Le mont Saint-Quentin est un sommet dominant la vallée de la Moselle à l’ouest de l’agglomération messine. De par son emplacement, il a joué un rôle stratégique d’observation, de protection et de communication pour la ville de Metz située en contrebas.
Le site est accessible par différentes routes menant au col de Lessy. Plusieurs dizaines de kilomètres de sentiers de randonnée sont mis à disposition des randonneurs afin d'éviter les sentiers sauvages et ainsi préserver la faune et la flore[2].
Faune et flore
La faune et la flore sont très riches[3], avec près de 900 espèces de papillons ainsi que des orchidées, chauves-souris,etc. qui sont adaptées pour supporter des conditions extrêmes de chaleur et de sécheresse. De nombreuses espèces et habitats sont protégés au niveau européen mais aussi local[4].
Le mont a la même formation géologique que les côtes de Moselle dont il fait partie, un sous-sol calcaire filtrant et l’exposition sud/sud-ouest de cette côte, comportant des pelouses calcaires et calcioles pauvres en nutriments[5].
Histoire
Vue du mont Saint-Quentin en arrière-plan, depuis les abords du plan d’eau.
Elle passe au XIIIesiècle dans le domaine du chapitre de la cathédrale de Metz. On trouvait sur le mont le signe patibulaire, à quatre piliers, de la haute justice du chapitre cathédral, sur les bans Saint-Paul des villages de cette paroisse et sur les villages avoisinants. La paroisse est ensuite transportée à Scy. Au XIIIesiècle[3], l’église est détruite et remplacée par une chapelle accompagnée d’un ermitage, qui disparaissent également tous deux lors de la Révolution.
Le mont, appelé « côte», et l'ermitage sur la planche de l'atlas de Trudaine consacrée à Metz, XVIIIesiècle (Archives nationales).
Un poste de télégraphie optique Chappe est installé sur le mont en 1797[6]. Détruit par les troupes de la coalition en 1814 puis reconstruit, il cesse de fonctionner avec l'arrêt de la ligne Chappe en 1852[6].
XIXe siècle
De 1867 à 1870, l’armée transforme le mont Saint-Quentin en un camp retranché afin d’éloigner la ligne de front et renforcer les fortifications militaires messines. Le groupe fortifié du Saint-Quentin s’étend sur 77ha. C’est le plus vaste ensemble fortifié de la première ceinture de fortification de Metz. Il comporte deux ouvrages principaux, les forts Diou et Girardin, reliés entre eux par deux branches de jonction bordés par un parapet d’artillerie. Le fort Diou, construit à l’est du mont Saint-Quentin par les Français de 1866 à 1870, est rebaptisé Ostfort par l'administration impériale allemande. Il est de forme trapézoïdale, comprend quatre bastions, 38 pièces et peut abriter un peu plus de 600 hommes.
Annexion allemande
Vue du mont Saint-Quentin depuis Metz en 1904 par l’abbé Adam Pefferkorn.
Le traité de Francfort ayant donné Metz au nouvel Empire allemand, la construction du fort s'intensifie de 1872 à 1898, du côté ouest du mont Saint-Quentin, par l'édification d'un fort pentagonal pouvant accueillir 1 800 hommes. Baptisé fort Manstein, il sera rebaptisé fort Girardin par les Français[7]. Au nord se situe le fort de Plappeville, sur 46 ha. Il servait de défense pour le front ouest et était relié au groupe fortifié du Saint-Quentin par le col de Lessy. L’ouvrage a été conçu par le lieutenant-colonel Séré de Rivières.
Pendant la période allemande, est également édifiée la tour Bismarck de Metz, unique exemplaire devenu français d’une des 240 tours homonymes élevées à cette époque à travers l'empire à la mémoire du père de l'unification allemande, Otto von Bismarck. Le Metzer Zeitung, journal messin fondé en par les frères Lang, lance une souscription pour édifier ce monument commémoratif. Il propose aussi de renommer le mont Saint-Quentin en Bismarck Höhe, mais cette proposition est finalement rejetée[8]. La tour est aujourd’hui bien préservée, malgré quelques actes de vandalisme récents.
Seconde Guerre mondiale
Durant la Seconde Guerre mondiale, au début de la bataille de Metz, un incendie se déclare la nuit du au dans deux des trois casemates du fort Saint-Quentin où les documents les plus précieux des collections des bibliothèques de Metz ont été entreposés: 588 manuscrits disparaissent sur un total de 1 475 inventoriés dans le Catalogue général de 1879 et son supplément de 1933, de même que 165 incunables sur 614 volumes d’incunables (représentant 781 unités bibliographiques)[9]. Le fort Diou a lourdement souffert des combats de 1944[7].
Le Saint-Quentin aujourd'hui
Vue panoramique de Metz depuis le haut du mont Saint-Quentin.
Le , le mont Saint Quentin et ses abords obtiennent le statut de site classé sur 1 375 hectares[10]. Près de la moitié du site (675 ha) est classée réserve Natura 2000. Il fait également partie des sites dont la conservation ou la préservation présente un intérêt au regard de ses richesses paysagères, patrimoniales, historiques et écologiques[11].
Après une phase d’étude réalisée par l’Établissement public foncier de Lorraine portant sur la mise en sécurité du site et des anciens bâtiments militaires, la communauté d'agglomération de Metz-Métropole a décidé le d’aménager et de sécuriser les lieux pour en faire un lieu de promenade et de mise en valeur du patrimoine architectural militaire et de protection de l’environnement[12].
La société de réaménagement urbain Cardem démolitions (filiale d’Eurovia) et la société de déminage Géomines sont retenues par l’armée pour sécuriser le groupe fortifié du mont Saint-Quentin et le fort de Plappeville[13].