Procyonidae

famille de mammifères From Wikipedia, the free encyclopedia

Procyonidés

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Procyonidae
Description de cette image, également commentée ci-après
Mosaïque de procyonidés :
Un Raton (Procyon lotor), un Bassaris (Bassariscus astutus), un Coati (Nasua nasua), un Olingo (Bassaricyon gabbii) et un Kinkajou (Potos flavus).
23.04 –0 Ma
235 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Super-famille Musteloidea

Famille

Procyonidae
Gray, 1825

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Distribution autochtone des procyonidés

Synonymes

  • Bassaricyonidae Coues, 1887
  • Bassaridae Gray, 1869
  • Bassariscidae Gray, 1869
  • Cercoleptidae Bonaparte, 1838
  • Nasuidae Gray, 1869
  • Potidae Degland, 1854
  • Potosinae Trouessart, 1904
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Les Procyonidés (Procyonidae), sont une famille de mammifères carnivores caniformes originaires du contient américain. Tirant son nom du genre Procyon, elle est parfois désignée vulgairement sous le nom de « famille des ratons-laveurs ». La classification traditionnelle des espèces au sein de ce groupe crée en 1825, dont leur apparence est à mi-chemin entre les chien, les ours, les viverrins, les belettes et même les singes, fit régulièrement l’objet de retournement massif, en particulier au cours des XXe et XXIe siècles par la phylogénie moléculaire.

Classification

Histoire

À l’aube de la taxonomie moderne, les procyonidés étaient répartis dans les genres Ursus et Viverra ; les deux premières espèces à avoir intégré la dixième édition du Systema Naturae étaient[1] :

Les genres Procyon et Nasua ont été décrits par Gottlieb Konrad Christian Storr en 1780[2].

Illustrations de Subursiens (Subursina) dans l’ouvrage Edinburgh journal of natural history and of the physical sciences, 1835.

Ces animaux étaient autrefois considérés comme appartenant au groupe des « ours » (Ursina, Ursida, Ursidae[3] etc…).

Un groupe rassemblant ces genres, c’est-à-dire la toute première « trace » de la famille des Procyonidés, a été décrit pour la première fois en 1825 par le zoologiste britannique John Edward Gray en tant que tribu de la famille des Ursidés intitulée Procyonina, et dont l’argument principal résidait sur le nombre limité de carnassières en haut et en bas de la mâchoire[3].

Cette place particulière, proche des ours, à donné à ces espèces des dénominations vulgaires évoquant ces gros plantigrade dans certaines langues. Si le français et l’anglais ont opté pour des dénominations d’origine autochtones ou locales (Raton, Coati, Cacomistle…), du fait qu’ils résidaient sur place, d’autres langues n’ont eu d’autres choix que d’emprunter la voie de la taxonomie de l’époque ou de la sémantique  : le raton laveur, dont le protonyme est Ursus lotor « l’ours laveur », à donné le mot Waschbär en allemand, Wasbeer en néerlandais, 浣熊, huànxióng en chinois et 洗熊 (araiguma?) en japonais ; idem pour le Coati dont le nom Ursus nasua Cuvier, 1797, « ours à nez » a donné respectivement les noms Nasenbär en allemand, Neusberen en Néerlandais et 鼻熊 (hanaguma?) en japonais etc…

Parmi les synonymes à Procyonina qui vue le jour dans la taxonomie du XIXème siècle, existait notament Subursina, qui se traduit par « Subursin » ou « petits-ours »), en opposition aux « grands ours, qui sont les Ursidés actuels. Une dichotomie que l’on retrouve plus français, mais que l’on entrevoit toujours dans l’allemand actuel Kleinbären[note 1] ou le néerlandais Keine beren ou Wasberen. En 1865, dans le Proceedings of the Zoological Society of London, une des sources taxonomique qui faisait autorité à l’époque[4], les ratons et les coatis étaient bien intégrés à la famille des Ursida (les Ursidés actuels) :

Illustration des Procyonidae dans l’ouvrage The animal kingdom, 1897.

