Nicolas von Gumoëns
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Nicolas von Gumoëns, en français Nicolas de Goumoëns, né le à Orbe (canton de Vaud, Suisse) et mort le à Anvers (Belgique), est un militaire suisse au service de plusieurs pays au cours de sa vie. Il décède alors qu'il porte le grade de colonel dans les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, lors du siège de la citadelle d'Anvers, un épisode de la guerre belgo-néerlandaise, conséquence de la révolution belge.
Orbe
Anvers
| Nicolas von Gumoëns Nicolas de Goumoëns | ||
| Nom de naissance | Nicolaas Josephus Emanuel Frederik von Gumoëns | |
|---|---|---|
| Naissance | Orbe |
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| Décès | (à 42 ans) Anvers |
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| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Arme | Infanterie | |
| Grade | Colonel | |
| Années de service | – | |
| Conflits | Guerres napoléoniennes Guerre belgo-néerlandaise |
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| Faits d'armes | Quatre Jours de Bruxelles Campagne des Dix-Jours Siège de la citadelle d'Anvers (1832) |
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| Distinctions | Chevalier de l'Ordre militaire de Guillaume | |
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Biographie
Origines et vie privée
Nicolas Josephus Emanuel Frederik est originaire d'une famille de militaires de la région de Goumoëns, située dans l'actuel canton de Vaud, mais qui fait alors partie du bailliage d'Orbe-Échallens. Il est le fils de Marie Sophie de Gümoens et de Sigismond Emmanuel de Gumöens. Son grand-père, Nicolas de Gumoëns (1730-1800), est également militaire et commande un régiment de bernois au service des Provinces-Unies. Son père, militaire lui aussi, est tué en 1798 lors des Invasions françaises de la Suisse en 1792 et 1798.
Carrière militaire
Il commence sa carrière militaire le , dans l'armée du Saint-Empire en intégrant l'académie impériale des techniques militaires de Vienne en tant qu'enseigne au 30e régiment d'infanterie de ligne[1]. Au service de l'Empire d'Autriche, il participe ainsi aux batailles de la guerre de la Troisième Coalition puis de la guerre de la Cinquième Coalition en Pologne, livrées contre la Grande Armée de Napoléon Ier. Il est promu lieutenant le puis mute le de la même année dans le régiment de grenadiers avant de démissionner des armées autrichiennes le , à la suite de la paix de Schönbrunn.
Il entame alors un voyage dans l'Empire ottoman où accompagne quelque temps François IV de Modène. Passant par la Sicile et Gibraltar, il gagne ensuite Cadix, en Espagne, qui subit alors un siège par les armées du Premier Empire français depuis , dans le contexte de la guerre d'indépendance espagnole[2]. Gumoëns rejoint l'armée espagnole qui le nomme capitaine le et l'affecte à l'état-major du général britannique Charles William Doyle (en) dès le [3]. Après l'abandon du siège par les Français, il rejoint les troupes du colonel Frederick Adam et participe au siège de Tarragone, à la bataille de Balaguer puis au combat du col d'Ordal[4]. Il intègre ainsi les forces armées britanniques le et démissionne le avec le grade de major, quelques mois après la première abdication de Napoléon Ier.
Armée néerlandaise
Il entre au service de l'armée suisse avec le garde de lieutenant-colonel le avant de suivre les traces de ses aïeuls et de s'exiler aux Pays-Bas où il rejoint les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas avec le grade de major le . Le , il est nommé lieutenant-colonel à l'état-major général[5] et fait ainsi partie du « corps d'armée mobile »[6] formé par le général Jean-Victor Constant de Rebecque, suisse également, afin de mater l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux. Dès le , il est ainsi « chargé de la direction du bureau général et de son organisation »[7].
Le , premiers des quatre jours de combats, il se rend dans le parc de Bruxelles, où sont retranchée les troupes et y trouve un combattant belge fait prisonnier, qu'il ramène au prince Frédéric à Schaerbeek. Après l'avoir interrogé, le prince propose de le renvoyer, accompagné de Gumoëns, afin de parlementer avec les meneurs révolutionnaires et de leur proposer une rencontre. Cependant, alors qu'il porte un drapeau blanc, il est attaqué, fait lui-même prisonnier et faillit être tué[8]. L'épisode est raconté comme suit dans un rapport qu'il adresse plus tard à l'état-major[9]:
