Osenbach

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Géologie

Village d'Osenbach depuis les hauteurs.

Osenbach est un village de montagne qui fait partie du canton de Rouffach et de l'arrondissement de Thann-Guebwiller. Osenbach se trouve dans une contrée pittoresque qui s'élève entre 380 et 500 mètres d'altitude, où existaient autrefois des carrières de grès rouges. Les environs sont aussi remarquables du point de vue minéralogique.

Le village est situé au fond de la vallée de Soultzmatt sur le versant Nord-Sud de la dépression de Wintzfelden, au point de jonction de la CD 18b et CD 40 menant de Soultzmatt à Soultzbach-les-Bains et à 25 km de Colmar par la RN 83. Les habitants sont appelés les Osenbachois.

Le village est à proximité de belles forêts de sapins qui peuvent être le point de départ de multiples randonnées pédestres et équestres facilitées des « cavaliers de la vallée noble » présidée par Corinne Zirnheld et grâce aux multiples sentiers balisés par le Club vosgien. Depuis Osenbach on découvre du regard le Grand Ballon et le Petit Ballon. Osenbach marque la limite supérieure (altitude : 478 m) de la culture de la vigne en Alsace.

C'est une des 188 communes[1] du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Communes limitrophes d’Osenbach
Soultzmatt Pfaffenheim
Osenbach Westhalten
Rouffach Soultzmatt

Osenbach est situé sur une zone de transition calcaire, grès granite, avec dépôts marno-calcaire propices à l'agriculture.

Hydrographie

La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau[2],[Carte 1].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique d'Osenbach[Note 1].

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : les étangs Habermacher (0,2 ha)[Carte 1],[3].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[5]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[6] et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C)[7]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[8],[9].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 011 mm, avec 10,4 jours de précipitations en janvier et 10,3 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rouffach à 7 km à vol d'oiseau[10], est de 11,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 621,8 mm[11],[12]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,3 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −17,5 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Osenbach est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle est située hors unité urbaine[14] et hors attraction des villes[15],[16].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (53,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (54,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (53,8 %), zones agricoles hétérogènes (31,1 %), zones urbanisées (10,2 %), prairies (4,9 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Lieux et écarts

Onbach ou Ohmbach était autrefois un village près d'Osenbach qui a aujourd'hui complètement disparu. Une famille noble portait ce nom d'où le nom de cet ancien village. Un document de 1291 mentionne cette famille, « Jacobus de Onbach miles », au sujet d'une vente de bois cédé à l'abbaye de Lucelle par le couvent de la Porte des Anges de Guebwiller. Ce chevalier vendit une maison située à Rouffach aux sœurs Anne et Adeliade Kegennin en 1301. On retrouvera ce nom dans un autre acte de vente de terrain à Rouffach en 1307. Cette famille avait comme blason au premier à deux bars l'un posé en bande et l'autre en barre, au second guilloché.

  • Barenthal ;
  • Heissenrain ;
  • Kalchoffen ;
  • Ristel ;
  • Scheidelrain ;
  • Schlossrain.

Toponymie

Le nom provient du cours d'eau qui prend sa source au village, l'Ochsenbach, qui veut dire le ruisseau des bœufs.

Le nom a peut-être aussi pour origine le nom d'une ancienne famille noble que le liber vitae de l'église de Rouffach cite nommément, Johannes de Ochsenbach qui avait adopté le nom du lieu et qui pour emblème avait un dessin représentant une tête de bœuf qui deviendra par la suite le blason du village, puis modifié par un pic de mineur.

De plus, Charlemagne aurait donné le nom à Osenbach en chassant, selon la légende du village, le nom du village signifierait « rivière des bœufs ».

  • Ohsenbach, 1255 ;
  • Ochsenbach, 1302 ;
  • Oschenbach, 1489 ;
  • Ossenbach, 1561 ;
  • Osenbach en 1873.

Histoire

L'émergence du village

Vue sur Osenbach depuis le hameau de Wintzfelden.

Osenbach fait d'abord partie du Haut-Mundat de Rouffach donné par le roi Dagobert à saint Arbogast qui vécut d'abord en ermite dans la région de Haguenau avant d'être nommé évêque de Strasbourg au VIIe siècle. Une légende rapporte que Charlemagne aurait chassé l'aurochs dans les forêts d'Osenbach. Associé à Wintzfelden, Soultzmatt et Westhalten, la région forme le Talgemeinde ou communauté de vallée. Cette vallée est alors régie en système féodal, gérée par un prévôt, appuyés par un greffier, un bourgmestre et autres conseillers. Osenbach fait donc partie de la Vallée Noble au même titre que Soultzmatt Wintzfelden et Westalthen.

Les ravages du Moyen Âge

Clocher en bâtière de l'église Saint-Étienne (XIIe siècle).
Albert Ier du Saint-Empire.

Tout comme les autres villages des environs, Osenbach est incendié en 1298 par les troupes de Thiébaut de Ferrette qui guerroie pour le compte d'Adolphe de Nassau contre l'évêque de Strasbourg qui a pris parti pour Albert Ier. Au cours des guerres du Moyen Âge la localité est dévastée à plusieurs reprises, d'abord en 1375 par les Routiers, puis par les Armagnacs en 1444 à la solde du roi de France. Pendant la guerre des paysans, en 1525, ses habitants saccagent le couvent augustin de Schwartzenthann qui se trouve à Wintzfelden.

Les Suédois écument la région en 1640 et s'en prennent aux populations qu'ils rançonnent et tuent. La cloche de l'église est enlevée par les Suédois.

