Moritz Schiff

biologiste allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Moritz Josef Schiff, né le à Francfort-sur-le-Main (Ville libre de Francfort) et mort le à Genève (Suisse) est un médecin et physiologiste allemand. Parmi de très nombreux travaux, menés successivement à Francfort, Berne, Florence puis Genève, il décrit la circulation entérohépatique. Il observe le premier et relate les effets du massage cardiaque chez l'animal et pratique la première transplantation de la thyroide chez le chien, ouvrant la voie à l'opothérapie.

Faits en bref Naissance, Décès ...
Moritz Schiff
Portrait par Nikolaï Gay - 1867
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
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Biographie

Le muséum Senckenberg de Francfort, en 1976.

Né dans une famille de commerçants juifs, il commence ses études dans sa ville natale, à l'Institut Senckenberg, et les poursuit à Heidelberg, à Berlin et enfin à Göttingen où il est reçu docteur en médecine en 1844. À Heidelberg, Adolf Kussmaul[1] est l'un de ses maîtres et les cours d'anatomie de Friedrich Tiedemann ont une grande influence sur lui, l'orientant vers la biologie. Il étudie la zoologie avec Lichtenberg et la morphologie avec Johannes Müller à Berlin puis avec Rudolf Wagner à Göttingen. Il séjourne également à Paris où il suit les enseignements de François Magendie (1783-1855) alors professeur au Collège de France, François Achille Longet (1811-1871) et Pierre Flourens (1794-1867) ; il étudie également la zoologie au musée du Jardin des Plantes.

Moritz Schiff, vers 1890.

De retour à Francfort, il devient directeur de la section ornithologique du Muséum Senckenberg. Il collabore avec Charles-Lucien Bonaparte pour la systématique des oiseaux d'Amérique du Sud dans son Conspectus generum avium de 1854 ; en son honneur est créé le genre schiffornis. En 1848, il sert dans les troupes révolutionnaires badoises en tant que chirurgien, ce qui lui vaudra, des années plus tard — en plus de sa religion (information à vérifier)—, le refus à l'accession au poste de professeur (Privatdozent) de l'université de Francfort et la contrainte à l'exil comme Carl Vogt. On lui reprochera des positions « trop dangereuses pour la jeunesse ». Le fils de son maître Friedrich Tiedemann sera tué lors de ce soulèvement. Après un très bref exercice de la médecine générale à Francfort après 1845, il se dirige vers la recherche dans un petit laboratoire personnel pour commencer. Il se convertit au protestantisme pour épouser en secondes noces Elisabeth Schleuning de Darmstadt en 1860, après son premier mariage avec Claudia Gitta Trier (en 1853).

À Berne, il est professeur assistant d'anatomie comparée et de physiologie de 1854 à 1862, sous la direction de Gabriel Valentin (1810-1883)[2]. Il montre que les chiens ne survivent pas à l'ablation de la thyroïde et, plus tard, que l'injection d'extrait ou la transplantation de thyroïdes animales peut empêcher leur mort. C'est un des premiers pas vers l'opothérapie (cité par Georges Canguilhem). De 1862 à 1876, il est professeur de physiologie et de zoologie à l’Istituto di Studi Superiori de Florence à l'invitation de Carlo Matteucci. Il aura là Alexandre A. Herzen comme assistant à partir de . Il est alors violemment critiqué par les ligues s'opposant à la vivisection et sera même poursuivi en justice [3]. Il sera pourtant l'un des premiers à utiliser l'anesthésie (au chloroforme et à l'éther) dans l'expérimentation animale. Cette polémique, ainsi que le manque de moyens[4] l'obligent à quitter Florence. À l'initiative de Carl Vogt, alors Recteur de l'université de Genève, il accepte la chaire de physiologie[5] après le refus de Charles-Édouard Brown-Séquard. Il y poursuit ses recherches et son enseignement pendant près de vingt années, de 1876 jusqu'à sa mort, à l'âge de 73 ans. C'est le neurologue Jean-Louis Prévost (1838-1927) qui prend alors sa succession à la chaire de physiologie de la faculté de médecine de Genève. Il est, à l'image de ses correspondants Jakob Moleschott ou Carl Vogt, l'un des tenants du matérialisme. Avec ces deux derniers et Alexandre A. Herzen, il tentera de « fonder une revue positiviste dont l'une des tâches serait la propagande anticléricale »[6]. Il défendra également les thèses de l'évolution émises par Charles Darwin avec lequel il correspond[7].

Il est le frère aîné du chimiste Hugo Schiff (1834-1915). Il est le père de :

  1. Mario Schiff (1868-1915) qui occupera la chaire de langues romanes à l'Istituto di Studi Superiori de Florence ;
  2. Robert Schiff (1854-1940), professeur de chimie à l'Université de Modène puis à l'Université de Pise ;
  3. Bettina, épouse de Ernst Julius Richard Ewald (de) (1855-1921), professeur de physiologie à Strasbourg.

Travaux

Les apports scientifiques de Schiff concernent de nombreux domaines de la physiologie humaine et animale.

Enfin il étudie les effets de divers anesthésiants (chloroforme, éther...) et de plusieurs substances toxiques (strychnine, curare, cocaïne, fève de Calabar) à l'instar de Claude Bernard.

Durant son séjour à Berne, il nourrit le projet projet de faire paraître un traité complet de physiologie, dont seul le premier volume, consacré à la physiologie des muscles et des nerfs, sera finalement publié, entre 1858 et 1859[22].

Moritz Schiff peut être considéré, par ses prolifiques contributions, par l'ampleur et la variété des sujets abordés dans ses recherches, comme l'archétype du grand savant du XIXe siècle ; il est l'un des pionniers de la méthode expérimentale en physiologie. D'esprit indépendant et original, il sera un auteur très cité sans pour autant atteindre l'éclat des Emil du Bois-Reymond, Hermann von Helmholtz ou Brown-Séquard, ses contemporains. Il paie aujourd'hui cette liberté par un relatif oubli.Polyglotte, il publie ses articles indifféremment en allemand, en français ou en italien dans de prestigieuses revues. Infatigable chercheur jusqu'à ses dernières années selon plusieurs témoignages, il multiplie et répète ses expériences, parfois à plusieurs années de distance. Ses très nombreuses publications scientifiques (près de deux cents), embrassant un large champ de la physiologie (science qui s'individualise au XIXe siècle), sont rassemblées en quatre volumes entre 1894 et 1898 (dernier volume posthume).

Sans fonder d'école, il eut pour élèves, disciples ou assistants : Alexandre A. Herzen (fils), Waldemar Haffkine[23], Nathan Loewenthal[24], Hilel Joffé (1864-1936), Angelo Mosso, Giulio Ceradini.

Galerie

Titres, prix & distinctions

Œuvres et publications

Voir aussi

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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