Jean Giraud
auteur français de bande dessinée
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Jean Giraud, connu sous son vrai nom et sous les pseudonymes Mœbius (/møbjys/[1]) et Gir, né le à Nogent-sur-Marne et mort le à Montrouge, est un auteur de bande dessinée et illustrateur français.
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| Nom de naissance |
Jean Henri Gaston Giraud |
| Pseudonymes |
Gir, Mœbius |
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| Activités |
Scénariste de bande dessinée, acteur, réalisateur de cinéma, dessinateur humoristique, réalisateur de télévision, illustrateur, créateur de bandes dessinées, dessinateur de bande dessinée, scénariste, dessinateur, dessinateur ou dessinatrice de timbres, peintre, Western author |
| Période d'activité |
- |
| Enfant |
| A travaillé pour | |
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| Genres artistiques |
Bande dessinée, western (en), science-fiction, art du dessin (d) |
| Influencé par |
Jijé, Alejandro Jodorowsky, Jean-Paul Appel-Guéry (en), Carlos Castaneda |
| Site web | |
| Distinctions |
Grand prix de la ville d'Angoulême () Liste détaillée Prix Adamson () Prix spécial du grand prix de l'Imaginaire (Major fatal (d)) () Grand prix de la ville d'Angoulême () Chevalier des Arts et des Lettres () Prix Inkpot () Jack Kirby Hall of Fame (d) () Éléphant d'or pour l’ensemble d’une œuvre () Temple de la renommée Will-Eisner () Prix Yellow-Kid () Prix Sproing () Chevalier de l'ordre national du Mérite () Science Fiction and Fantasy Hall of Fame (en) () Meilleure œuvre étrangère publiée en Espagne (d) (Arzach) () |
Il est le créateur, avec le scénariste Jean-Michel Charlier, de la célèbre bande dessinée de western Blueberry, qu'il signe sous le nom de Gir puis sous son vrai nom. Sous le pseudonyme de Mœbius, il est l'auteur et/ou le dessinateur de bandes dessinées de science-fiction, telles que Arzach, Le Garage hermétique, L'Incal ou Le Monde d'Edena, qui lui valent une reconnaissance internationale jusqu'aux États-Unis et au Japon, habituellement peu réceptifs à la bande dessinée européenne.
Mœbius est l'un des fondateurs de la maison d'édition Les Humanoïdes associés, éditrice du magazine Métal hurlant. Il participe également à la conception graphique de films comme Alien et Tron. Son impact sur la bande dessinée, sous le nom de Giraud comme sous celui de Mœbius, font de lui l'un des dessinateurs francophones majeurs du XXe siècle.
Biographie
Jeunesse (1938-1956)
Jean Henri Gaston Giraud naît le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne (Seine), dans la banlieue est de Paris. Issu d'un milieu modeste, il est le fils unique de Raymond Giraud (1913-1976), courtier d'assurance, et de Pauline Vinchon (1912-2012), employée de bureau[2], mariés en 1934. Ses parents se séparent peu après sa naissance[3] (le divorce sera prononcé en 1944[4]). En juin 1940, alors que la débâcle de la Bataille de France provoque l'exode de millions de Français, sa mère s'enfuit avec lui en direction de la Loire et ils passent plusieurs mois près de Châteauroux. À leur retour en région parisienne, Giraud passe une partie de son enfance chez ses grands-parents maternels à Fontenay-sous-Bois[5].
Après la Libération, il découvre le cinéma américain, et notamment le western, grâce aux "serials". De fait, enfant, il dessine surtout des cow-boys et des indiens. Il découvre également la bande dessinée dans les périodiques (qu'on appelle à l'époque "illustrés") : les classiques américains de l’âge d’or (Tarzan de Hogarth, Mandrake de Falk et Davis...), les auteurs belges (Franquin, Jijé, Hergé...) qu'il lit dans les hebdomadaires Spirou et Tintin, mais aussi les auteurs français, Poïvet (dessinateur des Pionniers de l'Espérance), Marijac, Pellos[6]... À 15 ans, son père lui offre le premier numéro de Fiction (), revue qui lui permet d'assouvir sa passion naissante pour la science-fiction[7].
Après avoir obtenu son certificat d'études, il commence en 1954 à Paris une formation technique à l’École supérieure des arts appliqués Duperré (mais qu'il quittera au bout de deux ans avant d'être diplômé)[8]. Il y suit la spécialité "Tissus et papiers peints" en compagnie de ses camarades de classe, les futurs dessinateurs Jean-Claude Mézières et Patrick dit Pat Mallet, avec qui il restera ami[9].
