Morris Eight
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La Morris Eight est une automobile de type familial, de dimensions réduites, fabriquée par le constructeur britannique Morris. entre les années 1935 et 1948. Sa conception fut directement influencée par le succès commercial rencontré par la Ford Model Y, dont elle emprunta l’esthétique générale de manière manifeste. Le succès remporté par ce véhicule permit à la firme Morris de reconquérir sa position de premier constructeur automobile sur le sol britannique.
| Morris Eight | ||||||||
| Marque | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Années de production | 1935 – 1948 | |||||||
| Usine(s) d’assemblage | ||||||||
| Moteur et transmission | ||||||||
| Position du moteur | Moteur à l'avant et roues arrière motrices | |||||||
| Chronologie des modèles | ||||||||
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Morris Eight Series I
| Morris Eight I | |
| Marque | |
|---|---|
| Années de production | 1934-1937 |
| Production | 164 102[1] exemplaire(s) |
| Classe | Berline 2/4 portes Cabriolet 2 places Tourer (cabriolet 4 places) Fourgonnette 2 portes 5 cwt |
| Usine(s) d’assemblage | Cowley |
| Moteur et transmission | |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 3 rapports[2] |
| Masse et performances | |
| Vitesse maximale | 93 km/h |
| Consommation mixte | 6,3 L/100 km |
| Dimensions | |
| Largeur | 1 384 mm |
| Hauteur | 1 524 mm |
| Empattement | 2 286 mm |
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Le véhicule était mû par un moteur Morris UB de la série 918, un bloc quadricylindre à soupapes latérales d’une cylindrée de 2,3 litres. Il comportait un vilebrequin sur trois paliers et était alimenté par un carburateur SU à simple corps, développant une puissance maximale de 23,5 chevaux. La transmission s’effectuait au moyen d’une boîte de vitesses à trois rapports, synchronisée sur les deux rapports supérieurs. Le système de freinage employait des freins hydrauliques Lockheed. L’allumage était assuré par une bobine, dans le cadre d’un système électrique Lucas comprenant une batterie de six volts et une dynamo à trois balais.
La carrosserie, disponible en berline ou en cabriolet, reposait sur un châssis à longerons indépendants, doté d’un pont arrière procurant un empattement de sept pieds (soit approximativement 2,13 mètres). La version tourisme pouvait atteindre une vitesse de 93 km/h, avec une consommation affichée de 6,3 L/100 km ; les berlines s’avéraient quelque peu moins véloces. La calandre chromée et sa grille alvéolée étaient factices, occultant la véritable entrée d’air. En septembre 1934, le châssis nu était proposé au prix de 95 livres sterling[2]. Pour les acquéreurs d’un véhicule complet, les tarifs s’échelonnaient de 118 livres pour le modèle deux places le plus élémentaire à 142 livres pour une berline quatre portes pourvue d’un pavillon ouvrant et de sièges en cuir[2]. Les pare-chocs et les indicateurs de direction constituaient une option supplémentaire au coût de 2 livres et 10 shillings (équivalant à 2,50 livres).
Confrontée à l’Austin 7, proposée à un tarif analogue mais sensiblement plus légère et d’une conception antérieure, la Morris Eight des années 1934-1935 se distinguait par un niveau d’équipement plus complet. Le conducteur bénéficiait d’un tableau de bord intégral, comprenant un indicateur de vitesse doté d’un odomètre, des manomètres pour la pression d’huile et le niveau de carburant, ainsi qu’un ampèremètre[2]. La modernité de sa conception se manifestait également dans les performances supérieures de son système de freinage à tambours de 20 cm, actionné par commande hydraulique[2]. La Morris surpassait sa concurrente Ford par l’adoption d’un essuie-glace électrique, en lieu et place du système à dépression alors en vigueur[2]. Par ailleurs, ses roues d’un diamètre de 114 cm, d’une largeur relativement importante pour l’époque, ainsi qu’une voie élargie de 2,5 cm concouraient à une tenue de route plus stable et à une silhouette perçue comme plus contemporaine[2].
