Ngāti Awa

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Le rohe (territoire tribal) de Ngāti Awa (en rouge), en Nouvelle-Zélande.

Ngāti Awa est un iwi Maori basé dans l’est de la Baie de l’Abondance de la Nouvelle-Zélande. Il est composé de 22 hapu (sous-tribus), et en 2023 a une population estimée à 24 999 descendants[1]. La population de l’iwi se trouve pour la plupart dans les villes de la plaine de Rangitaiki, notamment Whakatāne, Kawerau, Edgecumbe, Te Teko (en), et Matatā. Il a aussi deux hapu urbains, Ngāti Awa-ki-Tamaki à Auckland et Ngāti Awa-ki-Poneke à Wellington.

Histoire précoloniale

Les origines de l'iwi remonteraient à l’arrivé de colons Maoris sur le waka (canoë) ancestral Mātaatua (en)[2]. Ils contrôlent initialement une grande partie de Northland, mais entament une migration vers le sud vers à la suite de conflits avec les iwi Ngāpuhi et Ngāti Whātua (en)[3]. Une partie de ces migrants s’établit dans l’est de la Baie de l’Abondance, et la descendance d’Awanuiarangi II  l’ancêtre éponyme de Ngāti Awa et petit-fils de Toroa, capitaine du Mātaatua fonde éventuellement Ngāti Awa[2].

Ère colonial

Ngāti Awa est fréquemment en conflit avec ses iwi voisins, y compris ceux avec qui il partage ses origines ancestrales[3]. Ces conflits s'aggravent pendant les guerres des mousquets de 1806-1845.

En 1818, Ngāti Awa aide Ngāti Pukeko (à l’époque un iwi independent mais maintenant un hapu de Ngāti Awa) contre une attaque par les forces de Te Morenga et Korokoro de Ngāpuhi. Les alliés exécutent un repli stratégique vers les collines de Te Urewera ou ils prennent refuge dans le de Okahukura. Malgré la perte de quelques rangatira, ils tiennent jusqu’à l’arrivé de renforts, et les Ngāpuhi sont repoussés avec de lourdes pertes[4]. En 1821-1822, Pōmare (en) et Te Wera Hauraki (en) de Ngāpuhi reviennent pour se venger. Ngāti Awa et Ngāti Pukeko prennent d’abord refuge dans des abandonnés par Tūhoe dans la région de Ruatoki, mais après la capture de cinq de ces le rangatira Te Mautaranui (affilié avec Ngāti Awa et Tūhoe) engage un exode général vers le sud. Ngāpuhi poursuit les fuyards sur presque 70 km avant que Te Mautaranui négocie la paix avec Pōmare, gagnant aussi l’amitié de ce dernier[5]. Quand le rangatira Te Rangiwaitatao de Tūhoe est tué par Ngāti Kahungunu, Pōmare rejoint son ami pour punir l’iwi responsable. La vengeance est accomplie en 1824, quand une alliance de Ngāti Whātua (en), Whakatōhea (en), Ngāti Maru (en), Ngāti Tamaterā (en), Ngāi Te Rangi (en), Tūhoe, Ngāpuhi et Ngāti Awa capture le Ngāti Kahungunu de Titirangi[6]. En 1826, Te Mautaranui est tué et démembré par son beau-frère Taukiaki de Ngāti Kahungunu, qui l’avait invité à son de Pohaturoa sous le prétexte d’une fête pour la naissance du fils de Te Mautaranui. Pōmare et Te Wera de Ngāpuhi et Te Whatanui de Ngāti Raukawa (en) se joignent à Tūhoe et Ngāti Awa et obtiennent vengeance avec le sac des de Pohaturoa et Waihau et la mort de Tuakiaki des mains de Te Whatanui[7].

En 1829, le rangatira Ngarara de Ngāti Awa pille le navire Haweis, provocant une réaction violente d’autres iwi, qui craignent l’effet que cette attaque pourrait avoir sur leur accès aux marchands européens. Ngāi Te Rangi réagit immédiatement avec une attaque sur le de Puketapu, que Ngāti Awa repousse avec l’aide d’un canon pillé sur le Haweis. Te Hana de Ngāpuhi, pour sa part, monte clandestinement à bord du navire New Zealander et assassine Ngarara d’un coup de mousquet quand se dernier vient à bord pour commercer[8]. Sur ce bateau étaient également présents quelques membres de Ngāti Porou, et leur proximité avec l’assassinat mobilise Ngāti Awa, Whakatōhea, et Te Whānau-ā-Apanui (en) pour un raid contre l’iwi à Omuru-iti, où ils tuent un marchand européen associé à Ngāti Porou[9]. En 1834, Ngāti Awa, Whakatōhea, et Ngāitai (en) envoient des guerriers pour aider Te Whānau-ā-Apanui à défendre le de Toka a Kuku contre Ngāti Porou, Ngāpuhi, et Rongowhakaata (en). Bien que cette force de secours ait été gravement mutilée par Te Wera de Ngāpuhi et Kakatarau de Rongowhakaata au ruisseau Puremutahuri, les défenseurs ont néanmoins tenu le pā[10].