Débuts (1956-1963)
À l'âge de 17 ans, il place sa première bande dessinée, Frank et Jérémie, western humoristique publié en dans le mensuel Far-West dirigé par Marijac[6]. Dès lors, il décide de se consacrer entièrement à la bande dessinée et collabore comme dessinateur aux périodiques de l'éditeur catholique Fleurus, Fripounet et Marisette et Cœurs vaillants, entraîné par Mézières qui y travaille déjà[10],[11]. Pendant les vacances d'été 1956, il se rend au Mexique - il y restera finalement huit mois - chez sa mère qui est partie trois ans plus tôt pour se remarier[5] (avec Emilio Meraz (en)[4], épéiste mexicain membre de la sélection olympique aux Jeux de 1948 et 1952). Outre la découverte de la marijuana, un séjour dans le désert le marque à vie : « Dans le désert on évacue toute l'accumulation culturelle qui nous embarrasse[12]. »
En 1958, il effectue son service militaire, tout d'abord chez les chasseurs en Allemagne, puis en Algérie. A son retour, en 1960, il devient l'assistant de l'auteur belge Joseph Gillain, dit Jijé (qu'il était allé rencontrer, avec Mézières et Mallet, juste avant sa conscription)[13]. Jijé, créateur de la série Jerry Spring, jouit à cette époque d'une solide réputation dans le monde de la bande dessinée franco-belge. Jijé a comme point commun avec Giraud, outre la passion du western, d'avoir séjourné plusieurs mois au Mexique (en 1948 et 1949, accompagné de sa famille mais aussi de Morris et Franquin). Jean Giraud se charge de l'encrage d'un épisode de Jerry Spring, La Route de Coronado, publié en 1961 dans le journal Spirou[12],[3]. « C'était une époque merveilleuse. Joseph a été pour moi un père parfait ; je n'ai qu'à me féliciter des leçons qu'il m'a données »[14]. Un des fils de Jijé, Benoît Gillain, qui a ouvert un studio de publicité, lui commande quelques récits pour le petit (10 x 13 cm) magazine publicitaire Bonux-Boy, offert dans les paquets de lessive Bonux. Il travaille aussi en 1961 et 1962 comme illustrateur aux studios Hachette sur L'Histoire des civilisations, une collection encyclopédique, grâce à Jean-Claude Mézières qui y est maquettiste[13].
Succès de Blueberry (1963-1973)
Entrée à Pilote
En 1962, après sa collaboration avec Jijé et Hachette, Giraud fait le tour des maisons d'éditions et des magazines de bande dessinée. À Pilote, il est reçu par le scénariste belge (et cofondateur du magazine) Jean-Michel Charlier[13]. Âgé de 13 ans de plus que Giraud, Charlier est déjà un auteur expérimenté et reconnu dans la profession, créateur de nombreuses séries, notamment Buck Danny, Barbe-Rouge (toutes deux avec Hubinon) et Michel Tanguy (avec Uderzo). En 1963, après un voyage aux États-Unis qui l'a marqué, et nommé depuis peu co-rédacteur en chef (avec René Goscinny) de Pilote, il cherche un dessinateur pour un western et en parle à Jijé, qui propose le nom de Jean Giraud[15]. Fort Navajo (ce sera le titre de la série pendant les cinq premières épisodes), première aventure du lieutenant Blueberry, commence dans le no 210 du . Pilote va désormais publier chaque semaine deux planches de la série que Giraud signe du diminutif de Gir, mais son nom complet apparaîtra sur la couverture des albums.
Loin des canons de l'époque du cow-boy justicier, Mike Blueberry est crasseux, hirsute, joueur, fanfaron, tête brûlée, indiscipliné et prend ouvertement le parti des (Amér)indiens[12]. Pour souligner son aspect transgressif, Giraud lui donne les traits (et le nez cassé) de Belmondo, icône rebelle de la Nouvelle Vague[16]. Chose rare pour un personnage de bande dessinée, il vieillit et Charlier publiera sa biographie dans le tome 15 (Ballade pour un cercueil). La série devient un classique du genre[17] grâce aux scénarios palpitants et aux dialogues enlevés de Charlier (qui, débordé, va intelligemment autoriser son jeune collègue à intervenir de plus en plus dans l'histoire), ainsi qu'au graphisme en perpétuelle évolution : si au départ celui-ci est très proche de Jijé (qui devra d'ailleurs remplacer son ancien élève au pied levé en 1964 puis en 1965 quand Giraud repart au Mexique), Giraud s'éloigne rapidement du style de son maître, tant par le dessin (avec notamment l'emploi de hachures pour modeler les reliefs et les visages) que par le découpage des planches qui abandonne le "gaufrier" traditionnel, variant la taille et la disposition des cases pour dynamiser la narration. Ainsi, le diptyque La Mine de l'Allemand perdu / Le Spectre aux balles d'or, publié dans Pilote en 1969 et 1970, marque un sommet graphique (et aussi scénaristique) de la série[13].
Le premier album, Fort Navajo, est publié en 1965 chez Dargaud. La série principale, qui comptera vingt-huit albums à la mort de Giraud, connaît un grand succès, est traduite en 19 langues et se vend à des millions d'exemplaires (la cap des 12 millions d'exemplaires est franchi à la sortie du tome 28 en 2005[18]). A tel point que Giraud dira que Blueberry est « le sponsor personnel de Mœbius »[12]. En plus de la série principale, les mêmes auteurs créent en 1968 dans Super Pocket Pilote une série dérivée : La Jeunesse de Blueberry.