L’appellation Série I fut instituée à compter de juin 1935, en cohérence avec la nomenclature alors en vigueur pour les autres modèles de la marque Morris. Les véhicules assemblés antérieurement à cette date sont communément désignés sous le terme de « pré-série », bien que la dénomination officielle retenue par Morris Motors se référait à l’année-modèle (35), et ce, malgré leur commercialisation initiale intervenue dès octobre 1934. Sur une production totale évaluée à 164 102 unités, approximativement 24 000 relevaient de la catégorie des voitures de tourisme.
- Berline deux portes
- voiture de tourisme 4 places
- roadster sport-touring biplace ouvert
- Camionnette de 5 quintaux, transformée à partir d'un fourgon
- carrosserie par Jensen
- Fourgonnette Morris 8 avec carrosserie en bois
- Fourgon en bois ; vue arrière
Morris Eight Série II
| Morris Eight II | |
| Appelé aussi | Morris 8/40 (Australie) |
|---|---|
| Marque | |
| Années de production | 1938 |
| Production | 54 000[1] exemplaire(s) |
| Moteur et transmission | |
| Moteur(s) | Moteur à soupapes latérales type UB I4 |
| Cylindrée | 918 cm3 |
| Châssis - Carrosserie | |
| Carrosserie(s) | Berline 2 portes Berline 4 portes Cabriolet 2 places Cabriolet Tourer (4 places) |
| Dimensions | |
| Empattement | 2 286 mm |
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En 1938, l'automobile reçut une légère actualisation esthétique afin de s'accorder avec le reste de la gamme Morris. Les transformations comprenaient notamment des pourtours de calandre peints, supplantant les précédents éléments chromés, et l'adoption de roues à disque (Easiclean) en lieu et place des anciennes roues à rayons de type « Magna »[2]. La mécanique motrice et le châssis demeurèrent identiques. Un modèle coupé utilitaire, destiné exclusivement au marché australien, fut aussi proposé ; cette version était assemblée par la carrosserie Ruskin Bodyworks dans l'État de Victoria à partir de kits en pièces détachées (CKD) fournis par Morris. Le coupé utilitaire se déclinait en versions à toit fixe ou découvrable.
- Berline 2 portes et modèles similaires en Nouvelle-Zélande
- Tourer signalant un virage à gauche
- panneau avant de voiture de tourisme 1937
- utilitaire coupé de 5 quintaux (pick-up ; Australie)
Morris Eight Series E
| Morris Eight Series E | |
| Marque | |
|---|---|
| Années de production | 1938-1948 |
| Production | 120 434[3] exemplaire(s) |
| Moteur et transmission | |
| Cylindrée | 918 cm3 |
| Puissance maximale | 29 ch |
| Masse et performances | |
| Vitesse maximale | 93 km/h |
| Châssis - Carrosserie | |
| Carrosserie(s) | Berline 2 portes, toit fixe ou coulissant Berline 4 portes, toit fixe ou coulissant Cabriolet 2 places Cabriolet tourer (4 places) Utilitaire roadster 2 portes Utilitaire coupé 2 portes Fourgonnette 2 portes |
| Dimensions | |
| Longueur | 3 658 mm |
| Empattement | 2 261 mm |
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La Série E, révélée en octobre 1938[4], se distinguait par une refonte stylistique substantielle. Elle arborait une calandre fictive en forme de cascade, des projecteurs incorporés aux ailes avant et l'abolition des marchepieds. L'automobile gagnait en longueur, en largeur et en masse, bien que son empattement demeurât inférieur d'un 2,54 cm, fixé à 2,13 m. L'architecture intérieure voyait l'apparition d'un coffre intégral, accessible de l'extérieur et doté d'un volume d'environ 150 litres une fois la portière close. Le plan de bord était traversé par un vide-poches de toute sa largeur. Quant au capot, qualifié d'« en peau d'alligator », son ouverture s'effectuait désormais vers l'arrière, configuration qui en compliquait l'accès au groupe motopropulseur.
