Ngāti Porou
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Ngāti Porou est un iwi maori basé historiquement dans les régions de Cap Est et Gisborne de l’île du Nord de Nouvelle-Zélande. Par le nombre de membres il est le deuxième plus grand des iwi, avec 92 349 personnes en 2018. Leur rohe (territoire traditionnel) s’étend de Pōtikirua et Lottin Point dans le nord à Te Toka-a-Taiau (près de l’embouchure du port de Gisborne) dans le sud[1].
Origines légendaires
Les iwi maori dérivent une grande partie de leur identité des figures ancestrales légendaires qui ont mené les premiers waka (pirogues) jusqu'à la Nouvelle-Zélande. Ngāti Porou identifie le Nuku-tai-memeha (en) de Maui comme son waka d’origine, mais il peut aussi tracer sa généalogie avec d’autres waka, notamment le Horouta (en), le Tākitimu (en) et le Tereanini[3].
L’iwi est nommé après l’ancêtre Porourangi (connu aussi sous le nom de Porou-ariki ou, avec tous ses titres, Porou-ariki Mata-tara-a-whare, te Tuhimāreikura o Rauru), lui-même un descendant des ancêtres Maui, Toi-kai-rakau (en) et Paikea (en). Les descendants de Porourangi forment des groupes qui se répandent autour du Cap Est à travers la conquête et des mariages stratégiques. La descendance de Pourourangi et sa famille donne à l’iwi des liens généalogiques avec d’autres iwi, notamment avec :
- Ngati Kahungunu, nommé d'après Kahungunu, un des arrière-petits-fils de Ueroa, second fils de Porourangi,
- Te Whānau-ā-Apanui (en), à travers un de ses ancêtres, Taua, qui descend de Kahungunu,
- Ngāti Raukawa (en) et Tainui, à travers Rongomaianiwaniwa, fille de Porourangi, et le mariage de Māhinaarangi à Tūrongo (en),
- Ngāi Tahu, nommé d'après Tahupōtiki, le petit frère de Porourangi[3],[4].
Ère colonial
Ngāti Porou prend part aux guerres des mousquets, une série de raids opportunistes et vengeurs entre iwi qui a duré de 1807 à 1837. Sa première rencontre avec des armes à feu fut en 1819, quand un raid mené par le rangatira (chef) Te Morenga de l’iwi Ngapuhi inflige de lourdes pertes en morts et en prisonniers à Ngāti Porou, y compris deux de leur rangatira[5].
Plus tard cette même année, un second raid mené par Hongi Hika de Ngapuhi et Te Haupa de Ngāti Maru (en) s'attaque au pa (village fortifié) de la baie de Wharekahika (en), où Ngāti Porou repousse l’assaut et tue Te Haupa au prix de grandes pertes[6]. Cette victoire fut de courte durée, car l'iwi souffre peu après de lourdes défaites causées par Pōmare I (en) et Te Wera Hauraki (en) de Ngapuhi, qui utilisent la force et la ruse pour saccager les pa de Okauwharetoa et Te Whetumatarau. Te Wera Hauraki profite alors de cette ouverture pour mettre à feu et à sang le pays de la rivière Waiapu (en) et de la baie de Whareponga (en)[7].
Une dernière défaite due aux Ngapuhi prend place en 1823. Voyant approcher une expédition de Ngapuhi et croyant profiter de son fort avantage numérique, une armée de Ngāti Porou se rue sur les intrus en terrain ouvert, et y est abattue en masse par les combattants Ngapuhi. Le rangatira Taotaoriri de Ngapuhi ouvre les négociations après la bataille, scellant la paix avec le retour du noble Rangi-i-paea (qui avait été capturé et marié à Pōmare) et avec un mariage entre Taotaoriri et la noble Hikupoto de Ngāti Porou[8]. Cette paix se révéla définitive et permit finalement à Ngāti Porou de négocier le retour d’autres rangatira prisonniers. Parmi ces derniers, quelques uns avaient adopté la religion chrétienne pendant leur captivité et évangélisèrent Ngāti Porou à leur retour[9].