Le tournant de 1968
L'atelier 63 (fondé par le dessinateur Raymond Poïvet), situé rue des Pyramides à Paris, est également le siège du syndicat des dessinateurs de presse (SDPE) à une époque où la plupart des dessinateurs n'ont ni couverture sociale ni retraite, situation qui indigne particulièrement Giraud[19]. En 1968, Poïvet en est le président, Mandryka en fait également partie et des réunions ont lieu à l'atelier avec d'autres dessinateurs (dont Roland Garel et Giraud)[20]. Alors que la France est agitée par le mouvement social de mai 68, les auteurs de Pilote sont inquiets car le magazine a cessé de paraître. Le 21 mai, Giraud et Mézières - particulièrement exaltés - invitent Goscinny dans une brasserie, en bas de l'immeuble de l'atelier 63, pour une réunion avec une vingtaine d'auteurs (Christin, Mandryka, Cabu, Reiser...). Dans une atmosphère électrique, la réunion se transforme en « tribunal du peuple » (selon l'expression de Charlier, absent) pour mettre en accusation Goscinny, directeur du magazine depuis 1967 et à ce titre traité de « valet des patrons », puis évoquer l'autogestion[21]. « Goscinny […] s'est trouvé seul face à une meute de loups qui, au lieu de lui parler des problèmes de la B.D., se sont mis à l'agresser. Moi j'ai fait partie des loups, je l'ai attaqué d'une façon épouvantable »[14].
Giraud fera amende honorable[22], mais malgré des changements dans la ligne éditoriale - satisfaisant les revendications des auteurs - pour faire de Pilote un magazine plus adulte, la confiance est rompue entre Goscinny et Giraud[23]. Charlier, quant à lui, mécontent de la nouvelle orientation du magazine, démissionne en 1972 de son poste de co-rédacteur en chef[24]. De fait, après presque dix ans de présence quasiment ininterrompue et seize histoires dans Pilote, Blueberry quitte le magazine à la fin de la prépublication de l'Outlaw (no 720 du ). Paru en janvier 1973 dans Pilote et signé Gir, La Déviation (titre à double sens), court récit de voyage fantastique et délirant, s'affranchissait des règles de la bande dessinée classique avec certaines planches sans case dans un noir et blanc détaillé évoquant Gustave Doré, et annonçait déjà la volonté de l'auteur (par ailleurs héros de l'histoire) d'emprunter une nouvelle voie en explorant son côté Mœbius[25].
Apparition du double : Mœbius

La signature Mœbius (pseudonyme inspiré du ruban à une seule face décrit par le mathématicien allemand August Ferdinand Möbius) est utilisée pour la première fois dans une bande dessinée intitulée L’Homme du XXIe siècle, publiée en dans le numéro 28 de Hara-Kiri, revue satirique animée par Cavanna et Choron[6]. Mœbius produit dans Hara-Kiri une dizaine de récits courts (jusqu’au numéro 40 de juin 1964), dans lesquels il aborde ses autres thèmes de prédilection, le fantastique et surtout la science-fiction, avec un style de dessin très différent de celui utilisé pour Blueberry, influencé par Jijé mais aussi par les auteurs du magazine américain Mad (Davis, Elder, Kurtzman) que Giraud a découvert lors de ses voyages au Mexique[6]. Par la suite, Jean Giraud n'utilisera plus ce pseudonyme sur une planche de bande dessinée jusqu'en février 1974 (L’Homme est-il bon dans Pilote), mais il le reprend à partir de 1969 pour des illustrations de romans de science-fiction (aux éditions OPTA) dans lesquelles il s’essaie à toutes sortes de styles[7].
Reconnaissance internationale de Mœbius (1974-1989)
Lancement de Métal Hurlant
En 1974, Charlier - qui a une formation de juriste - est mécontent de la gestion des droits d'auteur de Blueberry et entame un bras de fer avec les éditions Dargaud qui va durer cinq ans, entraînant Giraud avec lui[26]. Giraud délaisse alors progressivement Pilote, appelé par ses anciens collègues Bretécher, Gotlib et Mandryka[6]. Ceux-ci ont créé L'Écho des savanes, revue de bande dessinée abordant des thèmes résolument adultes (dans laquelle il réalise Cauchemar blanc, récit engagé contre la xénophobie), et les Éditions du Fromage qui publient son premier album sous le nom de Mœbius, le truculent Bandard fou[25]. En décembre 1974, Giraud fonde avec Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet et Bernard Farkas (le gestionnaire de l'équipe), une maison d'édition - Les Humanoïdes associés - afin de lancer un nouveau magazine de science-fiction : Métal hurlant. Le premier numéro paraît en , avec une couverture signée Mœbius[27].
Pendant le conflit avec Dargaud, Blueberry est suspendu : si le tome 17, prépublié dans la version française de Tintin, paraît en 1975, le tome 18 ne sera publié qu'en 1980 (d'ailleurs le dernier western du duo Charlier-Gir paru dans Pilote, en 1976, met en scène un nouveau personnage, Jim Cutlass). Giraud en profite pour publier aux Humanoïdes associés des bandes dessinées de science-fiction dans le style underground sous le pseudonyme de Mœbius. Inspiré de Allô ! Nous avons retrouvé M.I.X. 315 ! Il est vivant. Nous allons le sauver !! (1965), une histoire de Raymond Poïvet[28],[29], Arzach (prépublié en 1975 dans Métal hurlant, album en 1976) est une œuvre révolutionnaire[30] dans le monde très codifié de la bande dessinée franco-belge, tant par le fond (des histoires énigmatiques dans un univers étrange) que par la forme (des planches muettes en couleur directe). Cet album marquera une génération entière d'artistes, comme en témoigne l'album Visions of Arzach (Kitchen Sink Press, 1993), publié aux États-Unis, dans lequel des artistes du monde entier (Mignola, Otomo, Miyazaki, Buscema, Corben...) lui rendent hommage[31]. L'année suivante, Le Garage hermétique (prépublié de 1976 à 1979 dans Métal hurlant, album en 1979 sous le titre Major fatal) déconstruit le scénario linéaire classique avec une histoire délibérément improvisée, expérience qui rappelle l'écriture automatique des suréalistes[32].
