Mir Sultan Khan
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Mir Malik Sultan Khan né en 1903 ou 1905 (selon les sources divergeantes)[1] à Mithka Thavana, Pendjab, actuel Pakistan - à Sargodha, Pakistan) est un joueur d'échecs britannique puis pakistanais.
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| Titre aux échecs |
Grand maître international honoraire (d) (à partir de ) |
En dépit de son ignorance de la littérature échiquéenne, il s'imposa durant sa courte carrière internationale comme l'un des meilleurs joueurs du monde. Il parvint ainsi à vaincre les grands maîtres de son temps, tels que Rubinstein, Flohr, Tartakover ou Capablanca, qui le décrit comme un "génie"[2].
Biographie
Il est né en 1903 d'une famille de pirs et de propriétaires terriens[1]. C'est son père qui lui apprend à jouer aux échecs. Il devient rapidement le meilleur joueur de la région et est remarqué par Sir Umar Tiwana, un riche seigneur du Pendjab, qui sera désormais son mécène. Celui-ci le fait participer au championnat d'Inde de 1928. Sultan Khan gagne l'épreuve avec deux points d'avance.
En 1929, Sir Umar Tiwana et Sultan Khan vont à Londres, où il participe au championnat de Grande-Bretagne qu'il va gagner trois fois en 1929, en 1932 et en 1933. Il ne connaît rien de la théorie et obtient ses résultats par la seule pratique. Pendant les quatre années de sa courte carrière, il affronte les meilleurs joueurs du monde : Alekhine, Capablanca, Rubinstein, Euwe et Tartakover.
En 1930, il participa aux tournois de Scarborough, de Liège et aux Olympiades de Hambourg.
À Hastings en 1930, après avoir battu Capablanca, il refuse la nulle proposée par Euwe dans une position égale qui aurait pu lui faire gagner le tournoi. Il a perdu la partie. Il a défendu le 1er échiquier de l'Angleterre aux Olympiades d'échecs de 1930, de 1931 et de 1933.
En 1934, il retourne en Inde avec son mécène et cesse toute pratique professionnelle des échecs. Cette interruption s'explique en partie du fait que participer aux tournois coûtait à l'époque beaucoup d'argent. De plus, le climat anglais lui déplaisait et le laissait continuellement souffrant, aussi fut-il très heureux de rentrer dans sa région natale. Il eut même la sensation d'être "libéré de prison"[2]. Il passa le reste de sa vie à cultiver ses terres, près de Sargodha. Il eut cinq garçons et six filles[1]. Il meurt en 1966 de tuberculose.
La connaissance des ouvertures lui faisait défaut, mais dès le milieu de partie, sa maîtrise lui donnait l'avantage. Il avait une compréhension étonnante des finales. Il était connu pour garder une mine imperturbable durant les parties, malgré son style hardi que l'on nommait volontiers "la colère de Khan".
Le la fédération internationale des échecs lui attribue le titre de grand maître honoraire[3].
