Groupe Dziga Vertov

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Le Groupe Dziga Vertov est un collectif cinématographique fondé en 1968 par Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin afin de produire des films militants d'orientation maoïste. Le nom du collectif fait référence au cinéma soviétique d'avant-garde et plus particulièrement au réalisateur soviétique Dziga Vertov (1896-1954), son ciné-œil et son cinéma-vérité, mais il est aussi influencé par les idées de Bertolt Brecht (1898-1956). Tous les films sont signés collectivement. Le groupe se dissout peu de temps après avoir réalisé Lettre à Jane en 1972.

Jean-Luc Godard

Après Mai 68, Jean-Luc Godard (1930-2022) ne veut plus travailler seul. Sa position est à l'extrême opposé de la « politique des auteurs » prônée par son collègue et ami François Truffaut (ils se disputeront bientôt furieusement et irrémédiablement), pour Godard l'auteur n'existe plus :

« Abandonner la notion d'auteur, telle qu'elle était. C'est là qu'on voit la trahison, le révisionnisme intégral. La notion d'auteur est complètement réactionnaire. »

 Jean-Luc Godard[1]

Godard ne croit plus aux possibilités de subvertir le cinéma par l'intérieur du système, et entame une nouvelle phase de sa carrière au cours de laquelle il tente de repenser la manière de faire du cinéma, le langage cinématographique, et d'imaginer la possibilité concrète de sa refondation : d'autres images, d'autres mots, et surtout un autre rapport entre le son et l'image[2].

L'homme de cinéma est donc dans sa pensée post-soixante-huitarde un philosophe, mais un philosophe matérialiste, et sa tâche à cette époque est de produire un cinéma matérialiste pour lutter contre l'idéologie bourgeoise ; un cinéma d'avant-garde et de rupture non seulement contre la cinématographie officielle mais aussi contre les malentendus du cinéma progressiste[3].

Jean-Pierre Gorin

La rencontre avec Jean-Pierre Gorin (né en 1943), alors jeune journaliste de la page culturelle du Monde, a lieu en 1967 lors de recherches pour le film La Chinoise. Bien qu'il ne soit pas un militant, il est très proche de certains membres de l'UJC(ml), l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes qui organise les étudiants maoïstes français depuis . Lors d'un dîner auquel est également présent le célèbre critique communiste Georges Sadoul, Godard est frappé par les idées de Gorin sur un véritable cinéma politique[4]. Les deux hommes commencent à se fréquenter. Lorsque, pendant les troubles du mois de mai 68, Godard commence à travailler sur des Ciné-tracts, des courts métrages de quelques minutes chacun, non signés par leurs auteurs, Gorin fait partie de ses collaborateurs.

La même année 1968, le réalisateur commande à Gorin et Nathalie Biard un scénario intitulé Un film français, que les deux hommes écrivent entre mai et juin, dont le sujet est une journée dans la vie de jeunes de vingt ans à la recherche de nouvelles voies politiques dans la musique, le théâtre, le cinéma et l'édition[5]. Godard tournera ensuite Un film comme les autres en vitesse et avec un budget réduit à la fin du mois de juillet.

Jean-Henri Roger

Godard a rencontré Jean-Henri Roger (1949-2012), alors étudiant et militant maoïste de 20 ans, à l'automne 1968 lors d'un cours à l'IFC, Institut de formation cinématographique. Les deux hommes se sont liés d'amitié et ont commencé à se fréquenter. Godard habite dans le haut de la rue Saint-Jacques, les deux hommes se retrouvent souvent pour le petit-déjeuner au café La Favorite, dans le boulevard Saint-Michel voisin : ils parlent de critique cinématographique et de politique, ils envisagent de rompre avec l'ancienne façon de faire des films. Godard répète à ce moment de sa carrière artistique, après la rupture politique de Soixante-Huit,

« ...la forte volonté de rompre avec la façon de faire du cinéma alors en vogue, tant au niveau de la production que de la distribution. Et ce désir se manifeste par la disparition de son nom, son nom d'auteur, du générique. Mais ces films sont clairement de Godard, Godard s'interrogeant sur lui-même avec d'autres. »

 Jean-Henri Roger[6]

La seconde épouse de Godard, Anne Wiazemsky, date cette rencontre avec Roger comme le début de l'engagement collectif de son mari, et vit mal l'arrivée du jeune homme dans l'appartement du couple :

« Il a atterri dans la maison, nous a pris pour sa mère et son père. Il a fait de moi sa mère alors que je n'avais que vingt ans. »

 Anne Wiazemsky[7]

Armand Marco

Le cadreur Armand Marco (né en 1938), que Godard rencontre en 1967 lors des manifestations contre la guerre du Vietnam, travaille avec le réalisateur sur l'épisode L'amore du film collectif La Contestation, ainsi que sur quelques Ciné-tracts. Il ne rejoint activement le groupe Dziga Vertov qu'à partir de l'automne 1969, lors de la post-production de Vent d'Est.

Filmographie

Notes et références

Annexes

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