Dune, projet avorté mais fécond
En 1974, l'artiste (fondateur du mouvement Panique avec Topor et Arrabal) et réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky prépare un film inspiré de Dune, le roman de Frank Herbert. Selon ses dires, c'est dans une station-service (Elf offrait alors à ses clients un album pour un plein) que Jodorowsky a découvert Blueberry. Impressionné également par les dessins signés Mœbius, il rencontre par hasard Giraud dans une agence de production - qui avait commandé à celui-ci une affiche de film - et lui propose de travailler sur Dune[33]. En plus de Giraud, Jodorowsky fait venir à Paris pour la préproduction le spécialiste des effets spéciaux américain Dan O'Bannon, l'illustrateur britannique Chris Foss et l'artiste suisse H.R. Giger. Giraud dessinera près de 3000 dessins pour le story-board[34], mais le projet échoue, faute de moyens[35], mettant un terme à quasiment deux ans de travail.
Jodorowsky fait découvrir à Giraud l'écrivain américain d'origine péruvienne Carlos Castaneda qui a décrit dans ses livres son initiation au chamanime mexicain, pratique comportant un état de transe obtenu grâce au teōnanācatl (champignon hallucinogène sacré) que Giraud a expérimenté[36] lors de son deuxième voyage au Mexique. La lecture de Castaneda est pour lui un choc spirituel[37].
Pendant les temps morts de la préproduction de Dune, Dan O'Bannon lui écrit le scénario de The Long Tomorrow, publié dans Métal Hurlant en 1976. L'univers de cet album (une gigantesque cité futuriste peuplée d'androïdes) aura une influence majeure sur la science-fiction et inspirera de nombreux réalisateurs, dont Ridley Scott[38], notamment pour Blade runner (1982)[39].
Premiers projets au cinéma et l'Incal
Ses illustrations de science-fiction, le projet Dune, Arzach et The Long Tomorrow (tous deux publiés en 1977 dans Heavy Metal[40], la version américaine de Métal Hurlant), le font connaître à l'étranger et Jean Giraud/Mœbius est contacté par des cinéastes français et américains pour participer à la préproduction de films de science-fiction. C'est d'abord Ridley Scott qui l'engage - pour concevoir les costumes d'astronautes - ainsi que d'autres membres de l'équipe de Dune (O'Bannon, Giger, Foss...) sur le film Alien, le huitième passager[35] (1977).
Jodorowsky et Mœbius se recroisent par hasard, à un concert de Barbara. De cette deuxième rencontre naît l'idée chez les deux hommes de collaborer ensemble à une bande dessinée. C'est ainsi que naissent l'album Les Yeux du chat (1978), et surtout L'Incal, l'histoire de John Difool, un détective minable appelé à sauver le monde. Cette série de science-fiction paraît dans Métal Hurlant entre 1980 et 1985[41]. Accaparé par Mœbius, Giraud ralentit quelque peu son travail sur Blueberry : pendant les années 80, seulement quatre histoires seront publiées (chez de nouveaux éditeurs : Fleurus, Hachette puis Novedi).
En 1981, Jean Giraud/Mœbius est consacré par ses pairs en recevant le Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême. A ce titre, il préside le festival 1982 et en réalise l'affiche. Par la suite, il accepte d'autres collaborations pour le cinéma. Ainsi en 1982, il dessine les décors et les costumes du film Tron de Steven Lisberger, puis il réalise le story-board et crée les personnages du film d'animation Les Maîtres du temps de René Laloux[35].
Départ outre-mer
Depuis la fin des années 1970, il s'est rapproché de Jean-Paul Appel-Guéry, gourou d'Iso-Zen, une secte - même si Giraud réfute ce terme : « Entre nous, nous parlions plutôt de groupe, et il n'était pas non plus question d'argent » - tournée vers les extraterrestres. En 1983, Giraud, accompagné de sa famille, suit à Tahiti Appel-Guéry et sa communauté. Il en part un an après, disant qu'«il y a une frontière que l'on ne peut pas franchir [qui est] celle de la dignité humaine»[42],[43].

Commandé à l'origine par Citroën France et offert aux concessionnaires pour célébrer le cinquantième anniversaire de la Traction Avant, l'album Sur l'étoile (Les Humanoïdes associés, 1983), signé Mœbius, bénéficie de plusieurs suites publiées à partir de 1988 dans le magazine (À suivre). Ce cycle, intitulé Le Monde d'Edena, comptera six tomes publiés aux éditions Casterman de 1988 à 2001.
