Nobuyuki Tsujii
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| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
辻井伸行 |
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| Formation | |
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Depuis |
| Mère |
Itsuko Tsujii (d) |
| Instrument | |
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| Label |
Avex-CLASSICS (d) |
| Genre artistique | |
| Site web |
(ja) avex.jp/tsujii |
Nobuyuki Tsujii (辻井伸行, Tsujii Nobuyuki), né le à Toshima (Tokyo), est un pianiste et compositeur japonais.
Aveugle, il remporte (ex æquo) le concours Van-Cliburn en . Il est de nouveau remarqué en 2025 pour son enregistrement d'œuvres de Beethoven.
Enfance, formation et premiers concerts
Il est surnommé Nobu[1].

Aveugle de naissance[2], Nobuyuki Tsujii n'a que deux ans lorsqu'il joue Jingle Bells sur un piano jouet après que sa mère a fredonné l'air[3]. Il prend des leçons de piano à quatre ans. À sept ans, il gagne le premier prix au concours All Japan Music of Blind Students de la Tokyo Helen Keller Association.
À dix ans, il se produit sur scène avec l'orchestre Century à Osaka et à douze ans au Suntory Hall de Tokyo.
En , Tsujii étudie à l'université Ueno Gakuen[4], dont il sort diplômé en .
Victoire au concours Van-Cliburn (2009)

En 2009, il remporte le premier prix au Concours international de piano Van-Cliburn (ex æquo avec Haochen Zhang) en interprétant notamment les Études opus 10 de Chopin.
Poursuite de sa carrière
Le , il fait ses débuts au Carnegie Hall, à Manhattan.

En 2017, il donne un récital au théâtre des Champs-Élysées (Paris)[1].
Accueil critique
En 2017, Alain Lompech, du webzine spécialisé Bachtrack (en), s'avère moyennement convaincu par le récital du pianiste au théâtre des Champs-Élysées : « Son jeu est concentré, méticuleux, mais sans cette illumination, ces émerveillements, ce recueillement qui, s'ils sont rendus, saisissent l'auditeur […] Dans la première étude (opus 10 de Chopin, ndlr), la main gauche y est assénée avec une puissance brute de décoffrage. Idem dans la deuxième où, si le chromatisme des 4e et 5e doigts est parfaitement réalisé, la main gauche manque de l'humour et du rebond attendus avec une sonorité dure, hachée. […] Voilà, le défaut du jeu de ce pianiste […] se confirme : il ne respire pas assez dès que ses doigts doivent courir la poste[6]. »
En 2025, après la sortie de son album Beethoven, le quotidien généraliste belge Le Soir affirme que Tsujii « métamorphose » ce compositeur, et « nous démontre comment dépasser le seul cadre technique et formel pour construire une vraie interprétation […] là où nombre de ses confrères se limitent à une démonstration un peu froide, lui creuse le discours, le structure, jouant des contrastes pour animer un discours mais restant soucieux de la grande ligne[5]. »
Méthode
Tsujii apprend les nouvelles œuvres musicales strictement à l'oreille. Un article de Time datant de 2009 explique : « Tsujii peut utiliser des partitions de musique en braille pour apprendre de nouvelles pièces, mais ce type de traduction est généralement effectué par des bénévoles. Parce que la demande est si faible, la variété de partitions disponibles ne répond pas aux besoins d'un artiste professionnel, donc Tsujii a conçu sa propre méthode. Une équipe de pianistes enregistre les partitions ainsi que des codes et des instructions écrites par des compositeurs, que Tsujii écoute et pratique jusqu'à ce qu'il apprenne et perfectionne chaque morceau[4]. »
En 2017, une journaliste de l'Australian Broadcasting Corporation, Monique Schafter, a demandé à Tsujii : « Comment restez-vous dans le tempo alors que vous ne pouvez pas voir le chef d'orchestre ? » Le pianiste a répondu : « En écoutant le souffle du chef d'orchestre et en sentant aussi ce qui se passe autour de moi. » Le chef d'orchestre Bramwell Tovey a commenté : « Il doit avoir une audition très aiguë, j'en suis sûr. »