Panyarring
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Le panyarring était la pratique consistant à saisir et détenir des personnes jusqu'au remboursement d'une dette ou la résolution d'un litige. C'était une pratique courante le long de la côte atlantique de l'Afrique aux XVIIIe et XIXe siècles[1]. Elle s'est développée à partir du pawnship (« mise en gage »), une pratique courante en Afrique de l'Ouest, où une famille garantissait son crédit par la mise en gage de biens ou de personnes de leur famille. En cas de non-remboursement, la personne mise en gage devenait la propriété du créditeur et pouvait être vendue comme esclave. Le panyarring diffère cependant de la mise en gage car il ne résulte pas d'un accord mutuel mais d'une saisie forcée.
Lorsque la traite atlantique devint une composante majeure de l'économie le long de la côte atlantique (essentiellement du milieu du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle[2]), le panyarring devint un moyen de fournir un nombre plus important d'esclaves, de perturber le commerce des rivaux, ainsi qu'un outil politique et économique utilisé par les Européens comme les Africains.
La pratique a été interdite par un certain nombre de royaumes africains, notamment par l'Empire Ashanti en 1838. Les Britanniques s'opposèrent fermement à cette pratique lorsqu'ils établirent leur colonies et interdirent la pratique en 1883. Elle tomba en désuétude et n'existe plus en Afrique de l'Ouest.
Pawnship (mise en gage)

La mise en gage (pawnship) était une forme courante de garantie en Afrique de l'Ouest, qui impliquait la mise en gage d'une personne (ou d'un membre de la famille de cette personne) au service d'une personne acceptant de lui consentir un prêt. La mise en gage était en lien avec l'esclavage car le non-remboursement pouvait aboutir à l'asservissement de la personne mise en gage, mais il s'en distinguait néanmoins car il incluait souvent des conditions spéciales et les fréquents liens de parenté entre débiteur et créancier tendaient à protéger les personnes engagées d'être vendues comme esclaves. La pratique de la mise en gage (pawnship) était courante en Afrique de l'Ouest avant les contacts avec les Européens, chez les Akans, les Ewe, les Gas, les Yorubas et les Edos. Elle existait également, sous une forme légèrement différente, chez les Efiks, les Igbos, les Ijaws et les Fons[3].
Pratique
Contrairement à la mise en gage, le panyarring implique la saisie forcée d'une personne afin d'obtenir le remboursement d'une dette et l'éventuelle vente en esclavage de la personne détenue afin de compenser la perte due à son non-remboursement. Le panyarring n'était que l'une des formes de recouvrement de dette dans cette région, c'était de loin la plus extrême. Le panyarring pouvait concerner la personne qui n'avait pas remboursé une dette, un membre de la famille de cette personne, ou même un membre de la communauté ou un associé de cette personne (en vertu de la croyance en la responsabilité collective pour le remboursement des dettes). En plus de forcer le remboursement de la dette, le panyarring pouvait également être utilisé pour forcer une personne à ouvrir une palabre, une forme de procédure judiciaire à l'encontre des emprunteurs ayant fait défaut dans le remboursement. Le recours au système du panyarring avant le contact avec les Européens est peu documenté, les historiens contemporains pensent généralement que cette pratique n'était que rarement utilisée[4].
Étymologie
L'origine du mot vient du portugais penhóràr (saisir ou procéder à une saisie conservatoire) et penhór (une caution ou un nantissement). Lorsque les Portugais parvinrent en Côte de l'Or au XVIe siècle, ils utilisèrent le mot penhóràr pour décrire la pratique locale de la mise en gage chez les Akans[5]. Peu à peu, le mot est devenu couramment utilisé par les Européens pour désigner la pratique de saisir une personne pour le remboursement d'une dette ou pour remédier à une injustice le long de toute la côte atlantique de l'Afrique.

