Nécropole de Santu Pedru

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Nécropole de Santu Pedru
Image illustrative de l’article Nécropole de Santu Pedru
Vue générale de la nécropole depuis le sud. Au premier plan, dromos et entrée de la tombe I.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Sassari
Commune Alghero
Coordonnées 40° 37′ 23″ nord, 8° 24′ 11″ est
Histoire
Époque Néolithique
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Nécropole de Santu Pedru
Nécropole de Santu Pedru
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
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Nécropole de Santu Pedru
Nécropole de Santu Pedru

La nécropole de Santu Pedru est un site préhistorique daté du Néolithique, situé dans la commune d'Alghero, dans la province de Sassari, en Sardaigne (Italie). La nécropole regroupe au moins 9 domus de janas creusées durant la période prénuragique.

La nécropole a été découverte en 1959 lorsque des travaux de terrassement révèlent la tombe I qui fut fouillée par Ercole Contu et qu'il baptise « tombe des vases tétrapodes ». La fouille de la tombe I livre un mobilier funéraire particulièrement riche et significatif, et permet de restituer la première véritable stratigraphie d’une domus de janas[1], considérée encore aujourd’hui comme l’une des plus complètes et importantes de la préhistoire sarde[2]. À cette même occasion, la prospection permet l’identification de trois autres tombes et l’établissement d’un premier plan sommaire de la nécropole[1]. D’autres fouilles furent menées à plusieurs reprises par Alberto Moravetti entre 1989 et 1995 dans les tombes II, III, V et VII[2]. Entre 1989 et 1994, pratiquement tous les hypogées alors connus sont fouillés (tombes II, V, VI, VII, VIII, IX et tombe III partiellement)[3]. En 2004-2005, Paolo Melis reprend les fouilles de la tombe III et une nouvelle tombe, la tombe X, est mise au jour en 2005 à la suite de travaux de modification du tracé de la route voisine[4].

La nécropole

Les tombes ont été creusées sur le versant sud-ouest de la colline de Santu Pedru, constituée de tuf volcanique, au sommet de laquelle se trouve un nuraghe accompagné des vestiges d’un village[2].

La nécropole regroupe au moins neuf domus de janas, disposées selon un axe nord‑sud le long du versant, et les traces d’une dixième petite grotte artificielle ont été découvertes mais leur attribution est incertaine : il pourrait s'agir des vestiges d'une domus de janas ou bien d’une tombe du haut Moyen Âge[5]. Les tombes partagent une typologie planimétrique commune, généralement avec des cellules organisées selon un schéma en « T » ou à développement centripète autour d’un espace central. Les accès aux hypogées sont caractérisés par la présence d’un couloir orienté vers le sud, sauf dans un cas vers le sud‑ouest (tombe X). Certaines tombes se distinguent par des éléments architecturaux évoquant les édifices du monde des vivants : piliers (tombes I, III, X) ou colonnes (tombe II) dégagés dans la roche, reliefs de socles, montants, pilastres, souvent peints en rouge (tombe VI)[2].

Tombe I, dite tombe des vases tétrapodes

La tombe a été creusée à la base du versant, légèrement plus haut que la tombe X. Elle est précédée d'un dromos, conservé sur une longueur résiduelle d’environ 14 m, mais qui à l'origine devait atteindre 16 m (aujourd’hui entaillé par une route)[2], qui devrait être dans sa partie terminale partiellement couvert (3,20 m de hauteur)[6]. Le plan de la tombe I est commun avec celui de nombreuses autres domus de janas, dont la tombe du Chef à Sant’Andrea Priu ou celui de Sa Spelunca de Nonna à Cuglieri (dans laquelle, toutefois, les piliers ont peut-être été abattus)[7]. L’antichambre est accessible par une ouverture irrégulière haute de 2,50 m. L'antichambre est de forme semi-circulaire, avec un côté antérieur courbe. Son plafond, situé entre 2,60 et 3,10 m de hauteur, reproduit le motif d’un toit de cabane semi-conique avec, au centre, des reproductions en relief des poutres radiales presque totalement effacées. Les parois curvilignes des murs sont décorées de deux bandes horizontales en relief, à la base et sous le plafond, et de deux lésènes. Des traces d’ocre rouge sont visibles sur les murs[6].

