Le site archéologique de Nurdole a été édifié sur une hauteur offrant un vaste contrôle visuel. Il est constitué d’un puissant nuraghe quadrilobé, doté d’un « avant‑mur » et de nombreuses cabanes présentant des articulations spatiales et fonctionnelles complexes. À un stade avancé de son histoire, l’édifice cessa de fonctionner comme forteresse et fut réutilisé comme sanctuaire, subissant à plusieurs reprises d’importantes modifications et restructurations. Des blocs de couronnement exceptionnels appartenant aux restaurations de l’âge du fer sont décorés d’une série d’éléments géométriques incisés[1].
Le nuraghe, qui s’adapte de manière irrégulière à la morphologie naturelle du rocher, est construit, dans ses assises de base, avec de grands blocs de granite, tandis que les parties supérieures utilisent des pierres plus petites disposées en assises irrégulières, avec l’insertion de nombreuses cales. On accède au monument par une rampe dallée, délimitée sur le côté droit par un énorme bloc de granite contre lequel s’appuie l’entrée trapézoïdale, haute de 1,70 m, dotée d’un linteau et d’un fenestron de décharge[1].
Un long couloir de près de 7 mètres conduit à une cour de forme rectangulaire irrégulière, dont le périmètre est délimité par des murs atteignant jusqu’à 6 mètres de hauteur[1].
Le mastio est conservé sur une hauteur de 7,40 m, tandis que la chambre à tholos a perdu sa couverture. Dans le couloir d'accès s’ouvre l’escalier hélicoïdal qui menait aux étages supérieurs et qui fut partiellement obstrué lors de la phase de réutilisation en sanctuaire. Depuis la cour, un escalier permettait d’accéder aux chemins de ronde du bastion, puis aux tours du côté arrière[1].
Sur le côté gauche de la cour se trouve une source naturelle, initialement destinée à l’approvisionnement en eau de la forteresse, puis utilisée comme source sacrée. L’eau s’écoulait dans une base circulaire faite de pierres trachytiques non locales, puis dans un petit canal d’environ 5 mètres de long. Celui‑ci traversait deux pièces de forme trapézoïdale irrégulière avant de sortir du nuraghe pour alimenter un vaste bassin lustral rectangulaire, parfaitement dallé, qui intègre les affleurements granitiques naturels[1].
Le matériel archéologique retrouvé autour du nuraghe comprend de nombreuses bases en pierre perforées où étaient fixées des bronzes nuragiques au moyen de petites coulées de plomb et des céramiques villanoviennes, étrusques et phéniciennes, témoignant d’anciens échanges entre la Sardaigne et le reste de la péninsule italienne, en particulier avec l’Étrurie tyrrhénienne[1].