Pierre Bariand
minéralogiste français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Pierre Bariand, né le à Paris et mort le à Domme, est un minéralogiste français. Il est considéré comme l'un des plus importants minéralogistes de la deuxième moitié du XXe siècle.
| Conservateur de musée Musée des minéraux de Sorbonne Université | |
|---|---|
| - | |
Claude Guillemin (d) |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Période d'activité |
Jusqu'en |
| Conjoint |
Nelly Bariand (d) |
| A travaillé pour |
Université Pierre-et-Marie-Curie (- Université de Paris (en) (- |
|---|---|
| Distinctions |
Biographie
Pierre Bariand est né le à Paris[1]. Il commence la recherche de minéraux dans le Limousin où il passe son enfance. En 1943, il découvre l'ancienne mine à Rancon en Haute-Vienne. Il y retourne très vite équipé de pelles et de pioches pour accéder à la veine de barytine et poursuit son exploration pendant quelques années avec des enfants de son âge[2].
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il part étudier à Paris, ce qui lui permet de visiter la galerie de minéralogie du Muséum d'histoire naturelle. Il est invité par Claude Guillemin (it) à visiter le Laboratoire de minéralogie de la rue Buffon où il fait la connaissance d'André-Philippe Sandréa, Élisabeth Jérémine, François Kraut, Xavier Doucet, Jacques Geoffroy, Claude Herbinger ou encore Gérard Guitard. Jean Orcel lui offre un cristal de bétafite de Madagascar et un groupe de quartz enfumé des pegmatites de Condé-sur-Sarthe[2],[3].
Il réalise des sections polies pour le couple de prospecteurs Abel et Jacqueline Sarcia. Abel Sarcia, fraichement nommé directeur du service recherche du Limousin, invite Pierre Bariand, âgé de 17 ans, à visiter le site minier de Crouzille et y collecter des minéraux. Jean Chervet, directeur du laboratoire de minéralogie du CEA et collectionneur de minéraux, charge Pierre Bariand de mener des recherches sur les pegmatites du Limousin. Jusqu'à l'âge de 20 ans, Bariand s'occupe un jour par semaine de l'atelier de polissage du Bureau de recherches géologiques, géophysiques et minières (BRGGM), sous la direction de Lucien Burnol[2].
En 1953, Guillemin l'invite à le rejoindre au Laboratoire de minéralogie de la Sorbonne dirigé par Jean Wyart, pour préparer les échantillons nécessaires à la thèse de Guillemin et classer les minéraux du Muséum. La même année, il accompagne Jean Chervet collecter des minéraux sur la carrière de Vilatte-Basse à Razès, dans la mine de Puy-les-Vignes à Saint-Léonard-de-Noblat et dans le gisement de Margnac à Compreignac. L'année suivante, sa fiancée Nelly l'accompagne visiter les nouvelles exploitations de La Faye et Bauzot sur la concession de Grury en Saône-et-Loire[2]. En 1956, Guillemin est chargé des collections de l’École des mines et Bariand remplace ce dernier à la tête des collections de la Sorbonne, fonction qu'il occupera 42 ans[3]. Il visite la carrière d’Hagendorf en Bavière, les mines de Mezica (en) en Slovénie et les mines de Trepca (en) au Kosovo[4].
Après son mariage avec Nelly, arménienne née en Iran, Pierre Bariand se rend à Téhéran faire la connaissance de ses beaux-parents et décide de faire de l'étude des minéraux d'Iran son sujet de thèse. Grâce à sa découverte d'uranium en Iran, Bariand monte une mission par le biais de la coopération technique et en 1960-1961, il travaille pour le ministère des industries et des mines (en) d'Iran. L'année suivante, il soutient sa thèse sur la minéralogie de l'Iran à la faculté des sciences de Paris et poursuit les missions en Iran (1964-66, 1967, 1969, 1973), lui permettant de découvrir des minéraux comme l'iranite (en)[2],[3],[4].

Dans sa nécrologie de Bariand, Dona Lee Leicht souligne qu'au début des années 1970, Bariand est l'un des premiers à étudier des minéraux provenant d'Afghanistan, d'Iran, du Gabon (chervetite, francevillite), du Brésil ou encore de Grèce. Ces collectes de minéraux lui permettent de multiplier les échanges avec d'autres institutions (Peter Embrey conservateur du musée d’histoire naturelle de Londres) ou des commerçants (Al McGuinness, grand marchand américain), pratique courante dans le milieu de la minéralogie jusque dans les années 1980[4].
Pour rendre hommage à Bariand, Fabien Cesbron et Hélène Vachey donnent le nom de bariandite à un nouveau minéral en 1971[5].
Jean Wyart charge Pierre Bariand de mener des recherches en vue de créer un musée des minéraux en s'inspirant de la Salle du Trésor d'Iran. L'Université Pierre-et-Marie-Curie eut recours aux même entreprises : joaillier Boucheron, décorateur Vincenot, etc. Le musée est inauguré en 1971 par André Herpin, président de l'université. Entre 1971 et 1993, le musée est ouvert deux heures par semaine, permettant d'accueillir 15 000 visiteurs annuels[6]. En 1993, une nouvelle entrée est réalisée afin d'accéder plus facilement au musée[6]. Sur les conseils de Pierre Viars, directeur du service d'anesthésie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Bariand fonde en 1982 l'Association des amis de la collection de minéraux de la Sorbonne (A.MI.S.)[2],[7].
La même année, il reçoit la médaille de cristal du CNRS et est fait chevalier de l'ordre national du Mérite[2].
En 1998, Pierre Bariand part à la retraite et s'installe avec son épouse dans le village de Domme en Dordogne. Craignant la disparition des collections de minéraux lors des travaux de désamiantage, il se mobilise afin d'obtenir un local temporaire pour y exposer les collections, jusqu'en 2015 nouveau déménagement des collections de minéraux[4]. Nelly Bariand le convainc de publier ses mémoires, ce qu'il fait en 2008 avec un ouvrage aux éditions du Piat tiré à 2500 exemplaires[2]. Il s'agit de son dernier ouvrage, il est l'auteur de nombreux articles scientifiques, ainsi que plusieurs ouvrages d'enseignement et de vulgarisation.
Pierre Bariand meurt le à Domme[1].
Publications
- Contribution à la minéralogie de l'Iran, thèse, 1963 (SUDOC 019831390)
- « Contribution à la minéralogie de l'Iran », Bulletin de minéralogie, vol. 86, no 1, , p. 17-64 (lire en ligne)
- Les Minéraux : leurs gisements, leurs association (avec Fabien Cesbron et Jacques Geffroy), (1re éd. 1977) (ISBN 978-2715900417)
- Larousse des pierres précieuses : fines, ornementales, organiques (avec Jean-Paul Poirot), Larousse, , 285 p. (ISBN 978-2702812020)
- Minéraux passion (avec Nelly Bariand), Bordas, (ISBN 978-2040195960)
- Le grand livre des minéraux et pierres précieuses (avec Nelly Bariand), Minerva, (ISBN 978-2830701906)
- Mémoires d'un minéralogiste sans frontières (avec Nelly Bariand), Piat, , 144 p. (ISBN 978-2917198001)