Mosaïque du triomphe de Neptune et les quatre Saisons de La Chebba

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Dimensions4,90 m × 4,85 m[B 1].
PériodeIIe siècle
Mosaïque du triomphe de Neptune et les quatre Saisons de La Chebba
Image illustrative de l’article Mosaïque du triomphe de Neptune et les quatre Saisons de La Chebba
Mosaïque du triomphe de Neptune et les quatre Saisons de La Chebba
Type Mosaïque
Dimensions 4,90 m × 4,85 m[B 1].
Période IIe siècle
Culture Rome antique
Lieu de découverte Chebba
Conservation Musée national du Bardo
Signe particulier Inv. A 292[A 2]
Fiche descriptive Fiche sur le site du musée.

La mosaïque du triomphe de Neptune et les quatre Saisons est une mosaïque romaine datée du IIe siècle et découverte sur le site de La Chebba, en Tunisie.

La mosaïque est trouvée au début du XXe siècle dans les fouilles d'une villa située en bord de mer. Elle est aussitôt considérée comme d'excellente facture par l'archéologue et historien spécialiste de l'Afrique du Nord Stéphane Gsell.

Elle est conservée depuis au musée national du Bardo, dont elle constitue l'une de ses pièces maîtresses[1], en raison de son remarquable état de conservation et de la finesse de son exécution.

Histoire antique

Le site est situé à 10 km au sud de Mahdia[E 1] d'El Alia, au Sahel[A 3],[G 1]. Chebba est situé au nord de la Petite Syrte et à 20 km de Salakta[2].

Le site de la Chebba est occupé très anciennement, une station néolithique ayant été retrouvée[M 1].

La mosaïque a été datée de la fin du règne d'Antonin le Pieux[F 1]. Paul Gauckler date l’œuvre de la fin du Ier siècle ou début du IIe siècle[G 2].

Chebba occupe le site de l'ancienne cité de Caput Vada (actuelle Chebba), où Bélisaire débarque en Afrique du Nord en 534[C 1] pour reprendre la région aux Vandales[B 2]. Le site est également le lieu de découverte en 1989 d'un important trésor monétaire byzantin.

Mosaïque de La Chebba comportant une scène de pêche et d'Arion et Orphée, m sur m, première moitié du IIIe siècle[O 1].

L'Afrique connaît une ascension à la fin du IIe siècle et au début du IIIe siècle avec l'accession à l'Empire d'une dynastie africaine, les Sévères[E 2].

La mosaïque occupait un salle carrée de 5,50 m de côté d'une villa de bord de mer[B 1], pièce peut-être à ciel ouvert. Les pièces autour de cette pièce carrée étaient pourvues de mosaïques géométriques. L'édifice était pourvu de thermes[G 1]. La salle comportait des colonnes[B 1].

Image externe
Silène monté sur un âne

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Une autre villa est fouillée à 40 m avec une mosaïque centrale dont le sujet est la pêche avec des médaillons variés portant Arion ou Orphée entre autres motifs et conservée également au musée du Bardo[O 1]. Une troisième villa a livré un Silène monté sur un âne récalcitrant avec un Satyre et Pan[G 2]. Cette dernière œuvre est conservée au musée archéologique de Sfax[3].

Redécouverte

Trois villas romaines sont dégagées de façon simultanée par Dominique Novak et Alexandre Epinat[G 1],[4].

Il s'agit d'un pavement d'atrium dégagé lors de fouilles d'une villa située en bord de mer[B 1] par D. Novak et A. Epinat en 1902[A 2]. La mosaïque était dans une salle à colonnes[B 1] carrée et de 5,50 m de côté[G 1].

La mosaïque référencée A. 292[H 1] fait partie des principales pièces exposées au musée national du Bardo.

Description

Vue générale de la mosaïque.

Dès la découverte, l'œuvre a été considérée par Stéphane Gsell « d'une parfaite conservation et d'un excellent style »[G 2].

Le médaillon central est séparé du reste de la mosaïque par une bande centrale multicolore et deux lignes noires[A 4].

Groupe et personnage central

Détail central de l’œuvre.

