Nécropole de Ponte Secco
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| Nécropole de Ponte Secco | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Sardaigne |
| Province | Sassari |
| Commune | Sassari |
| Coordonnées | 40° 47′ 23″ nord, 8° 27′ 39″ est |
| Histoire | |
| Époque | Néolithique |
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La nécropole de Ponte Secco est un site préhistorique daté du Néolithique situé à Sassari dans la province de Sassari en Sardaigne. La nécropole regroupe 19 tombes du type domus de janas.
La nécropole est signalée par Maria Valeria Del Rio en 1948, qui mentionne sept hypogées. Les premières fouilles archéologiques interviennent en 1952-1953 sous la direction d'Ercole Contu (tombe I). En 1970, Antonello Baltolu fouille une tombe qu'il nomme « tombe Bassu », mise au jour l’année précédente par des interventions clandestines. Une campagne de recherches menée en 1979-1980 par Ferrarese Ceruti entraîne la découverte de trois tombes, qu'il numérote III à V, et permet l'étude de la « tombe IIa », appelée aussi « tombe des protomés », découverte à la suite d’un déboisement effectué le long de la paroi rocheuse[1]. D’autres auteurs, par la suite, citèrent la nécropole dans divers travaux de caractère plus général, mais la numérotation des tombes, dans de nombreux cas, n’est pas uniforme, mais tous semblent s’accorder sur un nombre total de 13 hypogées. En 2016, un groupe de travail coordonné par Paolo Melis, après de nouvelles reconnaissances et grâce à l’usage du GPS, localise précisément toutes les tombes signalées jusqu’ici, et en découvre de nouvelles, portant la consistance totale de la nécropole à 19 hypogées, dont un inachevé[2].
La nécropole
La nécropole de Ponte Secco est l'une des nombreuses nécropoles à domus de janas (Marinaru, Sant’Ambrogio, Monte d’Accoddi, Su Crucifissu Mannu, Li Lioni) entourant le site du Monte d’Accoddi. Il est fort probable que ce nombre élevé de nécropoles, et donc de villages, tenait à la richesse économique de la région, mais aussi, et surtout, à la présence de ce sanctuaire. La nécropole de Ponte Secco est située à environ un kilomètre à l'ouest du Monte d'Accodi, dans une modeste paroi verticale d’un plateau calcaire, dissimulée par la végétation. Les tombes sont creusées le long de la paroi, à différentes hauteurs avec une prédominance du type à projection longitudinale et entrée en pavillon, ou sur le plateau supérieur, avec une prédominance des entrées en puits[1].
Tombes n°1 et n°2
- Tombe n°1 : fouillée en 1970, elle est constituée de deux espaces et précédée d’un dromos. Tanda y reconnut des représentations corniformes en relief, aujourd’hui difficiles à identifier[2].
- Tombe n°2 : longtemps désignée comme tombe I, c’est la tombe Bassu fouillée par Baltotu en 1970. Elle se compose d’un dromos, d’une antichambre et d’une grande cellule avec six cellules mineures disposées en rayons, selon le schéma « sassarese » classique[2].

Tombe n°3
La tombe a été fouillée et documentée par Ceruti sous le nom de« tombe IIa »[2]. Selon les auteurs, elle est également mentionnée sous les noms de « tombe des protomés » ou de « tombe des tables d’offrandes ».
La tombe est un hypogée pluricellulaire assez endommagé, au plan complexe, qui devait à l’origine comporter au moins 13 espaces. Elle se distingue par une forte concentration de motifs symboliques sculptés en relief, notamment au moins 12 protomés bovines et des tables d’offrandes
La tombe s’ouvre à quelques mètres au-dessus du niveau du sol. Elle es été endommagée par une activité de carrière qui a endommagé le portique d’accès à l’hypogée, dont il subsiste un fragment de corniche extérieure finement travaillée, l’antichambre (a) et plusieurs cellules (b, c, n, o, l, m)[3].
La tombe comprend 13 pièces et son plan est extrêmement complexe. La tombe s'organise autour de l'antichambre (a) et de la salle centrale (f), d’où l’on accède aux pièces g et, au fond, h et i, qui correspondent peut-être à l’hypogée d'origine. La salle f, contrairement à l’usage, se distinguent par ses parois longues, perpendiculaires à l’axe de l’antichambre alors que dans le plan traditionnel ce sont les parois les plus courtes. Ultérieurement, huit cellules furent creusées de part et d’autre de l’antichambre, avec des ouvertures très larges pour les cellules b, d, l, n, comparées aux entrées plus étroites des pièces internes (c, e, m, o). Des trous (12 cm de diamètre et 10 cm de profondeur) ont été creusés dans le sol des cellules g, i, m (5 trous) et dans celui de la cellule e (4 trous). Ils sont interprétés comme étant destinés à recevoir les pieds en bois d’un lit funéraire. Des trous similaires sont visibles dans les tombes I et II de Mesu ’e Montes et dans la tombe de Tazzone à Buddusò[3].
