Aster (missile)
Missile antiaérien et antibalistique français
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L’Aster est un missile antiaérien et antibalistique franco-italien. Conçu dans les années 1990 par la division missiles d’Aérospatiale (intégrée depuis dans MBDA). Le nom « Aster » vient de « Aérospatiale terminal » et également du nom d’un archer grec.
Défense antimissile (SAMP/T)
| Aster | |
| Présentation | |
|---|---|
| Type de missile | Défense antiaérienne Défense antimissile (SAMP/T) |
| Constructeur | |
| Développement | 1984-1998 |
| Statut | En service |
| Déploiement | 2001 |
| Caractéristiques | |
| Moteurs | Propulsion à propergol solide[1] |
| Masse au lancement | Aster 15 : 310 kg[1] Aster 30 : 450 kg[1] |
| Longueur | Aster 15 : 4,2 m[1] Aster 30: 4,9 m[1] |
| Diamètre | 18 cm[1] |
| Vitesse | Aster 15 : Mach 3[1] Aster 30 : Mach 4,5[1] |
| Portée | Aster 15 : 1,7-30 km contre avions, 15 km contre missile de croisière/antinavire Aster 30 : 3-120 km contre avions, 30 km contre missile de croisière/antinavire Aster 30 B1NT : 150 km |
| Altitude de croisière | Aster 15 : 13 km[1] Aster 30 : 20 km[1] Aster 30 B1NT : 25 km |
| Charge utile | Fragmentation |
| Guidage | Inertiel avec mise à jour des données depuis le système de tir (radar), puis autodirecteur électromagnétique actif. |
| Précision | Métrique |
| Détonation | Proximité |
| Plateforme de lancement | Navires, camions |
| Pays utilisateurs | |
| modifier |
|
Deux versions initiales ont été développées :
- Aster 15 pour l'autodéfense qui permet d'intercepter à 360° les avions, drones, missiles de croisière jusqu'à plus de 30 km et une altitude de 13 km[2] ;
- Aster 30 pour la défense de zone qui permet d'intercepter à 360° les avions, drones, missiles de croisière au-delà de 120 km[2] et une altitude de 20 km. Il offre dans sa version Block 1 une capacité contre les missiles balistiques d’une portée allant de 300 à 600 km (catégorie du Scud B) et pour sa version Block 1 NT jusqu`à 1 500 km[3]. Son coût unitaire est estimé à 2 millions €[4].
Les systèmes d'armes employant l’Aster peuvent être terrestres ou navals. Ils sont développés en coopération entre la France, l’Italie et le Royaume-Uni.
Historique

Développement initial
Le développement du missile sol-air Aster lancé au début des années 1980 s'explique par la volonté de la France et de l'Allemagne de remplacer leurs missiles MIM-23 Hawk. Ce développement est rapidement rejoint par l'Italie qui doit également remplacer ses missiles Hawk et MIM-114 Nike Hercules et par le Royaume-Uni qui doit remplacer ses missiles Bloodhound. Ces quatre pays doivent en outre remplacer les missiles sol-air navals Masurca, SM1-MR, Sea Slung et Sea Dart équipant leurs frégates[5].
Pour répondre à ce besoin, la France lance le programme SYRINX qui permet la notification de contrats de pré-développement du missile Aster à Aérospatiale et du radar Arabel à Thomson-CSF avant d'être renommé programme FSAF pour famille des systèmes surface-air futurs[6] à la fin des années 1980[7].
Si l'Allemagne abandonne le programme au profit des missiles MIM-104 Patriot et SM-2 américain et que le Royaume-Uni renonce à remplacer ses Bloodhound[5], la France et l'Italie signent en 1987 une lettre d'intention concernant le développement du missile Aster alors que le Royaume-Uni reste intéressé par la version navale du missile[7].
Création d'Eurosam et suite du développement
Le GIE Eurosam[8] est créé en mai 1989 pour assurer le développement de la famille de missiles sol-air futurs (FSAF)[9], il rassemble Aérospatiale et Alenia Difesa devenus MBDA et Tomson-CSF devenus Thales[7]. Le contrat de développement des missiles Aster est signé un an plus tard[9].
Deux variantes du missile Aster sont prévus dès le début du développement avec une version longue portée appelée Sol-air moyenne portée (SAMP) déclinée en version navale (SAMP/N) et terrestre (SAMP/T) et une version d'autodéfense appelée le système Sol-air antimissile (SAAM)[10]. Cette dernière version est développée en priorité pour remplacer les missiles navals Crotale et Aspide afin d'assurer l'autodéfenses des portes-avions Charles de Gaulle et Cavour[5].
