Mouvements de l'immigration en France
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Les mouvements de l'immigration en France sont les mouvements collectifs organisés afin de soutenir les droits des immigrés en France.
En France, les mouvements immigrés trouvent leur origine dans la Main-d'œuvre immigrée (MOI), organisation fondée dans l'entre-deux-guerres. Ils participeront ensuite à la Résistance dans les unités de (FTP-MOI).
Après avoir favorisé l'immigration durant les Trente Glorieuses, afin de satisfaire aux besoins de l’économie française, le choc pétrolier de 1973 et la crise économique ultérieure pousse le gouvernement Chaban-Delmas à mettre en place un contrôle des flux migratoires ; ainsi, les circulaires Marcellin – Fontanet, en 1972, lient l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un contrat de travail depuis un an et d’un « logement décent », mettant en situation de précarité des travailleurs étrangers employés « au noir » et ne pouvant donc justifier d'un contrat de travail[1]. Les circulaires plongent ainsi 83 %[réf. nécessaire] des travailleurs immigrés dans l'illégalité.
Saïd Bouziri, un étudiant immigré, entame alors une grève de la faim avec sa femme enceinte[2],[3],[4]. Deux mille personnes, dont Jean-Paul Sartre[1], Michel Foucault[1], des travailleurs immigrés, des syndicalistes CFDT, des associations chrétiennes (dont Hommes et Migrations[1]), des membres de la Gauche prolétarienne (maoïste), etc., manifestent le jour où Saïd Bouziri devait être expulsé[2],[4]. Fin , les soutiens de Bouziri créent le Comité de défense de la vie et des droits des travailleurs immigrés (CDVDTI, dont fait partie la philosophe-poète Geneviève Clancy[5]), qui exige la délivrance des permis de travail[4].
De nouvelles grèves, y compris de la faim[1], ont lieu en (à Valence) et en 1973[4]. Le collectif Cinélutte filme alors La grève des ouvriers de Margoline (1973), à Nanterre et Gennevilliers, après avoir filmé une grève de la faim de travailleurs tunisiens dans une église du quartier parisien de Ménilmontant. Le , 4000 étrangers en situation irrégulière se réunissent à la Maison de la Mutualité, à Paris[4]. En , alors qu'une grève de la faim illimitée a été déclarée à Ménilmontant, Georges Gorse, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement Messmer effectue la première régularisation générale par le biais d'une circulaire[4], ce qui entraîne régularisation de 35 000 étrangers précédemment en situation irrégulière.
En réaction aux ratonnades de l'été 1973[6], une « grève générale des travailleurs arabes » est lancée dans les usines avec le Mouvement des travailleurs arabes (MTA) le 3 puis , ce qui suscite certaines tensions avec la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et certains maoïstes, qui l'accusent de « diviser la classe ouvrière[4] ». Une deuxième vague de grèves a lieu, dans le secteur de l'agriculture[4]. Puis le nouveau ministre de l'Intérieur, Michel Poniatowski, nommé en par Valéry Giscard d'Estaing, tout juste élu président, décide de ne plus respecter la coutume de l'asile offerte par les églises[réf. nécessaire] : les grévistes sont expulsés de celles-ci[4]. La même année, le quotidien provençal La Marseillaise révèle l'existence de centres d'internement, hors de tout contrôle judiciaire[7] Jean Lecanuet répond au scandale après une question de Gaston Defferre il affirme "Il n'y a pas de goulag en France " Pourtant M. Loquet doyen des juges d'instruction lance une perquisition des locaux, et l'on découvre qu'une mort y a été camouflée en 1969[8].
Le Gisti (Groupe d'information et de soutien aux travailleurs immigrés), nouvellement créé, remporte alors sa première grande victoire juridique, en faisant annuler la circulaire Fontanet par un arrêt du Conseil d'État.
Cette association atypique, fondée par des juristes et des travailleurs sociaux, qui tente de faire usage du droit contre l'État lui-même[9], joue un rôle décisif dans la transformation de l'appréhension, par la gauche, de la cause des immigrés, d'un problème économique et social (questions de main d'œuvre et de lutte des classes), à un problème de droit[10]. Ainsi, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, de nouvelles revendications émergent, telles que le droit de vote, le droit à devenir français, le droit à l’égalité[10].
Le MTA organise aussi une grève des loyers dans les foyers SONACOTRA en 1976[11].
