Paramignya trimera

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Paramignya trimera est une espèce de plantes à fleurs du genre Paramignya et de la famille des Rutaceae. C'est une espèce polymorphe présente à l'état sauvage au Cambodge et dans les provinces du sud du Viet Nam : Binh Thuân, Ninh Thuân, Khành Hoa[1]. Elle est traditionnellement utilisée par l'ethnomédecine vietnamienne dans le traitement de divers cancers[2], ce qui motive de nombreuses recherches, 42 publications académiques (2022) lui sont consacrées depuis 2015[3].

Faits en bref Règne, Classe ...
Paramignya trimera
Description de cette image, également commentée ci-après
Une même plante de P. trimera avec deux formes de feuilles
Classification
Règne Plantae
Classe Equisetopsida
Sous-classe Magnoliidae
Super-ordre Rosanae
Ordre Sapindales
Famille Rutaceae
Genre Paramignya

Espèce

Paramignya trimera (Oliv.) Burkill.
( 1931 )
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Taxonomie

Paramignya trimera (Oliv.) Guillaum[4].est usuel dans les publications actuelles[5]. André Guillaumin a ordonné Atalantia et Paramignya en 1917[6].

Tyōzaburō Tanaka 1930 donne Atalantia trimera Oliv. (FIore Gén. Indo-Chine. I : 670. 1911)[7]. Swingle (1943) donne Paramignya trimera (Oliv.) Burkill, Garden Bull. (1931) antérieurement Atalantia trimera Oliv. (1861), Triphasia monophylla DC. (1824), et la signale à Timor.

Armstrong (1975) a admis Paramignya trimera (Oliver) Burkill dans la flore australienne, selon lui elle n'était connue «que de les montagnes méridionale du nord de l'Australie-Occidentale»[8]. L'apport de Burkill (1931) est d'avoir renommé Atalantia trimera Oliv. en Paramignya trimera: il écrit «La plus petite fleur de la série est une espèce qui porte le nom d'Atalantia trimera. Oliv. Il a trois sépales et trois pétales; six étamines et des fruits caractéristiques de Paramignya. Il devrait porter le nom de Paramignya trimera»[9].

Phylogénie

Une première étude portant sur 10 accessions attribuées aux 4 genres Atalantia, Luvunga, Paramignya et Severinia collectées sur différents sites des provinces de Khanh Hoa et Lam Dong au Viet Nam a permis de constater qu'il existe de nombreux variants dans l'espèce avec des distances génétiques et morphologiques «significatives», l'espèce vietnamienne est bien distincte des australiennes scandens, monophylla et lobata[10]. Phi Thi Cam Mien et al. en 2021 constatent la même diversité génétique sur des spécimens de Khanh Hoa[11].

Nom commun

En vietnamien Xáo tam phân [12] de Xáo = Paramignya et tam phân triple[13].

Morphologie par Thi Cam Mien Phi et al. (2020)[14], l'arbuste, la floraison et les fruits

Morphologie

Arbuste rameux ou dressé et tige tortueuse, il existe des formes ligneuses et des grimpantes de 5 à 6 m avec un diamètre de 8 à 12 cm, l'écorce est jaune-brun. Il y a de nombreuses épines acérées souvent courbées sur le tronc et les branches[1].

Les feuilles sont simples et très variables, les marges courbées vers le bas, oblongues étroites. Limbe (1 à 1,5 cm de large, 5 à 12 cm de long) épais à face supérieure vert foncé, face inférieure pâle. Pétioles courts, 8 à 10 paires de sous-nervures.

La plante fleurit rarement. Inflorescences axillaires, fasciculées, pédoncule de 3 à 4 mm de long, séparées, calice à 3 lobes, mm de long ; 5 étamines, 3 ovaires séparés. Floraison au Viet Nam mai à août,

Fructification de septembre à décembre, petits fruits ronds en grappes, jaune à maturité, globuleux, de 1,5 à 2,5 cm de diamètre, avec 2 graines.

Les racines, les feuilles et les tiges sont utilisées en médecine traditionnelle pour traiter les maladies du foie et les cancers[14], après séchage on en fait des infusions[15].

Diversité des feuilles de P. trimera vietnamiennes, Thi Cam Mien Phi et al. (2020) écrivent que des type très différents de feuilles peuvent se trouver sur la même plante[14]

Utilisation

L'identification de variétés utilisables motive les généticiens et aussi la multiplication in vitro, la production rapide de cales et de plantules enracinables a été décrite en 2017[16].

Pharmacopée traditionnelle

La tige et les racines sont spécialement utilisées dans les maladies du foie, cirrhose, cancer du foie[11], maladies dermatologiques, cancers colorectal, du sein, du col de l'utérus[17].

État de la recherche

Les recherches actuelles indiquent des activités antioxydantes, anticancéreuses, anti-inflammatoires et inhibitrices de l'alpha-glucosidase[18]. In vitro, l'extrait de P. trimera inhibe puissamment le développement des cellules humaines du cancer du sein (2020)[19].

L'effet hépathoprotecteur est démontré chez le rat (2015). Kieu-Oanh Nguyen Thi (2021) note un puissant pouvoir bactéricide sur Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus et Salmonella sp[18], avec une concentration minimale < 100 μg/mL[5]. En 2020, la paratrimérine (un alcaloïde d'acridone) montre une cytotoxicité remarquable contre les cellules de cancer du foie et du sein humaines[20] et l'ostruthine (une coumarine antimycobactérienne) est extraite de la racine[21]. En 2021, sont décrits le mécanisme d'apoptose des cellules cancéreuses sous l'action de 8-Geranyl-ombelliferone [22] et de 2 coumarines dimères sur des cellules cancéreuses du foie et colorectales[23] .

Huile essentielle

Toutes les parties de la plante contiennent des huiles essentielles, mais on l'extrait surtout des racines, son parfum est doux. Kieu-Oanh Nguyen Thi (2021) en donne l'analyse: les sesquiterpènes dominent: β-caryophyllène (19 %), α-humulène (24,8 %) trans-muurola-4(14),5-diène (25 %)[18].

Van Tang Nguyen (2015) montre que l'utilisation de méthanol et l'extraction assistée par micro-ondes sont recommandées pour l'extraction de composés de la racine[24].

Notes et références

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