Fort de Plappeville
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| Fort de Plappeville Feste Alvensleben | |
Inspection de Himmler et Dietrich au fort de Plappeville en 1940 | |
| Description | |
|---|---|
| Ceinture fortifiée | première ceinture fortifiée de Metz |
| Type d’ouvrage | fort de type Séré de Rivières |
| Dates de construction | 1867-1870 |
| Dates de modernisation | 1871-1891 et 1897-1898 |
| Garnison | 1 600 hommes |
| Armement | 78 pièces d’artillerie |
| Usage actuel | désaffecté (1995) |
| Protection | non |
| Coordonnées | 49° 08′ 01,07″ nord, 6° 07′ 01,2″ est |
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Le fort de Plappeville, rebaptisé Feste Alvensleben en 1872, est un ouvrage militaire situé au nord-ouest de Metz sur la commune de Plappeville. Il fait partie du système défensif des forts de Metz et connut son baptême du feu, fin 1944, lors de la bataille de Metz.
Le fort de Plappeville appartient à la première ceinture fortifiée de Metz conçue pendant le Second Empire par Napoléon III. La première ceinture fortifiée de Metz se compose des forts de Saint-Privat (1870), de Queuleu (1867), des Bordes (1870), de Saint-Julien (1867), Gambetta, Déroulède, Decaen, de Plappeville (1867) et du Saint-Quentin (1867), la plupart inachevés en 1870, lorsque la Guerre Franco-prussienne éclate. Durant l’Annexion, Metz, dont la garnison allemande oscillera entre 15 000 et 20 000 hommes au début de la période[1], et dépassera 25 000 hommes avant la Première Guerre mondiale[2], devient progressivement la première place forte du Reich allemand[3].
Construction et aménagements
Le fort de Plappeville est conçu dans l’esprit des « forts détachés », concept mis au point par le lieutenant-colonel du génie Raymond Adolphe Séré de Rivières. Le but était de former une enceinte discontinue autour de Metz, faite de forts d’artillerie espacés d’une portée de canons. Les travaux débutent en 1867. Composé de 43 bâtiments, casernes, batteries et magasins à poudre, la surface bâtie est de 14 700 m2[4].
Lorsque la guerre de 1870 éclate, le fort de Plappeville, dont les fossés secs avaient été creusés dans la roche calcaire du plateau, était encore en construction[5]. Lorsque le commandant Duchêne en prit le commandement le , la caserne était achevée, tout comme les escarpes et contrescarpes, les parapets et les glacis. Mais il manquait encore de la terre sur les glacis et surtout sur les magasins à poudre[5]. Le , le maréchal Bazaine envoya donc 1 000 terrassiers pour aider les 800 hommes de la garnison à terrasser les glacis et les magasins à poudre, remblayant deux mètres de terre supplémentaires[5].
À la fin du siège de Metz, le , le fort était achevé. Doté de 75 pièces d’artillerie, pouvant tirer chacune 300 coups, le fort aurait pu soutenir un siège bien plus long[5]. Mais le sort de la guerre en décida autrement et les troupes allemandes prennent bientôt possession du fort. Le , un dépôt de munitions du fort de Plappeville explose accidentellement, blessant ou tuant des prisonniers de guerre français. Le fort est occupé par les troupes allemandes jusqu’à la fin des hostilités, avant de devenir la propriété du gouvernement impérial allemand, après le Traité de Francfort.
D’une superficie de 46 ha, le système défensif est complété et perfectionné par les ingénieurs allemands entre 1871 et 1898. Le fort est conçu pour recevoir environ 1 617 hommes, 78 bouches à feu, 55 200 charges, 1 347 000 cartouches et 185 074 kg de poudre à canon et à fusil. À demi enterré derrière un système défensif en talus, côté plateau, il domine au sud-est la vallée de la Moselle. Conçu pour résister à distance aux tirs d’artillerie, il est tout de même entouré d’un système de fossés secs, évoquant les fortifications de Vauban. Des fortins avancés munis de tourelles d’artillerie, disséminées sur le plateau de Plappeville, complètent la défense du fort principal. Du côté du col de Lessy, deux de ces batteries cuirassées, plus importantes, sont dotées chacune de quatre tourelles équipées pour des canons de 150 mm.
Affectations successives

Durant l’annexion allemande, le fort devient un camp d’entraînement pour les officiers prussiens. Il est renforcé par les ingénieurs militaires allemands entre 1872 et 1898. À partir de 1890, la relève dans les forts est assurée par les troupes du XVIe Corps d’Armée stationnées à Metz et à Thionville. De 1914 à 1918, il sert de relais pour les soldats allemands montant au front, notamment à Verdun. Ses équipements sont alors à la pointe de la technique militaire. En , le fort est de nouveau occupé par l’armée française.
Après le départ des troupes françaises, l’armée allemande réinvestit les lieux. Le , Himmler y passe en revue les troupes de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler (LSSAH) sur la place d’armes du fort. La cérémonie de remise du nouvel étendard de la division SS, organisée à l’occasion de la visite du Reichsführer à Metz, à la demande de Sepp Dietrich[6] constitue le point d’orgue de ces années de guerre. Le fort sert ensuite de camp disciplinaire pour la Wehrmacht. Début , les troupes allemandes réorganisent sa défense, et l’intègre au dispositif défensif mis en place autour de Metz.
Après la Seconde Guerre mondiale, en 1949, le fort de Plappeville est confié à l’armée de l’air et devient, en 1953-54, un centre d’instruction militaire (CIM) pour les nouvelles recrues de la base aérienne 128 Metz-Frescaty. Désaffecté en 1994, le fort, alors bien entretenu, est laissé à l’abandon pendant une quinzaine d’années, pendant lesquelles vols, saccages et actes de vandalisme se multiplient[4].
Aujourd’hui, si l’accès aux anciens sites militaires est toujours interdit, car en cours de dépollution pyrotechnique, la Communauté d'agglomération de Metz-Métropole a lancé un chantier de restauration de longue haleine[note 1] visant à mettre en valeur le patrimoine architectural et le patrimoine naturel de ce site emblématique[7].