Paradoxe temporel

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Légende expliquant le paradoxe temporel.

Un paradoxe temporel est un paradoxe concernant le temps, l'écoulement du temps ou les conséquences fictives d'un voyage dans le temps.

Un paradoxe est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une absurdité, ou encore, une situation qui contredit l'intuition commune.

Le principe de causalité en science veut que tout événement soit la conséquence d'une cause. Et si à l'échelle microscopique certains phénomènes en physique quantique n'ont pas de cause, même la physique quantique n'autorise pas une cause à avoir lieu après son effet.

En introduisant la notion de voyage dans le temps (on ne parle ici que du voyage vers le passé : on ignore donc ici le voyage vers le futur), il en résulte deux possibilités de violer ce principe, et donc ainsi de créer des paradoxes temporels :

  1. un phénomène n'a pas de cause, cette cause étant placée dans le futur a disparu du fait de la modification de celui-ci (paradoxe du grand-père), et
  2. un phénomène est sa propre cause, c’est-à-dire que la modification amenée au temps va créer les causes de cette même modification (paradoxe de l'écrivain).

Ces deux paradoxes offrent deux théories du temps a priori inconciliables : en effet, suivant que l'on retient le premier type de paradoxe ou le second, on peut ou on ne peut pas modifier le passé. Certains auteurs n'ont pas toujours appréhendé l'existence de ces deux types, ce qui nous amène à un troisième paradoxe où les deux types sont mis en œuvre dans un même récit (par manque de cohérence ou par licence artistique). On verra différentes explications des paradoxes par la structure prêtée à l'univers pour autoriser l'un ou l'autre de ces paradoxes. Ces structures sont superposées par les auteurs mêlant les deux types.

Réponses des physiciens

Le voyage dans le temps est en physique un concept très spéculatif ; en fait la possibilité théorique d'un tel voyage n'est pas exactement réfutée, mais même si la possibilité existait les solutions sont d'une complexité rebutante.

Deux scientifiques ont proposé des solutions pour résoudre les paradoxes :

Types de paradoxes

« Paradoxe du grand-père »

Si un voyageur temporel rencontre son propre grand-père, qui n'a alors pas encore eu d'enfant, et le tue, alors ce voyageur ne peut pas exister. Mais si on fait cesser d'exister le voyageur, personne n'a tué son grand-père. La solution la plus courante à ce paradoxe est l'introduction d'un multivers.

« Paradoxe de l'écrivain » ou de « prédestination »

Le cas inverse, celui d’un événement qui serait sa propre cause, est également souvent évoqué en science-fiction. L’exemple classique est celui où l’inventeur de la machine s’envoie à lui-même dans le passé les plans de l’invention.

Solutions en science-fiction

Le paradoxe du grand-père est toujours présenté comme le plus grand risque du voyage dans le temps. Il y a globalement deux voies pour s’en sortir :

