Mohamed Kaidi est né en 1961 à Tablat, wilaya de Médéa. Il est ingénieur en informatique de formation, il maitrise sept langues. Sa carrière militaire s'est effectuée au sein des Forces terrestres de l'ANP où il a commandé un régiment d’artillerie basé à Sidi Bel Abbès[1].
Pendant la guerre civile algérienne de 1992 à 2002, il participe à la lutte contre le terrorisme, où il remporte plusieurs séquences essentielles. Il est à l’origine de l’arrestation de plusieurs cadres islamistes. Cette période lui vaut au sein de l'armée algérienne une réputation de «courage et de professionnalisme»[1],[2].
En 2019, Ahmed Gaïd Salah le désigne à la tête des services de sécurité (sauf le renseignement militaire) c'est-à-dire coordinateur des services de sécurité (CSS), pour remplacer le général Athmane Tartag, proche du président Abdelaziz Bouteflika. Tartag sera placé en détention. À la mort de Gaïd Salah en , Mohamed Kaidi reste à l'écart de la guerre des clans au sein de l'ANP[1],[2].
Le , Mohamed Kaidi est nommé, par décret du président Abdelmadjid Tebboune, chef de département emploi-préparation de l’état-major de l’armée nationale populaire en remplacement du général-major Mohamed Bachar[3].
Au cours de son mandat, il représente l'Algérie lors d'intances internationales: au Comité d'état-major opérationnel conjoint (CEMOC) à Bamako au Mali[4], au Comité technique spécialisé sur la défense de l’Union Africaine (UA)[5]. Il est aussi présent de la rencontre entre dix pays du bassin méditerranéen, intitulé Dialogue 5+5, où il représente Saïd Chengriha. Il y milite pour la «nécessité de conjuguer et d'intensifier les efforts, dans un esprit de coopération sécuritaire multilatérale, empreint de réalisme et de franchise, entre les pays membres de l'Initiative, en vue de faire face, de manière responsable, aux différents défis menaçant notre espace géographique»[6].
En , à la suite de désaccords avec le chef d'État-Major de l'Armée nationale populaire Saïd Chengriha, en particulier sur la capacité de l’armée de s'opposer aux menaces régionales qui se profilent (Libye, Maroc, Mali) et à l'organisation de la sphère militaire algérienne, Mohamed Kaidi est démis de ses fonctions par le chef d'état-major qui pourtant l'avait soutenu lors de sa nomination. Mohamed Kaidi a mentionné le malaise de la base de l'armée concernant le manque d’exercices et de manœuvre[7]. Il est remplacé à ce poste par le général-major Hasnat Belkacem qui assure l'intérim[8].
En , le média Mondafrique indique qu'il est interpellé à l’aéroport d’Alger à la suite d'une interdiction de quitter le territoire. Après deux jours d'interrogatoire, il est laissé libre mais sans avoir le droit de se déplacer et de recevoir des visiteurs. Par ailleurs, certains de ses assistants sont accusés de comploter contre le haut commandement dirigé par Saïd Chengriha. Ils sont arrêtés et emprisonnés dans la prison militaire de Blida[9].
En , le journaliste Ihsane El Kadi rapporte qu'Hichem Aboud affirme que Mohamed Kaidi serait aux arrêts au sein de la prison de Blida avec des accusations importantes, y compris d’intelligence avec l’ennemi. Cette allégation ne fait pas l'objet d'un démenti[10]. Puis en , c'est le journaliste Nicolas Beau qui évoque la mise en détention de Mohamed Kaidi[7].