Lucas proposait un kit de conversion de phares à lentille verticale pour un meilleur éclairage[4].
Moteur USHM
Le propulseur bénéficia d’une modernisation au moyen du modèle Morris USHM, se voyant doter d’une nouvelle culasse, demeurant à soupapes latérales et présentant une grande similitude avec celles équipant les véhicules des séries I et II. Sa puissance fut accrue jusqu’à 29 ch. Cette énergie motrice se trouva désormais accessible, tandis que le vilebrequin, judicieusement équilibré, fut pourvu de paliers à coquille. La transmission évolua vers une boîte de vitesses à quatre rapports, synchronisée sur les deuxième, troisième et quatrième. L’installation électrique, demeurée en tension de 6 volts, conserva son équipement Lucas, mais la dynamo reçut une régulation automatique par un dispositif à deux balais. La vélocité maximale atteignait approximativement 93 km/h.
Ce bloc moteur fut ultérieurement employé, moyennant d’infimes adaptations, pour équiper la série MM de la Morris Minor de 1948 à 1953. Il fut pareillement reconverti en groupe électrogène auxiliaire pour les chars de combat Centurion, Conqueror et Chieftain. Par ailleurs, la firme Morris l’utilisa comme socle pour la conception de propulseurs maritimes et de groupes moteurs fixes à usage spécialisé.
Production
Durant la Seconde Guerre mondiale, la production fut maintenue afin de pourvoir aux nécessités militaires et à certains besoins civils impérieux, une part congrue étant également destinée à l’exportation. La fabrication générale reprit son cours à partir de 1945. Toutefois, aucune automobile de tourisme ne fut assemblée sur le sol britannique durant cette période. À l’inverse, le continent australien vit se perpétuer une industrie de carrosserie prospère, laquelle élaborait des modèles de tourisme en utilisant des châssis et des organes mécaniques provenant de l’étranger.
Une version de la Wolseley Eight, au dessin quasi identique, fut pareillement aménagée au cours des années 1930 et commercialisée après la Seconde Guerre mondiale. Un prototype initial, datant de 1939, a été conservé. Ce véhicule fut, durant une longue période, la propriété de Lord Nuffield.
- Berline 4 portes 1946
- Berline 2 portes 1939
- Tourer 1939
- Tourer 1939
- Insigne sur une Morris 8 Tourer de 1939
- Morris 8/40 Série E Roadster Utility de 1946
- Morris 8/40 Tourer (Série E) de 1948, construite en Australie
Morris Series Z
| Morris Series Z | |
| Marque | |
|---|---|
| Années de production | 1940 - 1954 |
| Production | 51 000 exemplaire(s) |
| Usine(s) d’assemblage | |
| Châssis - Carrosserie | |
| Carrosserie(s) | Fourgonnette à 2 portes
Coupé utilitaire à 2 portes (Australie) |
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La version fourgonnette de la Série E, classée au niveau de 5 chevaux fiscaux, fut désignée Série Z. Dotée d'une capacité de chargement d'environ 50 tonnes métriques (1 000 quintaux), sa production s'étendit de 1940 à 1953[5]. Son aspect extérieur demeurait assimilable à celui de la Série E, mais sa mécanique, en revanche, s’apparentait davantage à celle de la Série II. Elle conserva notamment une transmission à trois rapports. Le volume total de fabrication excéda les 51 000 exemplaires[5].
Une version utilitaire à carrosserie coupé de la Série Z fit l’objet d’une fabrication localisée en Australie. Cette réalisation s’appuya sur l’importation de châssis et de groupes motopropulseurs, auxquels furent adjointes des carrosseries assemblées localement[4].