Oublie
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Une oublie est une pâtisserie[1] qui date du Moyen Âge.
Mince et de forme ronde, elle est préparée à partir de farine et d'eau, de lait ou de vin blanc[2], d'œuf, de sucre ou parfois de miel. Elle est cuite entre deux fers par l'« oublieur », comme une gaufre, puis souvent roulée en cylindre creux. A Paris, dans les années 1900, les vendeurs ambulants proposaient, en criant « marchand d'oublies », les oublies parisiennes.
Altération de l'ancien français oblaye, obleie, oblee (au XIIe siècle), « oublie » vient du bas latin ecclésiastique oblata (hostia) « offrande, pain offert à l'eucharistie », féminin substantivé de oblatus « offert », spécialement « offert à dieu, sacrifié », (voir opłatek, oblat), lui-même employé comme participe passé de offere (de ob ferre « porter devant »)[3] ».
Selon d'autres lexicographes[4], le terme oublie pourrait remonter au mot grec obélias (qui a donné le terme obélie utilisé par Rabelais[5]), désignant un pain, de forme allongée et étroite, cuit à la broche[6] ou entre deux fers et vendu une obole[4] pour être servi à la fin du repas et trempé dans du vin[7].
Le premier sens du mot fut celui de pain azyme utilisé pour la consécration de la messe. Au second sens, c'est la pâtisserie, d'abord préparée comme l'hostie, dont il est question dans cet article.
Origine

Pâtisserie très fine et à l'origine hostie non consacrée[8], cuite comme elle et comme la gaufre entre les deux plaques d'un fer, l'oublie date du Moyen Âge.
Encore en forme de pain allongé, elle fut d'abord servie, certains jours de jeûne et aux fêtes solennelles, aux chanoines, clercs et moines. Elle constituait un cadeau des curés aux évêques, comme des évêques et du pape aux souverains[8].
Les seigneurs en exigèrent ensuite de leurs vassaux jusqu'à ce que l'oubliage, cette redevance féodale, soit remplacé par le dépôt de gâteaux ou de pain plus raffiné (dit oubliau), puis par de l'argent.
L'oublie est vite devenue une pâtisserie populaire, vendue par les oublieurs près des églises, lors des fêtes, et dans les rues à la nuit tombée.
Typologie
On distingue :
- la grande oublie, vendue plate ou enroulée en forme de cylindre ;
- l'oublie renforcée ou de supplication, c'est-à-dire la gaufre ;
- la petite oublie roulée en cornes[5], dite d'abord « étrier » (esteret) puis « petit métier[9] » ;
- le plaisir, oublie roulée renommée ainsi sous Louis XVI pour des raisons politiques, à l'époque de son mariage avec Marie-Antoinette[N 1].
L'apparence de l'oublie dépend du fer dans lequel elle a été cuite et qui a imprimé un relief à la pâte. Les fers anciens étant fabriqués par des artisans et non en série comme les gaufriers modernes, la diversité des motifs est immense.
