Nasua nasua
espèce de mammifères
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Coati (Stricto sensu), Coati roux, Coati à queue annelée
Statut CITES
Répartition géographique
- Viverra nasua Linnaeus, 1766 (Protonyme)[1]
- Viverra quasje J.F. Gmelin, 1788[1]
- Myrmecophaga pentadactyla Kerr, 1792[1]
- Ursus nasua G. Cuvier, 1797[1]
- Mustela guianensis Daudin, 1802[1]
- Myrmecophaga striata Boddaert, 1785[1]
- Mustela laniger Kerr, 1792[1]
- Mustela minor Link, 1795[1]
- Coati nasua de Lacépède, 1799[1]
- Viverra nasna Treviranus, 1802[1]
- Nasua pusillus É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803[1]
- Nasua quasje É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803[1]
- Nasua rufa É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803[1]
- Nasua annulata Wiedemann, 1805[1]
- Mustela lanata Goldfuss, 1809[1]
- Nasua minor Illiger, 1815[1]
- Nasua monde Illiger, 1815[1]
- Nasua spadicea Illiger, 1815[1]
- Nasua squash Illiger, 1815[1]
- Myrmecophaga annulata A.G. Desmarest, 1817[1]
- Mustela lanata I. von Olfers, 1818[1]
- Nasua minor I. von Olfers, 1818[1]
- Nasua mondé I. von Olfers, 1818[1]
- Nasua obfuscata I. von Olfers, 1818[1]
- Nasua spadicea I. von Olfers, 1818[1]
- Nasua squash I. von Olfers, 1818[1]
- Nasua pusilla Muirhead, 1819[1]
- Nasua monde Hemprich, 1820[1]
- Nasua fusca A.G. Desmarest, 1821[1]
- Nasua sociabilis H.R. Schinz, 1821[1]
- Nasua solitaris H.R. Schinz, 1821[1]
- Nasua socialis zu Wied-Neuwied, 1826[1]
- Nasua solitaria zu Wied-Neuwied, 1826[1]
- Gulo lanatus J.B. Fischer, 1829[1]
- Nasua socialis J.B. Fischer, 1829[1]
- Nasua coati de Blainville, 1841[1]
- Nasua socialis var. aurea Lesson, 1842[1]
- Nasua socialis var. rufa J.A. Wagner, 1842[1]
- Nasua monachus C.H. Smith, 1842[1]
- Nasua socialis var. rufa Lesson, 1842[1]
- Nasua vulgaris C.F. Cuvier, 1842[1]
- Nasua montana von Tschudi, 1844[1]
- Nasua monticola H.R. Schinz, 1844[1]
- Nasua montana von Tschudi, 1845[1]
- Viverra nasuta von Tschudi, 1845[1]
- Nasua rufina von Tschudi, 1845[1]
- Nasua vittata von Tschudi, 1845[1]
- Nasua dorsalis J.E. Gray, 1866[1]
- Nasua rufa J.A. Allen, 1879[1]
- Nasua nasua J.A. Allen, 1900[1]
- Nasua quichua O. Thomas, 1901[1]
- Nasua rufa dorsalis Trouessart, 1904[1]
- Nasua phaeocephala J.A. Allen, 1904[1]
- Nasua socialis var. mexianae Hagmann, 1908[1]
- Nasua narica juruana von Ihering, 1911[1]
- Nasua candace O. Thomas, 1912[1]
- Nasua manium O. Thomas, 1912[1]
- Nasua quichua jivaro O. Thomas, 1914[1]
- Nasua judex O. Thomas, 1914[1]
- Nasua henselii cinerascens Lönnberg, 1921[1]
- Nasua gualeae Lönnberg, 1921[1]
- Nasua henseli Lönnberg, 1921[1]
- Nasua henselii Lönnberg, 1921[1]
- Nasua nasua söderströmii Lönnberg, 1921[1]
- Nasua nasua mephisto O. Thomas, 1927[1]
- Nasua candace dichromatica Tate, 1939[1]
- Nasua nasua aricana C.O. da C. Vieira, 1945[1]