En juillet 1995 un missile Aster 30 effectue la première interception d'une cible évoluant à 15 km d'altitude et à la vitesse de 1000 km/h, le test final de l'Aster 15 ayant lieu en mai 1998[9]. Le programme Principal Anti-Air Missile System (PAAMS) est lancé en août 1999[9], permettant la fusion des systèmes SAMP/N franco-italien et du Local Area Missile System (LAMS) britannique[7]. En 2000, la fusion d'Aérospatiale avec Matra engendre des tensions avec Thomson-CSF[11], qui sont surmontées par l'engagement de vendre les missiles Aster exclusivement avec des radars de Thomson-CSF pour une durée de dix ans[12].
Entrée en service et production
Le premier tir opérationnel d'un Aster 15 depuis le porte-avions Charles de Gaulle a lieu en ; et celui du SAMP/T en [13],[14],[15],[16].
En 2010 le système de défense antiaérienne SAMP/T intercepte sa première cible balistique au moyen d'un missile Aster 30[17]. Le système entre en service dans l'armée française entre 2010 et 2011 tandis que l'armée italienne doit attendre 2012[18].
En 2012, un contrat de maintien en condition opérationnelle est signé entre Eurosam et l’Occar pour l’ensemble des systèmes européens[19].
Missiles

Le missile Aster est constitué de deux parties principales, l’accélérateur (booster) et le terminal. Ce missile existe en deux versions : Aster 15 et Aster 30. Les deux missiles possèdent des accélérateurs différents et sont destinés à des missions distinctes : l’Aster 15 est prévu pour l’autodéfense alors que l’Aster 30 est destiné à l’interception[20].
Le missile est lancé verticalement, et part immédiatement en direction de sa cible grâce aux informations du radar. Il dispose d’une antenne lui permettant de communiquer avec la conduite de tir. Dans sa course finale, l’autodirecteur électromagnétique le guide au plus près de la cible[20]. L’agilité du missile repose sur un mode de pilotage innovant dénommé PIF-PAF : « pilotage en force - pilotage aérodynamique fort », qui donne une grande manœuvrabilité (respectivement 12 g et 30 g) à toutes les altitudes et une grande précision de trajectoire. Le missile atteint très rapidement une vitesse élevée : 3,5 s suffisent pour atteindre Mach 4,5 dans le cas de l’Aster 30[21]. Le missile Aster 30 a une portée de 100 kilomètres et une altitude maximale de 20 km. Le vol de l'engin dure donc quelques dizaines de secondes. Le missile Aster 30 pèse 450 kg[22] et mesure 4,9 mètres de haut pour 18 centimètres de diamètre[21].
Un des avantages importants du SAMP/T par rapport aux systèmes concurrents est l'absence de limitation angulaire (couverture à 360°) permise par le tir vertical du missile. Le système peut en effet comporter jusqu'à six lanceurs verticaux, contenant chacun jusqu'à 8 missiles ASTER 30. Si l'on prend l'exemple d'un autre missile comme le célèbre Patriot, ce dernier assure la protection d'un secteur angulaire de 120° et nécessite donc la présence de trois batteries pour obtenir une couverture omnidirectionnelle à 360°[23],[24].
Modernisation
Le missile Aster 30 Block 1 NT, dont le développement est lancé en , a un nouvel autodirecteur en bande Ka (contre un précédent en bande Ku) ainsi qu'un nouveau calculateur. Le passage à ce nouveau type d'autodirecteur affine le pilotage du missile pendant sa phase d'interception ce qui lui permet d'engager des cibles plus manœuvrantes et rapides et ainsi d'augmenter ses capacités face à des missiles balistiques d’une portée de 1 300 à 1 500 km[25],[26],[27]. Il passe donc d'une couverture face aux menaces de type Missile balistique à courte portée (SRBM) à une prise en charge des Missiles balistiques à moyenne portée (MRBM)[26] et des missiles hypersoniques qui se déplacent à des vitesses dépassant cinq fois la vitesse du son (Mach 5 - 6 000 km/h). Il peut traiter des cibles à 25 000 mètres d'altitude et dans un rayon de 150 kilomètres[28].
Le , l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armements (OCCAR) notifie à EUROSAM l'avenant au contrat du programme B1NT, officialisant ainsi la participation de l'Italie[29],[30],[26]. Il commencera à être livré à l'armée française début 2026, intégré dans la nouvelle version du SAMP/T (SAMP/T NG)[31]. L’Ukraine sera sans doute la première à l'utiliser : un premier système lui sera livré cette même année afin de le tester en conditions réelles[32].
