Opinions et prises de positions de J. K. Rowling

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J. K. Rowling en 1999.

La romancière britannique J. K. Rowling, auteure de Harry Potter, a suscité une attention médiatique soutenue en raison de ses opinions politiques, sociales et culturelles, exprimées publiquement depuis le milieu des années 2000.

Elle se définit comme politiquement de gauche, libérale et antiautoritaire, et revendique un positionnement de centre-gauche pragmatique, centré sur la lutte contre les inégalités économiques, la défense du libéralisme social et l'égalité des droits.

Engagée dans la vie politique britannique, Rowling a soutenu le Parti travailliste sous la direction de Gordon Brown, avant d'en critiquer les orientations ultérieures, notamment sous Jeremy Corbyn puis Keir Starmer. Ouvertement pro-européenne, elle s'est opposée à l'indépendance de l'Écosse lors du référendum de 2014 ainsi qu'au Brexit lors du référendum de 2016. Elle a également pris position contre le Parti républicain américain sous la présidence de Donald Trump et exprimé son soutien à l'Ukraine à la suite de l'Invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Rowling défend la liberté d'expression, tout en entretenant des relations difficiles avec la presse, marquées par de nombreuses actions en justice. Elle s'est par ailleurs exprimée sur des questions religieuses, se décrivant comme croyante, bien que « difficilement », et traversée par le doute.

Depuis la fin de l'année 2019, ses prises de position sur les droits des personnes transgenres occupent une place centrale dans le débat public et suscitent de vives réactions. Exprimé notamment sur les réseaux sociaux et dans des textes publics, son discours est vivement critiqué par des associations de défense des droits des personnes transgenres et par diverses personnalités publiques, qui estiment que certaines de ses prises de position peuvent contribuer à renforcer des attitudes discriminatoires, tandis qu'il reçoit le soutien de personnalités issues des milieux féministes, intellectuels ou politiques, au nom de la liberté d'expression et de la nécessité d'un débat public sur les conséquences juridiques et sociales des politiques liées au genre.

Elle a affirmé son soutien au mariage entre personnes de même sexe et aux droits des personnes homosexuelles, mais a considéré que l'asexualité relèverait d'une « fausse oppression » dans un post largement vu et partagé, allant à rebours des conclusions de la communauté scientifique à ce sujet.

Politique britannique

J. K. Rowling se décrit politiquement comme étant de gauche, libérale et antiautoritaire[1]. Elle se définit par ailleurs comme croyante, bien que « difficilement » selon ses propres termes, évoquant de nombreux doutes, y compris au sujet de l’existence de Dieu[2].

Elle a soutenu le Parti travailliste britannique sous la direction de Gordon Brown (2007–2010)[3],[4], tout en critiquant plus tard la direction du parti sous Jeremy Corbyn en 2016 et sous Keir Starmer en 2024[5],[6],[7],[8]. Elle s'est également opposée à l'indépendance de l'Écosse lors du référendum de 2014 et au Brexit, se positionnant en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne[9],[10],[11].

Rowling rejette l'étiquette d'idéologue, préférant se penser comme idéaliste, et défend un centre-gauche pragmatique, axé sur la lutte contre les inégalités économiques, le libéralisme social et l'égalité des droits[1]. Elle a par ailleurs défendu la liberté d'expression dans ses interactions avec la presse[12],[13],[14]. Elle a critiqué certaines figures politiques internationales, principalement Donald Trump, Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou[15],[16],[17].

Sur la droite, un homme souriant aux cheveux courts et en costume-cravate s'exprime au micro devant un pupitre en levant sa main droite. Sur la gauche, une femme aux cheveux roux mi-longs portant un tailleur le regarde en souriant dans une attitude posée, joignant ses mains devant elle
Sarah et Gordon Brown en septembre 2009.

J. K. Rowling est une amie de longue date de Gordon Brown (Premier ministre du Royaume-Uni de 2007 à 2010) et de son épouse Sarah Brown (avec laquelle elle a travaillé pour des œuvres de charité[18]). En septembre 2008, Rowling a fait don d'un million de livres sterling au Parti travailliste et la même somme pour les élections générales de 2010[3]. Elle a salué l'engagement de Brown en faveur de l'amélioration des conditions de vie des familles pauvres[3]. Elle affirme ainsi :

« Je pense que les familles pauvres et vulnérables s'en tireront beaucoup mieux sous le parti travailliste que sous le parti conservateur de Cameron. Gordon Brown a introduit des mesures qui sauveront autant d'enfants que possible d’une vie sans opportunités ni choix. Concernant la pauvreté chez les enfants, le parti travailliste a renversé la tendance à long terme et se trouve en tête des pays de l’UE dans ce combat[3]. (J. K. Rowling en 2008) »

Rowling a fait l'éloge de Brown dans un essai paru dans le magazine Time en 2009, affirmant qu'elle « le souhaitait toujours à la tête du Parti travailliste »[4].

Elle a en revanche critiqué la direction du Parti par Jeremy Corbyn en 2016[5],[6]. En juin 2024, Rowling a écrit qu'elle aurait du mal à soutenir le Parti travailliste sous la direction de Keir Starmer, en raison de sa position sur les questions de genre[7],[8]. Lorsque des internautes l'accusent en 2024 d'avoir des sympathies « d'extrême droite » à cause de ses opinions sur les femmes transgenres, elle affirme rester à gauche dans son discours politique, mais estime que le clivage gauche-droite a été rompu, considérant une forme de politique identitaire comme « fondamentalement illibérale, élitiste, nuisible et déconnectée des préoccupations quotidiennes des gens ordinaires, en particulier des femmes »[1].

Indépendance de l'Écosse

En tant que résidente d'Édimbourg, Rowling était éligible au vote lors du référendum de 2014 sur l'indépendance de l'Écosse et a exprimé son intention de voter « non »[9]. Elle a fait don d'un million de livres sterling à la campagne anti-indépendance Better Together (en)[10], menée par son ancien voisin et ami Alistair Darling, et a utilisé les personnages des Mangemorts de sa série Harry Potter  qui rejettent les sorciers à moins qu'ils n'aient du « sang pur »  comme référence dans la justification de son don : « Quand les gens essaient de faire un débat sur la pureté de votre lignée, les choses commencent à devenir un peu « mangemoresques » à mon goût »[19]. À la mi-juin 2014, dans un article de blog posté après son don, elle explique qu'elle était « amicale » avec les membres des deux campagnes et a déclaré croire qu'« il y a des gens intelligents et réfléchis des deux côtés de cette question »[20],[21].

En 2018, Rowling a tweeté qu'elle en avait assez des « ethno-nationalistes de sang et de sol qui marchent aux côtés » des militants civiques. Elle a également déclaré que le nationalisme écossais « comportait des traces de sectarisme »[22].

Brexit

À l'approche du Référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne en 2016, Rowling s'est opposée au Brexit et a fait campagne pour que le Royaume-Uni reste dans l'UE, déclarant sur son site : « Je suis le produit bâtard de ce continent européen et je suis une internationaliste. J'ai été élevée par une mère francophile dont la famille était fière de son héritage en partie français… Mes valeurs ne sont ni contenues ni proscrites par des frontières. L'absence de visa lorsque je traverse la Manche a une valeur symbolique pour moi. Je ne suis peut-être pas chez moi, mais je suis toujours dans ma ville natale »[11].