- Nasua nasua mexianae C.O. da C. Vieira, 1945[1]
- Nasua nasua nasua C.O. da C. Vieira, 1953[1]
- Nasua nasua boliviensis Cabrera, 1956[1]
- Nasua socialis mexiana Cabrera, 1958[1]
- Nasua nasua spadicea Hershkovitz, 1959[1]
- Nasua nasua vittata Husson, 1978[1]
- Nasua mondie Decker, 1991[1]
- Nasua phaecocephala M.A. Lawrence, 1993[1]
- Nasua nasua dorsalis S. Anderson, 1997[1]
- Nasua nasua candace Wozencraft, 2005[1]
- Nasua nasua cinerascens Wozencraft, 2005[1]
- Nasua nasua manium Wozencraft, 2005[1]
- Nasua nasua montana Wozencraft, 2005[1]
- Nasua nasua quichua Wozencraft, 2005[1]
- Nasua nasua solitaria Wozencraft, 2005[1]
Nasua nasua, le Coati au sens strict, mais plus spécifiquement désigné sous les noms de Coati roux ou à queue annelée, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des procyonidés. Il s’agit de l’espèce-type de son genre Nasua. Reconnaissable à son long museau mobile, à ses pattes sombres et à sa queue touffue annelée, il est largement répandu en Amérique du Sud tropicale et subtropicale, où il fréquente divers types de milieux forestiers. Essentiellement diurne, il vit en groupes matriarcals structurés tandis que les mâles adultes mènent une vie solitaire. Omnivore opportuniste, il se nourrit de fruits et d'invertébrés, jouant un rôle écologique majeur dans la dispersion des graines. Bien que classé en « préoccupation mineure » par l'UICN grâce à sa vaste aire de répartition, il fait face à des menaces locales liées à la déforestation et à la chasse, est considéré comme une espèce envahissante dans certaines zones d'introduction hors de son aire d'origine, et est également impliqué dans des activités économiques spécifiques telles que la production du café Misha.
Dénominations
- Nom scientifique valide : Nasua nasua (Linnaeus, 1766) selon Mammal Diversity Database ()[2] ;
- Nom normalisé anglais : South American Coati ;
- Noms vulgaires typiques en français : Coati roux[3],[4],[5], Coati à queue annelée[3] ;
- Autres noms vulgaires : Coati social[6], Coati solitaire[6], Coati à bandes[6], Coati montagnard[6], Fourmilier à queue variée [7](taxinomiquement erroné), Blaireau du Surinam [8](taxinomiquement erroné) ;
- Noms vernaculaires : Coati[9],[10], Coati brun[5], Coati-mondi[11] ou Coati-mondé[6] (les individus mâles au pelage brun foncé)[11],[12], nasua[13], coachi[5].
- Désignations vernaculaires en langues autochtones d'Amérique du Sud : *sisi en proto-pano[14] et proto-tucano[15], *cûh en proto-makú oriental[16], *ce en proto-jê méridional[17], *pitako en kamakã[18]. *kapiti ou *kapedi en proto-arawak[19], *jotomi en proto-arawane[20], haduru en kwazá[21].
Étymologies
Les zoonymes « coati », « coachi » ou son nom portugais « quati » dérivent du tupi[9] kwatí ou quãti (composé de quã « pointe » et ti « nez »)[22],[23], tandis que Coati-mondi et Coati-mondé provient de kwati-mundé.