Lorsque le groupe des procyonidés a commencé à s’étoffer au point de parler de famille, l’on comptait traditionnellement plusieurs grands groupes, qui se divisaient en sous-familles, tribus etc… : les Ratons (sous-famille des Procyoninés), regroupant les Ratons, les Coatis et les Bassaris ; Les Potos (sous-famille des Potosinés), regroupant le Kinkajou et les Olingo ; et enfin les Pandas (sous-famille des Ailurinés) qui regroupait d’abord le vrai Panda (Ailurus fulgens), puis l’Ours des Bambous (Ailuropoda melanoleuca) qui a été renommé Grand Panda ou Panda géant entre temps, faisant d’eux les seuls procyonidés vivants hors du continent américain lors de la sortie de l’ouvrage Checklist of Palaearctic and Indian mammals 1758 to 1946, paru durant la moitié du XXème siècle[5].

La classification traditionnelle a été régulièrement remise en question à la fin du XXe siècle par les avancées de la génétique et de la phylogénétique moléculaire. La subdivision en sous-familles ou autres rangs taxonomiques intermédiaires est encore discutée au sein de la communauté scientifique[6],[7] : Les pandas, auparavant classés dans cette famille, sont depuis une étude moléculaire menée en 1985 désormais respectivement rattachés aux Ailuridae pour le petit panda, et les Ursidés pour le panda géant. Ces avancées scientifiques ont permis de montrer la place des procyonidés au sein des caniformes, pour constater qu’ils ne sont plus aussi étroitement apparentés aux « Ours » qu’on le pensaient, mais désormais proches Ailuridés, mais aussi des Mustélidés ainsi que des Méphitidés, au sein de la super-famille des Mustéloïdes[8].

Le statut des différents olingos a également été disputé : certains les considéraient tous comme des sous-espèces de Bassaricyon gabbii avant que les données de séquençage ADN ne démontrent le contraire[9]. Le schéma de classification traditionnelle, qui regroupait les kinkajous et les olingos sur la base de similarités morphologiques, est aujourd'hui reconnu comme un exemple d'évolution convergente ; de même, les coatis étaient traditionnellement présentés comme les plus proches parents des ratons laveurs, alors qu'en réalité, ils sont génétiquement plus proches des olingos, aboutissant à un total de trois groupes totalement différents de ce qu’ils étaient auparavant[9][10][11].

Liste des genres et espèces

Davantage d’informations Genre, Espèces et noms communs ...
Liste complète des procyonidés selon UICN ()[12] et ITIS ()[13] :
GenreEspèces et noms communsRépartition / CartesDescription et habitatStatut UICN
Procyon
Storr, 1780
Ratons
Procyon lotor
(Linnaeus, 1758)
Raton laveur
Raton-laveur commun
Habitat : Du sud du Canada jusqu’au Panama ; introduit en Europe et au Japon. Vit en milieu urbain ou naturel. (LC)
Procyon cancrivorus
(G.(Baron) Cuvier, 1798)
Raton crabier
Habitat : Du Costa Rica à l’Amérique du Sud à l’est des Andes. Morphologie plus gracile que le raton laveur. (LC)
Procyon pygmaeus
(Merriam, 1901)
Raton pygmée
Raton-laveur de Cozumel
Habitat : Île de Cozumel au Mexique. Tête et corps plus petits que le raton laveur. (CR)
Bassariscus
Coues, 1887
Bassaris ou Cacomistles
Bassariscus astutus
(H. Lichtenstein, 1830)
Bassaris
Bassaris rusé
Répartition : Du sud-ouest des États-Unis jusqu'au Mexique. (LC)
Bassariscus sumichrasti
(de Saussure, 1860)
Cacomistle
Bassaris de Sumichrast
Répartition : Sud du Mexique, Belize et Guatemala jusqu'au Panama. (LC)
Nasua
Storr, 1780
Coatis
Nasua nasua
(Linnaeus, 1766)
Coati roux
Coati à queue annelée
Pelage brun clair au roussâtre, taille moyenne, longue queue annelée. Présent en Amérique du Sud. (LC)
Nasua narica
(Linnaeus, 1766)
Coati à nez blanc
Coati brun
Grande taille, pelage brun foncé. Présent du sud de l'Amérique du Nord au Panama. (LC)
Nasua olivacea
(Gray, 1865)
Coati olivâtre
Coati de montagne
Petite taille à queue courte, fourrure brune olive. Présent en Amérique du Sud. (NT)
Bassaricyon
J. A. Allen, 1876
Bassaricyons ou Olingos
Bassaricyon alleni
Thomas, 1880
Olingo d’Allen
Olingo des plaines de l’Est
Du bassin amazonien aux versants orientaux des Andes. Pelage brun foncé. (LC)
Bassaricyon gabbii
J. A. Allen, 1876
Olingo de Gabb
Olingo commun
Amérique centrale. Tête aplatie, museau court. Queue longue (11-13 anneaux). (LC)
Bassaricyon medius
Thomas, 1909
Olingo de Choco
Olingo des plaines de l’Ouest
Basses terres du Panama, Colombie et Équateur. Truffe sombre. (LC)
Bassaricyon neblina
Helgen et al., 2013
Olinguito
Olingo des Andes
Forêts de nuages dans les Andes. Plus petit des procyonidés. (NT)
Potos
É. Geoffroy Saint-Hilaire & F. G. Cuvier, 1795
Poto ou Kinkajou
Potos flavus
(Schreber, 1774)
Kinkajou
Potos
Mammifère arboricole à queue préhensile. Forêts tropicales d'Amérique centrale et du Sud. (LC)
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Évolution