Rowling s'est inquiétée que « racistes et fanatiques » dirigeaient une partie de la campagne pour le Brexit. Dans un billet de blog, elle a ajouté : « Comment un repli sur un individualisme égoïste et précaire peut-il être la bonne réponse alors que l'Europe est confrontée à de réelles menaces, alors que les liens qui nous unissent sont si puissants, alors que nous avons parcouru tant de chemin ensemble ? Comment pouvons-nous espérer relever les immenses défis du terrorisme et du changement climatique sans coopération et collaboration ? »[23].

Politique internationale

États-Unis

La romancière soutient Barack Obama en 2008.

Pendant les élections présidentielles américaines, elle soutient Barack Obama en 2008 et Hillary Clinton en 2016[24],[25]. Rowling a déclaré à un journal espagnol en février 2008 que la politique des États-Unis avait eu un impact négatif non seulement sur les États-Unis, mais aussi sur le Royaume-Uni ; elle a déclaré que « c'est dommage que Clinton et Obama doivent être rivaux car tous deux sont extraordinaires »[26]. Rowling a déclaré à la promotion 2008 de Harvard : « La grande majorité d'entre vous appartient à la seule superpuissance encore existante au monde. Votre façon de voter, de vivre, de manifester, la pression que vous exercez sur votre gouvernement ont un impact bien au-delà de vos frontières. C'est votre privilège et votre fardeau »[27].

Rowling est une fervente opposante à la politique menée par Donald Trump (ici passant en revue les prototypes de son mur dans la lignée de la barrière précédemment érigée entre les États-Unis et le Mexique.

Rowling a fait des analogies entre Donald Trump et son personnage Voldemort après que le candidat républicain à la présidence a appelé à interdire aux musulmans d'entrer aux États-Unis le 7 décembre 2015[28]. Fin , la prise de position de l'auteure sur son compte Twitter face à la politique menée par Trump provoque une vague d'indignation de la part de certains de ses fans s'affichant pro-Trump[15]. L'auteure poste des captures d'écran de certains messages violents ou indignés qui lui sont adressés, notamment celui d'une internaute précisant avoir brûlé tous ses livres Harry Potter après dix-sept ans de lecture assidue et se disant « dégoûtée » par le comportement de J. K. Rowling[29]. Un message auquel l'auteure répond : « on peut encourager une fille à lire des livres sur la montée et la chute d’un autocrate, mais on ne peut pas la forcer à réfléchir[30] ». En contre-partie, de nombreux fans amusés des échanges apportent leur soutien à l'auteure[30], dont certains acteurs comme Emma Watson[31].

Questions amérindiennes

Le 7 octobre 2016, Rowling publie sur Pottermore quatre textes exclusifs en guise d'introduction au film Les Animaux fantastiques, intitulés Histoire de la magie en Amérique du Nord. Ce texte inclut ses idées romancées sur la « magie amérindienne »[32],[33],[34],[35]. Son utilisation de figures religieuses amérindiennes et de symboles issus de cultures contemporaines vivantes pour cette œuvre de fiction a suscité des protestations de la part des communautés amérindiennes ; elle a été accusée d'insensibilité raciale, de violation des droits de propriété intellectuelle, de manque de respect et d'appropriation des « traditions amérindiennes tout en effaçant les peuples autochtones »[36].

Après avoir répondu à une question sur son interprétation des skin-walkers  ce qui a donné lieu à de nombreux tweets dirigés contre elle à ce sujet [36], le Washington Post a écrit que « les autochtones se sont tournés vers Twitter pour exprimer leur mécontentement et exiger une réponse de Rowling, qui n'a pas répondu à ses détracteurs en ligne »[33]. « Elle n'a pas du tout abordé le sujet », écrit Adrienne Keene, « Le silence est perceptible, et assourdissant »[32].

Crise migratoire européenne

En 2015, Rowling a exprimé son soutien aux réfugiés[37],[38].

Ukraine

En réponse à l'Invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, Rowling exprime son soutien à l'Ukraine, s'engageant à financer l'aide aux enfants bloqués dans ses orphelinats[39]. Elle a également exprimé son opposition au président russe Vladimir Poutine[16].

Un mois après le début de l'invasion de l'Ukraine, Poutine compare lors d'un discours le boycott subi par les artistes russes à celui subi par J. K. Rowling[40]. Celle-ci, soutenant l'Ukraine, rejette aussitôt cette comparaison et répond que selon elle, « les critiques de la cancel culture occidentale sont malvenues de la part de ceux qui massacrent des civils pour le crime de leur résistance, ou qui incarcèrent et empoisonnent leurs détracteurs »[41].

Israël

Le 22 octobre 2015, une lettre est publiée dans The Guardian, signée par Rowling et plus de 150 autres personnalités des arts et de la politique, s'opposant au boycott culturel d'Israël et annonçant la création d'un réseau de dialogue appelé « Culture pour la coexistence »[17]. Rowling a ensuite expliqué sa position plus en détail, affirmant que même si elle s'opposait à la plupart des actions de Benyamin Netanyahou, elle ne pensait pas que le boycott culturel entraînerait la destitution du dirigeant d'Israël ou contribuerait à améliorer la situation en Israël et en Palestine[42].

Religion

Intérieur d'une petite église simple, éclairé par un rayon de soleil. Un bénitier en pierre sculpté comportant une inscription illisible est aperçu au premier plan, sur la droite de l'allée centrale, devant les rangées de bancs en bois
Rowling a été baptisée à onze ans dans l'église St Luke de Tutshill.

J. K. Rowling se considère croyante, bien que « difficilement » selon ses propres termes, éprouvant beaucoup de doutes, y compris au sujet de l'existence de « Dieu »[2]. Seule membre de sa famille à se rendre régulièrement à la messe, elle a été baptisée tardivement[43].

En 2003, le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, s'est officiellement opposé à la série Harry Potter, qui selon lui faisait figure de « tromperies subtiles qui pourraient passer inaperçues et par là même pervertir profondément le christianisme dans l'âme[44],[45] ». En 2008, L'Osservatore Romano publie une controverse au sujet de la série, intitulée « Le double visage de Harry Potter », confrontant deux points de vue opposés sur la dimension morale de l'histoire[46],[47]. Par ailleurs, plusieurs groupes de chrétiens fondamentalistes ont dénoncé les livres Harry Potter, prétendant qu’ils prônaient la sorcellerie[48]. Face à ces accusations, J. K. Rowling se défend : « Je vais à l’église, mais je n’ai aucun lien avec les aliénés qui se situent aux extrêmes de ma religion. Personnellement, je pense qu'on peut voir cela dans mes livres. Poudlard est bien sûr une école multiconfessionnelle. Je n'ai jamais eu l'intention de convertir qui que ce soit au christianisme, je ne veux pas faire ce qu'a fait C. S. Lewis. Il est tout à fait possible de vivre une vie morale sans croire en Dieu, tout comme vivre une mauvaise vie en croyant en Dieu[49],[50] ».