Taxonomie
|
Dans son Systema Naturae Carl von Linné nomme le coati sous le nom de Viverra nasua[24]. Le matériel de base est perdu, mais la localité-type serait en Amérique du Sud, plus précisément au [Pernambuco Brazil][25]. Buffon décrit le coati dans le huitième tome de son Histoire naturelle. Le naturaliste parle dans un premier temps du Coati-mondi, qui n’est autre qu’une variété de cet animal se trouvant au Brésil et ayant le pelage brun foncé[11]. Plus loin, il indique que les mentions de cet animal aurait provoqué des rumeurs à propos d’un hypothétique blaireau-cochon (Taxus suillus)[note 1], une variété légendaire du Blaireau d’Europe qui vivrait en France, en essayant avec nuance de dissiper le malentendu[11]. Il décrira cette espèces sous les noms de Coati noirâtre et de Coati brun[11].
Le coati fut associé à de nombreux genres d’animaux, comme le fourmilier sous le nom de Myrmecophaga Striata, la belette sous le nom Mustela lanigerd ou encore les ours dans le genre Ursus. Storr le classe dans le nom de genre Nasua en 1780.
Phylogénie
Plusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés, notament les espèces de Coatis, illustrées dans le cladogramme ci-dessous[27] [28][29] :
| Procyonidae |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||
Sous-espèces
Au cours du XIXème siècle, un grand nombre d’espèces de Coatis furent décrites en fonction de la couleur du pelage, il y avait un grand scepticisme chez les mammalogistes de l’époque quand à savoir quelles étaient les espèces qui existaient dans le genre Nasua et lesquelles étaient valides ou non[6]. Au final beaucoup de ces espèces comme le Coati roux (Nasua rufa), le Coati brun (Nasua fusca), le Coati à queue annelée (Nasua annulata) et le Coati social (Nasua socialis)[6] correspondaient à des synonymes de l’espèce Nasua nasua comme le montre Mammal Diversity Database ()[25]. Seul quartres espèces, le Coati solitaire (Nasua solitaria) par Schinz en 1823, le Coati à bandes (Nasua vitatta) et le Coati montagnard (Nasua montana) décrits par Tschudi en 1844, ainsi que le Nasua dorsalis de Gray en 1866, seront considérés comme étant des sous-espèces dans la classification actuelle comme l’indique ITIS ()[30].
Nasua rufa dorsalis de Troussart fut la première sous-espèce de coati décrite à partir du Nasua dorsalis de Gray [31], mais c’est Nasua nasua quichua, décrite par Oldfield Thomas en 1901[32], fut la première sous-espèce découverte dont le nom est officiellement retenu comme valide par la commission internationale de nomenclature zoologique.
| Nom | Description et localité-type | Synonymes |
|---|---|---|
| Nasua nasua aricana C.O. da C. Vieira, 1945 |
État du Mato Grosso, au Brésil[35] | |
| Nasua nasua boliviensis Cabrera, 1956 |
Département de Cochabamba, en Bolivie[35] | |
| Nasua nasua candace O. Thomas, 1912 |
Département d'Antioquia, en Colombie[35] | Nasua judex O. Thomas, 1914 |
| Nasua nasua cinerascens Lönnberg, 1921 |
Province du Chaco, en Argentine[35] | |
| Nasua nasua dorsalis J.E. Gray, 1866 |
En Équateur et au Pérou[35] | Liste
Nasua quichua jivaro O. Thomas, 1914
Nasua narica juruana von Ihering, 1911 Nasua henselii cinerascens Lönnberg, 1921 Nasua nasua mephisto O. Thomas, 1927 Nasua nasua söderströmii Lönnberg, 1921 |
| Nasua nasua manium O. Thomas, 1912 |
Guayaquil, en Équateur[35] | Nasua gualeae Lönnberg, 1921 |
| Nasua nasua montana von Tschudi, 1844 Coati montagnard |
Au Pérou[35] | Nasua monticola H.R. Schinz, 1844 |
| Nasua nasua nasua (Linnaeus, 1766) |
État de Pernambouc, au Brésil[35] | Liste