L'antichambre constitue la pièce la plus remarquable de la tombe, non seulement du point de vue architectural mais aussi pour les éléments décoratifs qu’elle comporte. La pièce est rectangulaire. Son sol étant plus bas que celui des autres pièces, on y accède, en descendant deux marches taillées dans la roche depuis l'extérieur et on en sort en montant deux autres marches pour passer à la salle f. À gauche et à droite de l’antichambre, au pied des cellules b, n, d, l, la roche a été sculptée avec un motif décoratif évoquant un « tabouret en bois », interprété comme étant une table d’offrandes (d’où le nom de « tombe des tables d’offrandes »)[3]. Plusieurs motifs de bucranes (abusivement qualifiés de protomés) de style naturaliste ornent les murs de la pièce : six de part et d’autre du portique d’accès à la salle f (trois de chaque côté), et trois de tailles différentes superposés entre les portiques reliant les cellules b–d et l–n[3].
La fouille de la tombe n’a livré aucun matériel archéologique, certainement à la suite de vidanges et de fouilles clandestines, mais tant du point de vue architectural que des représentations symbolico-rituelles qui y figurent, elle peut être datée de la période d’Ozieri[3].
Tombe n°4
La tombe a été fouillée et publiée sous le nom de tombe III par Ceruti[2].
On accède à la tombe III par un portique qui a été modifié au fil du temps et correspond aujourd’hui à une ouverture circulaire, aménagée dans une belle corniche creusée en négatif dans la paroi du pavillon. La tombe se caractérise par un plan cruciforme. La petite antichambre est de forme trapézoïdale. En descendant deux marches taillées dans la roche, on accède à la salle principale qui comporte un pilier central de section quadrangulaire placé exactement dans l’axe de l’entrée et du portique menant à la cellule du fond. Sur les côtés latéraux, trois portiques (deux à gauche, 1 à droite) donnent accès à deux cellules secondaires (1 de chaque côté) accessibles par une marche rectangulaire saillante de la paroi (cellules latérales) ou creusée dans la roche (cellule du fond). La cellule du fond, de plan quadrangulaire, est totalement décentrée par rapport à son portique d’accès ouvert dans l'angle inférieur droit, ce choix a probablement été dicté par des contraintes structurelles de la paroi rocheuse[4].
Ceruti a recueilli un riche mobilier archéologique dans la tombe : outils lithiques (pointes de flèches, lames, grattoirs), des éléments de collier en coquillage, et surtout un matériel céramique (vases carénés, pyxides, bols, vases miniatures avec ocre rouge) appartenant à la culture d’Ozieri. La tombe III a également livré plusieurs idoles féminines en plaque ajourée fragmentées et un petit bétyle de forme elliptique, en grès, semblable à celui en granite découvert dans la tombe II de la nécropole d’Oliena[4].
Tombes n°5 à n°9
- Tombe n°5 : grande tombe dont l’entrée a été complètement ruinée par des travaux de carrière. Elle a été indiquée sous différentes numérotations (4, 12, 13). Hypogée à plan complexe, centré sur une grande salle avec pilier, comprenant au moins 8 pièces. Dans la cellule principale, au-dessus d’un portique, subsiste un motif corniforme en relief, aujourd’hui très usé[2].
- Tombe n°6 : petite tombe ouverte sur le plateau, composée de deux cellules co-axiales. Le fort comblement de terre ne permet pas de déterminer si l’entrée était en puits (probable) ou horizontale[2].
- Tombe n°7 : à l’origine grande tombe pluricellulaire, mais les réutilisations ultérieures (peut-être comme pressoir) ont complètement altéré son plan. Seules quelques cellules internes subsistent intactes. Probablement l’une des trois tombes explorées par Ceruti[2].
- Tombe n°8 : petite tombe avec probable entrée en puits, fortement enterrée. Elle se compose d’un petit espace introductif, sur lequel s’ouvre, à gauche, l’accès à une pièce plus vaste dotée d’une niche[2].
