Petit Ballon
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| Petit Ballon | |
Vue du Petit Ballon depuis le Hohneck. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Altitude | 1 272 m[1] |
| Massif | Vosges |
| Coordonnées | 47° 58′ 50″ nord, 7° 07′ 34″ est[1] |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Géologie | |
| Roches | schiste, grauwacke, granite |
| modifier |
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Le Petit Ballon (Kahler Wasen ou Kleiner Belchen en allemand) est un sommet secondaire du massif des Vosges situé dans le département du Haut-Rhin (Grand Est). Il culmine à 1 272 mètres d'altitude. Son sommet donne un point de vue panoramique, marqué par une statue de la Vierge et une antenne-relais radio. La route ne permet pas d'accéder directement au sommet mais seulement au col à 1 165 m d'altitude.
Le toponyme « Ballon » a été attribué à la forme ronde du sommet traduite en allemand par « kopf ». Cependant, d'après les spécialistes, Ballon dériverait d'une ancienne racine celtique ou préceltique, « ball » signifiant « forêt »[2].
Géographie
Géologie
Au sud-ouest du sommet du Petit Ballon, un chaos rocheux formé par l'érosion est présent sur le Steinberg. De plus, la gélifraction et la gélifluxion ont entraîné la production d'une zone d'éboulis au Steinmauer[3],[4].
Les types de roches rencontrés sont le schiste[4], le grauwacke au sud de la montagne et le granite au nord d'une ligne entre la ferme de Rothenbrunnen et le col de Boenslesgrab, en passant par le sommet du Petit Ballon[3].
Climat
Bien que la météo soit souvent rude dans le massif des Vosges, le Petit Ballon bénéficie d'un climat plus doux et plus ensoleillé que la grande crête vosgienne (Grand Ballon, Markstein, Hohneck…). Il en résulte du fait que cette grande crête agit comme un abri contre les perturbations atlantiques[3]. De ce fait, il serait aussi le sommet vosgien le moins pluvieux[4].
Faune et flore
Faune
Concernant les oiseaux, la Pie-grièche écorcheur est présente sur la commune de Linthal[5] et vers le Steinberg, quelques couples de Traquet motteux ont pu être répertoriés[5]. Sont également présents la Gélinotte des bois, le Grand tétras, la Chouette de Tengmalm, le Pic cendré et le Pic noir mais dans des effectifs très restreints, un seul couple ayant généralement pu être observé pour chacun d'eux[5].
Le Petit Ballon compte dix espèces de chauves-souris[5]. La plus représentée est le Grand Murin[6] et on atteste une dizaine d'individus du Vespertilion à oreilles échancrées et du Vespertilion de Bechstein[5].
Un seul couple de Lynx boréal a pu être inventorié de 2002 à 2006, ce qui ne garantit pas la pérennité de cette espèce protégée sur le Petit Ballon. Cette montagne compte d'autres mammifères bien plus communs : sangliers, renards, cerfs, chevreuils, lièvres, écureuils[6], blaireaux européens[7].
On peut rencontrer également nombre de reptiles : des serpents telles la Couleuvre à collier et la Coronelle lisse, ainsi que divers types de lézards comme l'Orvet commun, le Lézard agile, le Lézard vivipare et le Lézard des murailles[8].
Qui plus est, quatre types de batraciens ont pu être observés : le Crapaud commun, la Grenouille rousse, la Grenouille agile et enfin la Salamandre tachetée[9].
Flore
Le Petit Ballon compte plus de 750 hectares de hautes-chaumes soit 20 % du total des Hautes-Vosges[10]. Les hautes-chaumes du Petit Ballon sont en grande partie faites de landes et pelouses à fétuque rouge et à genêt ailé[11]. On recense aussi une centaine d'hectares de landes à genévriers et une présence partielle de landes sèches à callune vers le Bockwasen et le Hilsenfirst[11]. Un cirque glaciaire notable se trouve vers le Strohberg[11].
Les forêts du Petit Ballon comprennent 200 ha de résineux et on estime qu'il y a moins de 5 ha d'érables[12].
Une espèce de fougère, l'Allosore crépu est présente au Petit Ballon[5]. Du Hilsenfirst au Petit Ballon, certaines landes comportent des espèces de fleurs comme le Lis martagon ou la Gentiane jaune[13].