Versions du système d'armes
Systèmes navals

Le Système Anti-Air Missile (SAAM) français est installé à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Il se compose du radar Arabel, des munitions Aster 15N et du système de lancement vertical Sylver[20]. L'enjeu de ce système est d'élargir la traditionnelle mission de défense navale de point, sorte d'ultime défense à courte ou très courte-portée contre les missiles antinavires, à une mission élargie d'autodéfense étendue à la fois en portée (de 1,7 km à 30 km contre des avions et 15 km contre des missiles antinavires supersoniques) et en zone protégée, pour assurer la défense d'un bâtiment voisin. Cependant sur le porte-avions Charles de Gaulle la mission d'autodéfense ultime a été reportée sur un système supplémentaire, constitué de deux batteries SADRAL de chacune six missiles d'une autre famille, le Mistral[33]. Ce système est également opérationnel depuis 2002 sur les trois frégates Al Ryiadh commandées par la Marine royale saoudienne[34].
Le SAAM italien est aménagé sur le porte-aéronefs Cavour. Il diffère du système français par son radar 3D multifonction (acronyme EMPAR en anglais), conçu par Alenia Marconi Systems (aujourd'hui Leonardo)[35].

Le Principal Anti-Air Missile System (acronyme PAAMS en anglais) équipe les quatre frégates de défense aérienne tripartite classe Horizon (France et Italie) et les destroyers Daring Type 45 britanniques. Pour ce système, l'organisation étatique est confiée à un bureau triennal et l'organisation industrielle au GIE Europaams (Eurosam et UKAMS, filiale de MBDA britannique). Ce système assure simultanément les missions d'autoprotection du bâtiment porteur, de défense locale d'un groupe de bâtiments et de défense de zone à moyenne portée. Il s'appuie sur des radars multifonctions, des lanceurs verticaux et des missiles Aster 15 ou Aster 30. Ce système assure une protection jusqu'à une distance de 100 km mais n'a pas été prévu pour la défense antibalistique[36]. En 2012, la Marine nationale a montré avec la frégate Forbin sa capacité à détruire un missile supersonique (3 000 km/h) manœuvrant (SS-N-22, AS-17, BrahMos) et à une altitude de moins de 5 mètres au-dessus de l'eau[37],[38],[39]. La bulle de sécurité est totale jusqu'à une distance de 45 km, face à une attaque saturante. Les frégates FDA peuvent tirer chacune dix missiles Aster en moins d'une minute et guider vingt-quatre Aster en vol simultanément contre douze cibles différentes, permettant de faire face, par exemple, à une salve de vingt-quatre missiles tirés par un sous-marin nucléaire[40]. Les Type 45 pourraient à l'avenir être équipés des missiles Aster Block 1NT[41].
Les frégates multi-missions « FREMM » sont équipées du missile Aster. En France, après la loi de programmation militaire de 2013, la commande est de huit frégates classe Aquitaine livrées entre et 2022[42]. Le lundi , l'Aquitaine, première frégate de la Marine nationale a effectué avec succès son premier tir du missile antiaérien Aster 15 en Méditerranée, au large du centre DGA Essais de missiles situé sur l'Île du Levant[43].
Il est prévu six navires de lutte anti-sous-marine armés de seize Aster 15 et de seize missiles de croisière naval (MdCN), et deux de défense aérienne, armés de seize Aster 30 à la place des MdCN. En Italie, dix navires de classe Carlo Bergamini sont prévus, armés du système SAAM-ESD (Extended Self Defence en anglais).
L'Aster équipe les frégates de la classe Formidable (dérivée des classe La Fayette) de la marine de Singapour, et les frégates FREMM Mohammed VI de la marine royale marocaine et Tahya Misr (anciennement Normandie) de la marine égyptienne.
Le Kalaat Béni Abbès des forces navales algériennes, construit en Italie, est équipé du missile SAAM-ESD (missiles Aster 15 et Sylver A50)[44].
La nouvelle classe Pattugliatori Polivalenti d'Altura (PPA) de la Marine italienne, qui comptera six bâtiments sera armée du système de défense aérienne SAAM-ESD++ mettant en œuvre des missiles Aster au travers d'un ou deux lanceurs Sylver à 8 cellules. La Marine italienne envisage de doter ces bâtiments d'une capacité antimissile balistique en utilisant les versions Aster 30 Block 1, puis Aster 30 Block 1 NT[45].
La Marine du Qatar a signé, en 2016, un protocole d'accord pour l'achat de navires italiens équipés d'Aster 30[46].
Les frégates de taille intermédiaire, dont la première sera livrée à la Marine française en 2024, seront armées avec des Aster 30[47].