- Tombe n°9 : minuscule cavité, certainement artificielle, qui pourrait être une tentative de creusement d’un hypogée non achevé[2].
Tombe n°10
La tombe a été fouillée par Ceruti, qui la nomme « tombe V » mais elle a été numérotée différemment par divers auteurs[2]. La tombe est constituée d'un grand espace sans aucune trace d'anciennes cellules qui auraient été ultérieurement réunies. Il est donc vraisemblable qu'il s'agissait dès l'origine d'une grotte naturelle qui aurait été aménagée en domus. Deux colonnes massives sont visibles dans la partie antérieure de la pièce. Selon Ceruti, il s’agirait d'une grotte-sanctuaire comme il en existe dans la nécropole de Montessu. L’hypogée fut largement remanié, surtout à l’époque romaine, mais peut-être aussi plus tard, avec la modification et/ou l’ouverture le long des parois de larges niches semi-circulaires[5].
L'intérêt de cette tombe réside dans les deux représentations anthropomorphes d’époque préhistorique encore partiellement visibles sur les parois du pavillon. L’anthropomorphe représenté sur la paroi frontale comporte des membres supérieurs et inférieurs orientés vers le bas, une tête circulaire (désormais presque illisible) et un cou très court. De nombreuses cupules, sont visibles à gauche de l’anthropomorphe. Le second motif anthropomorphe (aujourd’hui largement indéchiffrable) a été réalisé sur la paroi gauche du pavillon par martelage. En 1979, Ceruti en donnait la description suivante : « […] il présente une schématisation très rigide, avec une tête circulaire posée directement sur des épaules rectilignes, d’où partent vers le haut, en angle, les bras rendus selon le schéma du triangle allongé […] »[5].
Tombes n°11 à n°15
- Tombe n°11 : tombe au plan simple et régulier comportant une antichambre, la cellule principale, dotée d’un pilier central, sur laquelle s’ouvrent, à droite et à gauche, deux cellules latérales précédées de portiques moulurés[2].
- Tombe n°12 : tombe fortement enterrée, dont l’exploration complète est actuellement impossible. Deux accès sont visibles, et il n’est pas exclu qu’il s’agisse de deux tombes réunies en un seul hypogée. Le plan, assez complexe, comprend au moins 6 à 7 espaces, mais il pourrait y en avoir davantage. Une cellule comporte une colonne bien travaillée, avec un relief de chapiteau à son sommet[2].
- Tombe n°13 : l’ensevelissement empêche l’exploration de la tombe dont on ne distingue qu'un vaste espace transversal, tandis qu’un autre plus petit s’ouvre sur le côté gauche. L’entrée pourrait être en puits[2].
- Tombe n°14 : grande tombe au plan singulier, fortement enterrée. Elle se divise en deux secteurs : une cellule isolée à gauche et un groupe de cellules à droite, reliées par un espace de dégagement, dont il ne reste que quelques traces. Le groupe principal comprend une cellule de dégagement reliée à trois cellules latérales, dont deux furent déjà unies dans l’Antiquité pour former un grand espace en « L »[2].
- Tombe n°15 : tombe au plan complexe et très enterrée. Elle se compose d’une antichambre, à l’origine précédée d’un court dromos et avec une entrée surélevée (accessible par une marche), reliée à deux cellules à gauche et une grande cellule frontale. Sur le côté droit de cette dernière s’ouvre une séquence de deux cellules co-axiales, tandis qu’au fond se trouve une niche à entrée moulurée, probablement une fausse porte[2].
Tombes n°16 et n°17
Les deux tombes se caractérisent par un plan complexe et sont fortement enterrées. À l’origine, les deux tombes étaient considérées comme une sépulture unique : l’entrée et l'antichambre de la tombe XVI sont complètement obstruées et ensevelies, de sorte que l’accès se fait, par une ouverture étroite depuis la tombe n°16, donnant l’impression erronée d'une tombe unique. La tombe n°16 est probablement la plus ancienne des deux[6].