Au centre de l'œuvre figure, dans un médaillon, Neptune la tête nimbée et monté sur un quadrige traîné par quatre hippocampes. Deux des hippocampes regardent la mer alors que les deux autres regardent la divinité[A 1]. Il est presque nu et dans la force de l'âge, muni d'une chevelure et d'une barbe fournie[F 1]. Le dieu est musclé[E 3]. Le dieu est représenté avec des tesselles de couleurs vives[A 5].

La divinité tient un trident et un poisson[B 1], un petit dauphin[F 1]. Ces attributs sont présents déjà dans les représentations grecques. La représentation est attestée sur une amphore de Nola ainsi que dans Pausanias lorsque l'auteur décrit une statue du port de Kenchreai (II, 2, 3) [M 2].

Le quadrige est conduit par un ichtyocentaure[A 4] ou un Triton et une Néréide[B 1], à demi dans l'eau[F 1]. A sa gauche une néréide porte un pedum dans sa main gauche et les rênes de deux hippocampes dans sa main droite. A sa droite une figure porte des pinces de homard et il tient une conque et les rênes d'hippocampes, ce personnage est souvent identifié comme un triton mais il s'agit selon Ako-Adounvo d'un ichtyocentaure[A 1]. La Néréide a des seins menus et ses chevaux semblent plats et sans vie. L'ichtyocentaure a des cheveux marron clair[A 6]. La mer est de couleur grise bleuâtre, il y a des lignes blanches, bleues et grises ainsi que des zigzags. Les personnages du groupe se reflètent dans l'eau[A 7].

Saisons

Les saisons sont représentées de manière chronologique[K 1] et aisément reconnaissables par leurs attributs[H 1]. Un serviteur et un animal représentant la période de l'année sont liés à chacune des saisons[H 1],[A 7]. Une mosaïque d'El Jem datée du règne de Sévère Alexandre comporte des représentations des saisons et également des mois, l'ensemble composant « un calendrier illustré ». Les saisons sont évoquées également par des travailleurs, personnages masculins avec des attributs végétaux et des animaux pour l'hiver et l'été[P 1].

L'année commence en mars dans le calendrier, au moment du réveil de la végétation[P 1].

Aux quatre angles figurent, sous des berceaux de feuillages[G 2] variés et des « médaillons ovales »[F 1], quatre figures féminines symbolisant les saisons et est associée « une activité agricole caractéristique »[I 1]. Les figures sont d'« un réalisme assez sensuel »[Q 1] : l'âge, les vêtements et leurs attributs sont différents. Le printemps est figuré par une « adolescente presque nue », l'été est représenté par une jeune fille nue. Une jeune femme drapée représente l'automne et l'hiver est figuré par une vieille femme couverte[B 1].

L’Hiver[P 2].

La représentation de l'hiver est une femme aux yeux enfoncés et regardant vers la gauche, drapée dans des vêtements lourds, et elle porte deux canards au bout d'un bâton[A 7]. Le personnage est entouré de branches qui portent des olives. Un travailleur ramasse les olives tombées et les place dans un panier. Le travailleur est habillé d'une courte tunique et n'a pas de chaussures[A 8]. A la droite de l'hiver un sanglier, muni d'ombres, est en train de charger[A 8].

Le printemps est représenté par une jeune femme nue portant une couronne de roses. Elle porte un collier et des bracelets. Elle est munie d'un châle rose. Elle porte un panier de roses au bras gauche et une rose dans sa main droite. La personnification du printemps a des seins menus, un ventre arrondi et des hanches marquées. Elle regarde vers sa droite. Elle est entourée par des roses. A sa droite se trouve un chien. A sa gauche un travailleur porte une tunique courte et un panier empli de roses sur sa tête[A 9].

L'été est représentée entre des tiges portant des épis de blé[A 10].

Des tiges de plantes entourent les personnifications des Saisons[E 3]. Est représenté l'intégralité du « cycle agricole »[B 1]. Sont présents des fleurs, des épis de blé, de la vigne et des olives[N 1].

Autres scènes

En liaison avec les Saisons[F 1] sont figurés également des quadrupèdes, « animaux emblématiques »[E 3], et des serviteurs qui accomplissent des travaux agricoles[J 1] : le cycle agricole tout entier est représenté[B 1].

Les animaux représentés sont un « lévrier pour le printemps, [un] lion pour l'été, [une] panthère (…) pour l'automne, [et un] sanglier pour l'hiver »[G 2].

Interprétation

Notes et références

Voir aussi

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