Nasua annulata Wiedemann, 1805
Nasua fusca A.G. Desmarest, 1821 Nasua socialis var. mexianae Hagmann, 1908 Nasua nasua mexianae C.O. da C. Vieira, 1945 Ursus nasua G. Cuvier, 1797 Viverra quasje J.F. Gmelin, 1788 Nasua rufa É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803 Nasua socialis zu Wied-Neuwied, 1826 Myrmecophaga striata Boddaert, 1785 Nasua vulgaris C.F. Cuvier, 1842 Viverra nasua Linnaeus, 1766 |
| Nasua nasua quichua O. Thomas, 1901 |
Province d'Azuay, en Équateur[35] | |
| Nasua nasua solitaria H.R. Schinz, 1821 Coati solitaire |
État de l'Espírito Santo, au Brésil[35], ainsi qu’en Uruguay où sa population est Inscrite à l’annexe III de la CITES. | Liste
Nasua socialis var. rufa J.A. Wagner, 1842
Nasua fusca A.G. Desmarest, 1821 Nasua henseli Lönnberg, 1921 Nasua rufa J.A. Allen, 1879 Nasua sociabilis H.R. Schinz, 1821 Nasua socialis zu Wied-Neuwied, 1826 |
| Nasua nasua spadicea Illiger, 1815 |
Au Paraguay[35] | |
| Nasua nasua vittata von Tschudi, 1845 Coati à bandes |
Intérieur des terres, en Guyane[35] | Nasua candace dichromatica Tate, 1939 Nasua phaeocephala J.A. Allen, 1904 |
Description

Morphologie et dimensions
Le coati se caractérise par une tête étroite prolongée par un museau brun, allongé et très flexible, doté d'une truffe mobile qui lui permet d'explorer les nids, les terriers et les cavités creusées dans les troncs d'arbres[36][37]. Ce museau présente des taches pâles situées au-dessus, en dessous et derrière l'œil[37]. Ses oreilles sont courtes, parfois bordées de poils blanchâtres sur leurs bords internes[37][38].
Ses pattes antérieures et postérieures sont de couleur noire[39][37]. Doté de puissantes griffes à l’avant, l'animal les utilisent pour excaver la terre ou le bois pourri pour chercher de la nourriture ou bien s’accrocher au tronc des arbres pour les escalader sans effort[37]. Il possède en outre la particularité de pouvoir retourner les articulations de ses chevilles pour descendre des troncs la tête la première[37]. Sa longue queue touffue, marquée d'anneaux noirs à bruns alternant avec des teintes plus claires, lui sert de balancier pour maintenir son équilibre[37].
Les individus mesurent de 41 à 67 cm de la tête à la base de la queue, cette dernière ajoutant une longueur supplémentaire de 22 à 69 cm, pour une longueur totale cumulée pouvant aller de 73 à 136 cm[37][40]. Sa hauteur au garrot est d'environ 30 à 30,5 cm[37][40]. Sa masse corporelle varie généralement de 3 à 6 kg, bien que certains adultes puissent atteindre 11 kg[37][40]. Son taux métabolique basal moyen s'élève à 5,591 watts[37].
- Tête, de face, au Kopf Tierpark Bretten, en Allemagne.
- Tête, de profil, pris au Costa Rica.
- Crâne, de profil, issu de la collection ostéologique du Museum Wiesbaden, en Allemagne.
- Fois et voies biliaires au Muséum d’Anatomie vétérinaire du Brésil.
- Un coati escaladant un arbre au Zoo de Kiev en Ukraine.
- Le coati est capable de s’assoir à la verticale à la manière des ours, au Tierpark Bochum, en Allemagne.
Coloration et aspect général du pelage
Le pelage du coati est épais et d'aspect terne[37]. Ses parties supérieures arborent des teintes variables allant du brun foncé au gris ou à un roux plus ou moins vif, tandis que la région ventrale et les flancs se montrent plus clairs[37][36]. Les jeunes individus affichent généralement une coloration moins sombre que les adultes[37]. Des variations de teintes peuvent également s'observer en fonction de l'âge et de la variabilité individuelle de chaque spécimen[39].