« (...) Deux individus embusqués à la porte de la caserne de l'Annonciade, malgré son signe de parlementaire, firent feu sur lui à une grande proximité mais le manquèrent ; celui qui l'accompagnait y courut, fit cesser leur feu et les prévint qu c'était un officier qui s'approchait pour traiter. Suivi de ces trois personnes il alla jusqu'à la jonction de la Rue de Notre-Dame-aux-Neiges et de la Rue Royale, mais à peine y eut-il debouché qu'il y fut assailli par quarante à cinquante personnes armées de toute manière et la plupart animées d'une fureur inexprimable qui le tirèrent à bas de son cheval, lui arrachèrent son signe de parlementaire, et successivement son sabre, ses pistolets, son écharpe, tandis que d'autres le couvraient de leur corps, le protégeaient contre leur furie et lui sauvèrent la vie ; l'un d'entre eux reçut à la tête un coup de bayonnette qui lui était porté. (...) Depuis le moment où il fut assailli par la foule tumultueuse il fit un trajet de près d'une demie lieue au travers de la population exaspérée de la ville de Bruxelles, jusqu'à la caserne des pompiers, près du vieux marché dans la ville basse, essuyant toutes sortes d'outrages, d'injures et de dangers et protégé par contre par d'autres bourgeois plus généreux, qui le couvraient de leurs corps. On lui arracha ses epaulettes, sa cocarde, son chapeau, le traînant à l'escalier de l'Hôtel de Ville, dans la rue de la prison de l'Amigo et enfin au quartier des pompiers, où entre autres le major Gillot, le général Mellinet et un officier liégeois, M. Pourbais, réussirent à l'entraîner dans un appartement et à garantir pour le moment sa sécurité. »
Il est à noter que ces évènements se déroulent après l'arrestation, la veille, du parlementaire et journaliste belge Édouard Ducpétiaux. Auguste de Wargny relate ainsi les faits[10] : « L'aspect de cet officier supérieur conduit ainsi dans la ville par la populace armée, et par des hommes en guenilles, à qui l'on arrachait les épaulettes et qui répondait sans cesse à ceux qui le menaçaient à chaque instant de la mort, le sommaient de remettre son épée et de jeter la cocarde orange, « tuez-moi, mais ne me faites pas manquer à l'honneur ni à mon devoir » ; ce cortège, disons-nous, offrait un spectacle frappant des effets et des malheurs des guerres civiles ! ». Le belge ayant reçut le coup de baïonnette à sa place se révèle être Albert Verlat[11], tandis que l'on trouve Pierre Schovaerts[12] parmi ceux qui l'ont protégé. Ce-dernier se propose d'aller porter le rapport[13] de Gumoëns au prince Frédéric, accompagné d'Eugène Feigneaux et du Liégeois Pourbaix, mais ils ignorent les conseils de Gumoëns les avisant de prendre la rue de Namur[14] et sont attaqués à leur tour à hauteur de la place Royale, les forçant à rebrousser chemin[15]. Pendant ce temps, Gumoëns est interrogé par le général Mellinet, André Jolly et Max Delfosse, qui lui signifient l'impossibilité d'une soumission belge. Il est ainsi retenu prisonnier dans la caserne des pompiers de Bruxelles, puis transféré à la prison de l'Amigo et n'est libéré que le [16], bien après l'évacuation des troupes royales de Bruxelles, dans la nuit du au et la déclaration d'indépendance de la Belgique, proclamée le par le gouvernement provisoire.
Décès
À sa libération se rend à Anvers où il arrive le [17], peu avant que la ville ne tombe aux mains des Belges. Il est ensuite mandaté à Londres auprès du d'Arthur Wellesley, duc de Wellington, afin de l'aviser de la situation de la guerre belgo-néerlandaise, alors que se prépare la conférence de Londres[18]. Il revient à La Haye le [19] et, début 1831, il est affecté à la citadelle d'Anvers, au sein de l'état-major du lieutenant-général David Chassé. Il est promu colonel le de la même année et, quelques jours plus tard, il est engagé dans la campagne des Dix-Jours, où il s'illustre notamment lors d'une sortie visant à capturer l'artillerie belge le [20].
Il reste en poste dans la forteresse jusqu'au , puis est détaché à l'état-major de Tilburg. Après le déclenchement du siège de la citadelle d'Anvers par le corps expéditionnaire français, le , Gumoëns retourne dans son ancien lieu d'affectation à partir du mais y est blessé au genou de le par un boulet de canon. Après la capitulation néerlandaise, qui a lieu le lendemain, il est transféré à l'hôpital, où il décéde le des suites de complications, notamment du tétanos[21].
Sa dépouille est transportée par bateau jusqu'à Berg-op-Zoom dès le lendemain[22], afin d'y être inhumée. En 1834, ses restes sont transférés à La Haye où ils reposent depuis lors au cimetière de la Kerkhoflaan (nl). Un monument en fonte en forme de pyramide tronquée reposant sur des boulets de canon est érigé sur sa tombe et classé « monument historique national » depuis le [23]. Il est restauré en 2017[24].
Décorations
Chevalier de l'ordre militaire de Guillaume 4e classe () ;- Metalen Kruis 1830-1831 (nl) ().
Voir aussi
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Camille Buffin, Extraits du journal du Lieutenant-Général Baron de Constant Rebecque, chef de l'état-major général de l'armée néerlandaise., t. 2, Bruxelles, Librairie Kiessling et Compagnie, coll. « La révolution belge et la campagne des Dix-Jours », , 1-174 p. (lire en ligne).
; - (nl) Herman Theodoor Colenbrander, Gedenkstukken der algemeene geschiedenis van Nederland van 1795 tot 1840. : Regeering van Willem I, 1830-1840, t. X, La Haye, Martinus Nijhoff, (lire en ligne).
; - Donald Lindsay Galbreath, Armorial vaudois, t. I : A-H, Baugy-sur-Clarens, chez l'auteur, , 337 p. (lire en ligne).
- (nl) P. C. Molhuysen et P. J. Blok, Nieuw Nederlandsch Biografisch Woordenboek, t. I, Leiden, A.W. Sijthoff, (lire en ligne).
; - (nl) Abraham Jacob van der Aa, Biographisch woordenboek der Nederlanden, t. VII, Haarlem, J.J. van Brederode, (lire en ligne), p. 560.
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Articles connexes
Liens externes
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