Minorités sexuelles et de genre

Communauté transgenre

2018 : Premières accusations de transphobie

En mars 2018, J. K. Rowling like un tweet qualifiant les femmes trans d'« hommes en robe », déclenchant les premières accusations de transphobie à son égard[51]. En réponse à la polémique, elle expliquera que ce « like » était accidentel. Elle admettra cependant par la suite son support pour la substance du message[52].

2019 : Défense de Maya Forstater

Une femme brune aux cheveux courts pointant un tableau blanc derrière elle avec sa main droite, tout en parlant à quelqu'un devant elle.
Rowling affiche son soutien à Maya Forstater (ici en 2013).

En , J. K. Rowling affiche son soutien à Maya Forstater, une chercheuse britannique dont le contrat de travail au Centre pour le développement mondial (en) n’a pas été renouvelé en raison de ses opinions critiques sur le genre, et qui a fait l'objet de l'affaire Forstater v Centre for Global Development Europe (en)[53],[54],[55]. Selon Rowling, la scientifique aurait été injustement licenciée pour avoir simplement déclaré que « le sexe [était] réel ». À la suite de son soutien public, l'auteure est à nouveau accusée de transphobie par un certain nombre de fans et de médias[56],[57].

2020 - 2021 : Accusations de féminisme radical et publication d'un essai sur le « nouvel activisme trans »

En juin 2020, elle provoque la colère des militants défendant les droits des personnes trans en ironisant sur X sur l'expression utilisée par le site web Devex pour évoquer les femmes (« personnes qui ont leurs règles ») : « Je suis sûre qu'on avait un mot pour désigner ces personnes, avant. Que quelqu'un m'aide. Fammes ? Fommes ? Fimmes ? »)[58],[59],[60] ; ses propos, et son interrogation sur l'effacement du mot « femme »[59], lui valent d'être encore une fois accusée de transphobie, et d'être qualifiée de « TERF » (féministe radicale excluant les femmes trans)[61]. Par la suite, Rowling déclare que nier la réalité du sexe biologique efface les expériences des femmes du monde entier et élimine la possibilité d'une attirance pour les personnes du même sexe[62],[63]. En réponse aux critiques, elle déclare que « le sexe […] a des conséquences vécues », tout en écrivant : « Je respecte le droit de chaque personne trans de vivre de la manière qui lui semble authentique et confortable ; je connais et j'aime les personnes trans, mais effacer le concept de sexe supprime la possibilité pour beaucoup de discuter de leur vie de manière significative. Ce n'est pas de la haine de dire la vérité »[64],[65]. De nombreux internautes lui reprochent alors de confondre les notions de sexe (biologie) et de genre (relatif à la construction sociale)[64],[66]. Les propos de Rowling, bien qu'exprimés « de manière bien maladroite » selon certains universitaires[67], font écho à une tribune publiée quelques mois plus tôt sur le Huffington Post, qui considérait que les personnes trans ne devraient pas être incluses dans les espaces réservés aux femmes, ni être au centre de l’agenda féministe[67],[68]. Cette tribune avait été signée par 140 personnes issues notamment de la Ligue du droit des femmes, et des milieux médicaux et universitaires spécialistes du genre[68]. Pour le collectif, il était nécessaire « de pouvoir mesurer les inégalités entre les sexes pour les dénoncer et surtout les corriger »[68]. Il ajoute que « Aucune féministe ne met en cause la souffrance des personnes qui ne se sentent pas « nées dans le bon corps » » mais qu'il est important de « veiller à préserver nos espaces et à ce que nos stratégies restent centrées sur les filles et les femmes […] pour la survie d[e]s droits [des femmes] et de notre intégrité »[67],[68]. La tribune a été retirée à la suite de la polémique qu'elle a engendrée, puis a été remise en ligne quelques jours plus tard par le magazine Marianne, qui n'a pas souhaité prendre partie mais qui s'est dit soucieux d'encourager le débat[68].

« Feminazi. Terf. Salope. Sorcière. Les temps changent. La haine contre les femmes est éternelle. »

 J. K. Rowling sur X le (en réaction aux messages qu'elle reçoit[69]).

Le , elle publie un long article sur son site officiel, dans lequel elle explique plus en détail ses préoccupations et son point de vue concernant ce qu'elle appelle le « nouvel activisme trans »[52],[70]. Rowling qualifie de « misogynes » les arguments selon lesquels la féminité ne réside pas dans le corps sexué, ainsi que les affirmations selon lesquelles les femmes biologiques n'ont pas d'expériences communes. Elle trouve déshumanisant le langage qualifiant les femmes de « menstruatrices », et elle estime que le mouvement activiste trans cherche à éroder les femmes en tant que classe politique ainsi que biologique. Elle a également déclaré que la tentative de redéfinir la définition juridique du sexe en termes de genre mettrait en danger les espaces sûrs pour les femmes[71] et que la communauté gay et lesbienne se sentait menacée par les personnes appartenant à des minorités de genre[72]. Elle a dit craindre que les filles effectuent une transition afin d'échapper au sexisme[73],[74], et qu'elle avait survécu à des violences conjugales et à des agressions sexuelles. Elle a déclaré : « Lorsque vous ouvrez grand les portes des toilettes et des vestiaires à tout homme qui croit être ou se sent femme… vous ouvrez la porte à tous les hommes qui souhaitent entrer »[73]. Elle a également déclaré dans son essai : « Je crois que la majorité des personnes transgenres non seulement ne représentent aucune menace pour les autres, mais sont vulnérables… les personnes transgenres ont besoin et méritent d'être protégées… Je ne ressens que de l'empathie et de la solidarité envers les femmes transgenres qui ont été maltraitées par des hommes »[73],[75],[76].

L'essai a été nommé par Amol Rajan de la BBC pour le « prix Russell du meilleur texte ». La chaîne a déclaré apprécier le « courage » de Rowling pour avoir écrit cet article malgré les réactions qu'il a suscitées (cette nomination ne signifiait pas que la BBC soutenait ses arguments)[77],[78]. Parmi ceux qui ont contesté les affirmations de Rowling dans son essai figuraient notamment l'auteure Heidi Heilig (qui l'a qualifiée d'« énorme connasse »[79]) et l'actrice Felicia Day qui a déclaré que les arguments de Rowling étaient « imprégné[s] de peur et de haine »[79]. L'association caritative de défense des droits LGBT Stonewall[80] et Mermaids (en), une association caritative pour les enfants non conformes au genre, ont critiqué Rowling pour ce qu'elle considérait comme une confusion entre « femmes transgenres et prédateurs sexuels masculins »[81],[82]. Par ailleurs, des groupes de défense des droits des femmes aux États-Unis ont déclaré en 2016 que 200 municipalités autorisant les personnes transgenres à utiliser les refuges pour femmes n'avaient signalé aucune augmentation de la violence envers les femmes[83]. Les personnes appartenant à des minorités de genre ont signalé que « le comportement des politiciens, des personnalités publiques [et] des dirigeants communautaires » était un facteur clé qui augmentait les actes de discrimination et de violence dans leur vie quotidienne[72], et que les arguments comme ceux de Rowling, qui « cherchent à réifier des catégories discursives intrinsèquement instables », invisibilisaient les corps de genre varié et hypervisibilisaient les « fausses notions de sexe binarisé »[72]. Dans son essai intitulé Transformative Readings, Jennifer Duggan évoque le fait que la guerre des mots entre Rowling et ses partisans, d'un côté, et les personnes issues de minorités de genre et leurs sympathisants, de l'autre, « illustre la fracture des féminismes actuels », à l'heure où les versions plus populaires et plus commercialisables de la féminité autonome et néolibérale sont à la fois les plus visibles et dépeintes comme menacées par les personnes marginalisées[72]. Selon elle, les retombées des propos de Rowling « démontrent à quel point les interprétations des idéologies présentes dans les textes, et qui les entourent, peuvent être floues, contradictoires et contingentes »[72].

