Orontès, ou ErvandIV (en arménienԵրվանդ Դ; mort vers ), est le dernier roi d'Arménie de la dynastie des Orontides.
OrontèsIV est le dynaste évoqué par Strabon qui précise que l'Arménie avait eu pour dernier satrape perse « Oronte, descendant d'Hydarnès », l'un des «Sept »[1], avant que, toujours selon Strabon, deux des généraux d'Antiochos le Grand, Artaxias et Zariadris, se la partagent vers [2].
Une inscription en grec découverte en 1927 à Armavir confirme l'existence de ce roi Orontès et de sa fin tragique, et mentionne son frère Mithras « grand-prêtre du temple du soleil et de la lune » à Armavir[3].
Cyrille Toumanoff estime que Moïse de Khorène se fait l'écho déformé dans son Histoire d'Arménie du règne d'OrontèsIV et de son frère. Selon l'historien, ils correspondent au roi « Ervand » et à son frère « Ervaz » dont l'histoire est longuement rapportée par Moïse de Khorène[4], qui situe cependant ces personnages après le règne d'un roi « Sanatruk »[5], meurtrier des enfants d'un roi « Abgar »[6] dont il fait abusivement un roi d'Arménie[7].
L'historien relève comme similitudes que le roi Ervand de Moïse de Khorène est réputé avoir transféré sa capital d'Armavir à Ervandachat alors que le transfert de la capitale orontide d'Armavir à Ervandachat a été confirmé par des découvertes archéologiques[8], et qu'il est vaincu et tué par un prétendant nommé « Artachès » qui correspond en fait à l'Artaxias historique. De plus, son frère Ervaz est promu grand-prêtre d'une ville nommée Bagaran dédiée aux idoles païennes Aramazd, Anahit et Vahagn.
En conclusion, Cyrille Toumanoff attribue trois ou quatre fils au roi Arsamès d'Arménie: Xerxès, qui lui succède le premier, ensuite peut-être Abdissarès, seul ou seulement sur la Sophène, et enfin OrontèsIV et son frère le grand-prêtre Mithras, qui sont éliminés par l'artaxiadeArtaxiasIer, qui leur est peut-être apparenté[9].
Moïse de Khorène (trad.Annie et Jean-Pierre Mahé), Histoire de l'Arménie, Paris, Gallimard, coll.«L'aube des peuples», (ISBN978-2-07-072904-3).
Jean-Pierre Mahé, « Le site arménien d'Armawir: d'Ourartou à l'époque hellénistique », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 140eannée, no4, 1996, p.1279-1314.
(en) Cyrille Toumanoff, Studies in Christian Caucasian History, Georgetown, Georgetown University Press, , III, p.277-305.