En 1984, Giraud cofonde des Éditions Aedena avec Jean Annestay et Gérard Bouysse, où il réalise notamment des œuvres en tandem avec Geof Darrow (portfolio la Cité Feu en 1985) ou Tanino Liberatore (sérigraphie Frigidaire en 1990). La même année, il s'établit à Los Angeles et monte avec sa première épouse Claudine la maison d'édition Starwatcher Graphics. Il réussit en parallèle à convaincre Marvel Comics de publier aux États-Unis la plupart de ses travaux produits jusqu’à présent sous sa signature Mœbius. Cette rencontre l’amènera à illustrer une histoire du Surfer d'argent en collaboration avec Stan Lee et selon la méthode Marvel. Circonstance rare pour un auteur européen, cette contribution a influencé plusieurs auteurs de comics, comme Jim Lee ou Mike Mignola. Il continue de travailler sur des films américains : Les Maîtres de l'univers de Gary Goddard (1987), pour lequel il dessine les personnages, mais pour Willow (1988) et Abyss (1989), ses créations ne sont pas reprises dans la version finale du film[35].
En 1988, à l'occasion des 15 ans du Festival d'Angoulème et de la première émission de timbres illustrés par des auteurs de bande dessinée, la poste française choisit Mœbius ainsi que onze autres Grands Prix (Reiser, Fred, Brétécher, Tardi, Bilal...), pour illustrer chacun un timbre sur le thème de la communication[44]. Cette reconnaissance institutionnelle sera confirmée en 2006 par la sortie d'un deuxième timbre dessiné par Giraud, sur le thème des vacances[45].
Diversification et expositions (1989-2012)

Scénariste et galeriste
En 1989, Jean Giraud revient définitivement en France. Cette même année, Jean-Michel Charlier meurt, laissant le scénario du 23e album de Blueberry, Arizona Love, inachevé. Giraud décide de terminer cette histoire seul. À partir de 1990, il s'occupe également du scénario de deux autres séries western : le cycle Marshall Blueberry, une histoire "à la Charlier"[46] (dessiné par William Vance puis Michel Rouge, 3 tomes parus entre 1991 et 2000) et la reprise de la série Jim Cutlass (dessinée par Christian Rossi, 6 tomes parus entre 1991 et 1999). En 1995, prenant en charge le scénario en plus du dessin, il entame un nouveau cycle de Blueberry - en modifiant le titre qui devient Mister Blueberry - l'action se situant une dizaine d'années après l'album Arizona love.
En 1990, il crée Stardom, maison d’édition et galerie d'art (rue Falguière à Paris), relancé en 1997 par sa seconde épouse Isabelle pour devenir Mœbius Production. Ils éditent ensemble livres, sérigraphies et affiches consacrés à son œuvre. En 1997, Luc Besson l'engage, (ainsi que Jean-Claude Mézières), pour travailler sur l'univers graphique (décors, créatures...) du Cinquième Élément[35]. Mais cette collaboration se termine mal : Giraud, Jodorowsky et les Humanoïdes Associés intentent un procès au cinéaste pour plagiat de l'Incal. Les plaignants seront déboutés en 2004[47].
Introspection et expositions
En 1999, il est président du jury de la première édition du Festival international des Très Courts. Il publie la même année son autobiographie : Mœbius Giraud : histoire de mon double, aux Éditions no 1[48]. Cet exercice d'introspection se poursuit avec Inside Mœbius, dans lequel l'auteur se met lui-même en scène dans un univers imaginaire discutant avec ses propres personnages et faisant part avec humour de ses doutes artistiques et de ses questionnements. Ces carnets, commencés en 2000, sont publiés aux éditions Stardom en 6 tomes de 2004 à 2010[49].
Au cours des années 2000, il reprend son personnage emblématique d'Arzach, d'une part dans Arzak Rhapsody, une mini-série en animation Flash de quatorze épisodes courts (2002, scénario, dessin et réalisation signés Mœbius) diffusée sur France 2[35]; d'autre part dans l'album Arzak : destination Tassili (Mœbius Production, 2009), prévu comme le premier tome d'une trilogie.
Amateur de jazz (« une transe légère qui donne une nouvelle forme à la pensée et aux sensations[50] »), Giraud participe avec le pianiste et compositeur Tony Hymas (en) - dont il a illustré plusieurs albums - à un concert dessiné en janvier 2003 à Arcueil (Val-de-Marne). Pendant que le trio de Hymas improvise sur la mélodie d'Avec le Temps, Mœbius se laisse porter par la musique pour exprimer en dessins (diffusés sur grand écran) ses émotions[51].
Du au se déroule à l'hôtel de la Monnaie à Paris l'exposition Miyazaki-Mœbius. Elle met en parallèle les travaux de Giraud et de Hayao Miyazaki, célèbre réalisateur de films d'animation japonais du studio Ghibli. Plus de trois cents dessins y sont exposés.
Avec le magicien Gérard Majax en , il participe à la réalisation d'une nouvelle attraction du Parc du Futuroscope, La Citadelle du Vertige, inspirée des univers du Garage hermétique. En 2010, il réalise le court métrage d'animation en 3D La Planète encore, coréalisé avec Geoffrey Niquet. Des manifestations lui avaient déjà rendu hommage dans le monde entier : à San Francisco (1995), Milan, Venise (1998), Liège (2003) - ville natale de Charlier - ou Kyoto (2009). Mais c'est en octobre 2010 que la Fondation Cartier pour l'art contemporain (Paris) organise la première rétrospective majeure en France consacrée à l’œuvre de Giraud-Mœbius, Mœbius-Transe-Forme[50],[52],[53], en exposant 400 œuvres : dessins, carnets de croquis, couvertures de magazines, planches, digigraphies, aérographes, diaporama et courts métrages.
