Musée judéo-alsacien
musée français situé à Bouxwiller dans le Bas-Rhin en Alsace
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Le Musée judéo-alsacien se situe dans la commune française de Bouxwiller, située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est où une communauté juive a longtemps prospéré[1].
| Ouverture |
1998 |
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| Site web |
| Protection |
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| Pays |
France |
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| Division administrative | |
| Commune | |
| Adresse |
62a Grand-Rue, 67330 Bouxwiller |
| Coordonnées |
Installé dans l'ancienne synagogue du village, le musée retrace la culture judéo-alsacienne. Il est géré par l'association des Amis du Musée judéo-alsacien de Bouxwiller (l'AMJAB).
La synagogue-musée est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du [2],[3] (Façades et toitures ainsi que le parvis avec son mur de clôture).
Histoire du musée
La synagogue, construite en 1842 a remplacé un bâtiment du XVIIIe siècle, avec bain rituel en sous-sol, situé rue des Juifs, rasé par les nazis[4]. Elle a été utilisée durant la Seconde Guerre mondiale comme fabrique de carton par les Allemands. À leur départ, ils la pillent et saccagent totalement. Seul, un petit oratoire est réaménagé, où ont lieu les services religieux dans les années 1950[1].
L'ancienne synagogue faisait partie des 267 synagogues construites après la Révolution française, période à laquelle les juifs ont eu droit à la citoyenneté française. De plus, sur les 267 synagogues construites en France, 184 se trouvent en Alsace-Moselle, preuve de la richesse du patrimoine alsacien et du nombre de fidèles.
En 1983, le lieu de culte est abandonné. Devant la menace de disparition du patrimoine judéo-alsacien rural et, en particulier de la synagogue de Bouxwiller vouée à la démolition pour en faire un parking de supérette, une association s'est vite formée sous l'impulsion de Gilbert Weil, créateur du musée éponyme : l'AMJAB.
Pour arrêter les pioches des démolisseurs, cette association propose une solution positive, à réaliser en partenariat avec les pouvoirs publics : la création d'un musée retraçant l'histoire et mettant en scène la culture des juifs d'Alsace ayant vécu en symbiose avec leurs voisins chrétiens pendant près d'un millénaire.
Après quinze ans de démarches, de déceptions, d'acharnement, le musée ouvre finalement ses portes le .
En 2023 la ville de Bouxwiller a honoré, le , le fondateur du musée judéo-alsacien Gilbert Weil en renommant à son nom le parvis de l’ancienne synagogue[5].
Quand les visiteurs entrent dans le musée, ils peuvent lire un dicton de tolérance en alsacien : Lewe un Lewe lonn signifiant « Vivre et laisser vivre ».
Aménagement du musée
Le vide intérieur de l'édifice, par les Allemands qui en avaient fait une usine, a donné l'occasion d'une architecture faite sur mesure pour une réutilisation culturelle. Ainsi, rampes et plateaux s'enchaînent pour créer, par les couleurs, les lumières, les perspectives... des ambiances changeantes, en fonction du thème traité.
Les collections
En 1907, le Musée alsacien propose à la Société d'histoire des Israélites d'Alsace et de Lorraine de créer une collection valorisant le patrimoine juif de la région.
Les quelque 400 objets qui la constituent, pièces de mobilier et imagerie, sont présentés en reconstituant leur rôle et leur usage, éclairant les rites du calendrier ainsi que la vie communautaire des Juifs des XIXe et XXe siècles[6],[7].
La muséographie[8], racontant l'histoire et la vie des juifs de l'Alsace d'antan, est principalement issue de la réflexion et de dessins de Gilbert Weil :
- Les poupées déterminant l'origine ethno-sociale-religieuse et les états-d'âme de chaque individu[9],
- Les maquettes miniatures en trois dimensions représentant des scènes de la vie quotidienne[10],
- Les mannequins en grandeur réelle et figurines en porcelaine[11],
- La stèle médiévale provenant de Strasbourg[12].
Les expositions temporaires et animations
- Événements, outre les manifestations annuelles (visites commentées, conférences, Marché de Noël, Fête de la musique, Journée européenne de la culture juive, Nuit européenne des musées...) :
- 2023[13] :
- Expositions « les pèlerinages dans les religions » et « les spiritualités » conçue par les élèves du lycée Schattenmann
- Exposition] « Le camp d’internement de Gurs »,
- Exposition "Mémoire juive en Géorgie"]. Histoire des Juifs en Géorgie.
- 2024[14] :
- Rêves de verre – Les frères Neiger et la bijouterie de Gablonz, par Madeleine Wolf,
- Une journée, Leonard Cohen.
- 2025
- Dix siècles de judaïsme - Regards sur le patrimoine juif du Grand Est[15].
- 2026 :
- Exposition de Francine Mayran Porter l'histoire : les valises mémoire entre exil et transmission.
- 2023[13] :
L'association des Amis du Musée judéo-alsacien (AMJAB)
L'association est créée en 1983[16], sous l'impulsion de Gilbert Weil, mort en 2023[17]. Son but essentiel est de faire connaître et de valoriser la culture et le mode de vie des « Juifs de la campagne alsacienne ».
En même temps qu'avançait le musée, l'AMJAB a développé de multiples actions pour la connaissance et la « remise en vie » du patrimoine judéo-alsacien[18].
À son initiative, des élèves-architectes ont procédé au relevé d'une quarantaine de synagogues rurales, sous la direction du professeur Fr. Luckel[19]. En effet, un « chantier d'été », aidé par ICOMOS (UNESCO) a permis un remarquable travail d'étudiants sur la nécropole d'Ettendorf. Un autre « chantier d'été » a aidé à percer le mystère des graffiti hébraïques gravés sur les remparts de Neuwiller-lès-Saverne. L'Association a ainsi sauvé un ensemble synagogue-école-bain rituel à Hochfelden, aujourd'hui pris en charge par une association locale.
En gagnant un concours européen organisé par la Communauté économique européenne, elle a évité la ruine de la synagogue « cachée » de Pfaffenhoffen qui a permis la réhabilitation et l'ouverture au public en 2000 du bâtiment.
Pour l'AMJAB, le patrimoine bâti ne peut se comprendre que replacé dans la culture qui l'a généré, d'où des recherches, des expositions, des articles dans la presse, des conférences en France et à l'étranger, des traductions, des publications.
L'AMJAB s'honore d'avoir été lauréat du « Prix Patrimoine Vivant » de la Fondation de France et d'être soutenu par la Fondation du judaïsme français[20].