Des fossiles de procyonidés autrefois rattachés au genre Bassariscus, qui comprend le bassaris et le cacomistle actuels, ont été identifiés dans les gisements du Miocène, il y a environ 20 millions d'années[14]. Il a été suggéré que les premiers procyonidés provenaient d'une ramification des canidés qui s'était adaptée à un régime plus omnivore. L'évolution récente des procyonidés s'est concentrée en Amérique centrale, où leur diversité est la plus forte[9] ; ils ont pénétré en Amérique du Sud (alors isolée) dans le cadre du Grand échange faunique interaméricain[15], débutant il y a environ 7,3 millions d'années au Miocène supérieur avec l'apparition de Cyonasua[16]. Certains procyonidés fossiles, tels que Stromeriella, étaient également présents dans l'Ancien Monde avant de s'éteindre au Pliocène[17].

Des études génétiques ont montré que les kinkajous constituent un groupe frère de tous les autres procyonidés actuels, dont ils ont divergé il y a environ 22,6 millions d'années[18]. Les clades menant aux coatis et aux olingos d'une part, et aux bassaris et ratons laveurs d'autre part, se sont séparés il y a environ 17,7 millions d'années[9]. La divergence entre les olingos et les coatis est estimée à environ 10,2 millions d'années[9], soit à peu près en même temps que la séparation entre les bassaris et les ratons laveurs[9][15]. Enfin, la séparation entre les coatis et les coatis de montagne est estimée à 7,7 millions d'années[19].

Phylogénie

Plusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés, illustrées dans le cladogramme ci-dessous[15][9][20] :

Procyonidae
Potos (Kinkajou)

Potos flavus (kinkajou)




Procyon (Ratons)

Procyon cancrivorus (Raton crabier)



Procyon lotor (Raton laveur)



Procyon pygmaeus (Raton pygmée)



Bassariscus (Bassaris)

Bassariscus sumichrasti (Bassaris de Sumichrast)



Bassariscus astutus (Bassaris rusé)





Bassaricyon (Olingos)



Bassaricyon medius (Olingo de Choco)



Bassaricyon alleni (Olingo d’Allen)




Bassaricyon gabbii (Olingo de Gabb)




Bassaricyon neblina (Olinguito)



Nasua (Coatis)

Nasua nasua (Coati roux)



Nasua narica (Coati brun)



Nasua olivacea (Coati olivâtre)






Taxons éteints

La liste ci-dessous recense les taxons éteints (genres et espèces fossiles) classés par ordre alphabétique sous leurs sous-familles respectives :