Des espèces de fleurs et plantes protégées sont mentionnées au Petit Ballon, d'abord l'Œillet superbe et le Lycopode des Alpes qui font l'objet d'une protection nationale, puis la Carline acaule, l'Orchis de Fuchs, et la Pulsatille d'Autriche qui font partie d'un plan de protection régional[5]. L'Arnica des montagnes, protégée au niveau européen, colonise certains espaces[13], bien qu'elle soit plus abondante au Markstein.
Une ancienne étude de 1976 répertoriait des espèces comme la Botryche à feuilles de Matricaire, la Gagée jaune, le Lycopode sélagine, l'Épilobe de Durieu et le Botryche lunaire mais toutes celles-ci semblent avoir disparu depuis dans le massif[5].
Histoire
Première Guerre mondiale
Durant la Première Guerre mondiale, la crête entre le Hilsenfirst et le Petit Ballon fut âprement disputée entre les armées françaises et allemandes. Le Hilsenfirst fut le plus haut champ de bataille de cette guerre. C'est de à que les principaux combats ont eu lieu.
Des tranchées[14], un blockhaus allemand au Petit Ballon[15], des galeries souterraines, abris, lignes de téléphériques allemandes destinées au ravitaillement, traces d'éclats d'obus, etc. sont les vestiges de ces lignes de défense. Les Allemands disposaient notamment d'une ligne de téléphérique entre la ferme-auberge de Buchwald et le Strohberg[16].
Le , les Allemands, agacés par des patrouilles françaises de plus en plus fréquemment en reconnaissance entre le Breitfirst et le Petit Ballon, décident de passer à l'offensive. Commandés par le lieutenant-colonel Alfred Steinitzer[15], ils passent à l'attaque dans le fond de la vallée de la Fecht et sur la crête entre le Petit Ballon et le Hilsenfirst et s'en rendent maitres dès le lendemain, face à la faible résistance du 3e bataillon de territoriaux de chasseurs alpins (3e BTCA)[15].
Le , à la suite de plusieurs tentatives infructueuses du 7e bataillon de chasseurs alpins (7e BCA), le 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA) et le 53e bataillon de chasseurs alpins (53e BCA) parviennent à reconquérir le sommet du Hilsenfirst. Les Allemands ont jusqu'à la fin du mois de tenté de le reprendre sans succès. Par la suite, à l'automne 1916, les combats se sont réduits à des « coups de main » destinés à faire des prisonniers et obtenir des renseignements ou détruire un poste d'artillerie ennemi.
Protection environnementale
Les pentes du Petit Ballon sont situées sur plusieurs communes : Sondernach, Breitenbach-Haut-Rhin, Luttenbach-près-Munster, Eschbach-au-Val, Wasserbourg, Rouffach, Osenbach, Soultzmatt, Lautenbach, Linthal. En septembre 2016, seules Sondernach et Rouffach n'étaient pas adhérentes à la charte du parc naturel régional des Ballons des Vosges créé en juin 1989.
Bien que le Petit Ballon fasse partie du réseau Natura 2000, les seuls arrêtés préfectoraux de protection de biotope proches, celui du Langenfeldfkopf (1985) et celui du Klintzkopf (1993) sont situés sur le secteur Natura 2000 du Markstein[17] au sud-ouest.
Activités économiques et professionnelles
Pastoralisme
L'élevage s'appuie sur des vaches de race Vosgienne dont la production laitière sert à fabriquer le munster. Cependant on remarque aussi la présence de troupeaux de charolaises et d'aubrac[18]. La transhumance est fêtée deux fois par an.
Fermes-auberges
On rencontre sur les routes et chemins du Petit Ballon plusieurs fermes-auberges typiques du massif des Vosges : au col de Boenlesgrab[18](865 m), celle du Strohberg[18]à l'est, celle du Ried, plus proches du sommet celles du Kahlen Wasen et du Rothenbrunnen. Celle du Strohberg, à environ 1 085 m d'altitude, remonte au XVIIe siècle[19].
Les fermiers-aubergistes ont succédé aux marcaires, éleveurs qui autrefois montaient leurs troupeaux dans les estives et ont construit ces fermes. Ces auberges traditionnelles accueillent aujourd'hui les touristes et entretiennent les spécialités gastronomiques des Vosges (tourtes de la vallée, munster, bargkass, tomme des Vosges, tarte aux myrtilles, etc.).
- Ferme-auberge du Kahlenwasen (1 073 m).
- Ferme-auberge du Rothenbrunnen (1 135 m).