Après que Rowling a reçu le Prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme en 2019, le président de l'organisation a publié une déclaration l'année suivante, faisant part de sa « profonde déception » du fait que l'auteure « ait choisi d'utiliser ses dons remarquables pour créer un récit qui diminue l'identité des personnes trans et non binaires »[84]. Rowling a annoncé en août qu'elle rendrait le prix[84]. Elle a ajouté : « La déclaration du groupe suggérait à tort que j'étais transphobe et que j'étais responsable de préjudices causés aux personnes trans. En tant que donatrice d'associations LGBT et défenseur du droit des personnes trans à vivre à l'abri des persécutions, je réfute catégoriquement l'accusation selon laquelle je haïrais les personnes trans ou leur souhaiterais du mal »[84].

En , son roman policier Sang trouble, qui met en scène un tueur en série revêtant une apparence féminine pour assassiner ses victimes, fait écho à ce point de vue et ravive les accusations de transphobie la visant[85],[86],[87]. Selon Alison Flood, du Guardian, un grand nombre de journalistes critiquent la tournure transphobe du roman sans avoir pu démontrer qu'ils l'avaient lu[88]. Un porte-parole de l'association Mermaids a déclaré à CNN qu'il était décevant que Rowling propage une « présentation ancienne et blessante des femmes transgenres comme une menace »[89]. Rowling, quant à elle, a précisé que le roman en question « s'inspirait vaguement » de véritables tueurs[84].

Le Monde évoque des débats qui « se polarisent »[61], entre les personnes qui dénoncent ou se désolidarisent des propos de J. K. Rowling (les jeunes acteurs principaux de Harry Potter[60],[90],[91] et les acteurs principaux des Animaux fantastiques[92],[93], les communautés et sites de fans[61],[94], etc.) et les personnes qui la soutiennent ou qui estiment que ses propos ont été mal interprétés ou exagérés[61],[95],[96]. Pour Olivia Chaumont, militante pour les droits des personnes trans, Rowling cherche à « nie[r] l'identité de genre » en niant le fait qu'une personne assignée homme à la naissance puisse devenir socialement femme[97]. Chaumont reconnaît l'empathie de Rowling envers les personnes trans vulnérables, mais estime que cette empathie ne pourrait à elle seule « excuser » sa méconnaissance de la question trans[97]. L'Express met aussi l'accent sur « l'hystérisation des débats dès qu'ils entrent dans l'arène des réseaux sociaux », et la position délicate dans laquelle s'est placée J. K. Rowling en abordant ce sujet de société sur X[98]. Pour Jennifer Duggan, le personnage « d’auteur très visible » que Rowling s’est forgé sur les réseaux sociaux révèle qu’elle est beaucoup moins progressiste que l’idéologie thématique de son heptalogie Harry Potter ne le suggère[72].

Le 26 janvier 2021, la vidéaste transgenre Natalie Wynn publie un long essai vidéo sur sa chaîne détaillant l'ensemble des principaux éléments de la controverse[99].

En , J. K. Rowling dit recevoir de nombreuses menaces de mort de la part de militants LGBT depuis plusieurs mois[100],[101], des menaces que la police considère suffisamment crédibles pour être prises en compte[102]. Pour Radio France, la polémique « a pris des proportions absurdes »[100]. Pamela Paul du New York Times est du même avis et prend position en faveur de Rowling, ajoutant que la qualifier de « transphobe » est abusif et « ne correspond pas à ses véritables opinions »[102].

Joëlle Quérin, professeure de sociologie, s'appuie sur l'ouvrage Trans. Quand l’idéologie heurte la réalité de la journaliste irlandaise Helen Joyce pour défendre également J. K. Rowling[103]. Dans son ouvrage, Joyce s'interroge sur les impacts que pourraient avoir une redéfinition du mot « femme » si celui-ci devait inclure les femmes trans[104]. Selon elle, toute définition du genre ou de l'identité de genre qui fait abstraction de la biologie « mène à une impasse »[104]. Elle développe : « Si l'on s'appuie sur les témoignages de personnes trans […], être une femme consiste […] à correspondre aux stéréotypes féminins. Et d'autre part, si l'on s'appuie sur les définitions académiques ou militantes, être une femme ne signifie… rien. Les définitions du type « Est une femme quiconque affirme en être une » sont autoréférentielles et donc « vides de sens » »[104].

2022 - 2023 : Accusations de militantisme TERF, soutiens et désolidarisations

Plusieurs médias affirment que les propos de Rowling sur les personnes transgenres lui vaudront d'être écartée de l'émission Harry Potter : Retour à Poudlard, qui célèbre en le 20e anniversaire de la sortie du premier film, Harry Potter à l'école des sorciers[105],[106]. J. K. Rowling y fait néanmoins plusieurs apparitions via une interview de 2019[107],[108], et précise plus tard que c'est elle qui a décliné l'invitation, estimant qu'elle se sentait davantage concernée par les romans que par les films[109].

Un homme aux cheveux courts grisonnants, s'exprimant derrière un pupitre et désignant quelque chose ou quelqu'un avec sa main droite.
En mars 2022, Rowling critique le chef du Parti travailliste, Keir Starmer, qui a affirmé que « les femmes transgenres sont des femmes ».

En , toujours sous le motif de vouloir protéger les femmes qu'elle considère plus vulnérables, elle fait partie des personnes qui s'opposent au projet de loi écossais sur la réforme de la reconnaissance de genre (en), qui prévoit de permettre aux personnes transgenres de modifier leur état civil plus facilement et plus rapidement, ce qui lui vaut d'être une nouvelle fois décriée[110]. Elle critique le chef du Parti travailliste, Keir Starmer, qui a déclaré que « les femmes transgenres sont des femmes » selon son opinion personnelle et selon la loi britannique. Elle l'accuse alors de déformer la loi[111]. Des critiques ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact que la réforme écossaise pourrait avoir sur les espaces non mixtes tels que les refuges pour femmes et les prisons[112].

