Fernando Arrabal

From Wikipedia, the free encyclopedia

Nom de naissance
Fernando Arrabal TeránVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Fernando Arrabal
Autoportrait de Fernando Arrabal en 2012.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Fernando Arrabal TeránVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Mouvement
Cérémonie - Panique
Genre artistique
Site web
Distinction
Œuvres principales
Carta de amor (como un suplicio chino) (Lettre d'amour (comme un supplice chinois))

Fernando Arrabal [feɾˈnando arraˈβal][1], né le à Melilla (Espagne), est un poète, romancier, essayiste, dramaturge et cinéaste franco-espagnol.

Ce desterrado[2] vit en France à partir de 1955. Il a réalisé sept longs-métrages. Il a publié une centaine de pièces de théâtre, quatorze romans, de nombreux livres de poésie, plusieurs essais et sa célèbre Lettre au général Franco du vivant du dictateur. Son théâtre complet est publié en de nombreuses langues (en deux volumes de plus de deux mille pages). Il est cofondateur du mouvement Panique avec Roland Topor, Christian Zeimert et Alejandro Jodorowsky, et Transcendant satrape du Collège de 'Pataphysique depuis 1990. Pour le dramaturge, le Panique est une « manière d’être [...] régie par la confusion, l'humour, la terreur, le hasard et l'euphorie » (Panique, Manifeste pour le troisième millénaire) (thèmes récurrents dans son art.)

Influencé par Lewis Carroll et son monde magique, mais aussi par Kafka, Beckett, Artaud ou encore Alfred Jarry, il a brisé les conventions, notamment au théâtre[3].

Ami d'Andy Warhol et de Tristan Tzara, il a passé trois années avec le groupe surréaliste d'André Breton. Le critique dramatique Mel Gussow (en) l'a considéré comme l'unique survivant des « quatre avatars de la modernité[4] ».

« Un théâtre fou, brutal, clinquant, joyeusement provocateur. Un potlatch dramaturgique où la carcasse de nos sociétés « avancées » se trouve carbonisée sur la rampe festive d'une révolution permanente. Il hérite de la lucidité d'un Kafka et de l'humour d'un Jarry ; il s'apparente, dans sa violence, à Sade ou à Artaud. Mais il est sans doute le seul à avoir poussé la dérision aussi loin. Profondément politique et joyeusement ludique, révoltée et bohème, elle est le syndrome de notre siècle de barbelés et de goulags : une façon de se maintenir en sursis. »

 Dictionnaire des littératures, Éditions Bordas

Enfance (1932-1946)

Dans son enfance, Arrabal a souffert de la mystérieuse disparition de son père, condamné à mort par le régime de Franco, puis évadé en 1941. À cause de ce traumatisme, comme l'a écrit le prix Nobel Vicente Aleixandre,

« la connaissance qu'apporte Arrabal est teintée d'une lumière morale qui réside dans la matière même de son art. »

Fernando Arrabal Terán est le fils du peintre Fernando Arrabal Ruiz et de Carmen Terán González.

Le lors de la tentative de coup d'État militaire à l'origine de la guerre civile espagnole, le père de Fernando Arrabal demeure fidèle à la République, et, en conséquence, est condamné à mort pour rébellion militaire. Par la suite, la peine sera commuée en trente années de prison. Fernando Arrabal senior passe par les prisons de Santi Espiritu à Melilla, Monte Hacho à Ceuta (où il tente de se suicider), Ciudad Rodrigo et Burgos, jusqu'à ce que, le , il soit transféré à l'hôpital de Burgos, étant supposé malade mental. Des recherches postérieures laissent à penser que la maladie était simulée afin d'obtenir un transfert dans un endroit moins surveillé. Le , Fernando Arrabal senior s'évade de l'hôpital en pyjama, alors qu'au-dehors un mètre de neige recouvre les champs. On n'aura plus jamais de nouvelles de lui, malgré des investigations minutieuses réalisées plus tard[5].

Arrabal écrit :

« Sans vouloir comparer l'incomparable, face à ces choses crépusculaires (et sans lien logique bien souvent) je pense fréquemment à un bouc émissaire : mon père. Le jour où a commencé la guerre incivile, il a été enfermé par « ses compagnons compatissants » dans la salle des drapeaux d'une caserne de Melilla ; pour qu'il réfléchisse bien, car il risquait d'être condamné à mort pour rébellion militaire s'il ne se joignait pas au soulèvement (alzamiento). Au bout d'une heure le lieutenant Fernando Arrabal a appelé ses ex-camarades, déjà ! Pour leur dire qu'il n'avait pas besoin de réfléchir davantage. Grâce à cela aujourd'hui dois-je être témoin, exemple ou symbole, comme lui, de ce qu'il advient de plus essentiel ? Moi qui ne suis qu'un exilé. Si on m'éloigne de mes bien-aimés chiffres, ce qui m'entoure me porte à la confusion, au désordre… sans ordonnance. Je ne veux pas être un bouc émissaire comme l'a été mon père, je ne veux qu'expirer vivant, quand Pan le voudra. »

Pendant ce temps, la mère d'Arrabal, en 1936, était revenue à Ciudad Rodrigo, où elle installe Fernando tandis qu'elle va travailler à Burgos, alors capitale des Nationalistes et résidence du gouvernement du général Franco. En 1937 Fernando entre à l'école des Thérésiennes, jusqu'à ce que, en 1940, une fois terminée la guerre civile, sa mère aille vivre à Madrid, précisément au 17, rue de la Madera. Il apprend à lire et à écrire à Ciudad Rodrigo (dans la province de Salamanque).