L’iwi entretient initialement de bonnes relations avec les colons européens, mais elles se dégradent avec l'expansion de la colonie. À la suite des guerres maories des années 1860, la Nouvelle-Zélande confisque plus de 1 000 km2 des terres de l'iwi[11].

Ère moderne

En 1999 le tribunal de Waitangi statue que la confiscation des terres de Ngāti Awa était illégale, et en 2002 l’iwi trouve un accord de réparations avec les représentants du gouvernement de la Nouvelle-Zélande. Le parlement néo-zélandais approuve l'accord en 2003 et l'applique en 2005 avec le Ngāti Awa Claims Settlement Act. Selon les termes de l'accord :

  • Le gouvernement néo-zélandais (la Couronne) reconnaît l’illégalité de la confiscation des terres et présente ses excuses.
  • La Couronne paie 42 390 000 dollards en réparations à Ngāti Awa.
  • La Couronne redonne le contrôle à Ngāti Awa de sept sites d’importance historiques et culturels à l’iwi pour un total de 64 hectares.
  • Trois lieux ont été renommés selon leurs noms de lieux Ngāti Awa d'origine[12].

Gouvernance

Te Rūnanga o Ngāti Awa (le conseil de Ngāti Awa) devient l'instance dirigeante de l’iwi en 2005 avec le passage du Te Runanga o Ngati Awa Act[13]. Il est basé à Whakatāne et est composé de 22 membres, chacun représentant un des hapu de l’iwi. Il gère les actifs financiers de l’iwi induits par le Ngāti Awa Claims Settlement Act et promeut le développement culturel, éducatif, et économique[14]. En outre, il représente l’iwi sur les matières concernant l’aquaculture et la pêche conformément au Māori Commercial Aquaculture Claims Settlement Act et sur les matières concernant les ressources naturels conformément au Resource Management Act[15].

Hapu de Ngāti Awa

Hapu[16] Représentant[16] Localité[15] Marae[15] Wharenui[15]
Ngā Maihi Regina O'Brien Te Teko Tūteao Tūteao
Ngāi Taiwhakaea Caroline Takotohiwi Coastlands Te Pāroa Taiwhakaea II
Ngāi Tamaoki Boyce Kingi Te Teko Ruaihona Ruaihona
Ngāi Tamapare Arron Smith Poroporo Te Rewatu Ueimua
Ngāi Tamawera Alf Morrison Te Teko Uirāroa Uirāroa
Ngāi Te Rangihouhiri Manu Glen Whakatāne Te Rangihouhiri II Te Rangihouhiri II
Ngāti Awa ki Pōneke Aroha Mead Wellington Te Herenga Waka Te Tumu Herenga Waka
Ngāti Awa ki Tāmaki Makaurau Ngāhuia Eruera Māngere Mātaatua Awanuiarangi
Ngāti Hāmua Miro Araroa Te Teko Te Māpou Rongotangiawa
Ngāti Hikakino Stanley Ratahi Pāroa Puawairua Puawairua
Ngāti Hokopū ki Te Rahui Te Arani Barret Whakatāne Te Hokowhitu-a-Tū Te Hokowhitu-a-Tū
Ngāti Hokopū ki Te Whare o Toroa William Stewart Whakatāne Te Whare o Toroa Wairaka
Ngāti Maumoana Te Whauhuia Koopu Whakatāne et l'île Mōtītī Pūpū-āruhe, Te Hihitaua, et Te Ruakopiha Toroa, Te Hinga o te Ra, et Tamatea ki te Huatahi
Ngāti Pūkeko Mere Kingi Poroporo Pūkeko Pūkeko
Ngāti Rangataua Rāpata Kōpae Poroporo Te Pāhou Rangataua
Te Kahupaake Mihipeka Sisley Te Teko - -
Te Pahipoto Tuwhakairiora O'Brien Te Teko Kōkōhinau Ōruataupare
Te Patuwai Ruihi Shortland Whakatāne et l'île Mōtītī Pūpū-āruhe, Te Hihitaua, et Te Ruakopiha Toroa, Te Hinga o te Ra, et Tamatea ki te Huatahi
Te Tawera Pouroto Ngaropo Matatā Iramoko Te Paetata
Tūariki Larni Hepi Te Teko Tūariki Tūariki
Warahoe Kemi Mokomoko Whakatāne Tokitāreke Te Puna o Te Orohi
Wharepaia Materoa Dodd Whakatāne Te Whare-o-Toroa Wairaka

Médias

Membres célèbres

Notes et références

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