Palais impérial de Perrache
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Le Palais impérial de Perrache (parfois dénommé palais impérial de Lyon ou simplement palais impérial dans les documents d’époque) est un projet architectural et urbanistique napoléonien jamais réalisé, destiné à doter Lyon d’une résidence impériale.
Initié en 1804 dans le cadre du sénatus-consulte prévoyant quatre palais impériaux en province, il fut étudié activement entre 1806 et 1811, avant d’être abandonné en 1814. L’idée fut brièvement reprise en 1853 sous Napoléon III, sans suite.
Le site retenu se trouvait sur la presqu’île Perrache, à l’emplacement exact de l’actuelle place Carnot et du cours de Verdun (2e arrondissement de Lyon en 2025), le jardin impérial s’étendant vers le sud jusqu’aux actuels cours Bayard, cours Charlemagne, quai Rambaud et une partie du quartier Confluence.
Le sénatus-consulte du 28 floréal an XII (18 mai 1804) prévoit quatre palais impériaux « aux quatre points principaux de l’Empire ». Lyon, deuxième ville française, se porte immédiatement candidate. Le 23 mars 1806, une délégation menée par le préfet et le maire obtient l’accord de Napoléon. Napoléon qui envisagea de faire de la capitale des Gaules celle de l'Empire français[1], aime Lyon et les Lyonnais[2],[3],[Note 1].
Sites étudiés

En avril 1806, Pierre-François-Léonard Fontaine, architecte impérial, est envoyé sur place. Il propose alors deux sites : Perrache (quartier alors en aménagement) et la colline de Sainte-Foy.
Napoléon retient Perrache pour son coût modéré. Puis entre 1807 et 1810, le site de la gare d’eau (bassin portuaire au confluent) s’impose.
La Compagnie des travaux du Midi cède les terrains à la Ville le 7 août 1806, qui les offre à l’Empereur. En 1811, le programme définitif prévoit un palais sur la gare d’eau comblée, avec un jardin impérial couvrant toute la partie sud de la presqu’île jusqu’au pont de La Mulatière (limite actuelle entre les quartiers Perrache, Sainte-Blandine et Confluence).
Projet alternatif (1807)

En 1807, Antoine-Marie Curten aîné (1766-1831) travaille sur un projet alternatif non commandé mais publié par l’architecte lyonnais, conservé aux Archives municipales de Lyon (cote 3S/227). Il ne s’agit pas seulement d’un jardin : Curten présente un véritable programme architectural et paysager complet. Le plan général (échelle 1/2600e) transforme toute la presqu’île Perrache en un immense jardin à l’anglaise traversé par des allées rayonnantes, des pièces d’eau, des bosquets et des fabriques.
Au centre géométrique du dispositif, sur l’emplacement actuel de la place Carnot, se dresse un palais de plan ovale ou circulaire entouré d’un péristyle colossal à colonnes corinthiennes, surmonté d’un dôme ou d’une coupole.
À l’extrémité sud du parc (à peu près à l’emplacement actuel du Marché Gare ou du quartier Confluence), Curten place un tombeau monumental (probablement destiné à Napoléon), de forme pyramidale ou circulaire, également couronné d’un dôme. Le projet comporte un palais avec élévations précises, un programme défini (résidence impériale et mausolée), et une vision urbaine totale de la presqu’île sud comme domaine impérial.
Ce plan, très ambitieux et romantique, n’est pas retenu par l’Empereur qui préfère la sobriété néoclassique de Fontaine.
Projet définitif (1810)

Beaucoup plus monumental que les esquisses de 1806, le projet de Fontaine en 1810 prévoit un pavillon central carré à deux niveaux (deux appartements impériaux et six autres logements), des ailes et communs à trois niveaux, quatre péristyles ioniques, balustrades, terrasses, attique sculpté. Le style sobre et rigoureux est typique de Percier et Fontaine (proche des châteaux de Rambouillet ou de Saint-Cloud). La façade principale est d’environ 120 mètres, avec surface bâtie du palais d'environ 18 000 à 20 000 m².
Le jardin impérial prévoit un jardin à la française puis à l'anglaise s’étendant sur plus de 100 hectares. En 1811, est établi un programme ministériel définitif confirmant le site de la gare d’eau.
Nous avons une description de ce projet de palais impérial fourni par l'intendant Pierre Daru[4]. Le plan de Fontaine prévoyait la voie actuellement nommée rue Victor-Hugo, qui sera réalisée entre 1817 et 1841[5].
Emplacement

Pour le projet Fontaine 1810-1811 comme pour le projet Curten de 1807, le corps principal du palais devait occuper l’emplacement actuel de la place Carnot et de la partie nord du cours de Verdun, entre la rue Victor-Hugo (nord), la rue d’Enghien (est), la rue Auguste-Comte (ouest) et la place Ampère/Carnot au sud.
Le jardin impérial aurait couvert tout le secteur compris entre la place Bellecour au nord et le pont de la Mulatière etla rue de Condé au sud, soit les actuels cours Bayard, Verdun, Charlemagne, quai Rambaud, le centre d’échange de Perrache, une partie de la gare de Perrache, le marché gare et le nord du quartier Confluence.
Abandon
Les travaux de comblement de la gare d’eau commencent en 1810, mais les crédits sont détournés vers les campagnes militaires. Le projet est définitivement abandonné en 1814.
Le projet de Napoléon III
En 1853, Napoléon III fait étudier une reprise sur le cours de Verdun (emplacement actuel du Palais de Justice ou de l’Hôtel-Dieu sud), mais Claude-Marius Vaïsse préfère les percements haussmanniens (rue Impériale/rue de la République, rue de l’Impératrice/rue Édouard-Herriot) et le palais de la Bourse.
Le projet a néanmoins accéléré le comblement définitif de la gare d’eau et l’urbanisation de La Confluence et Perrache. Il reste l’un des plus grands projets « non construits » de l’histoire urbaine française.