Le 10 juillet 2022, J. K. Rowling félicite le commentateur Matt Walsh du média en ligne The Daily Wire pour son film What is a woman ?, en estimant que le film « met en lumière l'incohérence de la théorie de l'identité de genre et certains des préjudices qu'elle a causés »[113]. Les utilisateurs de Twitter ont vivement critiqué Rowling par la suite, pour avoir fait l'éloge d'un travail qu'ils jugent transphobe[113].

Portrait photographique d'un homme brun à la barbe et aux cheveux en bataille, souriant à quelqu'un devant lui.
Daniel Radcliffe, l'interprète de Harry Potter au cinéma, s'est désolidarisé des propos de Rowling concernant les droits des personnes trans.

Certains sites de fans de l'univers Harry Potter, comme La Gazette du sorcier, considèrent que Rowling en vient à exercer un « militantisme transphobe » ou « anti-trans », notamment par ce qu'ils considèrent de sa part comme une volonté d'exclusion des personnes trans ou par son insistance à vouloir défendre publiquement et régulièrement certaines personnes jugées transphobes[114],[115].

Certains acteurs de la franchise, comme Jason Isaacs, Mads Mikkelsen, Ralph Fiennes et Helena Bonham Carter, dénoncent les attaques verbales contre Rowling et défendent sa liberté d'expression, sans pour autant être d'accord avec les positions de Rowling[116],[117],[118],[119]. Pour Ralph Fiennes, la colère peut devenir « stupide » lorsqu'elle n'a « aucune nuance » et les propos de J. K. Rowling n'ont, d'après lui, « rien d'obscène » : elle évoque les choses d'après sa propre expérience de femme[118]. Des propos repris par l'acteur écossais Brian Cox (pourtant favorable au projet de loi sur la réforme de la reconnaissance de genre), qui a déclaré qu'il n'aimait pas la façon dont J. K. Rowling avait été traitée : « Elle a le droit d'avoir son opinion, elle a le droit de dire ce qu'elle ressent, en tant que femme, […] à propos de son propre corps. […] Les gens ont été un peu prétentieux dans leur attitude envers J. K. Rowling »[120].

En novembre 2022, Daniel Radcliffe, qui avait déjà publié en juin de la même année une lettre ouverte dans laquelle il défendait les personnes trans face aux prises de position de Rowling, renouvelle son soutien dans une interview au site IndieWire dans laquelle il indique avoir souhaité avant tout rassurer sa propre fanbase et la communauté LGBT+ qui s'était fortement identifiée à la saga, en leur montrant que « tout le monde dans la franchise ne ressentait pas la même chose » que J. K. Rowling[121].

En , Rowling inaugure et finance le centre Beira's Place (en), destiné à l'accueil des femmes (sous-entendu dans le sens « biologique » du terme) victimes de violences, dans le but d'offrir les « services nécessaires dans ce genre de situation », et notamment aux femmes victimes de viol ne souhaitant pas être prises en charge par d'autres personnes que des femmes biologiques[122]. Dans sa présentation, le centre précise que « toutes les personnes présentes dans le bâtiment seront des femmes », tout en précisant un peu plus loin qu'« il n'est pas garanti qu[e les espaces du bâtiment] soient réservés aux femmes » (« […] cannot be guaranteed as women-only spaces »)[123]. En réponse à la controverse sur la question de son accès « réservé aux femmes », la directrice du centre, Isabelle Kerr, a donné plus de précisions : « Nous sommes résolument un service conçu par des femmes pour des femmes. Notre personnel est entièrement féminin. Aucun homme n'est autorisé à entrer dans nos locaux pendant nos heures de consultation. Mais cela ne signifie pas que Beira's Place n'aidera pas les femmes trans. Nous savons qu'il faut beaucoup de courage à toute personne ayant survécu à un tel appel, c'est pourquoi nous proposons un soutien téléphonique. Une fois ce processus terminé, nous proposons des services en personne plus adaptés »[124].

L'entreprise caritative Rape Crisis Scotland, qui compte 17 centres à travers l'Écosse, a salué la décision d'ouvrir ce centre, mais estime que le soutien offert par les centres d’aide aux victimes de viol devrait également être disponible pour les personnes trans et non binaires[112]. The Guardian a cité des spécialistes de crises de viol qui affirmaient que le centre Beira's Place « fournirait des services supplémentaires indispensables, car les services existants étaient submergés par de nouveaux cas » et a noté qu'« en vertu de la loi sur l'égalité, les services qui excluent les femmes trans sont légaux s'ils sont proportionnés et légitimes »[125]. En réponse à un fan qui saluait l'inauguration, Rowling a tweeté ironiquement « Merry Terfmas »[126],[127],[128],[a]. Rowling précise une nouvelle fois que selon elle, ce choix n'est pas motivé par une peur irrationnelle ou une quelconque haine envers les personnes trans, et regrette que les discussions sur le sujet deviennent compliquées du fait que ses propos soient interprétés comme « haineux »[130],[131],[132].

« Ce qu'on m'a souvent opposé, c'est qu'il n'y a pas une expérience universelle de ce qu'est la féminité. Mais il y en a une commune : c'est être une femelle. Si nous supprimons ça de nos analyses, tout s'effondre. J'ai été choquée de voir combien de femmes me contactaient pour me dire « on ne peut pas lutter sauf si c'est sur la base de notre classe de sexe »[122]. »

 J. K. Rowling (décembre 2022)

En , elle déclare ne pas être « gênée de descendre de son piédestal » et ne s'inquiète pas non plus de l'impact que son opposition à l'activisme trans pourrait avoir sur son héritage[133],[134]. Malgré les affirmations des fans selon lesquelles elle aurait trahi les messages véhiculés par ses romans Harry Potter, elle rétorque avoir maintenu « absolument » les mêmes positions que dans ses livres[135]. Elle a précisé également avoir anticipé le fait que ses opinions sur les questions transgenres rendraient « beaucoup de gens profondément mécontents » mais que cela était devenu une nécessité pour elle de le faire[135],[129]. Suzanne Moore du Telegraph dit que Rowling « n'est pas venue ici pour son propre ego. Elle aurait pu se contenter de se reposer sur ses lauriers et de savourer son immense succès. Elle a choisi de prendre position. Elle est ce que tout le monde craint : une femme qui s[e] fiche complètement [des critiques] »[12]. Moore pense également que son expérience de la violence domestique et la compréhension de Rowling de ce que signifie être pauvre, parent isolé et ne pas avoir accès aux services sociaux, sont des aspects cruciaux pour comprendre sa position[12] : « Bien qu'elle soit incroyablement riche et célèbre, une part [d'elle] se demandera toujours comment payer la prochaine facture ou payer la garde des enfants. […] Elle comprend la vulnérabilité des autres »[12].

En , elle affirme que le terme cisgenre est « un langage idéologique signifiant la croyance en un concept infalsifiable d'identité de genre »[136].