Une seconde vague de violence frappe Ngāti Porou en 1829 suite à l’assassinat du rangatira Ngarara de Ngāti Awa. Bien qu’un agent de Ngapuhi en fût l'unique coupable, la seule présence de passagers de Ngāti Porou sur le navire où l’assassinat prit place suffit pour mobiliser Ngāti Awa contre Ngāti Porou[10]. Ngāti Awa se joigne aux iwi Te Whakatōhea (en) et Te Whānau-ā-Apanui pours des raids mineurs contre Ngāti Porou en 1829 et 1831[10]. En 1832 Ngāti Porou organise deux expéditions punitives contre ses ennemis. Pour la première, Ngāti Porou fait alliance avec Ngapuhi, Rongowhakaata (en), et des hapu (sous-tribus) de Te Aitanga-a-Māhaki (en) afin d'attaquer une communauté d’environ 400 membres de Te Whakatōhea qu’un autre hapu de Te Aitanga-a-Māhaki avait permis à s’installer dans le pa de Kekeparoa. Le pa fut capturé et les survivants expulsés vers leur territoire d’origine, mais le second raid la même année n’allait pas connaître le même succès[11]. Attaquant Te Whānau-ā-Apanui au pa de Wharekura, Ngāti Porou perd deux rangatira au combat et est repoussé par les défenseurs. Te Whānau-ā-Apanui essaye de se venger deux ans plus tard avec une percée dans le territoire de Ngāti Porou, mais la vengeance allait revenir au rangatira Kakatarau (fils du rangatira Pakura, tué à Wharekura), qui repousse l’invasion[12]. Ngāti Porou reprend alors l’offensive, s’alliant à Te Wera de Ngapuhi et Te Kani-a-Takirau (en) de Rongowhakaata pour lancer une attaque sur le redoutable pa de Toka a Kuku à Kaha Point. Ils mettent le siège au pa durant six mois, repoussant plusieurs sorties de Te Whānau-ā-Apanui et vainquant une armée de relève de 1 400 guerriers de Whakatohea, Ngāitai (en) et Ngāti Awa. Malgré ces victoires, Toka a Kuku ne cède pas et le siège est levé. Les exploits martiaux du rangatira chrétien Piripiri Taumata-a-Kura (en) lui donnent énormément de prestige, ce qui lui permet de convertir d’autres rangatira de Ngāti Porou à son retour du siège et finalement de sceller un traité de paix entre Ngāti Porou et Te Whānau-ā-Apanui en 1837[13].
Avec le déclin des guerres des mousquets, la croissance de l'idéologie unifiante du christianisme, et une politique de mariages arrangés stratégiques, la paix revient au rohe de Ngāti Porou. Des rangatira de l'iwi sont en 1840 parmi les signataires du traité de Waitangi, un des documents fondamentaux de la nation néo-zélandaise. Ngāti Porou éprouve une forte croissance économique pendant les années 1850 en participant au commerce maritime national et international[4],[14].
De 1865-1870, l'iwi est dans un état de guerre civil. D'un côté se dressent les adhérents du mouvement religieux-politique Pai Mārire, qui souhaitent expulser les Européens et fonder un royaume maori unifié, et de l'autre se dressent ceux qui considéraient Pai Mārire comme une menace envers la souveraineté de l'iwi. Les hostilités éclatent quand les forces du hapu, Te Aowera sous le commandement de Hēnare Nihohiho et Ropata Wahawaha, interceptent une incursion armée des Pai Mārire. La colonie de Nouvelle-Zélande s'allie alors avec Ngāti Porou pour écraser les Pai Mārire[14].
Ère moderne
La population de Ngāti Porou augmente de manière importante pendant le XXe siècle. Parmi tous les iwi, Ngāti Porou contribue au plus grand nombre de volontaires aux forces armées de la Nouvelle-Zélande pendant les première et seconde guerres mondiales[15]. Après cette dernière, Ngāti Porou, comme d’autres iwi à travers la nation, voit beaucoup de ses membres émigrer vers les grandes villes de Nouvelle-Zélande. À présent, environ cinq sixièmes des membres de l'iwi habitent en dehors de leur rohe, pour la plupart dans des cités importantes comme Auckland et Wellington[16].
Gouvernance
En 1987, Ngāti Porou établit un rūnanga (en) (conseil tribal), Te Runanga o Ngati Porou, pour maintenir le patrimoine financier, matériel et spirituel de l’iwi. Il est organisé en plusieurs branches, dont la branche de développement de whanau (familles) et hapu, la branche de développement économique, et la branche de services d’entreprises[17].
Médias
Ngāti Porou dirige Radio Ngāti Porou.