Décès

Jean Giraud meurt le à Paris à l'âge de 73 ans[54], des suites d'une embolie pulmonaire consécutive à un lymphome. Il est inhumé le au cimetière du Montparnasse (9e division[55], à quelques mètres de Maurice Pialat) après une cérémonie religieuse à la basilique Sainte-Clotilde[56].
Vie privée
Jean Giraud s’est marié deux fois. Il a d'abord rencontré aux éditions Hachette, où elle travaillait comme documentaliste, Claudine Conin (1945), qu'il a épousé en 1967 et avec qui il a eu deux enfants, Hélène (1970) et Julien (1972) Giraud. En 1995, il s'est remarié avec Isabelle Champeval (1961), qui travaillait dans une agence d'architecture, avec qui il a eu également deux enfants, Raphaël (1989) et Nausicaä (1995) Giraud, et qui est restée à ses côtés jusqu’à son décès[57].
Après la disparition de son mari, Isabelle Giraud poursuit son engagement au sein de Mœbius Production en veillant à la défense, à la mise en valeur et à la diffusion de son héritage artistique à travers des projets d’édition et des expositions[58].
Style
Connu pour la rapidité d'exécution de ses dessins, Jean Giraud a un style graphique très varié, pouvant aller du réalisme fouillé de ses débuts dans les Aventures du lieutenant Blueberry, commencées en 1963, à l'onirisme et aux épures lyriques d'ouvrages plus récents. Son dessin va de la gravure, au trait classique en noir et blanc, au travail de la couleur environnementale typique de la ligne claire.
Ses univers sont pour la plus grande partie axés sur une science-fiction fantasmagorique et délirante ainsi qu'une poésie teintée de métaphysique.
Influencé par les étendues désertiques du Mexique, il aime dessiner des personnages sur une surface plane et uniforme, qui peut aller du Sonora à l'absence totale de décor. Que ce soit dans les séries Blueberry ou Arzach, le désert est une figure récurrente dans son œuvre. En effet, parce qu'aucune construction humaine ne vient imposer un sens déterminé, il autorise tous les possibles, d'où ses nombreux dessins où les personnages traversant le désert connaissent des métamorphoses surprenantes[59].
Bien que la bande dessinée européenne soit peu diffusée au Japon, Mœbius y est respecté, notamment des auteurs locaux : « il est très populaire parmi les dessinateurs de ma génération » selon Jirō Taniguchi, né en 1947[60]. D'après Gō Nagai, « Mœbius a inventé un nouveau monde fantastique, ouvert de nouveaux horizons »[60].
Bibliographie
L'article détaillé recense les œuvres de Jean Giraud (alias Mœbius et Gir) en tant que dessinateur, scénariste et illustrateur.
Filmographie
Contributions artistiques

Jean Giraud a participé à la conception graphique de nombreux films :
- Dune (1975) d'Alejandro Jodorowsky (jamais réalisé)
- Alien, le huitième passager (1979) de Ridley Scott
- Les Maîtres du temps (1982) de René Laloux
- Tron (1982) de Steven Lisberger
- Les Maîtres de l'Univers (Masters of the Universe, 1987) de Gary Goddard
- Willow (1988) de Ron Howard
- Abyss (1989) de James Cameron
- Little Nemo : Les Aventures au Pays de Slumberland (1992) de Masanori Hata, Misami Hata et William T. Hurtz
- Il était une fois… (1995), adaptation de La Belle au bois dormant
- Space Jam (1996) de Joe Pytka
- Le Cinquième Élément (1997) de Luc Besson
- D'autres mondes (2004) de Jan Kounen
- Le Ruban de Moebius (Thru the Mœbius Strip) (2005) de Glenn Chaika
Adaptations de ses œuvres
- Par lui-même
- Starwatcher (1991), pilote pour un long métrage avec Medialab, annulé en 1992 après la mort d'Alain Guiot
- Arzak Rhapsody (2002), mini-série
- La Planète encore (2010), court métrage
- Par d'autres réalisateurs
- Cauchemar blanc (1991) de Mathieu Kassovitz
- Blueberry, l'expérience secrète (2004) de Jan Kounen
Influence
Son œuvre a aussi inspiré l'esthétique de plusieurs films :
- Arzach pour Métal Hurlant (1981)
- The Long Tomorrow pour Blade Runner de Ridley Scott (1982)
Ludographie
Il fut l'illustrateur attitré des ordinateurs Alice 32 et Alice 90 dans les années 1980.
En 1995, il a influencé le design du jeu Panzer Dragoon sur Saturn. Il en a aussi signé l'illustration de jaquette pour l'édition originale japonaise. Il dessine la même année la jaquette du jeu vidéo Fade to Black.
En 1997 sort Pilgrim : Par le livre et par l'épée, un jeu sur PC d'après un scénario de Paulo Coelho dont il a conçu les personnages, avec les planches disponibles sur un CD bonus.
En 2004 sort Seven Samurai 20XX, un jeu sur PlayStation 2 développé au Japon dont il a conçu les personnages.