  • Procyonidae J.E. Gray, 1825
    • Broilianinae Dehm, 1950
      • Broiliana Dehm, 1950
        • B. dehmi Beaumont & Mein, 1973
        • B. nobilis Dehm, 1950
      • Stromeriella Dehm, 1950
        • S. depressa Morlo, 1996
        • S. franconica Dehm, 1950
    • Potosinae Trouessart, 1904
      • Parapotos J.A. Baskin, 2003
        • P. tedfordi J.A. Baskin, 2003
    • Procyoninae J.E. Gray, 1825
      • Arctonasua J.A. Baskin, 1982
        • A. eurybates J.A. Baskin, 1982
        • A. fricki J.A. Baskin, 1982
        • A. floridana J.A. Baskin, 1982
        • A. gracilis J.A. Baskin, 1982
        • A. minima J.A. Baskin, 1982
      • Bassaricyonoides J.A. Baskin & Morea, 2003
        • B. stewartae J.A. Baskin & Morea, 2003
        • B. phyllismillerae J.A. Baskin & Morea, 2003
      • Bassariscus Coues, 1887
        • B. antiquus Matthew & Cook, 1909
        • B. casei Hibbard, 1952
        • B. minimus J.A. Baskin, 2004
        • B. ogallalae Hibbard, 1933
        • B. parvus Hall, 1927
      • Chapalmalania Ameghino, 1908
        • C. altaefrontis Kraglievich & Olazábal, 1959
        • C. ortognatha Ameghino, 1908
      • Cyonasua Ameghino, 1885
        • C. argentina Ameghino 1885
        • C. argentinus (Burmeister, 1891)
        • C. brevirostris (Moreno & Mercerat, 1891)
        • C. clausa (Ameghino, 1904)
        • C. groeberi Kraglievich & Reig, 1954
        • C. longirostris (Rovereto, 1914)
        • C. lutaria (Cabrera, 1936)
        • C. meranii (Ameghino & Kraglievich 1925)
        • C. pascuali Linares, 1981
        • C. robusta (Rovereto, 1914)
      • Edaphocyon Wilson, 1960
        • E. lautus J.A. Baskin, 1982
        • E. palmeri J.A. Baskin & Morea, 2003
        • E. pointblankensis Wilson, 1960
      • Nasua Storr, 1780
        • N. pronarica Dalquest, 1978
        • N. mastodonta Emmert & Short, 2018
        • N. nicaeensis Holl, 1829
      • Parahyaenodon Ameghino, 1904
        • P. argentinus Ameghino, 1904
      • Paranasua J.A. Baskin, 1982
        • P. biradica J.A. Baskin, 1982
      • Probassariscus Merriam, 1911
        • P. matthewi Merriam, 1911
      • Procyon Storr, 1780
        • P. gipsoni Emmert & Short, 2018
        • P. megalokolos Emmert & Short, 2018
        • P. rexroadensis Hibbard, 1941
      • Protoprocyon Linares, 1981
        • P. savagei Linares, 1981
      • Tetraprothomo Ameghino, 1908
        • T. argentinus Ameghino, 1908

Caractéristiques

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 3-4 1 3 3 1 3-4 2
2 3-4 1 3 3 1 3-4 2
mâchoire inférieure
Total : 36-40
Denture caractéristique des Procyonidae

Les procyonidés sont des animaux relativement petits, dotés d'un corps généralement svelte et d'une longue queue, bien que le raton laveur ait tendance à être plus massif, lui donnant l’air d’un petit ours.

Les procyonidés partagent des caractéristiques morphologiques communes, notamment un museau raccourci, l'absence de canaux sphénoïdaux et une fosse mandibulaire relativement plate[21]. Les kinkajous présentent des traits morphologiques uniques adaptés à une locomotion arboricole, incluant une queue préhensile et une structure fémorale particulière [22][23].

En raison de leur régime omnivore, les procyonidés ont perdu certaines des adaptations dentaires observées chez les autres carnivores. S'ils possèdent des carnassières, celles-ci sont peu développées chez la plupart des espèces, en particulier chez les ratons. Les procyonidés possèdent la formule dentaire d’un total de 40 dents. Le kinkajou compte une prémolaire de moins sur chaque mâchoire, fait descendre le total à 36.

La plupart des membres de la famille des procyonidés sont solitaires ; toutefois, certaines espèces forment des groupes. Les femelles de coatis constituent des bandes de 4 à 24 individus qui fourragent ensemble[24], tandis que les kinkajous forment parfois des groupes sociaux composés de deux mâles et d'une femelle[25]. Certains procyonidés mettent bas un seul petit (comme les bassaris, les olingos et les kinkajous), tandis que les ratons laveurs et les coatis ont des portées de 2 à 6 petits[26][27][28][29].

Notes et références

Voir aussi

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