  • La première consiste à faire reposer cette responsabilité sur le voyageur : à charge pour lui d’éviter de créer tout paradoxe. Les conséquences de la création d’un paradoxe sont souvent floues, mais toujours effrayantes, pouvant aller jusqu’à la destruction de l’Univers (par exemple dans Retour vers le futur ou Universal War One ou aussi dans la saison 3 de Umbrella Academy). En revanche, tant qu'on ne provoque pas de paradoxe, il est parfaitement autorisé de modifier radicalement l'histoire.
    • Une variante de cette solution consiste à déclarer que toutes les actions du voyageur temporel auront en fait déjà eu lieu dans ce qui était le passé avant son voyage (il peut en être plus ou moins conscient). Bien sûr, le paradoxe du grand-père ne peut survenir dans ce cas, qui est aussi le seul à permettre le paradoxe de l'écrivain. Le film L'Armée des douze singes suit non seulement cette voie, mais insiste particulièrement pour le faire sentir au spectateur, en même temps que le héros lui-même prend conscience de son impuissance à changer ce qui était le passé quand il est né. On retrouve aussi cette hypothèse dans l'adaptation de La machine à voyager dans le temps de George Pal.
  • La seconde issue est d’adopter l’hypothèse du multivers.
    • Cette hypothèse est utilisée chez les X-Men. Rachel Summers envoya l’esprit de son amie Kitty Pryde dans le passé pour empêcher les événements survenus avant sa naissance et ayant abouti à la dictature des robots sentinelles. La mission réussit, mais Rachel voit son environnement inchangé. Elle se rend alors elle-même dans le passé. Elle comprend alors que le passé qu’elle a sauvé de la dictature des sentinelles est celui d’un autre univers. Elle ne peut rien faire là-bas pour modifier le passé de son univers. En revanche quand elle retourne dans son propre univers, elle emmène avec elle des amis qui l’aident à renverser les sentinelles. Mais comme elle est retournée dans son univers à une date postérieure à celle de son départ, Rachel n’a violé la causalité à aucun moment.
    • Un autre exemple se retrouve dans le manga Dragon Ball : Trunks venu du futur où les cyborgs ont détruit l'humanité remonte le temps pour prévenir Son Goku des évènements futurs. Pourtant, lorsqu'il retourne à son époque, même lorsque les cyborgs ont été vaincus, son univers n'a pas changé. De plus, avertis du vol de la machine à voyage dans le temps par Cell, il empêche celui-ci de remonter dans le temps pour devenir l'être suprême dans un autre univers que celui où Son Goku et ses amis ont affronté Cell. On trouve alors trois univers : celui où Trunks arrive à tuer Cell, celui où il n'y arrive pas (ce qui correspond à l'arrivée de Cell dans la trame principale), et la trame principale où le labo qui fabriquera le monstre a été détruit, et donc, où il n'existera pas et ne pourra remonter dans le temps.
    • De même dans le film Un jour sans fin, le héros est condamné à revivre sans cesse des journées identiques... mais différentes et dont il se souvient. Il est donc à l'origine d'une multitude d'univers dont seule la première journée, débutant invariablement à 6h00, est exploitée jusqu'à ce que l'univers adéquat soit atteint et lui permette de continuer normalement sa vie.
  • On trouve une voie intermédiaire dans laquelle il n’existe pas, de manière explicite, de multivers, mais où les voyageurs venus du futur ne sont pas affectés par ce qui pourra advenir dans le futur à cause de leurs actions.
    • C’est la solution adoptée par exemple dans Terminator 2 : Le Jugement dernier. Le Terminator provoque la destruction dans l'œuf du projet qui lui a donné naissance.
    • Dans La Patrouille du temps, le professeur explique ce phénomène ainsi : même si vous tuez votre grand-père avant qu'il n'ait d'enfants, le fait de commettre cet acte fait que vous existez dans l'espace-temps, peu importe le fait que dans la réalité en place vous ne soyez jamais né.

La solution du multivers a l’avantage de résoudre tous les problèmes logiques et même physiques (la conservation de la masse se fait à l’échelle du multivers et la causalité est respectée, si l’on considère que le temps du multivers ne correspond pas aux mêmes dates dans tous les univers). Mais elle est moins intéressante pour de nombreux auteurs puisqu’elle interdit de modifier son propre passé.

Le cas du paradoxe de l'écrivain est plus étrange : dans l’hypothèse du multivers, il est évidemment exclu. Qu’en est-il chez les auteurs ne considérant qu’un seul univers ? Eh bien ce paradoxe est souvent autorisé, si douteux soit-il d’un point de vue logique. Prenons l’exemple d’Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban : Harry survit à sa rencontre avec les détraqueurs parce qu’un homme a lancé un sort pour les mettre en fuite. Il fait ensuite un saut de quelques heures dans le passé. Au cours de ce saut, il lance le sort qui lui a sauvé la vie. Tout semble cohérent. Sauf que la perte de son âme face aux détraqueurs, entraînant l’absence de voyageur temporel, serait aussi une solution cohérente.

Finalement, l’utilisation de boucles de causalité apparaît comme une licence poétique, une permission, accordée à la plupart des auteurs utilisant le voyage dans le temps.

Certains auteurs s’autorisent à passer d’une voie à l’autre. Par exemple, parmi les solutions proposées, on observe que les deux premiers films de la série des Terminator emploient chacun une solution différente (et donc, le premier film s'achève en un paradoxe de l'écrivain, le deuxième en un paradoxe du grand-père).

D'autres auteurs adoptent complètement l'idée du multivers, en l'agrémentant d'autres possibilités offertes par les univers parallèles. Par exemple un voyageur temporel se retrouve dans un autre univers, mais pas un univers identique au sien avant la date de son arrivée dans cet univers: un autre univers du multivers d'Everett, qui s'est différencié de son univers à la suite d'un phénomène de physique quantique. Sans que la théorie d'Everett soit évoquée, c'est le cas dans l'exemple de X-Men : quand Rachel remonte le temps, non seulement elle échoue à modifier son propre univers, mais elle découvre par la suite que dans l'univers qu'elle a modifié, ses parents n'auraient jamais eu de fille de toute manière.

Paradoxes temporels dans la culture

Notes et références

Articles connexes

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