winston avec les rats était pour briser son esprit en le forçant à trahir la seule personne qu'il aimait, obtenant ainsi son obéissance.

Orwell a nommé la chambre 101 d'après une salle de conférence de la Broadcasting House de la BBC où il avait l'habitude d'assister à des réunions fastidieuses[7].

Ministère de l'Abondance

Impact culturel

Références

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