Palio di Asti

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Le Palio di Asti est une fête traditionnelle italienne de source médiévale issue des célébrations patronales de saint Second d'Asti qui a lieu annuellement à Asti le troisième dimanche du mois de septembre sur la Piazza Alfieri (place Alfieri) et qui culmine par une course de chevaux montés « à cru » c'est-à-dire sans selle.

« Monsieur le capitaine, je vous donne autorisation de courir la Palio dans l’année du Seigneur... Allez y et que S . Second vous aide ! »

 Texte issu du rituel de la Course du Palio

Cette fête se déroule sans interruption depuis le XIIe siècle[1]. Les premières informations concernant cette course, citée par le chroniqueur Guglielmo Ventura remontent au troisième quart du XIIIe siècle.

« ost haec Astenses venerunt Albam ad Sanctum Frontanianum, et eorum vineas et arbores vastaverunt, et prope eorum portas palius Astensis cursus fuit, sicut fieri solet Ast in festo beati Secundi, et hoc fuit in festo beati Laurencii. Anno Domini MCCLXXV. »

 Guglielmo Ventura Mémorial (Chapitre X)

Les seules interruptions constatées se sont produites au XIXe siècle (pendant 70 ans) et au XXe siècle (pendant 30 ans). Le Palio, dont le parcours pendant une période était en ligne droite (alla lunga) à travers le Corso Alfieri se courait au mois de mai pendant les fêtes patronales. Depuis 1967 le Palio se dispute sur un circuit (al giro),le troisième dimanche de septembre. Depuis 1988 la course se tient sur la place centrale (Piazza Alfieri de Asti).

La course du Palio, partie d’incision tirée d’un sonnet du XVIIIe siècle. Représente l’ancien parcours du Palio alla lunga. On voit (sur le fond) l’ancienne église S. Lazare et le piquet dit le Pilone ( point de départ de la course), S. Second patron d'Asti à celui à qui la course est dédiée. Au premier plan, les deux pages qui vont rentrer dans la ville par la porte S. Pierre

Le terme Palio provenant du latin pallium. Cette pièce d’étoffe rectangulaire portée comme pardessus (au-dessus de la tunique romaine) désignait au début la pièce d’étoffe précieuse qui était déposée au point d’arrivée et qui était remise au vainqueur de l’épreuve. Par la suite, sa signification fut étendue à la fête en général et le Palio finit par désigner l’ensemble des rituels et des coutumes étroitement rattachés à la course.

L’histoire

Les origines

Les artisans ont toujours lutté avec abnégation afin de maintenir le privilège de faire courir le Palio le jour de leur fête patronale dédiée au martyr S. Second D’Asti. En effet, la course est citée dans les traités, alliances, et dans tous les chapitres de conventions avec les divers régents, patrons ou tyrans. Les premières traces concernant cette course remontent à l’année 1275: Le chronologiste Guglielmo Ventura écrit que les artisans, sicut fieri solet Ast, in festo Beati Secundi (comme c’est l’habitude à Asti pendant la fête de S. Second), coururent le Palio par moquerie sous les murs de la ville ennemie d’Alba en dévastant les vignes environnantes. Donc déjà en l’an 1275 la Course du Palio était définie comme habituelle. Il est probable que son origine se situe aux alentours de l’année 1000, avec des règles établies déjà au XIIIe siècle (période coïncidant avec l’apogée de la commune d’Asti). En cette période et ceci jusqu’au milieu du XIVe siècle, la course se déroula alla tonda, empruntant un circuit circulaire correspondant actuellement à la zone des places Alfieri et Liberta. Cette zone était déjà appelée à l'époque lombardo carolingienne: curriculum. Gian Galeazzo Visconti, devenu seigneur d’Asti en 1382, fit construire une nouvelle citadelle fortifiée sur le lieu même du curriculum afin de renforcer les défenses de la ville. Ceci nécessita le déplacement de la course qui ne put plus se dérouler sur le circuit alla tonda, mais sur un parcours linéaire alla lunga de 2,5 km de long environ le long de l’artère principale de la ville (l’actuel boulevard Alfieri). Visconti décréta que la course se tiendrait (festa Sancti Secundi iuxta consuetudinem, omni contradictione remota) (le jour de la fête de S. Second comme d’habitude et récuse toute objection). Dans les documents conservés dans les archives de la commune de Asti, dans les factures inhérentes à la course figurent toujours deux trophées du Palio, un offert au gagnant et le second à L’église de S. Second. Ce détail confirme donc la nature mystique de cette course. En 1439 Charles d’Orléans, visitant la région d’Asti héritée par sa mère Valentine Visconti, offrit un palio de velours cramoisi, orné de trois lis d’or sur fond azur.

