Missile hypersonique
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Un missile hypersonique est un missile qui évolue à des vitesses supérieures à Mach 5. Un missile balistique intercontinental est ainsi hypersonique.
Des missiles hypersoniques manœuvrant sont développés par différents pays parce qu'ils ont un temps de vol plus court qu'un missile de croisière « classique » (subsonique ou bas supersonique) d'une portée équivalente, et qu'ils permettent par leur trajectoire non prévisible de déjouer les systèmes de défense antimissile.
On distingue trois types de missiles hypersoniques manœuvrants[1],[2],[3] :
- les missiles balistiques manœuvrants dans leur phase de retombée atmosphérique (semi balistiques)[4] ;
- les missiles de croisière hypersoniques (HCM, en anglais : Hypersonic Cruise Missile), autopropulsés et évoluant à des altitudes inférieures à 30 km ;
- les planeurs hypersoniques (HGV, Hypersonic Glide Vehicle), des véhicules de rentrée atmosphérique lancés par un missile balistique mais utilisant leur portance et leur manœuvrabilité pour réaliser une trajectoire atmosphérique non prévisible (non balistique).
Des projectiles hypervéloces (HPV, HyperVelocity Projectile) tirés par l'artillerie sont aussi envisagés (exemple MDAC[5]).
Histoire
Des missiles hypersoniques Kh-47M2 Kinjal sont utilisés pour la première fois au combat au cours de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les 19 et , pour détruire un entrepôt d’armement ukrainien à l’ouest du pays[6]. Toutefois un doute existe au sujet de leur vitesse qui pourrait être très inférieure à celle annoncée, seulement Mach 3,6 et donc hors du domaine hypersonique[7]. Le département de la Défense des États-Unis estime qu'une centaine de missiles balistiques classiques 9K720 Iskander (de moyenne portée, donc assurément hypersoniques) ont été tirés le premier jour de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le [8].
En , l'agence américaine d'innovation de la défense, la DARPA, annonce que le missile hypersonique HAWC (Hypersonic Air-breathing Weapon Concept) a réussi son deuxième tir et est prêt pour être utilisé lors d'un conflit armé[9]. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie, dans le cadre de leur alliance militaire AUKUS, annoncent le même mois lancer le développement conjoint d'armes hypersoniques afin de suivre les progrès russes et chinois dans ce type d'armes[10].
Par ailleurs, le Japon et les États-Unis collaborent pour chercher des solutions défensives plus avancées contre ces missiles[11]. Les efforts américains en ce sens ont démarré en 2020[12], des systèmes comme le Patriot ou le SAMP/T par exemple étant capable de les intercepter dans une certaine gamme de vitesse.