En janvier 1675 ce sont les troupes du maréchal de Turenne (1611-1675) en guerre contre les impériaux qui ravagent le village.

Un fief tenu par Antoine de Ferrette

En 1442, l'évêque Conrad de Busnang transmet à Antoine de Ferrette les fiefs tenus auparavant par Werner Burggraf parmi lesquels figurait un cens de 15 setiers d'avoine provenant des biens situés sur le ban d'Osenbach.

Réputé pour ses mines

Les mines furent déjà exploitées dès le XVe siècle. En 1498, une concession est accordée par l'évêque de Strasbourg, propriétaire de la vallée Noble, à deux mineurs, Martin Gutkesen et Adam Blencher pour exploiter le filon d'Osenbach. Plus tard, vers 1501, une société minière fut fondée, mais ses travaux cessèrent au bout de quatre années. C'est alors un certain Antoine Ysenschmitt de Schaffhouse qui prit l'affaire en main. Mais de fréquentes discordes entravèrent la bonne marche de l'exploitation. En 1516 une nouvelle société était à l'œuvre, mais la discorde entrava la bonne matche de l'entreprise qui fut dissoute. Entre 1590 et 1602 on fit faire des sondages en vue de trouver d'autres filons, sans succès. Entre les XVIe et XVIIIe siècles les environs d'Osenbach recèlent également des mines d'argent et de cuivre au lieu-dit de Gulden-Asel. Cette mine donnait beaucoup de minerai de pilon très riche, rendant brut 6 à 10 % de cuivre et 4 loths d'argent au quintal. Le filon était de quartz noir très dur parsemé de mine bleue. Le filon d'Osenbach était exploité au XVIIIe siècle par M. de Genssane[18] Au XVIIIe l'exploitation est louée à un particulier de Besançon. Les puits portaient des noms divers: unser lieben frau Fundgrube, St. Annagrube, Golderer Esel, Silberrain, Hanz Zabern, St. johannes, Osbergasse.

On y trouve aussi des carrières de grès rouge. Il existe également des sites minéralogiques remarquables : spath fluor, etc. Les filons de minerai étaient situés au pied de la montagne appelée Heidenberg, qui se trouve à droite du ruisseau, un peu avant de prendre le chemin d'Osenbach. L'exploitation de ces mines a apporté des revenus très confortables à la commune pendant de longues années. L'exploitation des mines entre 1498 à 1850 était louée à diverses sociétés qui reversaient une partie de leur bénéfice à l'évêque de Strasbourg jusqu'à la Révolution. La dernière mine fermera définitivement en 1850.

Une autonomie administrative

Osenbach qui dépendait de Soultzmatt acquiert dès 1771 son autonomie administrative. Il faudra cependant attendre jusqu'en 1793 pour que la commune soit effectivement séparée de Soultzmatt. Le nouveau maire, Mathias Mura sera chargé d'administrer la nouvelle commune. En 1816 a lieu le partage des biens entre Osenbach et Soultzmatt. Osenbach obtient 291 hectares de terrains communaux et une école fortement délabrée nécessitant d'importantes réparations[19].

Première Guerre mondiale

28 jeunes furent victimes de la guerre 1914-1918.

Seconde Guerre mondiale

15 personnes d'Osenbach sont tuées au cours de la guerre. Trois habitants furent déportés politiques sous le régime nazi.

Politique et administration

Découpage territorial

La commune d'Osenbach est membre de la communauté de communes du Pays de Rouffach, Vignobles et Châteaux[20], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Rouffach. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[21].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Thann-Guebwiller, à la circonscription administrative de l'État du Haut-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[20].

Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Wintzenheim pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Haut-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[22].

Budget et fiscalité 2014

En 2014, le budget de la commune était constitué ainsi[23] :

  • total des produits de fonctionnement : 581 000 , soit 636  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 470 000 , soit 515  par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 1 265 000 , soit 1 386  par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 904 000 , soit 990  par habitant ;
  • endettement : 1 214 000 , soit 1 330  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 19,52 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 12,43 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 54,42 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 50,60 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 22,14 %.

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1981 ? Antoine Hurth    
1995 2014 Léon Burcklen   Maire
mars 2014 en cours
(au 23 mai 2020)
Christian Michaud[24]
Réélu pour le mandat 2020-2026
LR Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Équipements et services publics

Culture

L’observatoire, inauguré le , est géré par la Société Astronomique du Haut-Rhin[25].

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[27].

En 2023, la commune comptait 810 habitants[Note 3], en évolution de −8,99 % par rapport à 2017 (Haut-Rhin : +0,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
645448542596662708725804737
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
671676643645616681657655623
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
598592591579577524512553534
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
512542557702811831883884885
2015 2020 2023 - - - - - -
889842810------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sports et loisirs

En matière d'équipements culturels et sportif, la commune dispose d'une salle des fêtes, de deux terrains de football ainsi que d'un court de tennis.

Vie associative

La vie culturelle est animée par la Maison des Jeunes et de la Culture, la société de musique « Fraternelle » et la chorale.

Économie

Osenbach est un village de montagne, n'a jamais développé de vocation industrielle. L'agriculture et la sylviculture connaissent un lent déclin, et la commune mise désormais sur le tourisme vert. La population loin de régresser augmente depuis quelques années grâce à l'arrivée de populations venant de zones urbaines qui construisent des maisons individuelles. Les habitants travaillent soit à Colmar, Rouffach ou Mulhouse où de belles routes permettent d'atteindre les grandes métropoles sans trop de difficultés.

Culture locale et patrimoine

Annexes

Notes et références

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