Dans son essai intitulé Qu'est-ce qu'une femme ?, Muriel Salle indique que les publications scientifiques, documents institutionnels et communications militantes mobilisent un nouveau vocabulaire dont les enjeux « ne sont pas toujours faciles à saisir »[137]. Il s'agit parfois de rendre compte de l’existence de personnes trans en questionnant les différences admises entre les sexes et en interrogeant les spécificités biologiques définissant habituellement « femmes » et « hommes », et parfois de dénaturaliser radicalement le genre, en passant par une référence explicite à l’organique[137] : « plus de « femme » donc, mais des « non-prostate owners », des « personnes ayant (ou ayant eu) une vulve », ou « un utérus », des « personnes à vagin », des « personnes qui ont leurs règles »… »[137].

Le , une loi réformant les procédures de changement de prénom et d’enregistrement de sexe à l’état civil a été votée en Belgique[138]. Selon les universitaires belges Jean-Louis Renchon et Jean-Pierre Lebrun, certaines personnes transgenres entendent supprimer toute référence au sexe, en faisant disparaître ce qu’elles considèrent comme des « catégories » clivantes  (être une femme ou être un homme), car ces dernières « enfermeraient les êtres humains dans une identité qui leur serait imposée de manière prétendument arbitraire par la société »[139]. La loi adoptée en Belgique représenterait selon Renchon et Lebrun « l'apogée du caractère radical des évolutions qui se sont produites, [et] qui a consisté à vouloir fonder le sexe des êtres humains sur le « principe d’autodétermination » »[139].

En , dans le contexte d'une projection au ministère britannique de la justice, J. K. Rowling refuse une nouvelle fois de désigner les femmes trans comme étant des femmes, et se déclare prête à faire deux ans de prison plutôt qu'à utiliser des pronoms féminins pour les femmes trans[140].

Dans son analyse sur le HuffPost, Loïse Delacotte souligne un durcissement dans les propos de Rowling[141]. Ses propos font réagir le député Cyrus Engerer, qui appelle à « désigner les personnes transphobes pour ce qu'elles sont »[142],[143].

2024 : Opposition à la loi sur les crimes de haine

Le 7 mars, India Willoughby porte plainte contre J. K. Rowling pour avoir parlé d'elle en tant qu'homme[144]. Rowling a aussi dit que Willoughby incarnait « un fantasme masculin misogyne de ce qu'est une femme »[144]. Willoughby a répondu « Je suis légalement une femme. Elle sait que je suis une femme et elle me considère comme un homme. C'est une caractéristique protégée »[144]. Elle a décrit les propos de Rowling comme un « crime de haine »[144]. Un porte-parole de la police a déclaré : « Bien que nous reconnaissions le bouleversement que cela a pu causer, le message a été examiné et ne répondait pas au seuil criminel »[144]. Rowling  qui reconnait de ce fait être « critique du genre », tout en se défendant de toute transphobie[145],[146],[147]  a dit par la suite que Willoughby « semblait avoir oublié la décision de l'affaire Forstater, qui « a établi que les opinions critiques en matière de genre peuvent être protégées par la loi en tant que croyance philosophique » »[144]. Elle a ajouté qu'aucune loi ne l'obligeait à « prétendre croire » que Willoughby est une femme, ou à faire référence à Willoughby comme étant une femme[144].

En , l'auteure conteste par un tweet le fait que les nazis aient détruit les premières recherches sur la communauté transgenre[148]. Elle est alors accusée de négationnisme vis-à-vis de la persécution des personnes transgenres par les nazis et des autodafés de 1933 sur ce sujet (notamment les travaux du médecin juif et homosexuel Magnus Hirschfeld)[149],[150]. Cela fait ressurgir les accusations d'antisémitisme qui avaient précédemment ciblé le jeu Hogwarts Legacy ainsi que l'auteure elle-même[151],[152].

Parallèlement, elle fait don de 70 000 £ à la contestation judiciaire intentée par For Women Scotland contre les ministres écossais devant la Cour suprême du Royaume-Uni, ce qui relance les controverses autour de l'utilisation par l'écrivaine des royalties de la licence Harry Potter dans le financement d'associations considérées par de nombreux médias comme étant transphobes[153],[154].

Rowling exprime son opposition à la loi sur les crimes haineux (en) en Écosse, qui souhaite étendre son champ d'application aux caractéristiques comme l'âge, le handicap, la religion, l'orientation sexuelle, l'identité transgenre et les variations des caractéristiques sexuelles[155],[156]. La Fédération de police écossaise et le Barreau d'Écosse ont également exprimé leurs inquiétudes quant à la menace que ce projet de loi faisait peser sur la liberté d'expression[157]. Pour le site Atlantico, la loi était « délibérément vague pour un effet dissuasif maximal » vis-à-vis de tout critique du genre[158].

Lorsque la loi entre en vigueur en , les militants transgenres saisissent l'occasion pour annoncer que le « mégenrage » est, selon eux, désormais illégal[158]. En réponse, Rowling publie une série de tweets sur dix femmes transgenres écossaises de premier plan, dont Isla Bryson, condamnée pour double viol ; Andrew Miller, ayant enlevé une jeune fille dans les Scottish Borders ; Mridul Wadhwa (en), du Edinburgh Rape Crisis Centre (en) et Katie Dolatowski, pédophile transgenre ayant agressé sexuellement une fillette de 10 ans dans les toilettes d'un supermarché à Kirkcaldy[159],[160]. Tout au long du fil de discussion, Rowling a sarcastiquement qualifié toutes les personnes de femmes, mais a précisé à la fin : « De toute évidence, les personnes mentionnées dans les tweets ci-dessus ne sont pas du tout des femmes, mais des hommes, jusqu'au dernier d'entre eux »[161],[162]. Rowling a déclaré que, si ses commentaires étaient illégaux en vertu de la nouvelle loi, elle s'attendait à être arrêtée[163]. La police écossaise a cependant déclaré que J. K. Rowling ne sera pas poursuivie, en estimant que les propos de l'écrivaine « n'étaient pas considérés comme criminels et ne feraient l'objet d'aucune action »[164]. Le Premier ministre Rishi Sunak a défendu Rowling, déclarant : « Nous ne devrions pas criminaliser de simples faits biologiques »[165],[166],[167]. Sophie Durocher du Journal de Montréal réagit à son tour : « À un moment donné, il faudrait pouvoir parler légitimement des personnes transgenres et soulever des questions sans constamment se faire traiter de « phobes » »[168].

Quelques jours plus tard, le magazine Forbes se penche sur la manière dont Rowling parvient, malgré les polémiques à répétition, à maintenir une marque personnelle forte et une influence significative au sein de l'opinion[169].

En , à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, elle participe à la vague d’accusations à l’encontre de la boxeuse algérienne Imane Khelif, au cœur d’une controverse mondiale discutant de sa légitimité à participer aux JO dans la catégorie féminine[170]. L’autrice décrit le combat d'Imane Khelif contre Angelina Carini comme celui d'« un homme frappant une femme »[171]. Selon elle, Imane Khelif « se sait protégé[e] par [le CIO], un établissement sportif misogyne »[172]. Les accusations sont entretenues par diverses personnalités sur la base d’anciennes décisions d’autorités sportives sous secret médical et de rumeurs sur une potentielle transidentité de l’athlète[173],[174]. Selon la directrice de la Sports and Rights Alliance (SRA), les contrôles de féminité types auxquels Khelif a dû se soumettre sont une forme d'intervention médicale contraignante « basée sur la discrimination et la surveillance », parce que les athlètes « ne se conforment pas aux normes occidentales de féminité dictées par des rôles patriarcaux »,[175]. Le cyberharcèlement engendré par ces accusations amène Imane Khelif à déposer une plainte au parquet de Paris pour « cyberharcèlement aggravé », dans laquelle J. K. Rowling est citée[176].

