Misticanza
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Lieu d’origine | Italie |
|---|---|
| Place dans le service | hors d'œuvre, entremets, garniture. |
| Température de service | Froide parfois chaude poêlée |
| Ingrédients | laitue, chicorée, roquette, épinard, cresson... |
| Accompagnement | vinaigrette |
| Classification | Salade |
La misticanza est un mélange d'herbes autrefois sauvages, de nos jours cultivées, typique de la cuisine traditionnelle du Latium[1],[2]. Elle se mange en salade, chaude ou froide, mais aussi en soupe.
L'italien misticanza qui signifie mélange[3], mêler[4] désigne divers mélanges dont le plus souvent la salade composée, mais il désignait aussi:
- une phrase musicale qui combine des mélodies connues (mistichanza composa [5], misticanza ou messanza en italien, ensalada en espagnol, fricassée en français)[6],
- un journal comme la Misticanza de Paolo di Lello Petrone (1434-1447)[7], édité par Francesco Isoldi[8],
- le pain commun qui se vendait autrefois en Italie en pagnotes[9],
- un mélange hétéroclite au sens figuré: est appelée misticanza - salade composée - (de mystifier, remuée) le sermon confus du curé, faite de beaucoup d'herbes de saveurs et d'odeurs diverses[10].
- et enfin au sens propre: « les frères franciscains préparent la misticanza ici en Ombrie, une salade fraîche pleine d'esprit et délicieuse qui contient trente-trois herbes différentes» (1898)[11].
Saladini désigne un mélange de salades orientales (Amsoï, mizuna, komatsuna, mibuna, etc.)[12], saladisi est un synonyme de misticanza[13]. Mesclun est un mélange de salades cultivées.
Histoire
Giuseppe Maria Silvio Ierace consacre un développement aux salades «vertes» répandues dans les cuisines méditerranéennes et proche-orientales. En Italie centrale, dans les Abruzzes misticanza est une salade mixte, dans le Latium une salade composée offerte par les frères mendiants lors de leur passage[14]. Insalata di misticanza, ou misticanza d'herbe apparait au XVIIe siècle, mélange d'herbes per fare minestra pour faire de la soupe[15], ou dans la salade aux herbes mélangées[16]. Historiquement, dans la région de Castelli-Romani (Latium), le mélange aurait été composé de 21[17] herbes sauvages[18] dont les moines corrigeaient l'amertume en ajoutant des grains de raisin[19]. En 1805, on rapporte que sœur Claudia de Angelis della Croce (1675-1715) a utilisé pour la salade de la misticanza des feuilles d'artichauts, de rue, d'absinthe et d'autres herbes amères[20].
Des mélanges d'herbes en soupe sont attestés au Piedmont: minestra d'erbetta, soupe printanière d'herbes sauvages qui aurait été faite de 64 espèces de plantes locales dont cimes de ronce, coquelicot avant floraison, jeunes pousses de lilas d'Espagne[21].
Des mélanges d'herbes en salade sont donnés par Antoine Risso (1826) alors que Nice appartient au royaume de Sardaigne, il écrit : «Le mesclun est une fort bonne salade, formée d'un mélange des petites tiges et feuilles de la roquette, de la laitue longue et ronde, du cerfeuil, de la pimprenelle, du tabouret (Noccaea rotundifolia) et du cresson alénois.
L'entian sauvage (entian signifiait gentiane[22], plante amère) est le nom d'un composé des premières tiges et feuilles du papaver rhoeas [coquelicot], picridium vulgare, brasica oleracea, chicorium endivia, hyeracum sanctum, raphanus raphanistrum, chicorium intybus, sochus oleraceus, scabiosa vulgaris, taraxacum oficinale, raphanus landra, allium roseum, anethum foeniculum [fenouil commun], pimpinela saxifraga, etc. que pauvres gens mangent bouilli pendant l'hiver, jusqu'au milieu du printemps, et principalement dans les années de disette»[23]. En provençal (1839) mescla, mesclado signifie mélange, mêler. Mesclo est «un mélange de foin et de paille ou d'autres plantes graminées et fourragères, dont on fait un fourrage pour les bêtes de somme»[24]. Le mesclun niçois est un mélange de salades cultivées (qui comprend de la chicorée sauvage cultivée[25]).
De nos jours, la misticanza est cultivée et vendue en sachets, il est composé d'au moins 6 ou 7 variétés de laitue et de chicorée[26], à Rome: roquette, laitue, chicorée, épinard, cresson, endive, fenouil, vert d'oignon, persil, menthe, ciboulette[27], pissenlit, roquette sauvage[28].