Systèmes terrestres
Le système sol-air moyenne portée/terrestre (acronyme SAMP/T) est un programme franco-italien développé par Thales et MBDA pour le compte de l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement destiné à assurer la défense terrestre de zone. Il permet de se défendre contre des menaces aériennes conventionnelles comme des avions ou des missiles de croisière. C’est de plus le seul système de défense européen doté d’une capacité antibalistique[48].
Dérivé air-air ?
Lors d'auditions parlementaires en 2026, le développement rapide (2030) d'un missile air-air à très longue portée nommé COMET est annoncé pour la France. Le temps de développement très court laisse penser qu’il pourrait reprendre des composants existants en s’inspirant du missile AIM-174 (en) directement dérivé du missile sol-air SM-6, aux caractéristiques proches de celle de l'Aster 30. Ce type de moyen était très attendu, notamment par les FAS, afin de pouvoir repousser au loin les avions ennemis et permettre aux appareils porteurs de l’arme nucléaire d’atteindre leurs cibles, car sa grande manœuvrabilité terminale le rendrait redoutable même pour des chasseurs[49].
Autres
En 2017, les sociétés turques Aselsan et Roketsan signent avec Eurosam un protocole d’accord pour définir un système de défense aérienne et antimissile, basé sur l’expérience acquise des systèmes employant l’Aster avec un transfert de technologie[50],[51].
Production industrielle
En , lors d'une audition à l’Assemblée nationale, le délégué général pour l’armement Emmanuel Chiva a annoncé une montée en puissance significative de la production des missiles Aster, toutes variantes confondues (Aster 15, Aster 30, Aster 30 B1 NT). Alors que la prévision initiale pour l'année 2025 était limitée à 32 missiles, les efforts conjoints de la Direction générale de l'armement (DGA), des industriels et de l'état-major des armées — réunis au sein d'une « tiger team » — ont permis d'augmenter cette capacité à une fourchette comprise entre 80 et 100 missiles. L'objectif affiché est d'atteindre un rythme de production de plus de 300 missiles Aster par an à partir de 2028[52].
Utilisateurs

Utilisateurs actuels
Forces navales algériennes : 16 Aster 15 SAAM sont livrés par l'Italie en 2014 pour équiper les VLS Sylver du bâtiment de débarquement et de soutien logistique Kalaat Béni Abbès[53].
Marine royale saoudienne : 75 Aster 15 SAAM sont livrés par la France de 2002 à 2004 pour équiper les VLS Sylver des frégates de classe Al Ryiadh[53].
Marine égyptienne : 75 Aster 15 SAAM sont livrés par la France et l'Italie entre 2015 et 2021 pour équiper les VLS Sylver des FREMM égyptienne[53].
Armée française : le missile Aster équipe les VLS Sylver du porte-avions Charles de Gaulle, des frégates de classe Horizon, des frégates FREMM et des frégates FDI de la Marine nationale ainsi que les systèmes SAMP/T de l'Armée de l'air et de l'espace.

Les premiers missiles Aster 15 et Aster 30 sont livrés en 2002 avec respectivement 40 et 24 missiles[54], l'objectif final devant recouvrir 200 Aster 15 et 375 Aster 30[55]. Cependant, ces chiffres diminuent en 2014 à 140 Aster 15 et 200 Aster 30[55] alors que la norme européenne REACH force l'armée française à remotoriser l'ensemble de ses missiles Aster pour un coût de 280 millions d'euros[56].
Suite à l'invasion russe de l'Ukraine qui questionne la suffisance des stocks français de munitions, le ministère des Armées présente la rénovation pyrotechnique des missiles Aster comme un moyen de renforcer les stocks de munitions[57] tout en annonçant en octobre 2022 la commande de 100 missiles Aster 30 supplémentaires[58] qui se traduit en décembre 2022 par un achat franco-italien conjoint de 700 missiles Aster 15, Aster 30 B1 et Aster 30 B1NT[59]. Une nouvelle commande de 218 Aster 15 et Aster B1NT est signée par la France en mars 2025 en partenariat avec l'Italie et le Royaume-Uni[60] avec la livraison en juillet 2025 d'un premier lot de missiles Aster à la France grâce à l'augmentation des cadences de production[61].
Marine de guerre hellénique : 25 Aster 30 B1 sur les cent commandés sont livrés par la France en 2025 pour équiper les VLS Sylver des Frégate de défense et d'intervention[53].