Galerie sur les variations de pelage de Nasua nasua
- Un individu d’un roux vif, presque jaune, au zoo de Duisburg, en Allemagne.
- Individu d’un gris-beige proche d’un jaune blanchâtre avec une queue entrecoupé en rayures blanches et grises.
- Individu d’un roux éclatant au Zoo de Beauval, en France.
- Individu d’un roux brunâtre.
- Les spécimens de couleur sombres à noir sont appelés Coati-mondi. Même s’ils ressemblent au Coati à nez blanc, les anneaux sur la queue permettent encore de le distinguer.
- Individu au pelage châtain avec un moignon de queue, dans la réserve du Dr. Rodolfo, en Uruguay.
- Individu doté d’un pelage jaune éclatant entrecoupé d’un noir intense sur le corps et les pattes, au Zoo de Beauval.
- Deux individus aux couleurs de pelage différentes, au Zoo de Marwell, en Angleterre.
- Une femelle rousse et un jeune brun traversant une route au Brésil.
Écologie et comportement
Répartition géographique
Le coati roux dispose d'une vaste répartition en Amérique du Sud tropicale et subtropicale, s'étendant du nord avec la Colombie, le Venezuela et les Guyanes jusqu'au sud avec l'Uruguay et le nord de l'Argentine[41][37]. L'espèce est toutefois absente des savanes des Llanos au Venezuela[41]. Elle se rencontre dans les forêts de plaine situées à l'est de la chaîne des Andes ainsi que sur ses versants oriental et occidental, et ce jusqu'à 2 500 mètres d'altitude[37][41][42]. La présence de l'espèce est corrélée de manière significative et négative avec l'altitude, mais positive avec le couvert forestier.
L'espèce a également été signalée dans l'ouest de l'Équateur ainsi que dans le nord et l'ouest de la Colombie[42],[43]. En Argentine, sa présence a été documentée dans les provinces de Santa Fe et de Salta[44].
En plus de sa distribution continentale, le coati a été introduit dans divers environnements insulaires : il est présent sur l'île Robinson Crusoe au sein de l'archipel Juan Fernández au Chili[41], sur l'île Anchieta au large de l'État de São Paulo, au Brésil[38], ainsi que sur l'île de Majorque en Espagne, où il est considéré comme une espèce envahissante[45],[46].
Il n’y a aucun moyen de confondre le coati roux avec son cousin le coati à nez blanc, en effet ce dernier vit seulement dans les parties septentrionales en centrales du continent américain et seules mentions documentées de l’espèce en Amérique du Sud proviennent de l'extrême nord-ouest de la Colombie, dans la région du golfe d'Urabá, près de la frontière avec le Panama[42],[43]. En revanche, il peut toutefois vivre en sympatrie avec le coati olivâtre (Nasua olivacea) et ce, malgré le fait qu’il vive généralement à des altitudes supérieures à celles de son cousin roux, tant le chevauchement des aires de répartition et important[47].
Habitat
L'espèce fréquente principalement les milieux forestiers[41], qu'il s'agisse de forêts pluviales décidues et sempervirentes à strates multiples, de forêts de nuage, de forêts-galeries riveraines, ou encore de milieux xériques, de types Chaco, de cerrado et de brousses sèches[41][37][38],[48]. Sous l'influence des activités humaines, les coatis manifestent une préférence pour les forêts secondaires et la lisières des zones boisées[37].
À l’échelle régionale et locale, leurs préférences varient selon les milieux : dans la province de Formosa en Argentine, ils privilégient les forêts basses et celles en phase de régénération[38] ; dans le Cerrado, ils manifestent une certaine affinité pour les zones ouvertes tout en fréquentant savanes et cerrados[38],[48] ; dans le Pantanal, on observe une corrélation positive avec les peuplements forestiers et, inversement, une tendance à éviter les environnements inondés[38] ; dans la Caatinga, le manque d'études ne permet pas encore de dresser un état précis de leurs populations[49].