On accède à la chambre principale par un portique surélevé, encadré d'une triple moulure, précédé de deux marches de 30 cm  de hauteur côté extérieur et suivi d'une seule marche côté intérieur. Au-dessus du portique se trouve une bande horizontale en saillie, très marquée, du type « faux architrave ». La chambre principale est constituée d'une vaste salle transversale trapézoïdale (5,60 à 6,30 m de largeur sur 3,30 à 3,80 m de largeur) aux longs murs curvilignes. La hauteur sous plafond est de 2,10 m aux extrémités mais légèrement moindre au centre. Au centre, deux piliers quadrangulaires ont été taillés dans la roche. Sur les parois s’ouvrent six portiques menant à autant de cellules secondaires  (numérotées d à j dans le sens horaire) : deux sur les longs côtés (murs nord et sud), un sur chacun des côtés courts (murs ouest et est). Tous les portiques sont surélevés et desservis par des marches encastrées, sauf situé dans l'angle sud-est. Une fausse porte en relief est sculptée sur la paroi nord, au centre, en face de l’entrée. Au sol, entre les deux colonnes, des analyses photogrammétriques ont révélé les vestiges d’un « foyer » annulaire sculpté en relief, désormais presque invisible[6].

Dans l'angle sud-est, la première cellule (j) correspond à un petit espace accessible par un portique rectangulaire, surmonté d’un motif en relief à doubles cornes de style rectiligne. Cette cellule de forme irrégulière et de petites dimensions, a conservé sur ses parois des traces des pics utilisés lors de son creusement. La seconde cellule (i), située sur le mur oriental, est de plan quadrangulaire. On y accède par un portique trapézoïdal avec encastrement surmonté d’un motif à faux architrave. Sur sa paroi nord, à droite de la fausse porte, un portique trapézoïdal avec encastrement donne accès à la cellule (h) composée de deux espaces distincts (1 trapézoïdal irrégulier, 1 quadrangulaire) séparés par une cloison au sol. À gauche de la fausse porte, un autre portique trapézoïdal avec moulure et faux architrave donne accès à la cellule (g)  de forme quadrangulaire. Sur le côté ouest de la chambre principale s’ouvre un portique trapézoïdal, encadré seulement sur trois côtés, qui donne accès à la cellule (e). La cellule (e), de plan trapézoïdal à base curviligne, sert de dégagement vers un autre espace plus grand, la cellule f. On accède à la cellule (f) par un portique trapézoïdal, avec encastrement sur trois côtés, qui présente un motif symbolique original de cornes abaissées. La cellule (f) est de forme trapézoïdale irrégulière et son sol comporte des cloisons, l’une d’elles s’appuyant à la base d’une lésène sculptée en relief. La dernière cellule secondaire, la cellule (d), est située dans l'angle sud-ouest de la chambre principale. Elle est desservie par un portique trapézoïdal avec encastrement et précédée d'un petit vestibule surélevé (m × 1,20 m), la cellule proprement dite est de forme trapézoïdale irrégulière[6].

La qualité exceptionnelle des céramiques campaniformes découvertes dans la tombe, et en particulier la présence de vases tétrapodes, a valu à la tombe I le surnom de « tombe des vases tétrapodes »[2].

Vue intérieure de la tombe IV.
Vue extérieure de la tombe V.
Fausse porte dans la tombe VI.

Tombe II

La tombe est précédée d'un long dromos. L'antichambre est ouverte sur la façade. La chambre principale, de forme quadrangulaire, comporte deux colonnes de section circulaire ; sur les parois s’ouvrent trois portes menant chacune à une petite cellule. Une autre cellule existe dans le prolongement du côté ouest[5].