De nombreux jeux vidéo s'inspirent de son style graphique :
- Gravity Rush (2012)
- Sable (2021)[61]
- Chants of Sennaar (2023)[62]
- Synergy[63] (2024)
Principales expositions
En France
- 31 janvier - 8 février 1997 : Météorites... Mégalithes ! (avec Beb Deum, Mézières, Caza et Vatine), festival du court-métrage de Clermont Ferrand[64]
- 4 décembre 1998 - 3 janvier 1999 : 100 millions d'images (avec Druillet...), musée d’art contemporain, Lyon
- 30 juin - 14 novembre 1999 : 1 monde réel, Fondation Cartier, Paris
- 26 janvier - 3 septembre 2000 : Trait de génie- Giraud Mœbius, musée de la bande dessinée, Angoulême
- 10 octobre 2000 - 7 janvier 2001 : Maîtres de la bande dessinée européenne (averc Hergé, Franquin...), BnF, Paris
- 3 - 24 : Mystère Montrouge, Hôtel de ville, Montrouge
- 1 - 13 : Miyazaki Mœbius, musée de la Monnaie, Paris
- 22 juin - 21 juillet 2005 : Mythes Grecs, galerie Stardom, Paris
- 13 : Jardins d’Eros, galerie Stardom, Paris
- 3 février - 21 mai 2006 : Dormir, rêver... et autres nuits (avec Mc Cay, Ben, Warhol...), CAPC - musée d’Art contemporain, Bordeaux.
- 27 octobre 2006 - 27 janvier 2007 : Boudha line, galerie Stardom, Paris
- : Hommage au Major, galerie Stardom, Paris
- 19 - 20 : Fou et Cavalier, Espace Cortambert, Paris
- : Arzak, destination Tassili , Espace Cortambert, Paris[65].
- - : Mœbius Transe Forme, Fondation Cartier, Paris[66].
- - : Mœbius multiple(s), Musée Thomas-Henry, Cherbourg[67]
- 21 - 21 : Inside Mœbius, l'alchimie du trait, Hôtel Départemental des Arts, Toulon[68]
- Mai - : 40 jours dans le désert B, MuSaMa, Marseille.
- 24 novembre 2019 - 22 mars 2020 : Blueberry sur la piste de l’Épau, Abbaye Royale de l’Épau, Le Mans.
- 13 janvier 2025 - 9 mars 2025 : Mœbius Note Harmonie, Espace Carpeau, Courbevoie.
En Italie
- 10 octobre - 9 : Mœbius Infinito, Magazzini Ferroviari ai Lolli, Palerme
- 29 - 11 : Mœbius Infinito, Palazzo Bagatti Valsecchi, Milan
- 7 février - 29 : Mœbius Infinito, Fondazione Querini Stampalia, Venise
- 2000 : Napoli 2000 Mœbius, Città della Scienza, Naples
- 11 mai - 24 octobre 2019 : Les beaux voyages de Mœbius, Palazzo Santa Maria Nova Campiello, dans le cadre de la Biennale de Venise
- 10 juillet 2021 - 4 octobre 2021 : Mœbius Alla ricerca del tempo, Musée Archéologique National (MANN), Naples
En Allemagne
En Espagne
- 7 mai - 6 juin 1992 : Cristal saga 22, Galerie 4rt Montfalcon, Barcelone.
- 26 mai - 28 août 2022 : Comic, suenos e historia (avec Eisner, Miller...), CaixaForum, Madrid.
Autres
- 28 juin - 25 août 1991 : Mœbius Giraud, 35 ans d'images, Maison de la Culture Frontenac, Montréal, Canada
- 26 avril - 16 août 1995 : Mœbius: A Retrospective, Cartoon Art Museum, San Francisco, États-Unis
- : The world of Mœbius, Art Museum, Kemi, Finlande
- - : Giraud Mœbius, Grand Manège, Liège, Belgique
- 4 mai - 7 juin 2009 : Le monde mœbiusien, International Manga Museum, Kyoto, Japon.
Décorations
Récompenses
- 1971 :
Prix Saint-Michel du meilleur dessinateur européen - 1974 :
Prix Shazam de la meilleure série étrangère de bande dessinée pour Blueberry (avec Jean-Michel Charlier) - 1975 :
Prix Yellow-Kid du dessinateur étranger, pour l'ensemble de son œuvre - 1976 :
Grand Prix Saint-Michel pour Arzach - 1977 :
Prix du meilleur dessinateur français au Festival d'Angoulême[69] - 1979 :
Prix Adamson du meilleur auteur international de bande dessinée pour l'ensemble de son œuvre - 1980 :
Prix Yellow-Kid de l'auteur étranger, pour l'ensemble de son œuvre - 1980 :
Grand prix de la science-fiction française, prix spécial, pour Major Fatal - 1981 :
Grand prix de la ville d'Angoulême[70] - 1985 :
Grand prix d'arts graphiques au Festival d'Angoulême - 1986 :
Prix Inkpot - 1988 :
Prix Harvey de la meilleure édition américaine d'une œuvre étrangère, pour tous ses albums traduits - 1989 :
Prix Eisner de la meilleure série limitée, pour Silver Surfer : Parabole (avec Stan Lee) - 1989 :
Prix Harvey de la meilleure édition américaine d'une œuvre étrangère pour L'Incal (avec Alejandro Jodorowsky) - 1991 :
Prix Eisner de la meilleure histoire ou sortie (Best Story or Single Issue) pour Concrete celebrates Earth Day (avec Paul Chadwick et Charles Vess) - 1991 :
Prix Harvey de la meilleure édition américaine de matériel étranger pour Blueberry - 1997 :