Comportement

Essentiellement diurnes, les coatis consacrent l'essentiel de leur journée à la recherche de nourriture[37][41]. Bien qu'ils soient majoritairement terrestres et de mœurs fouisseuses, ils possèdent d'excellentes aptitudes pour la natation et l'escalade[37]. Pour se déplacer d'un arbre à l'autre, ils préfèrent généralement longer les branches jusqu'à leur extrémité pour sauter vers une autre branche du même arbre plutôt que d'effectuer des allers-retours verticaux incessants le long des troncs[37]. S'ils sont menacés ou perturbés lorsqu'ils se trouvent en hauteur, ils descendent rapidement pour s'enfuir au sol[37]. C'est dans les arbres qu'ils choisissent généralement de dormir, de s'accoupler et de mettre bas[37].
Sur le plan de la structure sociale, l'espèce présente une organisation marquée : les femelles adultes ainsi que les petits et les jeunes mâles se regroupent en groupes comptant généralement de 15 à 30 individus maximums[37][41][12]. À l'inverse, les mâles adultes mènent une vie essentiellement solitaire, rejoignant ces groupes uniquement lors de la période de reproduction[37][41][38],[50],[12]. Historiquement, à l’échelle locale, ces mâles solitaires généralement d’une teinte foncée, étaient considérés comme un animal distinct, désignés sous le nom de « coati-mondi »[12]. Ni les groupes de femelles ni les mâles solitaires ne défendent un territoire exclusif, ce qui entraîne un chevauchement des domaines vitaux[51].
Les membres d'un groupe émettent de doux sons plaintifs, tandis que les cris d'alarme consistent en des aboiements sourds et des clicetis. Face à un signal d'alarme, les coatis grimpent aux arbres avant de se laisser tomber au sol pour se disperser[12], les mâles tendent à être philopatriques tandis que les femelles ont tendance à se disperser[37].
Régime alimentaire

Le coati roux est un animal omnivore opportuniste : Son régime alimentaire se compose principalement d'invertébrés comme des arthropodes terrestres tels que des araignées, des scorpions, des fourmis, des termites et des milles-pattes, et tout en ensemble d’autres insectes, de leurs larves, mais aussi de vers[50][37][41][12]. L'espèce repère ses proies au sol en inspectant les crevasses avec son museau, et retourne habilement tout obstacle entravant sa route avec ses griffes, il n’hésite pas à escalader les arbres pour y dénicher des fruits dans la canopée[12]. Il consomme aussi une grande variété de palmiers et intègre occasionnellement des feuilles dans son alimentation[50]. Bien que la prédation de petits vertébrés demeure peu fréquente, l'espèce peut occasionnellement se nourrir d'œufs, de lézards, de petits mammifères, de rongeurs, de serpents, de crustacés, de poissons et de volailles[50],[38],[12][37][41]. Il pratique également la nécrofagie en se nourrissant de charognes lorsque l'occasion se présente[50]. Son alimentation varie selon la saison et peut inclure des éléments inhabituels[38].
Les mâles et les femelles partagent globalement le même régime alimentaire, bien que les femelles tendent théoriquement à consommer une alimentation plus riche en protéines et en calories, qu’elles peuvent trouver dans les fruits notament[52]. Des interactions de mutualisme ont par ailleurs été observées, à l'instar de relations de nettoyage où des coatis débarrassent des tapirs, comme de Tapir de Baird (Tapirus bairdii) de leurs tiques.
Dans les zones anthropisées ou à forte fréquentation touristique, face à la raréfaction des ressources naturelles au sol, les coatis manifestent un comportement anthropophile prononcé. Ils fouillent les déchets ménagers dans les poubelles à la manière de carnivores opportunistes, et ingèrent des déchets non digestibles ou des aliments transformés[50],[52]. L'approvisionnement direct par les visiteurs dans certains parcs modifie profondément leurs habitudes de fouissage et leurs déplacements, les incitant à suivre des routes alimentaires préétablies en raison de l'abondance artificielle de nourriture[52].