Tombe III

La tombe III est probablement la domus la plus la plus vaste (161,46 m²)[2] de toute la nécropole[8], elle se compose d’au moins douze pièces[5]. la Tombe III, la plus vaste de toute la nécropole (161,46 m²), dotée de 13 cellules et d’un long dromos reconstruit en technique mégalithique.Son plan est similaire à celui de la tombe I, avec un long dromos d’accès, identifié jusqu’ici sur environ 9 mètres de longueur, mais certainement plus long d’au moins 3 ou 4 mètres dans la partie encore enfouie. Son entrée, considérablement agrandie lors de réutilisations postérieures, donne accès à une antichambre de forme trapézoïdale (4,30 à 4,75 m x 3,20 m)[8], avec un plafond à pente unique. De petites cavités sont visibles dans le sol[5] mais leur attribution chronologique est incertaine et il en est de même pour les traces d'ornements picturaux présents sur les murs[8].

La salle principale est une vaste cellule rectangulaire (8,40 x 4,80 m) avec deux piliers. Le mur du fond comporte une fausse-porte sculptée au centre de la paroi, face à l’entrée. Six ouvertures sont visibles sur les parois latérales, toutes à une hauteur notable du sol, et donnent accès à dix cellules secondaires disposées en rayons. Une fosse grossière et irrégulière a été creusée dans le sol devant la fausse porte, dans laquelle fut trouvé, encore en place et dressé, un petit pilier (bétyle ?) à profil ogival et section transversale triangulaire (identique à celle de la fosse, manifestement creusée à cet effet)[8].

Tombe IV

La domus d’origine, vaste et monumentale, a été réaménagée en église rupestre à l’époque byzantine[5], entre le VIe et VIIe siècles, dédiée aux saints Pierre et Lucie[2].

Tombe V

Le plafond de la tombe est manquant sur environ deux tiers de sa surface. La tombe est précédée d’un petit vestibule découvert. Elle se compose d’une antichambre suivie d’un grand espace central avec un unique pilier et de quatre cellules complémentaires[5].

Tombe VI

La tombe est très endommagée. Un court dromos donne accès à une petite antichambre. La chambre principale, de forme rectangulaire, est complétée par deux pièces latérales. Sur les parois, on distingue encore des décors peints à l’ocre rouge[5].

Tombe VII

La tombe est voisine de la tombe II. Elle a perdu son plafond. Elle se compose d’un très court dromos qui mène à une antichambre, suivie de la chambre principale, sur laquelle s’ouvre une seule cellule secondaire[5].

Tombe VIII

La tombe est désormais presque entièrement à ciel ouvert. Elle est précédée d'un court dromos et se compose d'une petite antichambre et d'une vaste salle transversale comportant trois petites cellules (une de chaque côté)[5].

Tombe IX

Il ne subsiste de cette tombe que de rares vestiges[5].

Tombe X

Tombe X : vue intérieure de la chambre principale côté ouest.
Tombe X : le foyer central dans la chambre principale.

La tombe est désormais séparée du reste de la nécropole par le passage de la route voisine. Son plan présente plusieurs originalités architecturales. L'hypogée est précédée d’un long couloir (dromos) et se compose d’une antichambre, d’une cellule principale et de trois cellules latérales qui s’ouvrent de part et d’autre de cette dernière. Le dromos, de plan trapézoïdal, est orienté approximativement vers le sud/sud-ouest (alors que toutes les autres tombes de la nécropole sont orientées vers le sud) : il mesure m de longueur, pour une largeur de 1,40 m au début qui s’élargit jusqu’à 2,20 m dans la partie terminale. Cette dernière devait à l’origine être partiellement couverte, mais cette couverture a été détruite par les engins mécaniques lors de la découverte de la tombe. La hauteur des parois du dromos s’élève progressivement de quelques centimètres au début jusqu’à un maximum de 1,5 m vers la paroi du fond. Le dromos est fermé transversalement, à 1,2 m du début, par une dalle trachytique (1,2 m de largeur, 0,66 m d’épaisseur maximale et 0,88 m de hauteur) qui isolait donc complètement un tronçon de dromos (peut-être pour former une sorte de tombe à fosse). À l’extrémité du dromos s’ouvre le portillon d’accès qui était à l’origine surmonté d’un relief (endommagé par les engins mécaniques et aujourd’hui presque illisible) correspondant probablement à un « faux architrave » ou à un corniforme de style rectiligne[1].