Les Savoie

Quand Emmanuel-Philibert de Savoie assuma la régence de la ville (), il confirma et codifia les anciennes traditions de la fête patronale et engagea la famille de Savoie à fournir les palio: un de 12 rasi pour la course et un de 9 rasi à offrir au saint patron. (Le raso est une mesure ancienne piémontaise qui équivaut à 60 cm environ). Au cours du XVIIIe siècle, le palio est accouplé à un fanion en toile couleur azur, orné par les emblèmes de la maison de Savoie, de la commune, du gouverneur et du Podestà. L’image de S. Second à cheval apparut sur le fanion du Palio dédié à l’église et aussi sur celui de la course sur la fin du XIXe siècle . À son début la course se déroulait annuellement le 30 mars à l’occasion de la fête de S. Second. À partir du XVe siècle, elle fut déplacée en même temps que la célébration du saint, au premier jeudi suivant le dimanche après Pâques. Au cours des premières années du XIXe siècle, la course se déroula le deuxième dimanche après Pâques En 1818, la célébration de S. Second fut à nouveau déplacée au premier mardi du mois de mai et de fait la course aussi. En 1861, un nouveau règlement fut établi. Ce règlement pour la course de chevaux in giro sur la nouvelle place du marché (Piazza campo del Palio) changea radicalement la tradition de la course qui jusque-là était in lungo c'est-à-dire en parcourant un chemin rectiligne qui démarrait de Viale Pilone, passait par Porta San Piero,et en traversant le pont sur Rio Valmanera, continuait vers le boulevard Alfieri jusqu’au palais Gabuti de Bestagno (actuellement Palazzo Ottolenghi). En 1863, la course devint une banale course de chevaux et perdit sa traditionnelle signification religieuse.

La période fasciste

La fête est remise à l’ordre du jour en 1929 par le Podestà d’Asti de l’époque, Vincenzo Buronzo. Cette année-là le Palio se déroula à la lunga sur l’avenue Dante empruntant un parcours en montée mesurant 1 300 m environ. Le Palio se déroula jusqu’en 1935 et s'arrêta car le succès de la manifestation avait fini par irriter la municipalité de Sienne où se déroulait déjà le célèbre Palio et en 1936, Benito Mussolini donna l’ordre aussi bien à la ville d’Asti que Legnano (Palio de Legnano), de remplacer le terme Palio par Concours chevaleresque. La course fut ainsi d’abord reportée à l’année suivante et ensuite suspendue sine die . Les sept éditions qui se sont déroulées pendant les 20 ans du régime fasciste permirent néanmoins de raviver le souvenir de la manifestation et évitèrent la perte définitive de la tradition et de sa signification.

La reprise

En 1967, le Palio renaît à l’occasion du 1000e anniversaire de la Fondation du Marquisat de Monferrat et du 800e anniversaire de la Ligue Lombarde. La course fut définitivement déplacée au mois de septembre afin de la faire coïncider avec la Douja d'Or (ou le septembre d’Asti) suivant chronologiquement le Festival des kermesses d’Asti. Le tracé du nouveau parcours se situait sur le Campo del Palio, où étaient installées des tribunes permettant de mettre à la disposition du public plus de 5 000 places et de grands parterres. La première édition de l’après-guerre vit la participation de plus de 100 000 spectateurs, 600 figurants et de 14 communes de la région d’Asti. Depuis 1988, le Palio se déroule sur la place Vittorio Alfieri, au cœur de la ville, dans un cadre encore plus suggestif et envoûtant.

Le Palio d’Asti en détail

Le Paliotto

Source

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