Rôles écologiques
Le coati roux joue un rôle fondamental dans la dispersion des graines[52]. Il est considéré comme un agent efficace en raison de sa capacité à éliminer la pulpe des fruits, ce qui réduit les risques d'attaques fongiques et limite la compétition entre les jeunes plantules. Grâce à sa mobilité, l'animal est capable de parcourir de grandes distances tout en consommant et en disséminant des graines intactes issues d'une grande diversité de plantes, agissant ainsi comme un facteur moteur dans la régénération de certaines forêts[52]. L'analyse des fèces de coatis a permis d'identifier différentes espèces végétales dont les graines sont fréquemment ingérées et disséminées, parmi lesquelles figurent par ordre d'abondance Guazuma mutamba (famille des Sterculiaceae), des espèces du genre Cecropia (Cecropiaceae), du genre Ficus (Moraceae) ou encore Casearia lasiophylla (Flacourtiaceae)[50].
Par son comportement de recherche de nourriture, le coati contribue également à la régulation des populations de de petits invertébrés nuisibles[37]. En tant qu'élément actif des réseaux trophiques de son milieu, il participe aux dynamiques globales de son habitat naturel[37].
Reproduction et cycle de vie

Le système d'accouplement est polygyne : un seul mâle est généralement accepté dans le groupe de femelles et de juvéniles au début de la saison de reproduction pour s'accoupler avec les femelles du groupe[53]. La saison de reproduction varie selon la localisation géographique et coïncide avec la disponibilité maximale en fruits ; elle s'étend d'octobre à mars ou de janvier à mars selon les régions[53]. Toute les femelles d'un groupe entrent en œstrus simultanément lorsque les fruits commencent à mûrir et s'accouplent avec plusieurs mâles[54]. La période d'œstrus dure de 1 à 2 semaines[55]. Après l'accouplement, les mâles quittent les groupes pour mener une vie essentiellement solitaire, tandis que les femelles se dispersent pour construire des nids dans les arbres pour la fin de la gestation et la mise bas[12].
La période de gestation dure de 74 à 77 jours[54]. En captivité, les femelles donnent naissance à des portées de 1 à 7 petits, tandis que dans la nature, la taille de la portée varie de 3 à 7, avec une moyenne de 4[12],[53]. La plupart des naissances ont lieu entre avril et juin[53].
Les nouveaux-nés naissent nus et aveugles et pèsent environ 78 g à 5 jours[53]. Leurs yeux s'ouvrent à 10 jours, ils peuvent se tenir debout à 19 jours et marchent tout en fixant leur regard à 24 jours[53]. Ils sont capables d'escalader à 26 jours et commencent à ingérer de la nourriture solide vers l'âge de 4 mois, moment où ils sont sevrés[53]. Cinq à six semaines après la naissance, les mères et leurs petits rejoignent le groupe[12],[53].
Les femelles atteignent la maturité sexuelle à l'âge de 2 ans, tandis que les mâles l'atteignent vers l'âge de 3 ans[53]. Les mâles quittent généralement leur groupe natal vers l'âge de trois ans, alors que les femelles y restent[53].
Dans la nature, l'espérance de vie des coatis est généralement estimée entre 7 et 8 ans, bien que certaines données indiquent qu'ils peuvent vivre jusqu'à 14 ans[53],[54]. En captivité, leur longévité peut atteindre 17,5 à 17,7 ans[53].
Parmi les prédateurs naturels du coati roux figurent les agouaras, les jaguars, les jaguarondis et occasionnellement l'Homme[56]. L'espèce est également vulnérable à diverses pathologies et parasitoses, telles que la dioctofmose (provoquée par le nématode Dioctophyma renale), l'hébergement de protozoaires hémoflagellés comme Trypanosoma evansi et Trypanosoma cruzi, ou de vers acanthocéphales tels que Pachysentis lauroi[57],[58],[59]. Ils hébergent également des ectoparasites tels que des puces (Trichodectes canis ou Ctenocephalides felis)[60], et peuvent être affectés par des maladies infectieuses transmises par les animaux domestiques, comme la cinomose [61].