En novembre 2024, après la réélection de Donald Trump, et en réponse aux commentaires sur X l'accusant notamment d'être devenue d'extrême droite et de se réjouir de son élection  Trump se positionnant pour l'interdiction des athlètes féminines transgenres[177] , Rowling a fait référence à un article précédent dans lequel elle affirmait que la gauche britannique avait « complètement foiré sur l'idéologie de l'identité de genre » ; que les femmes comme elle « ne sont pas et n'ont jamais été d'extrême droite »[84]. Elle a ajouté : « Nous voulons simplement que la gauche se réveille, car nous la voyons faire tout son possible pour aliéner ceux qu'elle représentait »[84].

Cinq ans après son tweet polémique de 2019, elle déclare que son seul regret est de ne pas s'être exprimée plus tôt[146],[158]. Dans le Time, elle écrit que : « De nombreuses personnes autour de moi, y compris des personnes que j’aime, me suppliaient de ne pas parler […] mais le mouvement sociopolitique qui insiste sur le fait que les femmes trans sont des femmes n’était ni gentil ni tolérant, mais profondément misogyne, régressif, dangereux dans certains de ses objectifs et ouvertement autoritaire dans ses tactiques »[158].

2025 : La Cour suprême du Royaume-Uni s'aligne sur le point de vue de Rowling

En janvier 2025, Rowling estime qu'« aucun enfant ne naît dans le mauvais corps », arguant que les adultes promeuvent une idéologie selon laquelle les corps peuvent être modifiés, ce qui pourrait s'avérer néfaste à l'avenir. Elle a critiqué les écoles qui affirmaient les identités trans sans le consentement des parents, et soutient que les parents devraient protéger leurs enfants d'une idée reçue selon laquelle les angoisses liées à la sexualité et à la puberté peuvent être résolues par des solutions nécessitant une dépendance à vie aux médicaments[178],[179].

Le 6 février 2025, à l'occasion de la signature du décret présidentiel Garder les hommes hors du sport féminin, Rowling poste une photo de Donald Trump le signant et s'en prend à la gauche américaine, déclarant « Félicitations à toutes les personnes de gauche qui ont fait campagne pour détruire les droits des filles et des femmes. Sans vous, il n’y aurait pas d’images comme celle-ci »[180]. Elle rajoute ensuite dans un autre tweet « L’idéologie du genre a sapé la liberté d’expression, la vérité scientifique, les droits des personnes homosexuelles ainsi que la sécurité, la vie privée et la dignité des filles et des femmes. Elle a également causé des dommages physiques irréparables chez des enfants vulnérables. Personne n’a voté pour cela, la grande majorité des gens y est opposée, et pourtant, cela a été imposé, de manière verticale, par des politiciens, des organismes de santé, le monde académique, certains médias, des célébrités et même la police »[180].

Portrait d'une femme brune en costume bleu, portant de longues tresses à l'africaine et de grandes lunettes marron, souriant au photographe.
Kemi Badenoch, cheffe du Parti conservateur britannique, a fait partie des personnes ayant salué la décision de la Cour suprême du Royaume-Uni.

Le 16 avril 2025, la Cour suprême du Royaume-Uni tranche sur la question de la définition légale de ce qui fait qu'une femme en est une[181], donnant raison à l'association For Women Scotland qui soutenait depuis 2018 contre le gouvernement écossais, le fait que cette définition ne devait s'appliquer qu'aux personnes nées de sexe féminin[182]. J. K. Rowling, qui avait fait un don de 70 000 livres à l'association For Women Scotland l'année précédente, a salué la décision en déclarant : « Il a fallu trois femmes écossaises extraordinaires et tenaces, avec une armée derrière elles, pour que cette affaire soit entendue par la Cour suprême et, en gagnant, elles ont protégé les droits des femmes et des filles à travers le Royaume-Uni ». Cette décision a également été saluée par la cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch[183]. Pour Jonathon Van Maren du site Atlantico, Rowling a « eu le courage et la clairvoyance de s'opposer et de dénoncer un mouvement » qu'il qualifie de « totalitaire » et « violent », et a « mis à profit sa célébrité, sa richesse et son pouvoir culturel » pour soutenir les militants féministes[158]. Des défenseurs des droits des femmes et sympathisants de Rowling disent qu'elle a été « stratégique » et soulignent sa « ténacité » et sa « clairvoyance » dans cette contribution financière[184]. En revanche, de nombreuses associations écossaises de défense des droits LGBT+, comme Stonewall Scotland ou Equality Network (en) se sont émues de cette décision, Simon Blake (en) le président de l'association Stonewall Scotland a notamment fait part dans un communiqué de la « profonde inquiétude suscitée par les répercussions très larges de l'arrêt rendu par la Cour suprême. La décision est incroyablement inquiétante pour la communauté transgenre et tous ceux d'entre nous qui la soutiennent »[185].

Quelques jours plus tard, Rowling publie sur X une photo d'elle tenant un cocktail à la main et fumant un cigare à bord de son yacht, en reprenant le slogan de la sérié télévisée L'Agence tous risques : « J'adore quand un plan se déroule comme prévu »[184]. Cette manifestation est interprétée comme provocatrice à l’encontre de ses détracteurs : une attitude « typique » de Rowling selon le Guardian, qui « ne semble pas pouvoir être intimidée »[184].

En juin 2025, elle annonce la création d’un fonds privé, le J.K. Rowling Women’s Fund, destiné selon elle à financer les « batailles légales de femmes qui protègent leurs droits liés à leur sexe biologique »  un fonds qualifié de « transphobe » par une grande majorité de médias français, dont Télérama, Libération, Elle ou L'Humanité, dans la mesure où il s'agit de lutter contre les droits des personnes trans[186],[187],[188],[189],[190]. Michel Guerrin, rédacteur en chef au journal Le Monde, pense en juin 2025 qu'il existe « un monde entre la J. K. Rowling [dépréciée] décrite dans les médias […] et son image réelle dans l’opinion »[191].

Mandy Rhodes, rédactrice en chef du magazine Holyrood et militante pour les droits des femmes en Écosse, admet avoir d'abord été sceptique quant à l'implication de Rowling dans la prise en charge de centres pour femmes, avant de changer d'avis[12] : « En quelques jours, j'ai compris son engagement. […] Nombre d'entre nous qui avons su rester vigilants se sont alors retrouvés dans une situation où ils essayaient de sauver leur emploi ou de préserver leur santé mentale face aux critiques. [J. K. Rowling] était en position de force et elle en a profité. Cela a vraiment tout élevé »[12]. Pour Suzanne Moore, la réaction émotionnelle de Rowling est contrebalancée par sa conviction sur les questions fondamentales, notamment que les femmes et les filles comptent particulièrement pour elle, et que les enfants ne devraient pas être médicalisés : « Elle considère cela comme l'un des plus grands scandales médicaux de la dernière décennie »[12]. Elle affirme également que de nombreuses femmes partagent les préoccupations de Rowling, mais que « les exprimer vous met dans une position très solitaire. On vous insulte constamment »[12].