Le portillon donne accès à l’antichambre de forme légèrement trapézoïdale (2,8 m de largeur sur une longueur de 1,5 à 1,84 m pour 1,15 m de hauteur). Dans l’axe de l’entrée, sur la paroi du fond, s’ouvre le portillon quadrangulaire (0,58 m x 0,75 m x 0,50 m d’épaisseur) qui mène à la chambre principale. Il est surmonté d’un motif de « faux architrave » fortement érodé. La chambre principale est de forme légèrement trapézoïdale (3,9 m de largeur, 2,40 à 1,96 m de longueur pour une hauteur d'à peine 1,30 m). Une fausse-porte orne la paroi du fond, face à l’entrée. Deux piliers sont visibles au centre de la pièce, celui de gauche est rectangulaire (0,28 m x 0,32 m) et celui de droite est trapézoïdal (0,28 m x 0,26 à 0,34 m). Un foyer, du type à anneau en relief (0,70 m de diamètre en moyenne) avec une petite fosse circulaire en position centrale, a été sculpté dans le sol au centre des deux piliers. C'est la seule domus de toute la nécropole à comporter cet élément mais cette l'association de deux piliers avec un foyer central existe presque à l'identique dans la tombe II de Mesu ’e Montes[1].

Dans l'angle nord-est de la chambre principale, un portillon quadrangulaire (0,70 x 0,90 x 0,34 m d’épaisseur) donne accès à une première cellule de plan rectangulaire irrégulier. Ses dimensions sont assez inhabituelles (3,70 m de longueur pour une largeur variant de 2,34 à 2,46 m et une hauteur maximale de 1,05 m) et sa surface est presque équivalente à celle de la chambre principale. À environ 2,30 m de l'entrée, la cellule est divisée transversalement par une petite cloison (0,25 m de hauteur) la séparant en deux espaces avec des sols de hauteur inégale[1].

Par l'angle nord-ouest de la chambre principale, on accède à une seconde cellule de forme quadrangulaire irrégulière (4,40 m à 4,74 m de largeur sur 2,14 à 2,48 m de longueur pour une hauteur maximum de 0,90 m), la plus vaste de toutes les pièces de la domus. Par l'angle sud-ouest de la chambre principale, un portillon quadrangulaire (0,70 x 0,80 x 0,30 m d’épaisseur) donne accès à la troisième cellule (2,34 m de largeur, 2,50 m de profondeur, 1,15 m de hauteur maximale). Au sud, une forte irrégularité de la paroi gauche de la cellule laisse supposer qu'un projet d'agrandissement de ce côté avait été envisagé mais ne fut finalement pas réalisé[1].

La tombe X comportent donc deux originalités architecturales majeures : la présence d'une dalle mégalithique qui fermait complètement un tronçon de dromos et les dimensions inhabituelles de deux cellules annexes constituant des espaces équivalents à celui de la chambre principale. D'une manière plus générale, le plan de la tombe X ne correspond pas non plus au plan typique d'une domus de janas où, à partir d’une chambre principale, se développent plusieurs cellules secondaires connectées sur le même axe ou de manière radiale. Il n'existe aucune correspondance connue, ni dans les autres tombes de la nécropole de Santu Pedru, ni dans celles d’Anghelu Ruju, ni plus généralement dans les domus de la région de Sassari[1].

Matériel archéologique et datation

Références

Voir aussi

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