Le coati et l’Homme
Utilisation pour le Café Misha
Le coati roux est utilisé dans la confection du café Misha (également appelé localement uchunari ou mishasho), l'un des cafés les plus chers et exclusifs au monde, avec des prix oscillant entre 100 et 600 dollars la livre selon certaines sources spécialisées[62], voire plus de 1 400 à 1 500 dollars le kilogramme selon l'entreprise péruvienne Highland Products[63]. Son procédé de fabrication est directement analogue à celui du Kopi luwak indonésien[64]. Le cycle de production repose sur un mécanisme biologique débutant par la sélection et l'ingestion des cerises de café mûres des hauts plateaux andins du Pérou (notamment dans les régions de Chanchamayo et Junín) par les coatis, qui sont des animaux omnivores attirés par les fruits sucrés[62]. Pendant un transit d'environ six heures dans le tube digestif de l'animal, la pulpe extérieure est digérée tandis que le grain de café reste intact, les enzymes gastriques et intestinales décomposant les protéines responsables de l'amertume pour adoucir considérablement son profil aromatique[62]. Les fèces contenant les grains, toujours protégés par leur parchemin, sont ensuite collectées et subissent un lavage minutieux pour éliminer toute matière organique avant d'être séchées au soleil[62]. Après décorticage, les grains verts sont torréfiés à des températures élevées (environ 200 à 220 °C), ce qui assure leur stérilisation et développe un profil onctueux, peu acide, aux notes de fruits de la jungle péruvienne, de noisette et de chocolat[62],[64].
Bien qu'il valorise la biodiversité et l'agriculture locale, ce marché de luxe suscite de vives controverses similaires à celles du Kopi luwak concernant le bien-être animal et les risques d'élevage en captivité[62].
Menaces et conservation
Le coati roux est classé par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC), en raison de sa vaste répartition géographique et de sa présence jugée commune dans des zones aux habitats globalement intacts[41]. La densité de ses populations varie toutefois grandement d'une région à l'autre, allant d'environ 6,2 individus par kilomètre carré dans certaines forêts décidues de basse altitude jusqu'à 13 individus par kilomètre carré dans les forêts-galeries les plus hautes[41]. Bien que l'espèce ne soit pas globalement menacée, elle subit des déclins locaux en raison de diverses pressions anthropiques[49][41].
Parmi les principales menaces figure la perte d'habitat causée par la déforestation, ainsi que la chasse pratiquée par les populations locales pour leur viande et leur fourrure[49][41]. L'espèce possède en effet une résistance limitée face à la pression de chasse. De plus, de nombreux cas de coatis victimes de collisions routières sont régulièrement répertoriés, ce qui constitue un facteur d'impact non négligeable pour la conservation locale, notamment documenté dans l'État du Rio Grande do Sul. Dans certaines régions, comme dans l'État de Roraima, des cas de abattages par des chasseurs ont également été rapportés à des fins d'utilisation traditionnelle de parties de l'animal, telles que le pénis employé comme remède aphrodisiaque[49]. À l'échelle régionale, le coati figure en outre sur des listes de conservation locales, comme la liste rouge de l'État de Bahia [65].
En matière de mesures de conservation, le coati roux bénéficie d'une protection légale sous l'annexe III de la CITES pour la population Coati solitaire (Nasua nasua solitaria) en Uruguay[41]. L'espèce est par ailleurs présente au sein de nombreuses aires protégées à travers son aire de répartition[41].
Espèce envahissante
Dans l'Union européenne, le coati roux est inscrit sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union depuis 2016[66]. Cette classification implique que l'espèce ne peut pas être importée, élevée, transportée, commercialisée ou intentionnellement relâchée dans la nature sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne[67].