L’ensevelissement de l’entrée de la tombe 16, orientée au sud, ne permet pas de savoir s'il elle était précédée d’un pavillon. L'antichambre, remplie de terre, est attestée par un portique visible de l’intérieur. De l’antichambre, on accède à la cellule principale de plan quadrangulaire (2,50 × 2,00 × 1,00 m de hauteur au-dessus du comblement), avec deux portiques ouvrant de chaque côté vers une cellule secondaire (1 à gauche, 1 à droite). La paroi du fond (au nord) ne comporte aucune ouverture mais une niche (0,70 m de largeur sur 0,50 m de longueur) ornée d’une double moulure, ce qui laisse supposer une fonction symbolique analogue à celle d'une « fausse porte ». Le portique de gauche (0,65 × 0,67 m) donne accès à une cellule secondaire au plan irrégulier (2,35 × 1,70 × 0,72 m), ouvrant elle-même par son côté nord sur une seconde cellule à planimétrie irrégulière, sub-trapézoïdale (2,80/2,45 × 2,20/1,25 × 0,77 m). Le portique de droite (0,65 × 0,67 m) débouche sur une vaste cellule de plan trapézoïdal (3,50 × 3,00 × 1,00 m) donnant accès, dans son angle nord-est à une nouvelle cellule trapézoïdale (2,10/2,50 × 1,70/2,45 m), et, sur sa paroi orientale à un petit espace de plan sub-elliptique (1,65 × 1,20 × 0,60 m), qui communique avec la tombe n°17 par une ouverture arrondie (0,50 × 0,45 m)[6].
La tombe n°17 s'est complètement développée sur son axe transversal, vers l'est, en raison probablement de la présence de la tombe n°16 qui empêchait tout développement vers le nord. La tombe est précédée d’un atrium et d'une antichambre accessible par une large ouverture (0,85 × 0,93 m). La forme planimétrique de l’antichambre traduit concrètement la contrainte qu'a représentée la tombe n°16 voisine pour les bâtisseurs : après un départ rectiligne, le mur ouest bifurque brutalement vers le nord-est divisant l'antichambre en deux secteurs de hauteur inégale. Sur la paroi orientale de l'antichambre, un portique rectangulaire (0,70 × 0,80 m) introduit dans la cellule principale de la tombe n°17 de plan trapézoïdal (3,10 × 1,80/2,25 × 1,24 m). Dans la chambre principale, un premier portique (0,50 × 0,79 m) introduit vers une première cellule secondaire (1,90 × 1,70/2,50 m) côté est. Un second portique (0,65 × 0,61 m) dans l'angle nord-est mène à une seconde cellule plus vaste (4,45 m de long, pour une largeur allant de 2,00 m à 2,70 m) composée de deux secteurs différents : à l’origine, il devait s’agir d’une modeste cellule semi-circulaire, qui fut ensuite agrandie vers l’est et dont le creusement excessif de la roche vers le sud entraîna une mise en communication avec la première cellule secondaire[6].
La volonté des bâtisseurs de creuser une nouvelle tombe aussi proche d'une précédente, au risque de la fragiliser, ou d'être contraint d'adopter une planimétrie peu conventionnelle pourrait s’expliquer par le désir de souligner une forte cohésion entre les défunts auxquels les tombes étaient destinées. Cette démarche a également été observée entre les tombes n°14 et n°15 de Ponte Secco. Au final, les bâtisseurs décidèrent d’unir complètement les deux tombes, en creusant, à partir de la tombe n°16 un petit espace sub-elliptique. Cette démarche est comparable à celle observée à Sos Laccheddos où les tombes n°2, 3 et 4 furent ultérieurement unies par l’ouverture de portiques permettant une communication entre les tombes[6].
Tombes n°18 et n°19
- Tombe n°18 : grande tombe à entrée en puits, très endommagée, dont on distingue un grand espace à ciel ouvert, sur lequel s’ouvrent au moins trois cellules mineures et une niche[2].
- Tombe n°19 : tombe à entrée en puits ou en couloir descendant. On accède immédiatement à une salle principale oblongue, dotée d’un pilier central et de traces de pilastres en relief sur la paroi droite. À droite s’ouvre une cellule bipartite, et à gauche un groupe de trois cellules en séquence[2].
Notes et références
Annexes
Bibliographie
- (it) Mario Masia, « La necropoli di Ponte Secco », dans Mario Masia, Sassari Nella Preistoria, Sassari, Editrice Democratica Sarda, , 189 p. (ISBN 978-88-6025-172-5), p. 50-61
- (it) Paolo Melis, Maria-Elisabetta Scarpa, Giovanni Carboni et Gianni Canu, « Necropoli ipogeica di Ponte Secco (Sassari, Prov. di Sassari) », Notiziario di Preistoria e Protostoria, vol. 3.II, , p. 50-52
- (it) Paolo Melis, « Necropoli ipogeica di Ponte Secco: Tombe 16 e 17 (Sassari, Prov. di Sassari) », Notiziario di Preistoria e Protostoria, vol. 3.II, , p. 53-55