Communautés gay et lesbienne

J. K. Rowling a affirmé son soutien au mariage entre personnes de même sexe et aux droits des personnes LGBTQ[192]. En mai 2015, elle salue l'adoption du mariage entre personnes de même sexe par référendum en Irlande, estimant cette décision « extraordinaire et merveilleuse », et suggérant avec humour que Gandalf et son personnage Dumbledore (dont elle a révélé l'homosexualité en 2007) s'y marient[192],[193]. Elle a ajouté « Je pense que c’est important qu’un enfant apeuré qui n’a pas fait son coming out voie qu’un discours haineux peut être contesté »[192].

Communauté asexuelle

J. K. Rowling a déclaré que les personnes asexuelles ne vivraient aucune oppression, et déconsidéré celles qui affichent publiquement leur asexualité[194],[195]. En , elle ironise au sujet des personnes asexuelles dans un tweet, et déclare que la journée internationale de l'asexualité célèbre une « fausse oppression à tous ceux qui veulent que de parfaits inconnus sachent qu’ils n’ont pas envie de bais*r »[196] ; d'après Le Parisien, elle « s'en prend à la communauté asexuelle » par ces paroles[196]. Laura Westford, du site Medium, estime que Rowling est ignorante sur le sujet[197]. Selon Westford, dire qu'il s'agit d'une « fausse oppression » est « absurde », dans la mesure où des personnes asexuelles ont déjà témoigné entre 2018 et 2022 de violences sexuelles et de viols correctifs ayant pour but de « corriger » leur asexualité[197],[198]. Lorsqu'un internaute dit que « Tout possède sa propre Journée Internationale maintenant » et se demande quelle sera la prochaine, Rowling répond : « Je veux une Journée Internationale de "J'en ai marre de ce truc" » (« I want an International Bored Of This Shit day »)[199],[200].

D'après l'analyse des chercheuses Danielle L. et Deborah L. Hall, ces posts ont créé un stress minoritaire largement diffusé parmi les personnes asexuelles qui y ont été exposées, car il invalide les oppressions bien réelles que ces personnes ont vécu[195].

Liberté d'expression

En 2009, Rowling a écrit sur ce que signifiait pour elle être britannique : « Cela signifie un État-providence dont nous devrions être extrêmement fiers et une tradition de tolérance et de liberté d'expression que nous devrions défendre jusqu'à notre dernier souffle collectif »[201].

Suzanne Moore a dit à propos de Rowling : « En tant qu'écrivaine, elle défend passionnément la liberté d'expression. C'est quelque chose que ses détracteurs ne comprennent pas forcément dans les arguments qu'elle défend »[12].

Lettre sur la justice et le débat ouvert

En juillet 2020, Rowling a signé une lettre ouverte publiée dans le Harper's Magazine, intitulée « Lettre sur la justice et le débat ouvert (en) »[202], avec 150 autres personnalités publiques, principalement des écrivains et des universitaires. La lettre affirme notamment que « le libre échange d'informations et d'idées, moteur d'une société libérale, est de plus en plus restreint » ; critique « la vogue de l'humiliation publique et de l'ostracisme » et « une certitude morale aveuglante » ; met en garde contre la propagation de la peur dans les arts et les médias, et dénonce le président Donald Trump comme étant « une réelle menace pour la démocratie »[203],[204],[205],[206].

Les objections à la lettre comprenaient des accusations selon lesquelles Rowling et les autres signataires disposaient de moyens puissants pour publier leurs opinions, et qu'il était malhonnête de tenter de faire taire ceux qui pourraient critiquer leurs points de vue[207],[208],[209],[210]. Certains pensaient que Rowling, spécifiquement, essayait de supprimer les critiques concernant ses déclarations au sujet de la transidentité[207]. Après avoir appris qui avait également signé la lettre, Jennifer Finney Boylan (en) a exprimé des regrets pour son soutien et a déclaré qu'elle n'aurait pas signé si elle avait su qui étaient les autres signataires[206]. Plusieurs des signataires ont défendu leur lettre, la décrivant comme une prise de position contre ce qu'ils ont appelé les « forces de l'illibéralisme »[203].

Presse

J. K. Rowling entretient des relations difficiles avec la presse et a tenté d'influencer le type de couverture médiatique qu'elle reçoit[211]. Elle se décrit en 2003 comme « trop susceptible »[211].

En 2011, elle a intenté plus de 50 actions contre la presse[13]. Elle n'apprécie pas le tabloïd britannique Daily Mail[212], qu'elle a poursuivi avec succès en 2014 pour diffamation concernant sa période de mère célibataire[14].

La Leveson Inquiry sur la presse britannique a nommé Rowling comme « participante principale » en 2011. Elle était l'une des nombreuses célébrités soupsçonnées d'avoir été victimes d'écoutes téléphoniques[14]. L'année suivante, elle a critiqué la décision de David Cameron de ne pas mettre en œuvre toutes les recommandations de l'enquête publique et a soutenu la campagne Hacked Off, faisant pression pour une réforme plus stricte des médias[213],[214].

Troubles alimentaires

En 2006, Rowling a critiqué les mannequins émaciés, affirmant que « leur seule fonction au monde semble être de soutenir le commerce de sacs à main hors de prix et de chiens de la taille d'un rat ». Elle a condamné les canons de beauté sociétaux dans un « monde obsédé par la minceur » et les couvertures de magazines mettant en scène des personnes « gravement malades ou souffrant de troubles alimentaires »[215].

Rowling a été critiquée à la fois pour ses commentaires sur les personnes en sous-poids – espérant que ses filles ne deviendraient pas des « clones émaciés, égocentriques et écervelés » – et pour sa représentation des personnes en surpoids dans Harry Potter ; Rowling a rétorqué que les personnages de Harry Potter qui sont « plutôt ronds » incluent « plusieurs de mes personnages les plus importants, admirables et adorables »[216].

Avortement

En 2017, Rowling a exprimé son opposition à la politique de Mexico (en), qui bloquait le soutien du gouvernement américain aux organisations internationales fournissant des conseils en matière d'avortement, lorsque la politique a été rétablie par Donald Trump, et a déclaré qu'elle soutenait le droit à l'avortement, en particulier dans les pays sous-développés[217]. En 2022, elle a déclaré qu'elle pensait que toutes les femmes devraient avoir droit à « un avortement sûr et légal si elles souhaitent interrompre une grossesse »[218].

Écologie

Rowling a été récompensée en 2007 par l'Ordre canadien de la forêt après avoir exigé que ses livres soient imprimés sur des papiers « écologiques »[219].

En 2008, Rowling a bloqué la publication finlandaise de son dernier roman Harry Potter sur papier finlandais parce qu'il ne possédait pas la certification écologique qu'elle privilégie[220].

Autres

Notes et références

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