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Nécropole de Montessu

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Nécropole de Montessu
Image illustrative de l’article Nécropole de Montessu
Vue générale de la nécropole.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Province de Sardaigne du Sud
Commune Villaperuccio
Protection Patrimoine mondial 2025
Coordonnées 39° 08′ 00″ nord, 8° 40′ 06″ est
Histoire
Époque Néolithique
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Nécropole de Montessu
Nécropole de Montessu
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Nécropole de Montessu
Nécropole de Montessu

La nécropole de Montessu, est un site préhistorique daté du Néolithique, situé dans la commune de Villaperuccio, dans la province de Sardaigne du Sud en Italie. La nécropole regroupe 35 domus de janas, creusées durant la période prénuragique, constituant l'une des plus grandes nécropoles à domus de janas de Sardaigne. Plusieurs tombes sont ornées de motifs décoratifs peints à l'ocre rouge, sculptés ou gravés.

Le site a été inscrit en 2025 sur la liste du Patrimoine mondial avec 26 autres sites néolithiques de Sardaigne.

Les premières fouilles sont réalisées en 1969 dans la tombe des spirales par Vittorio Pispisa. À partir de 1971, Enrico Atzeni et Remo Forresu fouillent systématiquement le site. En 2009, Riccardo Cicilloni publie la première étude complète de la nécropole. Des interventions de restauration sont réalisées en 2000-2004 (tombe n°25), en 2006-2008 (tombes du secteur occidental) et plus récemment dans les tombes n°2 et 7[1].

En 2025, le site archéologique de la nécropole de Montessu fait partie de l'ensemble inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom « Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas »[2].

La nécropole

La nécropole est installée le long des versants de deux dépressions naturelles au pied du rebord méridional du plateau de Monte Essu, d’où l’on domine la vaste plaine traversée par le rio Palmas. Le site regroupe 35 domus réparties en quatre groupes : le premier groupe, situé dans la partie sud-est de la dépression de Su Crabi, est composé de 13 domus (tombes nos 1 à 13) et d’une allée couverte ; le second, appelé de Is Tuttoneddus, comprend 10 petites tombes (tombes nos 14 à 23) ; le troisième est situé dans la dépression de Su Cungiau de Pittanu et comprend 5 tombes (tombes nos 24 à 28) et le quatrième, qui regroupe 7 tombes (tombes nos 29 à 35) se trouve dans le secteur occidental de la nécropole[3]. Dans les années 1950 et 1960, la nécropole a été exploitée pour en extraire de la pierre, en faisant parfois usage de dynamite, afin de fabriquer des bassins utilisés comme abreuvoirs et plusieurs tombes ont ainsi été endommagées ou détruites[4]. Il n'est pas exclu que d'autres tombes soient encore enfouies ou dissimulées par le maquis méditerranéen[3].

Architecturalement, la nécropole se caractérise par son intégration dans le paysage environnant et la présence de grandes tombes monumentales, appelées « tombes-sanctuaires ». Les tombes sanctuaires sont précédées d'un espace fermé délimité par des files simples ou doubles de monolithes fichés dans le sol, délimitant des espaces quadrangulaires séparés entre eux par de véritables couloirs rectilignes. La combinaison d'une architecture mêlant style mégalithique et hypogées se traduit également par l’usage de grands blocs disposés à l’entrée des tombes, soit en complément des couloirs creusés dans la roche pour former des couloirs de type dolménique, soit sous la forme d’exèdres[3].

Tombe 2 dite « Tombe des spirales ».
Tombe 25 : façade avec mur cyclopéen.
Tombe 34 : motif des cornes sinueuses.

Les tombes correspondent à des types architecturaux très variés : mono ou pluricellulaires, avec des couvertures planes ou en demi-coupole, précédées ou non d’un couloir (dromos), accès à la chambre sépulcrale en puits ou par un développement horizontal. Les portes des tombes sont, dans les cas les mieux conservés, de forme rectangulaire, plus rarement de forme trapézoïdale ou ellipsoïdale, parfois avec une feuillure sculptée pour accueillir un dispositif de fermeture[3]. Plusieurs tombes (nos 2, 6, 8, 24, 29 et 34) sont ornées de motifs décoratifs peints à l'ocre rouge, sculptés ou gravés, dont une rare reproduction de la silhouette d’une statuette cruciforme (parois des tombes nos 6 et 24)[3].

Tombe 2 dite « Tombe des spirales »

La tombe comporte deux pièces. L'entrée est précédée d'un couloir d’accès creusé dans la roche. Il subsiste côté droit une dalle dressée verticalement qui pourrait correspondre à un élément complémentaire du type orthostate comme dans un couloir dolménique. L'antichambre a été pratiquement détruite par les activités d'extraction de roche menées dans les années 1950. La paroi de gauche conserve des motifs incisés en « dents de loup ». La chambre est de plan semi-circulaire, en forme de four. Elle comporte trois banquettes funéraires. Les parois sont ornées de motifs décoratifs, à la fois incisés et sculptés, composés de cadres sculptés horizontaux et verticaux renfermant des guirlandes de demi-cercles et de spirales. La paroi droite de la pièce est ornée de motifs en forme de peigne et d'un bucrane, et un autre bucrane est sculpté sous le seuil d’entrée[5].

Tombe 25

La façade en appareil cyclopéen, de la tombe no 25 a pu laisser penser qu'il s'agissait d'une tombe des géants[6] à « façade architecturale » mais des études ultérieures ont établi que la restauration de la tombe est ancienne, remontant à la période pré-nuragique, pour pallier l'effondrement du mur frontal de l'hypogée. Il s'agit donc bien d'une « domus de janas » dont la façade a été remodelée en forme d'exèdre avec des rangées de grosses pierres[7].

Tombe 34

La tombe 34 est constituée d'un petit espace monocellulaire. On y accède par une marche sculptée dans la roche. La chambre est de plan circulaire avec un plafond en voûte de four. Le long du sol se trouvent de basses niches séparées entre elles par de courts ressauts laissés dans la roche. Les motifs décoratifs se répartissent entre la marche d’entrée, ornée d’un bucrane en relief. Les parois du plafond où ont été sculptées de longues et sinueuses représentations de cornes, isolées ou superposées, cette représentation est unique en son genre parmi toutes les décorations corniformes répertoriées dans les domus de janas[8].

Datation

Notes et références

Voir aussi

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