Inclus au Temple de la renommée Jack Kirby - 1998 :
Prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée (réédition) pour L'Incal lumière (avec Alejandro Jodorowsky) - 1998 :
Inclus au Temple de la renommée Will Eisner
- 2000 :
Prix Max et Moritz exceptionnel pour l'ensemble de son œuvre - 2000 :
Prix Sproing de la meilleure bande dessinée étrangère pour Blueberry : Geronimo l'Apache
- 2001 :
Prix Haxtur de la meilleure histoire longue pour Le Cœur couronné (avec Alejandro Jodorowsky) - 2003 :
Prix Haxtur de l'« auteur que nous aimons », pour l'ensemble de sa carrière - 2004 :
Prix Albert-Uderzo pour l'ensemble de sa carrière
- À titre posthume
- 2017 :
Prix Eisner de la meilleure édition américaine d'une œuvre internationale pour Le Monde d'Edena
Voir aussi
Bibliographie
Monographies
- Numa Sadoul, Mister Mœbius et Docteur Gir, Paris, Albin Michel, coll. « Graffiti », 1976, 94 p. (ISBN 2-226-00266-9) - réédition augmentée, Tournai, Casterman, 1991 (sous le titre Entretiens avec Mœbius), 198 p. (ISBN 2-203-38015-2), et 2015 (sous le titre Docteur Mœbius et Mister Gir), 264 p. (ISBN 978-2-203-04163-9)
- Thierry Smolderen, Les Carnets volés du major, Bruxelles, Schlirf book, (BNF 43429832)
- L'Univers de Gir, Paris, Dargaud, coll. « L'univers de… », , 94 p. (ISBN 2-205-02945-2)
- Jean Annestay, Les Mystères de l'incal, Paris, Les Humanoïdes Associés,
- Nathalie Coucke, Un singulier pluriel : Jean Giraud-Mœbius, Paris, Vertige Graphic, coll. « Tracés » (no 3), , 62 p. (ISBN 2-908981-01-7)
- Daniel Pizzoli, Il était une fois Blueberry, Dargaud, 1995
- Jean Giraud, Mœbius/Giraud : Histoire de mon Double, Paris, Numéro Un, , 214 p. (ISBN 2-86391-835-4)
- Thierry Groensteen, Trait de génie : Giraud / Mœbius, Angoulême, Musée de la bande dessinée, , 48 p. (ISBN 2-907848-24-0)
- Daniel Pizzoli, Mœbius ou les errances du trait, P.L.G., 2013
- Mœbius métamorphe, collectif, Les Humanoïdes Associés, 2021 (ISBN 978-2-731-69787-2)
- Jean-Clet Martin, De Blueberry à L'Incal - Lire Giraud / Mœbius, Les Impressions Nouvelles, 2022 (ISBN 2-874-49925-0)
- Christophe Quillien, Jean Giraud alias Mœbius, Seuil, 2024, 592 p. (ISBN 978-2-02-147719-1)
Articles
- Vincent Bernière, « Alejandro Jodorowsky et Mœbius : La Folle du Sacré-Cœur », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 82-83
- « Gir », Phénix, no 14, , p. 3-16
- « Gir / Mœbius », Swof, no 24, , FB34-39 & 44-49 et US36-45 (tête-bêche
) - Jean Giraud (int. par Erik Svane), « Jean Giraud », Swof, no HS 2 « Spécial Westerns Charlier », , p. 6-20 & 36-39
- Jean Giraud (int. par François Armanet et Bernard Géniès), « Mœbius, le seigneur de l'anneau », sur Le Nouvel Observateur,
Vidéographie
- 1987: The Masters of Comic Book Art de Ken Viola (États-Unis, 60 minutes)
- 1994 : La Constellation Jodorowsky -- Dans ce documentaire, Jean Giraud parle de sa collaboration avec Alejandro Jodorowsky sur le projet pharaonique du film Dune, ainsi que sur les bandes dessinées L'Incal et Le Cœur couronné. Dans la séance de psychogénéalogie qui conclut ce film, il joue le rôle du père du cinéaste Louis Mouchet
- 2000 : Mister Gir & Mike S. Blueberry de Damian Pettigrew, documentaire du Musée de la Bande dessinée d'Angoulême (France, 2000, 55 minutes)
- 2006 : Mœbius Redux: A Life in Pictures de Hasko Baumann, (Allemagne, 70 minutes) diffusé sur Arte[71]. Giraud/Mœbius retrace son parcours dans un documentaire accompagné de nombreux dessins, d'extraits de films et d'interviews (avec Stan Lee, Jodorowsky, Jim Lee, Mike Mignola, Philippe Druillet, Enki Bilal, HR Giger et Dan O'Bannon). Une version raccourcie intitulée In Search of Mœbius (52 minutes) a été diffusée sur la BBC.
- 2007 : Jean Van Hamme, William Vance et Jean Giraud à l'Abbaye de l'Épau, documentaire de FGBL Audiovisuel (France, 2007, 70 minutes)
- 2010 : MétaMœbius : Giraud-Mœbius, métamorphoses de Damian Pettigrew, coécrit par Jean Giraud, documentaire de CinéCinéma et la Fondation Cartier pour l'art contemporain (France, 70 minutes et 52 minutes)
- 2010 : « Interview Mœbius - L’éternel voyageur », vidéo sur fascineshion.com
Liens externes
- Site officiel
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- Ressources relatives à l'audiovisuel :
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