Armée italienne : le missile Aster équipe les VLS Sylver du porte-aéronefs Cavour, des frégates de classe Horizon, des frégates FREMM et des frégates de classe Thaon di Revel de la Marina Militare ainsi que les systèmes SAMP/T de l'Esercito italiano.
Marine royale marocaine : 25 Aster 15 SAAM sont livrés par la France en 2014 pour équiper les VLS Sylver de la frégate Mohammed VI[53].
Marine du Qatar : 120 Aster 30 B1 sont livrés par l'Italie entre 2021 et 2024 pour équiper les VLS Sylver des corvettes de classe Al Zubarah et du bâtiment de débarquement et de soutien logistique Al Fulk[53].
Royal Navy : 150 Aster 15 SAAM et 300 Aster 30 livrés par la France entre 2009 et 2013 pour équiper les VLS Sylver les destroyers Type 45 avec une nouvelle commande d'Aster 30 passée en 2025[53].

Marine de la république de Singapour : 300 Aster 15 SAAM sont livrés par la France entre 2006 et 2013 pour équiper les VLS Sylver des frégates de classe Formidable[53].
Force aérienne de la république de Singapour : 200 Aster 30 sont livrés en 2017 et 2018 par la France pour équiper 12 lanceurs SAMP/T[53].
Forces armées de l'Ukraine : 235 Aster 30 B1 de seconde main sont livrés par la France et l'Italie entre 2023 et 2025 pour équiper les systèmes SAMP/T livrés comme aide militaire suite à l'invasion russe de l'Ukraine[53].
Futurs utilisateurs
Forces armées danoises : une centaines de missiles Aster 30 B1NT sont commandés pour équiper deux batteries de SAMP/T NG attendues en service en 2028[62].
Marine royale suédoise : les futures frégates FDI suédoises seront équipées d'un nombre inconnu de missiles Aster 30 B1NT[63].
Histoire opérationnelle
Exercices et entrainement
En 2019, lors de l'exercice Formidable Shield, exercice conduit par la force navale conjointe de frappe et d'appui de l'OTAN (NATO Naval Striking and Support Forces - STRIKFORNATO (en)), la FREMM Bretagne de la Marine Nationale a intercepté et détruit une cible supersonique avec un Aster 15[64]. Le navire HMS Defender, destroyer de Type 45 de la Royal Navy, a détruit un nouveau type de cible à très haute vitesse à l'aide d'un Aster 30[65].
En , lors de l'exercice Formidable Shield 2021, la frégate de défense aérienne Forbin a intercepté une cible supersonique volant à plus de 3 000 km/h, à l'aide d'un missile Aster 30, équipé pour la première fois de sa charge militaire[66],[67].
Crise de la mer Rouge
Au cours de la crise de la mer Rouge, la frégate Languedoc de la Marine nationale abat deux drones houthis le 9 décembre 2023 à l'aide de ses missiles Aster 15[68] avant d'abattre un autre drone houthis le 11 décembre[69]. Le destroyer HMS Diamond de la Royal Navy détruit quant à lui un drone houthis avec un missile Aster le 16 décembre[70].
Dans le cadre de l'opération Gardien de la Prospérité, le HMS Diamond abat au moins huit drones houthis dans la nuit du 9 au 10 janvier 2024 en utilisant des missiles Aster et son artilllerie embarquée[71],[72], avant d'abattre un missile balistique anti-navire houthis le 25 avril avec un missile Aster 30[73],[74].
Dans le cadre de l'opération Aspide, la Marine nationale tire 22 missiles Aster entre décembre 2023 et mars 2024[75]. Ainsi, les frégates Languedoc et Alsace abattent deux drones houthis dans la nuit du 19 au 20 février 2023[76], une FREMM inconnue abattant deux autres drones houthis dans la nuit du 21 au 22 février[77]. L'Alsace quant à elle détruit trois drones houthis le 9 mars[78], suivis le 21 mars par la destruction de trois missiles balistiques houthis le 21 mars à l'aide de missiles Aster 30[79]. Un autre drone houthis est abattu le 4 mai par une frégate FREMM inconnue à l'aide d'un missile Aster[80]. La forte utilisation des missiles Aster 15 conduit l'Armée de l'air et de l'espace à en transporter par A400M Atlas sur la base aérienne 188 de Djibouti permettant un réassort en missiles des frégates sans retour à leur port d'attache européen[81].
Guerre en Ukraine
À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la France et l’Italie livrent deux batteries de SAMP/T aux forces armées ukrainiennes pour augmenter leurs capacités de défense aérienne, le général Mandon décrivant le SAMP/T et son missile Aster 30 comme plus efficace que les missiles MIM-104 Patriot américains livrés à l'Ukraine[82].