Parties remarquables
- Sultan Khan-Capablanca, Hastings 1930/31[4],[5]
1. Cf3 Cf6 2. d4 b6 3. c4 Fb7 4. Cc3 e6 5. a3 d5 6. cxd5 exd5 7. Fg5 Fe7 8. e3 0-0 9. Fd3 Ce4 10. Ff4 Cd7 11. Dc2 f5?[6] (11…Cdf6[6]) 12. Cb5 Fd6?[6] (Capablanca s'inflige des pions doublés isolés[6] ; bien meilleur est 12…a6! selon Oldrich Duras[6]) 13. Cxd6 cxd6 14. h4 Tc8 15. Db3 De7 16. Cd2 Cdf6 17. Cxe4 fxe4 18. Fe2 Tc6 19. g4 Tfc8 20. g5 Ce8 21. Fg4 Tc1+ 22. Rd2 T8c2+ 23. Dxc2 Txc2+ 24. Rxc2 Dc7+ 25. Rd2 Dc4 26. Fe2 Db3 27. Tab1 Rf7 28. Thc1 Re7 29. Tc3 Da4 30. b4 Dd7 31. Tbc1 a6 32. Tg1 Dh3 33. Tgc1 Dd7 34. h5 Rd8 35. T1c2 Dh3 36. Rc1 Dh4 37. Rb2 Dh3 38. Tc1 Dh4 39. T3c2 Dh3 40. a4 Dh4 41. Ra3 Dh3 42. Fg3 Df5 43. Fh4 g6 44. h6 Dd7 45. b5 a5 46. Fg3 Df5 47. Ff4 Dh3 48. Rb2 Dg2 49. Rb1 Dh3 50. Ra1 Dg2 51. Rb2 Dh3 (Capablanca évite 51…Dxf2??) 52. Tg1 Fc8 53. Tc6 Dh4 54. Tgc1 Fg4 55. Ff1 Dh5 56. Te1 Dh1 57. Tec1 Dh5 58. Rc3 Dh4 59. Fg3 Ce sacrifice de pion est le seul moyen de se prémunir contre les contre-attaques lorsque Sultan Khan lance l’assaut final[6] 59…Dxg5 60. Rd2 Dh5 61. Txb6 Re7 62. Tb7+ Re6 63. b6 Cf6 64. Fb5 Dh3 65. Tb8 1-0 (Les Noirs n'ont pas de défense contre Tb8-Td8 qui menace à la fois b6-b7-b8 et Txd6+[6]).
- Sultan Khan-Flohr, Olympiade d'échecs de 1931, Prague[7]
1.d4 Cf6 2. Cf3 g6 3. c4 Fg7 4. Cc3 d6 5. e4 0-0 6. Fe3 Cbd7 7. Cd2 e5 8. d5 Ce8 9. Fe2 f5 10. f3 f4? (10…Cef6[6]) 11. Ff2 a5 12. a3 Cef6 13. b4 b6 14. Ca4 Te8 15. c5! ouvre les lignes, ce qui favorise les Blancs car ils sont mieux développés[6] 15…dxc5 16. bxc5 Cxc5 17. Cxc5 bxc5 18. Fxc5 Cd7 19. Ff2 Fa6 20. Fxa6 Txa6 21. Dc2 Ta8 22. 0-0 Ff8 23. Tfc1 Fd6 24. Cc4 De7 25. Cxd6! Avec ce coup et le coup suivant, Mir Sultan Khan s'octroie le plein contrôle du jeu 25…cxd6 26. Tab1 Cf8? (26…Cf6) 27. Dc6 Tab8 28. Tb6 Txb6 29. Dxb6 Dd7? (29…g5) 30. Tc6 Tc8 31. Fe1 1-0.
1931, 5e partie
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| 7 | 7 | ||||||||
| 6 | 6 | ||||||||
| 5 | 5 | ||||||||
| 4 | 4 | ||||||||
| 3 | 3 | ||||||||
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* Sultan Khan-Tartakover, match en 12 parties remporté par Sultan Khan, Semmering, 1931[8] :
Voici un exemple de finale fou contre cavalier où le cavalier l'emporte sur le « mauvais fou ». La partie se poursuivit par :
76. Rd6! Fa4 (46…Rxg8? 77. Re7 suivi de d6 gagne[6]) 77. Ch6+ Re8 78. Cg4 Fc2 79. Ce5 Fe4 (79…Ff5? 80. Rc7 gagne[6]) 80. Re6 Ff5+ 81. Rf6 Fe4 82. d6 Fc2 83. d7 (83. Cxg6? Rd7 nulle[6]) 83…Rd8 84. Re6 Ff5+ 85. Rd6 { menaçant de mat à la fois en c6 et f7[6] } 85…Fxd7 86. Cxd7 Re8 87. Ce5 1-0.
Bibliographie
- R. N. (Richard Nevil) Coles, Mir Sultan Khan, B.C.M. (British Chess Magazine Quarterly n° 19, (Service bibliothécaire national 900-846-259)
- Reuben Fine, The World's Great Chess Games, Dover, (ISBN 0-486-24512-8).