En 1941, Fernando Arrabal gagne un concours d'« enfants surdoués ». Il fait ses études au collège des Escolapios de San Antón (école pie fréquentée en leur temps par Victor Hugo et Jacinto Benavente) et plus tard chez les Escolapios de Getafe. À cette époque Arrabal lit beaucoup et mène des expériences, qui, comme il le reconnaît lui-même, lui seront utiles plus tard.

Jeunesse (1946-1956)

En 1947, sa mère l'oblige à suivre des cours préparatoires pour entrer à l'Académie générale militaire, mais Arrabal n'y assiste pas, de sorte qu'en 1949 il est envoyé à Tolosa (province de Guipuscoa) où il étudie à l'école théorico-pratique de l'industrie et du commerce du papier. C'est à cette époque, en 1950, qu'il écrit plusieurs pièces de théâtre aujourd'hui inédites.

En 1951 il commence à travailler à la Papelera Española. Il est envoyé à Valence où il passe le baccalauréat, puis à Madrid où il étudie le droit. Pendant ces années il fréquente l'Ateneo de Madrid et les poètes postistes, s'attelle à de nouvelles versions de Pique-nique (alors intitulée Les soldats), et il écrit El triciclo (premier titre : Les Hommes au tricycle).

En 1954, il se rend à Paris en auto-stop pour voir jouer Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht, car le Berliner Ensemble se produit dans la capitale. Plus tard, à Madrid, il fait la connaissance de Luce Moreau qui deviendra sa femme. En 1955 il obtient une bourse de trois mois pour étudier à Paris et pendant ce temps, il vit au collège d'Espagne de la Cité universitaire. Il fait alors une grave rechute de tuberculose, quinze jours après son arrivée en France[6] et est il est accueilli comme émigré[6] au Sanatorium universitaire Jacques-Arnaud, situé dans la commune de Bouffémont, près de Paris, dans le Val-d'Oise. C'est le lieu où il écrit ses premières pièces[7] et profité de ses « cures de sommeil » pour continuer à écrire[6]. Un jour viennent à Bouffémont l’un des jurés du prix Jean Mercure et son épouse, et l'une des pièces écrites au sanatorium a obtenu ledit prix, aussi dénommé « L’aide à la première pièce »[6]. Ainsi, il a toujours considéré cette maladie comme une « malheureuse chance » qui lui a permis de s'installer définitivement dans sa véritable patrie, celle de Kundera et de Vivès, d'Ignace de Loyola et de Picasso : l'exil.

Procès et prison

Jugé sous le régime franquiste en 1967 et emprisonné pour son engagement politique à travers son œuvre, et ce malgré le soutien énergique de la plupart des grands écrivains de l'époque, de François Mauriac à Arthur Miller, et une requête auprès du tribunal du célèbre romancier et dramaturge irlandais Samuel Beckett qui déclarera alors :

« Si faute il y a qu'elle soit vue à la lumière du grand mérite d'hier et de la grande promesse de demain et par là pardonnée. Que Fernando Arrabal soit rendu à sa propre peine[8]. »

Années 1970 et l'après-franquisme

En 1974, il apparaît dans Italiques pour parler de l'œuvre de Roland Topor[9].

Sa Lettre au général Franco, publiée du vivant de son destinataire, soulève beaucoup d'émotions.

À la mort de Franco, il fait partie du groupe des cinq Espagnols (interdits de retour) les plus dangereux, avec Santiago Carrillo, Dolores Ibárruri (la Pasionaria), Enrique Líster et Valentín González (El Campesino).

Plus tard la démocratie en Espagne lui permettra d'atteindre une véritable reconnaissance dans son pays natal avec une centaine de distinctions dont deux prix nationaux de théâtre. Certaines de ses pièces connaîtront de grands succès, comme Lettre d'amour interprétée par María Jesús Valdés au Centro Dramático Nacional[10].

Prix et reconnaissance

Buste de Fernando Arrabal par Mustafa Arruf.

Bien que controversée, son œuvre est reconnue partout dans le monde (grand prix de théâtre de l'Académie française, prix Nabokov du roman, Espasa d'essai, World’ Theater, Pasolini de cinéma, le Mariano de Cavia de journalisme, Alessandro Manzoni de poésie, etc.).

Il a été finaliste du prix Cervantes avec l'appui de Camilo José Cela et José Hierro.

Il s'est vu décerner la Légion d'honneur le et, en 2007, le titre de docteur honoris causa de l'université Aristote (Grèce).

Il a reçu les prix suivants :

Un buste de lui a été fait par Cyril de La Patellière pendant la représentation même d'une de ses pièces de théâtre à Nice en . Ce buste a fait partie d'une exposition itinérante en Europe sous le titre « Parigi l'avanguardia ».

En 1994, le sculpteur Mustafa Arruf réalise un buste en bronze que la ville de Melilla consacre à la longue et internationale carrière du dramaturge.

Œuvre

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI