Nostalgie de l'Union soviétique

sentiment de regret de l'URSS dans une partie de la population des pays de l'ex-bloc soviétique From Wikipedia, the free encyclopedia

La nostalgie de l'Union soviétique est un phénomène très répandu en Russie et au sein des minorités russes des pays issus de l'URSS. Cette nostalgie peut concerner le système politique (partis communistes), la puissance, la culture et la société soviétique, ou bien l'esthétique de la période soviétique (monuments, arts…). Souvent la nostalgie de l'Union soviétique est exprimée en raison des souvenirs de l'enfance et de la jeunesse : il s'agit d'un phénomène hétéroclite qui englobe un large éventail d'opinions[1],[2].

Emblème de l'URSS.

En 2021, 66 % de la population russe interrogée par le Centre analytique Levada se déclarait nostalgique de l'URSS[3].

Opinion positive sur le passé soviétique

Le Jour de la Victoire (commémorant la « Grande Guerre patriotique ») pendant la guerre russo-ukrainienne en Russie et en Crimée, occupée par la Russie en 2014.

La nostalgie de l'Union soviétique, opinion positive envers le passé soviétique, y compris par des personnes nées après 1991 et n'ayant pas connu la réalité du système soviétique, est due à plusieurs facteurs[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10] :

Opinion négative sur les valeurs non-russes

Un « Stalinobus » à Saint-Pétersbourg est décoré d'images évoquant la Grande guerre patriotique. Photo prise le .

Sans forcément idéaliser le passé soviétique, la nostalgie de cette période peut exprimer un rejet des idées et des valeurs humanistes modernes, perçues comme étrangères aux racines identitaires de la « Russie éternelle » (nationalisme, suprémacisme russe, homophobie, christianisme orthodoxe…) tout comme, à l'époque soviétique, elles étaient présentées comme « factices » et contraires au communisme[19]. Ce rejet maintient la Russie, ses États-satellites (soit la plupart de ses voisins, autres que la Finlande, les pays baltes et l'Ukraine) dans un modèle politique et social qui n'intègre pas les règles des droits de l'Homme, du droit, de la démocratie et de la justice sociale ; ce modèle considère les valeurs universelles (parce qu'elles répondent aux besoins fondamentaux de tout être humain, quelles que soient ses origines et sa culture[20]) comme une ruse du capitalisme pour asservir les peuples, une idéologie exclusivement occidentale et inadaptée aux pays de l'espace post-soviétique[21] ; la Chine communiste partage ces positions en cultivant toujours officiellement la mémoire du maoïsme, même si elle déroge aujourd'hui à la plupart des principes du Petit livre rouge[22].

Pour l'ambassadeur finlandais aux États-Unis Mikko Hautala, la nostalgie russe est une matrice pour les nouvelles guerres[23] :

« I think most of us simply concluded that this is a kind of nostalgia politics. But I think most of us didn’t see or didn’t want to conclude that this [Russian] obsession with history was actually a blueprint for war. »

« Je pense que la plupart d'entre nous ont simplement conclu qu'il s'agissait d'une sorte de politique nostalgique. Mais je pense que la plupart d'entre nous n'ont pas vu ou n'ont pas voulu croire que cette obsession [russe] pour l'histoire était en fait un plan pour la guerre. »

Il faut également noter que si le phénomène est important en Russie, en revanche, comme le rappelle Galina Polonskaya, correspondante d'euronews à Moscou :"Plusieurs anciennes Républiques de l'URSS se sont radicalement éloignées du modèle soviétique, les symboles de ce passé étant interdits. Ce n'est pas le cas en Russie où les autorités affirment que l'ère soviétique fait partie de l'histoire de la Russie et qu'elle ne doit pas être effacée"[3].

Ceci est du au fait qu'aucun travail historique sur la déliquescence de l'État russe à partir de 1991 ou de procédures judiciaires n'ont été effectués sur les crimes de la période soviétique, à la différence des pays européens engagés dans une déconstruction des romans nationaux[14],[13],[10].

C'est le signe d'une interprétation historique différente de l'histoire de l'URSS entre la Russie, centre et principale bénéficiaire de l'empire soviétique, dont le pouvoir et la représentation géopolitique étaient basés sur l'expansion territoriale dû à l'impérialisme russe et les autres Républiques socialistes soviétiques, dont certaines avaient été intégrées de force dans le nouvel ensemble, comme celles des Pays baltes ou la Bessarabie (la Moldavie ou la Transnistrie)[13],[14],[9].

Notes et références

Annexes

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